Cyrielle Chatelain
ECOS · France
“Monsieur le premier ministre, vous devez une explication aux 2 131 368 signataires de la pétition « Non à la loi Duplomb – Pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective » et à cette assemblée. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.”
“(Mêmes mouvements.) Quand on voit se déployer l’épidémie de cancers pédiatriques, quand on sait que les agriculteurs ainsi que leurs enfants sont surreprésentés parmi les personnes qui souffrent de cancers, le principe de précaution doit prévaloir.”
“Monsieur le premier ministre, les néonicotinoïdes étaient interdits et vous avez laissé faire leur réautorisation par dérogation. Il faut être très clair : les sociétés savantes médicales et scientifiques et le Conseil national de l’Ordre des médecins vous ont directement interpellé pour vous rappeler les dangers que représentent l’acétam…”
“Vous allez me parler d’émotion ; vous aurez raison : rien de ce que vous direz ne pourra éteindre la colère ! Quand des enfants meurent (Vives exclamations sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, HOR et UDR) , quand d’autres deviennent orphelins parce qu’on autorise des produits neurotoxiques… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la prési…”
“Nous parlons d’un sujet extrêmement sérieux. Je suis très mal à l’aise avec l’argumentaire qui consiste à opposer les victimes. Tout mort est un mort de trop, qu’il soit civil, policier ou gendarme. Le débat n’est pas nouveau.”
“Pour éviter cela, on lui a appris à ne jamais tirer, sauf si quelqu’un est directement mis en danger. Quand on lui a foncé dessus, elle a fait ce à quoi elle avait été entraînée : sauter dans le fossé. La première règle est de ne pas faire de morts quand il n’y a pas de personne directement en danger.”
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“Mais non ! C’est la police qui nous le dit !”
“C’est toutefois par le consommateur que l’argent rentre et il existe, à partir de là, deux moyens de lutte : réduire la consommation et, là où on ne peut pas la réduire, l’accompagner. L’idée simpliste que la suppression des points de deal supprimerait les revenus du trafic ne tient absolument pas.”
“Ces dispositions ont pour objectif, indiscutable, de protéger les habitants. Plusieurs d’entre nous, sur les bancs du Nouveau Front populaire, ont ainsi proposé des mesures concrètes de lutte contre le narcotrafic. Nous sommes cependant profondément en désaccord avec notre collègue du Rassemblement national quand il prétend que l’élimination des points de deal permettra d’assécher l’argent des gros bonnets. S’il faut lutter contre les points de deal en raison de la violence qu’ils génèrent, nous constatons malheureusement que l’ubérisation du trafic (MM. Jocelyn Dessigny et Emeric Salmon s’exclament) et l’usage de moyens de communication comme Snapchat transforment les réseaux de vente. Il va donc falloir trouver d’autres outils pour lutter contre les réseaux mafieux, dans la lutte contre le blanchiment notamment.”
“La procédure contradictoire doit pouvoir se tenir en amont, ne serait-ce que parce que la définition de cette mesure d’interdiction est tout de même assez floue, comme l’a souligné ma collègue Elsa Faucillon. Il faut donc éclaircir ses motivations en amont pour en mesurer la pertinence et la proportionnalité.”
“C’est plus rapide de lui couper la tête !”
“Nous n’atteindrons pas les organisations mafieuses en expulsant des gens de leur logement ! Une interdiction de paraître peut tout à fait être prononcée – à condition qu’elle le soit par un juge –, mais nous devrions surtout augmenter les moyens d’enquête sur le narcotrafic – à Grenoble, ils sont insuffisants –, et aussi lutter contre le blanchiment, car si les fortunes continuent à s’accumuler et l’argent à couler à flots, le trafic continuera. Il faudrait aussi, le ministre l’a dit, renforcer les moyens des douanes. (M. Emmanuel Duplessy applaudit.)”
“Nous voterons contre cet amendement qui vise à durcir une mesure administrative – et non judiciaire. Mme Moutchou a bien montré, de manière assez éloquente, mieux que je ne saurais le faire, que nous touchons là au cœur du problème : les organisations ont évolué, le trafic de quartier a muté et s’est ubérisé sous l’impulsion de structures mafieuses nationales, voire internationales, brassant des sommes d’argent colossales, sur tout le territoire, y compris dans les zones rurales. Or avec l’argent croît la violence. La mesure que vous proposez ne changera rien, car elle cible des personnes qui sont aussi victimes du système mafieux, qui sont exploitées et parfois violentées. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“Puisque nous n’avons pas réussi à supprimer l’article 24, nous proposons de supprimer les alinéas 2 à 7 qui concernent l’interdiction de paraître. Celle-ci sera prononcée par le préfet alors qu’il est indispensable, selon nous, qu’elle le soit par une autorité judiciaire. Une telle sortie de l’État de droit ne nous paraît pas acceptable. Ce n’est pas à une autorité administrative de décider si une personne peut accéder ou non à des espaces publics. Cette interdiction doit être prononcée par la justice sur la base de délits constatés pour lesquels la personne aurait été condamnée. C’est pourquoi nous demandons le retrait de ces alinéas.”
“Quand il y a un gardien, généralement ça se passe mieux !”
“Je pense que ce n’est pas le cas et que vous serez d’accord avec moi pour considérer que, si Marine Le Pen est la seule à être condamnée, elle seule doit porter la charge des fautes qu’elle a commises. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mmes Sandra Regol et Elsa Faucillon applaudissent également.) De même, si une personne est condamnée, les membres de sa famille ne doivent pas subir l’expulsion et la perte de leur logement pour l’erreur commise par l’un d’entre eux. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)”
“Voilà ce qu’ils demandent – et certainement pas, monsieur le ministre, de transformer des frères, des sœurs et des parents de personnes condamnées en dommages collatéraux. C’est pourtant ce qui va se passer, car pour une personne condamnée, vous allez condamner l’ensemble de la famille à perdre son logement. Puisque vous ne semblez pas concernés quand j’évoque le logement, je vais prendre un autre exemple qui va sans doute parler à tous les élus : c’est comme si nous disions que Marine Le Pen étant condamnée demain à une peine d’inéligibilité pour une affaire de corruption qui a bénéficié à sa famille politique, tous les élus de celle-ci doivent l’être également.”
“Ce sont eux, bien souvent des clients aisés, qui viennent dans les quartiers où vivent ces petites mains, profitant de leur détresse pour acheter de la drogue au meilleur prix. C’est inacceptable. En fait, vous vous en prenez au maillon le plus fragile de la chaîne. Nous demandons qu’il n’y ait pas de confusion entre le droit pénal, qui doit condamner, et le droit de l’habitat, qui doit gérer les relations entre propriétaires et locataires. S’il y a des problèmes en relation avec un logement, des procédures d’expulsion sont possibles et les bailleurs peuvent les engager. J’échange avec eux régulièrement et je sais que ce qu’ils veulent : ce sont des moyens en termes d’accompagnement, de rénovation de logements, de services de proximité et de médiation, mais aussi en effet pour lutter contre l’occupation des halls d’immeuble.”
“Éric Coquerel l’a rappelé : oui, nous pensons que la privatisation de l’espace public par des réseaux mafieux est intolérable et inacceptable. Cependant, monsieur le ministre, faciliter l’expulsion de familles entières ne ramènera en rien l’ordre public dans ces espaces publics, ne garantira pas l’accès aux médiathèques ou aux dispensaires, ce n’est pas vrai. Vous avez dit, monsieur le rapporteur, qu’il fallait s’occuper du haut du panier, mais le narcotrafiquant pourra rester confortablement dans la maison dont il est propriétaire, puisque l’exploitation sur le terrain est assurée par les petites mains. Vous considérez celles-ci comme le bas du panier, mais en réalité ce sont les consommateurs qui forment le bas du panier !”
“Et quand cette famille aura été expulsée, chassée du lieu où elle habite, où elle est protégée, quand elle n’aura plus de logement, que ses enfants auront du mal à accéder à l’école, qu’arrivera-t-il ? Elle aura été précipitée dans la précarité et l’emprise que le réseau criminel exerce non seulement sur le jeune, mais sur l’ensemble de sa fratrie et sur ses parents, n’en sera que plus forte. Non seulement cet article est injuste – je pense d’ailleurs qu’il est inconstitutionnel, car personne ne peut être puni pour des actes qu’il n’a pas commis –, mais il est profondément contre-productif. Vous vous apprêtez à aggraver la précarité et à accroître l’influence des trafics sur les familles. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR. – M. Aurélien Saintoul applaudit également.)”
“…pour des raisons qui ont trait à l’accès au droit à la mobilité, mais surtout à l’accès au droit au logement. Ce dernier point concerne non seulement la personne condamnée, mais aussi sa famille. Là est le problème : personne ne peut être condamné ou subir un préjudice aussi important que l’expulsion de son logement pour la seule raison qu’un membre de sa famille pourrait être impliqué dans le trafic de stupéfiants. Cette mesure est profondément contre-productive. Bien sûr, le trafic de drogue dans les quartiers est un problème, qui peut susciter des difficultés considérables, du sentiment d’insécurité au tapage. Mais quand une personne qui participe au trafic organisé par un réseau criminel, un jeune guetteur de 14 ans par exemple, se fait arrêter, doit-il être expulsé, en même temps que ses frères, ses sœurs et ses parents ?”
“Il s’agit d’un amendement de suppression, identique à ceux que nos collègues viennent de présenter. Je reprends à mon compte l’ensemble des positions qu’ils ont défendues. Le groupe Écologiste et social s’oppose fermement à l’adoption de cet article…”
“En ce sens, nous invitons la France à être particulièrement vigilante quant aux droits humains, notamment ceux des Papous, menacés depuis l’élection du général Subianto à la tête du pays l’an passé. En effet, coopérer ne veut pas dire acquiescer. Bâtir une politique indépendante dans une région en proie aux appétits impérialistes des grandes puissances est un défi. Mais la France ne doit être ni vassale d’une superpuissance ni un jouet ballotté dans les rapports de force mondiaux. Elle a les moyens d’une diplomatie qui refuse les logiques de domination, qui mise sur l’intelligence collective et l’exigence d’une coopération équilibrée. Pour cela, nous devons renforcer nos liens avec des puissances non alignées, partageant notre aspiration à l’indépendance et au multilatéralisme. C’est pourquoi nous voterons en faveur du projet de loi.”
“Renforcer notre coopération avec l’Indonésie, c’est consolider la présence française dans cette région stratégique du globe, où résident plusieurs milliers de nos concitoyens et où les intérêts français doivent être protégés. Mais cette coopération doit aller au-delà du seul domaine militaire. Elle doit inclure des initiatives environnementales, là où des pays entiers risquent de se retrouver bientôt sous les eaux – je pense en particulier aux îles du Pacifique. Elle doit s’appuyer sur un partenariat économique équitable et juste, qui ne reproduit pas les schémas d’exploitation que nous dénonçons. Elle doit enfin être un levier pour promouvoir les droits humains et les libertés démocratiques.”
“Le partenariat dont nous nous apprêtons à autoriser l’approbation doit être une pierre apportée à l’édifice de l’indépendance stratégique de la France, une France qui s’appuie sur des puissances émergentes et non alignées. Le monde dans lequel nous vivons ne peut se résumer à une bipolarité conflictuelle permanente entre la Chine et les États-Unis. Nous ne voulons pas d’une escalade militaire continue, de rapports de force brutaux, de mise sous tutelle des peuples. Ce n’est pas la vision de la France et ce n’est pas la vision des écologistes. Car, au sein du groupe Écologiste et social, nous croyons à une diplomatie qui défend les nations, leur survie et leur autonomie. Nous croyons à la coopération régionale et à la sécurité collective.”
“L’Indo-Pacifique est une région clé dans laquelle se jouent nombre des équilibres de notre monde. La France, en tant que puissance maritime et diplomatique, ne peut rester la simple spectatrice des tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine, en particulier depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Elle doit être une puissance d’équilibre et un partenaire fidèle aux valeurs de justice, de souveraineté et de coopération. Notre rapprochement avec l’Indonésie, dans le cadre de ce projet de loi, va dans le bon sens. Ce grand pays, acteur clé du multilatéralisme, partage une vision commune avec la France : celle de nations non alignées, où les grandes puissances néo-impérialistes ne doivent en aucun cas dicter leur loi aux autres.”
“Mais sans attendre, nous devons avec clarté commencer à dessiner un chemin : face à l’agresseur qu’est la Russie, face au retour des impérialismes russe et américain, nous devons tracer une voie, celle de l’Europe, celle de la France, celle de la souveraineté des peuples et de leur liberté de choix, et surtout celle du droit international et de la démocratie, qui ne peut jamais être la loi du plus fort, l’écrasement par le plus équipé et le plus armé. (Mme Clémentine Autain applaudit.) Oui, la voie de la paix exige la fermeté et nécessite surtout que nous réaffirmions toujours le rôle des parlements en tant que représentations des peuples. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes SOC et Dem.)”
“Dans notre cadre certes limité, l’objectif de cette résolution est d’affirmer que la France et l’Europe ont vocation à peser dans ces discussions : il s’agit d’une impérieuse nécessité, parce que ce n’est pas seulement l’avenir de l’Ukraine qui est en jeu, mais celui de toute l’Europe. Nos débats devront se poursuivre et s’approfondir sur les questions de notre sécurité collective, de notre défense, de notre indépendance énergétique et de notre sécurité alimentaire.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes EPR, SOC et Dem.) Alors que se tenait aujourd’hui une réunion des ministres de la défense de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni, notre rôle est également de rappeler l’importance de la diplomatie parlementaire et d’affirmer que si ces négociations sont cruciales, la résolution que nous votons et les heures de débat qui ont été nécessaires à son adoption revêtent aussi une importance fondamentale. Il s’agit de rappeler le rôle de l’Europe et de la France dans ces discussions, alors que nous sommes cruellement absents de la table des négociations. Laisser l’Ukraine seule face à la Russie et aux États-Unis n’est pas possible.”
“Depuis quarante-huit heures, un cadre de négociations se dessine – un cadre certes insatisfaisant et contraint, mais un cadre dans lequel l’Ukraine est partie prenante. Dans cette situation, notre rôle est de porter clairement et fièrement le message de la France et de cette assemblée, à savoir le soutien indéfectible à la souveraineté et à la liberté du peuple ukrainien.”
“Oui, lors de la précédente législature, un de nos collègues a été mis en cause. Il a immédiatement été exclu du groupe. Voilà comment nous réagissons. De votre côté, votre parti est financé par les Russes (Mêmes mouvements) et continue à se faire leur porte-voix. Voilà la différence ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Ce rappel au règlement, très apaisé, est fondé sur l’article 70, alinéa 3, du règlement. Très clairement, il y a une différence entre le Rassemblement national et les Écologistes. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Pourquoi n’arrive-t-elle pas à prononcer le mot « Trump » et à condamner l’humiliation de Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale ? Parce qu’il faut regarder qui a financé le Rassemblement national : l’accord entre Le Pen, Bardella et Schaffhauser. Ce dernier a négocié pour le Rassemblement national un prêt obtenu en 2014 auprès d’une banque tchéco-russe, en lien direct avec le Kremlin. Comme le dit bien le dicton, « qui paye, décide ». Quand les Russes financent le Rassemblement national, ils décident de sa politique. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe EPR.)”
“Le groupe Écologiste est favorable à cet amendement car il y a bien des relais d’opinion russes dans la société française. Je pense aux chaînes de Bolloré qui relaient sans arrêt la propagande pro-russe. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Le plus grave, c’est que ces relais se trouvent aussi ici, dans cet hémicycle. Quand Marine Le Pen a pris la parole lors des débats sur l’Ukraine, elle a répété les demandes de Vladimir Poutine, dont l’une est, depuis plusieurs années, la remise en cause les frontières de l’Otan. Marine Le Pen l’a fait pour les Russes, à cette tribune. (M. Jean-Philippe Tanguy s’exclame.) Monsieur Tanguy, je vous conseille d’écouter votre présidente de groupe. Pourquoi reprend-elle plusieurs fois les arguments de Vladimir Poutine ?”
“C’est précisément pour cela qu’il faut inscrire cette phrase dans le texte : nous devons nous rappeler que l’Union européenne, pour devenir l’Europe des peuples européens, peut et doit être bien plus qu’une structure commerciale. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et EPR.)”
“Face à la crise que connaissait la Grèce, elle n’a pas été à la hauteur ; lorsqu’elle se contente d’être un espace d’échange de marchandises, elle n’est pas à la hauteur.”
“Je crois important de réaffirmer que la construction européenne est une construction de paix. Au cours du débat, il nous a été rappelé que l’histoire de l’Union européenne datait d’avant sa création ; elle inclut les écrits de Victor Hugo pour défendre les États-Unis d’Europe, elle est aussi marquée par l’après-guerre et la reconstruction d’un continent détruit. L’Union européenne incarne l’espoir que les pays européens ne se feront plus jamais la guerre entre eux. C’est ce que l’amendement vise à rappeler : la raison profonde pour laquelle les peuples européens ont accepté l’Europe, c’est pour faire la paix. C’est le devoir de l’Union européenne que de rester un espace de paix et de défendre cet idéal au niveau européen. Oui, nous sommes parfois déçus ; oui, il est vrai que l’Union européenne ne s’est pas toujours montrée à la hauteur.”
“C’est mon collègue Jean-Claude Raux qui a appelé mon attention sur ce point très problématique. J’ai deux questions. Croyez-vous à une augmentation de la redevance comme le demandent les collectivités ? Vous avez commencé à répondre sur ce sujet, mais nous souhaiterions une réponse plus précise. Si ce n’est pas le cas, quelles nouvelles sources de financement le gouvernement compte-t-il mobiliser face au mur d’investissements nécessaires pour protéger la ressource en eau, distribuer une eau de qualité et accompagner les collectivités face à ce défi ?”
“L’agence de l’eau Loire-Bretagne a dû par exemple refuser toute nouvelle demande dès juillet 2024 – elle rattrape en 2025 les projets qui n’ont pas pu être financés l’année dernière.”
“Dans la continuité de la précédente intervention et de votre réponse, j’évoquerai la redevance pour pollutions diffuses. À l’automne 2023, le gouvernement prévoyait dans le projet de loi de finances pour 2024 d’augmenter cette redevance d’environ 20 %. Cette taxe, qui est l’application du principe pollueur-payeur, répond à l’inquiétude grandissante des collectivités locales. Nous avons le sentiment que le gouvernement a enterré quelque peu cette redevance, comme c’est malheureusement le cas bien souvent pour les outils en matière d’écologie. Pourtant, elle permet aux agences de l’eau d’agir directement à la source des pollutions, en accompagnant notamment les agriculteurs et agricultrices dans la transition agroécologique de leurs pratiques. La demande d’accompagnement est réelle.”
“Nous proposons une écologie en période de guerre, qui renforce nos avantages stratégiques par des mesures limitant la dépendance de notre pays aux énergies fossiles, prenant en compte la finitude et la rareté des ressources critiques et anticipant la dépollution des environnements affectés par les activités militaires. Nous sommes entrés dans un monde de prédation, d’extorsion, d’agression. Notre modèle démocratique est ébranlé par les ingérences russes. Nos valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité sont attaquées par une internationale fasciste qui s’implante en Europe, dans notre pays et sur certains bancs de cet hémicycle. À nous de la combattre et de nous faire les protecteurs de nos idéaux. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC. – MM. Christophe Bex, René Pilato et Stéphane Peu applaudissent également.)”
“– Mme Pascale Got applaudit également.) Alors que l’aide humanitaire à destination des Gazaouis vient d’être suspendue et que les opérations israéliennes en Cisjordanie se multiplient, l’Europe ne peut rester inerte : elle doit suspendre l’accord d’association avec Israël et reconnaître l’État de Palestine. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.) Enfin, nous, écologistes, affirmons que nous ne pouvons accorder un soutien inconditionnel à une économie de guerre, ce qui reviendrait à abandonner la bataille climatique et à faire passer au second plan la lutte contre la pauvreté et les inégalités.”
“La Russie cherche à développer ce qu’elle considère être une « majorité mondiale », c’est-à-dire à s’appuyer sur les pays du Sud pour construire une majorité contre l’Occident. L’Europe ne doit pas laisser la Russie l’isoler. Dès lors, la France et l’Europe ont l’impératif moral et diplomatique de ne pas laisser s’installer un double standard : l’Europe ne peut défendre l’intégrité de l’Ukraine et abandonner la Palestine. Le droit international doit prévaloir partout et protéger chaque peuple. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.”
“Il convient enfin de renforcer le pacte vert pour l’Europe et d’amplifier les mesures permettant de sortir de la dépendance aux énergies fossiles en provenance de pays ennemis ou de potentiels rivaux systémiques. La dépendance énergétique de l’Europe à l’égard de la Russie, des États-Unis et du Qatar n’est pas une situation viable en cas de conflit mondial. L’heure n’est plus aux hésitations : si certains pays bloquent, par opportunisme, en raison d’un accord idéologique avec Poutine ou du fait d’un alignement sur Trump, avançons avec une coalition de pays volontaires prêts à garantir leur propre sécurité ! La sécurité de l’Europe et de la France passe également par un changement de politique étrangère.”
“Établir une base industrielle de défense européenne est également nécessaire, afin d’être indépendants du point de vue opérationnel et de garantir l’interopérabilité entre les armées européennes. En effet, augmenter les dépenses de défense pour acheter américain ne garantirait en rien notre indépendance. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Gérard Leseul applaudit également.) Pour assurer sa souveraineté industrielle, la France doit activement empêcher les fermetures de sites industriels français : perdre des compétences et des capacités de production est une grave erreur. Il est temps que le gouvernement mette en cohérence ses discours et ses actes.”
“Les négociations pour la paix devront également comprendre un plan de désescalade nucléaire : la définition de zones dénucléarisées, des mesures de contrôle des armements et de prévention de toute escalade nucléaire. La priorité aujourd’hui est de garantir une sécurité européenne autonome. L’Union européenne doit accélérer le déploiement d’une défense européenne incluant le Royaume-Uni et travailler en partenariat avec des alliés non alignés. C’est nécessaire pour garantir la sécurité et la stabilité du continent, et plus largement celle de l’ordre international. Pour cela, il est indispensable d’adopter une stratégie diplomatique unifiée : l’Union européenne ne sera crédible sur le plan international que si elle adopte une stratégie diplomatique concertée et cohérente.”
“– Mme Marie-Noëlle Battistel applaudit également.) La véritable souveraineté passe par une transition énergétique ambitieuse qui nous libère des hydrocarbures russes et américains. Enfin, il convient de sortir de notre dépendance aux engrais russes, dont la France est le plus gros importateur européen. La sortie du modèle de l’agriculture intensive est tout autant un impératif de souveraineté qu’un impératif écologique. Sortir de la dépendance énergétique, c’est cela, le véritable « zéro dépendance ». (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Le groupe Écologiste et social appuie la demande des Ukrainiens que Vladimir Poutine soit jugé devant la Cour pénale internationale (CPI) pour les crimes de guerre commis.”
“Le groupe Écologiste et social rappelle en outre qu’il est impératif d’affaiblir financièrement la Russie, de trois manières. D’abord, il faut utiliser les 200 milliards d’euros d’avoirs russes qui dorment dans nos banques pour financer la résistance et la reconstruction de l’Ukraine. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.) Notre groupe propose d’ailleurs à l’ensemble des députés de l’arc républicain de cosigner une proposition de résolution en faveur de l’utilisation des avoirs russes gelés. (Mêmes mouvements.) Ensuite, il faut mettre fin à l’achat de gaz, de pétrole et d’uranium enrichi à la Russie. Chaque euro versé à Gazprom ou aux compagnies fossiles russes finance la guerre. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.”
“Le plan de paix, élaboré – lit-on dans la presse – de concert entre le Royaume-Uni, la France et l’Ukraine, et dont j’aimerais, monsieur le ministre des affaires étrangères, que vous nous disiez un mot, sera pour les États-Unis et l’Europe l’heure de vérité : soit Donald Trump accepte de renouer le dialogue avec les Européens ; soit il s’aligne définitivement sur la Russie, assumant un complet renversement d’alliance. Dans tous les cas, l’Europe est au pied du mur. Elle ne peut rester soumise aux soubresauts de la politique américaine. Le groupe Écologiste et social soutient donc un engagement militaire renforcé à destination de l’Ukraine, notamment par la fourniture d’équipements de défense avancés, par la formation des forces ukrainiennes et par le renforcement des troupes européennes dans les pays frontaliers de l’Ukraine.”
“Donald Trump piétine quatre-vingts années de construction du droit international en fondant sa politique sur l’intimidation, la prédation et l’extorsion. Il s’engage dans la course à l’accaparement des ressources, que cela soit par le chantage envers l’Ukraine ou par l’expression de sa volonté d’annexer le Groenland. Il ne reconnaît que la force brutale et se permet d’humilier, devant les caméras, Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine et héros de guerre européen.”
“Ce jour-là, l’Europe a pris conscience de sa solitude et de sa fragilité. Elle assiste, impuissante, au changement de positionnement des États-Unis. Non seulement ceux-ci votent contre la réaffirmation du soutien à l’Ukraine lors de l’Assemblée générale des Nations unies et menacent de lui retirer leur soutien militaire, mais ils reprennent également à leur compte la propagande russe – cette même propagande que nous entendons malheureusement dans cet hémicycle dans la bouche de Marine Le Pen. Ce jour-là, cette guerre lointaine aux frontières de l’Europe s’est imposée à nous. Impossible de zapper, d’oublier : pour la première fois depuis 1945, la peur de la guerre s’insinue en chacun d’entre nous. La menace russe se concrétise et la protection américaine s’étiole.”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) Or, depuis 2014, l’Union européenne n’a rien fait pour renforcer sa défense commune. Certes, il y a eu, en 2022, un sursaut bienvenu : l’Union européenne a su être présente auprès de l’Ukraine, lui apportant une aide financière, humanitaire et militaire. Mais l’Europe est-elle davantage capable de se défendre qu’en 2014 ? Je ne le crois pas. Elle s’en est paresseusement remise aux États-Unis, les considérant comme le garant ultime de sa sécurité. L’Europe s’est reposée sur cette alliance et a renoncé à s’imposer comme un acteur majeur sur la scène internationale. Ainsi, le 18 février, une discussion bilatérale sur l’avenir de l’Ukraine se tenait entre les États-Unis et la Russie ; les Européens étaient exclus, l’Ukraine écartée.”
“– Mme Stella Dupont applaudit également.) Dès lors, toute négociation sur la fin de la guerre ne peut être considérée comme telle, et ses conclusions reconnues par l’Union européenne et la France, que sous trois conditions : si l’Ukraine est actrice des négociations ; si l’Europe participe aux pourparlers ; si des garanties de sécurité sont apportées à l’Ukraine en tant qu’État-nation indépendant. L’Europe, jusqu’ici, a refusé l’écrasante logique impérialiste russe, car ce n’est pas seulement la pérennité de l’Ukraine qui est en jeu, mais l’avenir de l’Europe. Au-delà de l’annexion de l’Ukraine, l’objectif des dirigeants russes est le démantèlement de l’Union européenne. Celle-ci doit donc s’affirmer comme une force politique, ce qui implique, dans le contexte actuel, de s’affirmer aussi comme une force militaire.”
“Depuis la prise de contrôle du parlement de Crimée par des groupes armés russes se pose la question de la souveraineté de l’Ukraine. Reconnaissons-nous aux Ukrainiens le droit de décider pour eux-mêmes ou sont-ils condamnés, même indépendants, à rester dans la sphère d’influence et de contrôle de la Russie ? Pour nous, la réponse est évidente : le peuple ukrainien est souverain, il doit pouvoir décider de son avenir. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.”
“Il y a plus de trois ans, le 24 février 2022, Vladimir Poutine a poursuivi l’invasion de l’Ukraine entamée dès 2014 avec l’annexion de la Crimée et la guerre du Donbass. La Russie rêve de rebâtir un empire sans frontières ; l’Ukraine et son peuple résistent courageusement. Toute une nation se bat : nous lui devons respect et reconnaissance. Le dévouement et la pugnacité du peuple ukrainien ont fait échouer le plan opérationnel de Vladimir Poutine : le pouvoir ukrainien est toujours en place et Kiev n’est jamais tombé. Il n’en reste pas moins que la Russie poursuit une opération de destruction de l’Ukraine par l’agression armée, mais aussi par les politiques de répression et de russification forcée visant à éradiquer toute trace de la culture et de la langue ukrainiennes dans les territoires occupés.”
“…il existe un autre chemin. Après avoir protégé la santé des Français en interdisant les polluants éternels, nous sommes extrêmement fiers de pouvoir faire adopter cette taxe sur le patrimoine des ultrariches. Nous espérons fortement que tous nos collègues la voteront. Pour ce qui est de nos collègues de gauche, cela ne fait aucun doute : ils sont tous réunis à cette fin, ils joindront leurs voix aux nôtres. Nous montrons ainsi que, demain, nous aurons les moyens de mener la politique que nous avons promise hier lors de nos campagnes électorales. (Les députés des groupes EcoS et SOC ainsi que quelques députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent longuement. – Les autres députés du groupe LFI-NFP et les députés du groupe GDR applaudissent également.)”