Cyrielle Chatelain
ECOS · France
“Monsieur le premier ministre, vous devez une explication aux 2 131 368 signataires de la pétition « Non à la loi Duplomb – Pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective » et à cette assemblée. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.”
“(Mêmes mouvements.) Quand on voit se déployer l’épidémie de cancers pédiatriques, quand on sait que les agriculteurs ainsi que leurs enfants sont surreprésentés parmi les personnes qui souffrent de cancers, le principe de précaution doit prévaloir.”
“Monsieur le premier ministre, les néonicotinoïdes étaient interdits et vous avez laissé faire leur réautorisation par dérogation. Il faut être très clair : les sociétés savantes médicales et scientifiques et le Conseil national de l’Ordre des médecins vous ont directement interpellé pour vous rappeler les dangers que représentent l’acétam…”
“Vous allez me parler d’émotion ; vous aurez raison : rien de ce que vous direz ne pourra éteindre la colère ! Quand des enfants meurent (Vives exclamations sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, HOR et UDR) , quand d’autres deviennent orphelins parce qu’on autorise des produits neurotoxiques… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la prési…”
“Nous parlons d’un sujet extrêmement sérieux. Je suis très mal à l’aise avec l’argumentaire qui consiste à opposer les victimes. Tout mort est un mort de trop, qu’il soit civil, policier ou gendarme. Le débat n’est pas nouveau.”
“Pour éviter cela, on lui a appris à ne jamais tirer, sauf si quelqu’un est directement mis en danger. Quand on lui a foncé dessus, elle a fait ce à quoi elle avait été entraînée : sauter dans le fossé. La première règle est de ne pas faire de morts quand il n’y a pas de personne directement en danger.”
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“La qualité du bâti et l’attention que l’on porte aux produits utilisés pour la rénovation sont indispensables. L’amendement tend à renforcer l’ambition en matière de DPE. Ensuite, nous proposons cette mesure pour des raisons environnementales. Il n’est pas vrai qu’un propriétaire qui a dépensé de l’argent pour passer de la classe F à la classe E remettra de l’argent cinq ou dix ans plus tard pour atteindre une classe au-dessus, car il aura déjà dépensé de l’argent. Si on ne vise qu’à ce que les logements classés F ou G atteignent deux classes au-dessus, le parc immobilier sera de moindre qualité et ne permettra pas d’atteindre nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre.”
“L’adoption des amendements n os 28 et 88, qui suppriment la condition du montant minimum de travaux à réaliser pour bénéficier du dispositif Jeanbrun, renforce la nécessité d’introduire un critère tenant à la qualité du logement et aux performance énergétiques. Si la logique de Mme la rapporteure est bien de ne pas vouloir évaluer le montant des travaux mais leur qualité, alors cet amendement va dans son sens puisqu’il vise à renforcer la qualité des travaux demandés. Notre première préoccupation est d’améliorer le confort de vie. En pleine canicule, on voit bien que dans un logement qui n’est pas suffisamment isolé, qui n’est pas équipé de volets pour préserver les pièces des rayons du soleil, les températures augmentent fortement.”
“Dans les quelques secondes qui me restent, je souligne qu’il faut avancer à la fois sur le bail réel solidaire et sur l’accompagnement des propriétaires dans la rénovation de leur logement. Il faut aussi protéger les locataires, grâce à l’encadrement des loyers et, j’y insiste, au soutien aux bailleurs publics. C’est de cette manière que nous parviendrons à loger tous les Français de manière digne et adaptée.”
“Je pense aux habitants de Vizille, où la chaleur peut monter jusqu’à 40 ou 45 o C dans certains logements. Ce n’est pas possible ; ce n’est pas supportable. Nous avions déposé une proposition de loi transpartisane pour traiter le cas des « bouilloires thermiques ». Malheureusement, elle n’a pas pu être inscrite à l’ordre du jour. Je le regrette, car il aurait eu toute sa place parmi les textes que nous serons appelés à examiner au mois de juin. En tout cas, nous défendrons un amendement qui vise à faciliter l’installation de protections solaires extérieures dans les copropriétés. De telles protections permettent de faire diminuer la température de quelques degrés – c’est un premier pas, certes insatisfaisant.”
“S’agissant des articles 2 et 3, nous sommes favorables à l’assouplissement expérimental des rapports au sein des groupements d’artisans à condition qu’il soit bien encadré. Les prêts collectifs en copropriété, bloqués depuis 2024 faute de garanties adaptées, méritent d’être débloqués. Il s’agit d’un sujet essentiel, et j’espère que nos discussions permettront d’avancer. Je veux finir par un point essentiel – mon propos aura sans doute une certaine résonance compte tenu de l’épisode de canicule que nous vivons. Plus de 300 records de température ont été constatés ces jours-ci. Nombre de nos concitoyens vivent des nuits difficiles, sont dans l’impossibilité de se refroidir et, je pense, ne le supportent plus. C’est le cas dans du logement privé comme dans du logement public.”
“Selon nous, la classe énergétique à atteindre est la classe B, car nous savons qu’une fois que les travaux sont faits, ils ne seront pas renouvelés dans les années suivantes. Au vu de l’urgence climatique, il faut que nous atteignions la meilleure performance énergétique possible. Nous avons besoin de logements dans lesquelles les familles pourront s’installer dans la durée, nous n’avons pas besoin de nouveaux Airbnb dans lesquels les gens ne peuvent pas construire leur vie. (M. Iñaki Echaniz applaudit.) C’est pourquoi nous proposons de porter l’engagement à la location à douze ans. Le logement est un droit fondamental et ne peut pas être un produit de financiarisation. L’argent public ne peut pas servir à augmenter le patrimoine immobilier de quelques-uns.”
“La planification des travaux par ces derniers offre une visibilité aux artisans et aux PME, ce que ne permet pas l’incertitude des discussions au sein des copropriétés. Le logement social peut donc structurer toute une filière qui sera ensuite en mesure de répondre aux besoins du logement privé. La politique du logement doit donc impérativement marcher sur ses deux jambes. S’agissant de l’article 1 er , nous estimons que l’argent public doit impérativement être distribué sous condition. C’est pourquoi nous nous opposerons à l’abaissement du seuil de travaux de 30 % à 20 % ainsi qu’à la suppression de la notion de réhabilitation lourde. Il nous faut donner des objectifs très clairs de classe énergétique à atteindre.”
“À l’ouverture de ces débats, je tiens à détailler les éléments que nous soutenons et ceux à propos desquels nous sommes beaucoup plus réservés. Le texte repose sur un dispositif voté il y a quelques mois dans le cadre du projet de loi de finances (PLF). Nous avions trouvé un équilibre autour de l’idée selon laquelle, puisque la ressource d’argent public n’était pas infinie, il fallait en consacrer une partie au logement privé et une partie au logement social. Cette proposition de loi va augmenter les sommes consacrées au logement privé sans augmenter les moyens dédiés au parc social. C’est une question sur laquelle nous devrons revenir dans un texte de plus grande ampleur consacré au logement, qui permettrait de soutenir des acteurs du logement social.”
“La crise du logement que traverse notre pays est réelle et profonde : 3 millions de ménages attendent un logement social, les prix ont augmenté quatre fois plus vite que les revenus et nous recensons 7,2 millions de passoires énergétiques. Nous partageons le constat et les motivations de cette proposition loi, mais nous ne pouvons accepter telle quelle la réponse apportée. Le gouvernement a réduit le budget consacré à MaPrimeRénov’ de 2,5 milliards d’euros en trois ans, fragilisant les aides au logement pour la rénovation. Comme si ce n’était pas suffisant, il s’en prend à l’Agence de la transition écologique. Sans l’Ademe, il n’y aura pas de politique ambitieuse de rénovation des logements. S’en prendre à elle, c’est aussi s’en prendre aux propriétaires qui ont besoin d’être accompagnés pour la rénovation de leur logement.”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et LFI-NFP. – Mme Sandra Regol, suppléant M. le président de la commission des lois, applaudit également.)”
“le président de la commission des lois, applaudit également.) Steevy Gustave a évoqué sa famille, sa mémoire. C’est la fierté de notre assemblée que de faire entendre des paroles comme les siennes, une histoire trop longtemps tue. Non, notre histoire n’est pas la même à Dunkerque et à Pointe-à-Pitre, ce n’est pas vrai ! (Mêmes mouvements.) Nous n’avons pas exactement la même histoire, mais nous pouvons forger une histoire commune en expliquant que toutes les paroles, tous les visages, ont une place au sein de la République. C’est contre cela que vous vous battez : ce texte vous fait peur, à vous qui ne proposez que la domination blanche, qui voulez nier l’histoire de France dans sa diversité. C’est pourtant cela qui rassemblera : la France, toute la France, rien que la France !”
“Vous accusez La France insoumise afin de détourner un débat que vous ne souhaitez pas regarder en face, parce que ce système de discrimination, ce système négrophobe, est ce sur quoi s’appuie votre idéologie depuis la création de votre parti ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP. – Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.) Voilà exactement ce que vous êtes en train de faire, monsieur Chenu : de la récupération pour 2027. Un, vous accusez la gauche afin de ne pas avoir à assumer vos propres idées ; deux, vous parlez de repentance, quand nous parlons de réparation et de justice. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe LIOT. – Mme Sandra Regol, suppléant M.”
“Je regrette le rejet du précédent amendement car celui-ci évoquait les conséquences de l’esclavage et de la traite dans nos sociétés contemporaines. On a institué l’esclavage pour justifier la chosification et la vente d’êtres humains. On a créé une hiérarchie, on a intégré la domination des personnes blanches sur les personnes noires pour justifier ce crime contre l’humanité. Cela continue de produire des effets : en France, des personnes se font agresser parce qu’elles sont noires, ne peuvent accéder à un emploi parce qu’elles sont noires. Le Rassemblement national dit condamner toutes les traites, ce qui revient à minimiser ce dont nous parlons aujourd’hui – la question du Code noir.”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP, dont les députés se lèvent, ainsi que sur quelques bancs des groupes SOC et GDR.)”
“Monsieur le premier ministre, vous avez précisément détaillé les équilibres européens. Malheureusement, je ne crois pas que ce soit l’exercice demandé. La question que se posent de nombreux Français, c’est de savoir où est la parole de la France. Où est votre parole, dans cet hémicycle, pour dire que la France demande la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.) Nous n’en sommes plus à des questions de sanctions individuelles. Jusqu’où allons-nous laisser faire les choses sans réagir ? Il y va de l’honneur de la France ! Il y va de la possibilité de se dire, en se regardant dans le miroir : j’habite un pays qui défend les droits de l’homme partout !”
“Il a repris les propos d’une ancienne première ministre israélienne !”
“Quand des crimes de guerre sont perpétrés quotidiennement dans des geôles israéliennes, ce ne sont pas des actes isolés : c’est l’ensemble du gouvernement Netanyahou qui est coupable. Quand condamnerez-vous les exactions du gouvernement Netanyahou et quand appliquerez-vous enfin les mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale à son encontre et à l’encontre des membres de ce gouvernement ? Pouvez-vous, depuis cet hémicycle, demander enfin à Ursula von der Leyen la suspension de l’accord d’association de l’Union européenne avec Israël ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS, dont les députés se lèvent, sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP ainsi que sur certains bancs des groupes SOC et GDR.)”
“Quand des militaires mettent à nu les navigants, les maintiennent à genoux, la tête au sol, en plein soleil pendant des heures, c’est une consigne. Quand des militaires agressent sexuellement et violent des humanitaires, ce n’est pas un dérapage, c’est une permission. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – Mme Gabrielle Cathala applaudit également.)”
“Le groupe Écologiste et social souhaite d’abord s’associer à l’hommage rendu à notre collègue Béatrice Bellamy. Nous présentons à nos collègues du groupe Horizons & indépendants, à la famille et aux proches de Béatrice Bellamy, toutes nos condoléances. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC ainsi que sur plusieurs bancs du groupe HOR.) Monsieur le premier ministre, plus de cinquante bateaux civils, des centaines de volontaires – humanitaires, médecins, journalistes, citoyens – ont pris la mer pour briser le blocus de Gaza. Je tiens à saluer les navigants de la flottille qui sont parmi nous, en tribune, et qui attendent de votre part des actes fermes. (Les députés du groupe EcoS se lèvent et applaudissent en direction des tribunes du public, suivis par plusieurs députés du groupe LFI-NFP.”
“Il se fonde sur l’article 70. J’ai été interpellée à deux reprises par des remarques qui m’étaient directement adressées. J’y répondrai brièvement et sans esprit de polémique mais je tiens à clarifier les propos que j’ai tenus sur le déport et la déontologie. En l’espèce, tout tient au périmètre d’action de la collectivité. Un maire qui est aussi propriétaire de terrains dans sa commune se doit de se déporter lors des délibérations relatives à l’urbanisme. Que je sache, nous ne légiférons pas sur la question des terrains. En revanche, je considère que lorsque nous débattons de mesures fiscales, les parlementaires qui sont aussi actionnaires dans une société devraient se déporter. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)”
“Un agriculteur, s’il possède des biens fonciers, peut être personnellement intéressé par les décisions qui seront prises concernant le zonage foncier, par exemple. Il serait donc logique qu’en raison de ce conflit d’intérêts, il se déporte. Ce serait une bonne pratique qui favoriserait un mode de décision transparent et éthique. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)”
“J’ai travaillé pendant plus de trois ans dans une métropole, madame la ministre, et une règle simple dominait les délibérations, celle du déport. Un élu, quel que soit son statut ou son métier, court toujours le risque d’être partagé entre des intérêts privés et l’intérêt général, ce qui pourrait altérer sa capacité à délibérer pour le bien commun. Le principe qui prévaut dans nos collectivités, et devrait d’ailleurs s’appliquer au sein même de notre assemblée, est donc le déport. Ces règles sont appliquées très strictement dans les collectivités locales. Par exemple, même quand j’avais une présidente d’un EPFL, un établissement public foncier local, elle ne pouvait pas rapporter une délibération en tant que vice-présidente à l’habitat. Ce sont des règles qui s’appliquent à tous nos élus, madame la ministre.”
“Nous avons présenté par deux fois une proposition de loi en ce sens ; par deux fois, vous vous y êtes opposés. Vous êtes donc très sélective. Par ailleurs, s’agissant de la question économique et de la préservation de l’eau, je vous ferai remarquer – je pense que l’on vous fait les mêmes retours – que la canicule affecte la production de lait et que les gelées tardives consécutives à un redoux dérèglent tout. Ainsi, cette année, il a fait très chaud en janvier et en février, et il a neigé en mai. La question climatique affecte l’économie, même si vous préférez ne pas le voir. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Ils ont en effet conscience que cette ressource devient rare car ils subissent les restrictions sur leur territoire. Quand ils habitent dans une zone rurale, en particulier agricole, ils voient aussi leurs voisins subir le manque d’eau. Ils ont donc conscience que préserver cette ressource est la priorité. Je le répète : s’il faut écouter les Français, il faut les écouter sur tous les sujets. Nous aurons le même débat sur la question des pesticides, car plus de 60 % des Français sont pour la protection des zones de captage.”
“…vous l’avez recadré. Je vous faisais remarquer que vous aviez tendance à être très sélective quand vous vous en remettiez à la sagesse des Français : vous sélectionnez les chiffres que vous mettez en avant – vous ne m’avez d’ailleurs pas répondu sur ce point. Si les Français doivent être écoutés car ils sont sages, il faut prendre en considération les choix qu’ils considèrent comme prioritaires. Il est normal que nous ayons par ailleurs un débat pour savoir dans quelle zone telle ou telle solution est pertinente, mais vous ne pouvez pas balayer l’avis des Français d’un revers de la main quand il ne vous convient pas. Il faut particulièrement tenir compte de leur avis s’agissant des priorités en matière de préservation de l’eau et de la biodiversité.”
“Madame la ministre, vous n’avez pas approfondi mon propos,…”
“Pour 84 % des Français, « maintenir un niveau suffisant des cours d’eau pour garantir le renouvellement de la ressource et protéger la vie aquatique et la biodiversité » figure également au rang des priorités – c’est la principale pour 25 % des sondés. Vous avez donné un avis défavorable à tous les amendements que nous avons présentés depuis ce matin et qui correspondent pourtant à ces objectifs – préserver la ressource et la biodiversité. Il est aussi intéressant de regarder ce qui ne constitue pas une priorité aux yeux des Français. Ainsi, seuls 18 % des sondés considèrent que « garantir de l’eau pour l’irrigation des cultures destinées à l’exportation » est une priorité – ce n’est la principale que pour 3 % d’entre eux.”
“Madame la ministre, en vous prononçant sur l’amendement précédent, vous avez expliqué qu’il fallait savoir écouter la sagesse des Français et vous avez cité un sondage. Les débats qui se fondent sur des sondages ont leurs limites, mais si vous voulez tenir compte de l’avis des Français, il faut en tenir compte sur tous les sujets. Nous débattons de la question de l’eau et de ses usages, qui est justement au cœur d’un sondage publié au mois de mai. Les résultats de cette enquête menée par Ipsos, un institut de sondage reconnu et légitime, sont intéressants : sans surprise, « garantir l’eau potable pour la population » est une priorité pour 93 % des Français, et c’est même la première des priorités pour 61 % d’entre eux.”
“Le maïs, à lui seul, représente presque 40 % des surfaces irriguées et capte près de 55 % des volumes consommés par l’irrigation – principalement pour nourrir les animaux, puisque 66 % de la disponibilité intérieure de maïs est destinée à l’alimentation animale. Pour garantir la souveraineté alimentaire et agricole, il faut recourir à des pratiques agricoles soutenables qui permettent de nourrir les habitants des territoires.”
“Il propose que les stratégies d’irrigation élaborées par les organismes uniques de gestion collective priorisent les systèmes de production agroécologiques au service de l’alimentation humaine. Pour rappel, selon les chiffres de France Stratégie, l’agriculture représente 62 % de l’eau consommée en France, loin devant la consommation domestique – qui représente environ 12 %. Cette consommation ne sert à irriguer que 7 % des surfaces agricoles utiles au niveau national et se concentre en grande partie sur des cultures destinées à l’alimentation animale et à l’exportation : 34 % des surfaces irriguées le sont pour des produits exportés, 28 % pour la production d’aliments pour les animaux et 26 % pour l’alimentation humaine nationale.”
“Nous la comprenons d’autant moins que le texte aura été étudié de manière très rapide et que cet article, qui vise à déroger au droit commun, n’avait pas fait l’objet d’échanges lors de l’élaboration de la loi de programmation militaire. Je ne vois pas comment nous pouvons bien légiférer dans ces conditions, dans une assemblée aux trois quarts vide. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)”
“Madame la ministre, nous avons déposé une vingtaine ou une trentaine d’amendements relatifs à l’état d’exception prévu à l’article 21. Vous n’en avez accepté aucun. Vous avez refusé tout dialogue. Nous avons proposé de passer par une loi, vous avez refusé. Nous avons proposé de porter à un mois le délai au-delà duquel l’autorisation du Parlement pour proroger l’état d’alerte de sécurité nationale est nécessaire, vous avez refusé. De nouveau, nous vous alertons sur les dangers que ce dispositif comporte en matière environnementale, et vous nous opposez une fin de non-recevoir. Nous ne comprenons pas votre obstination absolue sur cet article.”
“Il vise à modifier un élément crucial de ce régime d’exception. Si le texte est voté dans son état actuel, le gouvernement pourra le déclencher en en informant le Parlement, avant que celui-ci ne rende un avis deux mois plus tard. Dans un état démocratique, il est indispensable que le déclenchement d’un tel état d’exception passe par une loi, donc par la consultation du Parlement.”
“Nous proposons de supprimer l’article 21 pour les mêmes raisons que celles que vient d’exposer M. Saintoul, qu’il s’agisse de la consultation insuffisante du Parlement ou de la logique même qui consiste à prévoir un nouvel état d’exception au lieu de renforcer le droit commun. L’article nous semble tout à la fois flou et inutile.”
“C’est pourquoi le présent amendement vise à engager la défense nationale dans la voie d’une reprise du contrôle des outils numériques, ceux-ci devant reposer sur des solutions françaises ou européennes.”
“C’est pourquoi il est indispensable que la défense nationale dispose d’outils technologiques qui soient français ou européens, en particulier dans le domaine du renseignement. En effet, si certains acteurs économiques répondent à des gouvernements étrangers, d’autres sont devenus des acteurs politiques. Le premier d’entre eux, Palantir, a publié un manifeste qui attaque nos valeurs, remet en cause la démocratie et confond technologie et autoritarisme. Or ses logiciels sont utilisés par nos services de renseignement, ce qui signifie que nous déléguons des capacités de décision à des systèmes opaques, propriétaires, sur lesquels nous n’avons ni contrôle ni maîtrise.”
“Dans le même temps où nous constatons le retour des conflits de haute intensité, nous voyons émerger des conflits hybrides : utilisation d’outils numériques pour affaiblir un pays, cyberattaques, captations de données, désorganisation de services au moyen d’attaques numériques, etc. Ces offensives passent par des outils numériques du quotidien comme le cloud, les chatbots, les logiciels Office, les e-mails ou les messageries instantanées. Pour la plupart américains, chinois pour certains, les éditeurs de ces outils dépendent de lois étrangères. En conséquence, des États pourraient demander que nos données leur soient transmises. La dépendance à l’égard de ces acteurs privés relève d’un enjeu stratégique : il faut que nous puissions retrouver la maîtrise de nos données.”
“Sur le fondement de l’article 58. Madame la présidente, vous l’avez dit : hier, chaque groupe a pu obtenir une suspension de quatre minutes puis des suspensions de deux minutes. Le groupe Écologiste et social n’étant pas le groupe Insoumis, nous demandons la suspension de quatre minutes dont nous n’avons pas pu disposer.”
“…puis chaque groupe de gauche s’est vu accorder deux minutes. L’inégalité de traitement me semble donc établie. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR.) Il me semblait important de souligner ces précédents, pour équilibrer l’application du règlement. Elle doit être la même pour tous les groupes et ne pas être partisane.”
“Il se fonde sur l’article 58, relatif aux suspensions de séance. Sans remettre en cause la présidence, je voudrais signaler une certaine inégalité de traitement. Lors des journées d’initiative parlementaire des groupes de gauche, les premières suspensions demandées ont duré dix minutes. Hier, lors de la journée d’initiative parlementaire du groupe Horizons, chaque groupe a eu droit à quatre minutes de suspension de séance. Vous venez d’accorder cinq minutes de suspension à la présidente Panot,…”
“Ce n’est pas normal ! La suspension de cinq minutes est de droit !”
“Vous en faites à nouveau la démonstration avec cette motion de rejet préalable ! C’est une constante que vous voulez détricoter le droit du travail et fragiliser les travailleurs dans leurs relations avec le patronat. C’est l’objectif de cette proposition de loi et vous recourez à une variante du 49.3 ! Je demande une suspension de séance pour une durée de cinq minutes, puisque c’est la première demande de notre groupe et qu’elle est de droit.”
“Depuis 2023, une constante caractérise les macronistes et la droite : passer en force contre les syndicats, contre le Parlement et contre les travailleurs ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR.)”
“C’est la première demande de droit du groupe GDR !”
“Je demande une suspension de séance de cinq minutes.”
“Mais non, Alstom ne paierait pas la taxe Zucman !”
“Toutes vos élucubrations n’y changeront rien. Si on veut remettre de la justice dans ce pays, si on veut que les personnes qui sont au smic ou tout juste au-dessus vient mieux, il faut s’attaquer à la rente. Il faut s’attaquer aux ultrariches, instaurer la taxe Zucman et empêcher les superprofits ! Aucune des mesures de ce projet de loi ne permettra aux travailleurs de vivre mieux. Cela, les gens de ma circonscription le savent ! Ils ne sont pas dupes ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)”
“Qu’ils en ont marre de supporter des augmentations d’impôt pour enrichir Total. Finissons-en avec cette logique ! Ils en ont marre des rentiers, de ces gens qui ne foutent rien de leurs journées et qui arrivent à vivre sans travailler parce qu’ils ont hérité. Voilà la situation à laquelle il faut mettre un terme !”
“Nous voterons contre ces amendements défendus par la droite, car ils relèvent tous de la même logique : celle qui consiste à pointer du doigt ceux qui gagnent 500 euros par mois en expliquant à ceux qui gagnent 1 500 euros que cela leur permettra de vivre mieux. Tout cela n’a qu’un seul objectif : éviter de regarder ceux qui se gavent là-haut ! Savez-vous ce que me disent les gens dans ma circonscription ? Qu’ils en ont marre de trimer pour enrichir Bolloré et Bernard Arnault. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et DR.)”
“Pourtant, nous avons réussi à faire adopter un texte protégeant les lanceurs d’alerte qui s’élèvent contre le narcotrafic. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Nous avons montré que nous pouvons faire quelque chose contre l’accaparement des médias. La vision du monde que vous voulez imposer, une vision masculiniste, violente et raciste, n’aura pas sa place en France : l’espoir existe encore ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et GDR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe SOC.)”