Cyrielle Chatelain
ECOS · France
“Monsieur le premier ministre, vous devez une explication aux 2 131 368 signataires de la pétition « Non à la loi Duplomb – Pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective » et à cette assemblée. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.”
“(Mêmes mouvements.) Quand on voit se déployer l’épidémie de cancers pédiatriques, quand on sait que les agriculteurs ainsi que leurs enfants sont surreprésentés parmi les personnes qui souffrent de cancers, le principe de précaution doit prévaloir.”
“Monsieur le premier ministre, les néonicotinoïdes étaient interdits et vous avez laissé faire leur réautorisation par dérogation. Il faut être très clair : les sociétés savantes médicales et scientifiques et le Conseil national de l’Ordre des médecins vous ont directement interpellé pour vous rappeler les dangers que représentent l’acétam…”
“Vous allez me parler d’émotion ; vous aurez raison : rien de ce que vous direz ne pourra éteindre la colère ! Quand des enfants meurent (Vives exclamations sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, HOR et UDR) , quand d’autres deviennent orphelins parce qu’on autorise des produits neurotoxiques… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la prési…”
“Nous parlons d’un sujet extrêmement sérieux. Je suis très mal à l’aise avec l’argumentaire qui consiste à opposer les victimes. Tout mort est un mort de trop, qu’il soit civil, policier ou gendarme. Le débat n’est pas nouveau.”
“Pour éviter cela, on lui a appris à ne jamais tirer, sauf si quelqu’un est directement mis en danger. Quand on lui a foncé dessus, elle a fait ce à quoi elle avait été entraînée : sauter dans le fossé. La première règle est de ne pas faire de morts quand il n’y a pas de personne directement en danger.”
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“Je suis favorable à cet article, et je souscris absolument à l’argumentaire de ma collègue Belluco. Transcrire dans la loi l’un des éléments du DSA – qui vise à interdire la diffusion de contenus délétères pour la santé, dont ceux poussant au suicide – incitera à engager les moyens nécessaires à la protection des jeunes et des mineurs. Nous sommes au cœur du débat : peut-être votre objectif est-il de faire reposer l’interdiction sur les jeunes, en expliquant, comme vient de le faire notre collègue d’Ensemble pour la République, que c’est la faute des parents – ce qui revient à faire peser le poids de la culpabilité sur l’usager. Nous, nous disons nous sommes face à un système qui, pour des raisons économiques, entend capter l’attention et les données en produisant des contenus de plus en plus addictifs.”
“Enfin, au vu de ce débat, le périmètre de la loi est voué à s’élargir sans fin. Aujourd’hui, nous voulons interdire Instagram, Snapchat et TikTok. Demain, ce sera les jeux en ligne. Puis nous nous pencherons sur le rôle de WhatsApp dans le cyberharcèlement, ce qui entraînera la création de nouvelles plateformes. On courra d’interdiction en interdiction. La seule manière de protéger les plus jeunes et de nous protéger, c’est de toucher à la captation des données. WhatsApp est un bon exemple. Les données y sont captées et, quand les enfants créeront leur compte Facebook à 15 ans, quand ils inséreront leur numéro de téléphone, toutes ces données seront réutilisées contre eux.”
“D’un côté, on dit aux enfants de lâcher les écrans et, de l’autre, on ne leur propose que ça. Cette injonction contradictoire peut rendre fou. Ensuite, beaucoup de choses se jouent au niveau européen. J’ai cru comprendre qu’Emmanuel Macron avait convaincu les autres États que l’interdiction des réseaux sociaux était possible. Mais pourquoi n’a-t-il pas aussi pesé pour interdire les publications trompeuses et les algorithmes, qui deviennent de plus en plus addictifs ? Ces problèmes sont traités dans le DSA. Pourquoi, au lieu de s’en prendre au cœur de la machine, à ce qui génère de l’argent, préfère-t-on interdire l’accès aux réseaux sociaux ? C’est une manière de se donner bonne conscience sans remettre en cause ce modèle économique prédateur et notre propre addiction aux réseaux sociaux.”
“Nous avons le même objectif : protéger les plus jeunes et les plus vulnérables des réseaux sociaux. Nous reconnaissons que les réseaux sociaux ont un effet négatif pour la santé des plus jeunes, mais aussi pour celle des adultes. Toutefois, nous sommes en désaccord sur la manière de procéder. Vous voulez interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, alors que nous pensons qu’il faut agir au cœur du modèle économique des plateformes, sur la question de la captation de l’attention et des données. Si les plus jeunes sont autant sur les réseaux sociaux, c’est parce qu’ils sont soumis à des injonctions contradictoires. Aujourd’hui, les réseaux structurent nos interactions sociales. Tout passe par des écrans. Même les devoirs sont consultables sur une application.”
“La question est donc de savoir comment renforcer les mesures qui vont effectivement atteindre le cœur de la logique des plateformes. Concernant l’âge, je rappelle que le règlement général sur la protection des donnée (RGPD), qui est une réglementation européenne, interdit l’inscription sur les réseaux sociaux des mineurs de 13 ans. Le rapport de l’Anses recommande également d’appliquer cette interdiction. J’ai un souci avec ce texte car toute régulation de l’usage des réseaux sociaux doit être faite en concertation avec les adolescents, afin de favoriser leur acceptation. C’est d’ailleurs le premier axe du rapport de l’Anses. Or, aujourd’hui, on leur impose un cadre et la première chose qu’ils chercheront à faire… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)”
“Un des nombreux consensus dans cet hémicycle concerne la dangerosité des réseaux sociaux pour la santé. Le rapport de l’Anses est très clair : ils provoquent des perturbations du sommeil, des troubles anxiodépressifs ou encore une dégradation de l’image de soi. Nous pouvons également nous retrouver sur la dénonciation de la logique économique prédatrice des plateformes. Le problème, c’est que ce texte ne s’attaque pas à cette logique. Le rapport de l’Anses recommande de faire appliquer le DSA, qui permet d’interdire la diffusion de contenus délétères pour la santé. De même, il est important d’interdire les interfaces trompeuses. Or la France a une voix au niveau européen. Il faut la faire entendre, car les procédures sont beaucoup trop longues : elles ont été déclenchées en décembre 2023 contre X et en 2024 contre TikTok.”
“…et même des Républicains ! J’aimerais connaître la position d’Ensemble pour la République – ils sont très peu nombreux et ils gardent le silence. Je sais bien que demain sera votée la censure. Toutefois, nous parlons de notre droit, nous parlons de la question fondamentale des relations entre la police et la population – aussi aimerions-nous bien connaître votre position ! Je vois que Gabriel Attal, président du groupe, est présent : peut-être a-t-il un avis sur la question ? Quand on veut devenir président de la République, il me semble que c’est le minimum que de donner son avis sur cette question : la police doit-elle ou non bénéficier d’une présomption de légitime défense ? On ne peut pas se contenter des plateaux de télévision : normalement, c’est dans l’hémicycle que le débat doit se tenir.”
“En cette fin de séance, je m’étonne également de l’absence totale du socle gouvernemental. Chers collègues des Républicains, vous avez reçu assez peu de soutien de la part de vos partenaires de jeu ! On sent une absence extrêmement gênée de nos collègues du Modem ou d’Ensemble pour la République…”
“Il est vrai que les débats se terminent dans une ambiance un peu morose. Nous avons perdu beaucoup de temps, ce matin, à cause des outrances du Rassemblement national. Ses députés ont très clairement fait obstruction lors de cette niche, dans une concurrence un peu pitoyable avec leurs collègues du groupe Droite républicaine – concurrence qui les a conduits, spectacle pathétique, à se livrer à une surenchère d’injures et de violences. (« Oh ! » sur les bancs du groupe RN . )”
“Il était donc tout à fait normal qu’un grand nombre d’amendements soient déposés.”
“Je soutiens cet amendement, comme tous ceux qui ont été déposés lors de cette séance. Ce texte est en effet d’une grande importance, qui traite de la relation entre la police et les citoyens et qui remet en question des fondamentaux de notre droit – et nous aurions dû légiférer en quelques heures ?”
“Plusieurs membres du groupe Rassemblement national nous ont dit en substance qu’ils allaient ruiner la journée de niche parlementaire du groupe Écologiste et social, qui se tiendra prochainement. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Je rappelle aux députés du Rassemblement national que leur collègue Jean-Philippe Tanguy nous avait menacés exactement de la même manière lors de leur niche. Je leur fais la même réponse : le groupe Écologiste et social ne se soumet jamais aux menaces. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Nous défendons nos valeurs et nos électeurs. Nous ne nous résignerons jamais. Vos petites menaces et vos petites manœuvres ne nous font pas peur ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC et GDR.)”
“Je formule ce rappel au titre de l’article 70, alinéa 3, du règlement. Pendant la suspension de séance, des membres du groupe Rassemblement national ont adressé à un ou plusieurs collègues des injures, provocations ou menaces. (Mme Gabrielle Cathala applaudit. – « C’est faux ! » sur les bancs du groupe RN.)”
“Je demande une suspension de séance de dix minutes.”
“Je demande une suspension de séance pour que M. Jacobelli puisse préparer ses excuses. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)”
“Nous devons retrouver de l’apaisement. À mes collègues des Républicains et à leur président Laurent Wauquiez, je demanderai simplement s’ils souhaitent que leur texte soit associé à de telles déclarations. Il me semble que le plus honorable serait de le retirer pour qu’il ne soit pas entaché des propos du Rassemblement national et des injures qu’il provoque. (Exclamations sur les bancs des groupes RN, DR et UDR.) En ne le faisant pas, ils démontreraient seulement qu’ils courent après le Rassemblement national, en quémandant un peu de miséricorde. Les Républicains et leur histoire valent mieux que cela ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS, ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“L’article 70, alinéa 3, du règlement dispose que tout membre de l’Assemblée peut être sanctionné s’il adresse à un ou plusieurs de ses collègues des injures, des provocations ou des menaces, ce qu’a fait le député Jacobelli.”
“C’est sûr que vous êtes des spécialistes de la collaboration !”
“Nous avons effectivement des analyses divergentes. Le plus gros lobby des acteurs numériques américains n’appelle-t-il pas très clairement, et presque de manière menaçante, à une simplification ? Cela prouve bien que l’IA générative ne peut plus être considérée comme une technologie émergente ; les outils sont désormais massivement utilisés, et les États-Unis ont clairement une longueur d’avance. Penser qu’une dérégulation favoriserait nos acteurs est une faute d’analyse majeure. Je pense au contraire que nous en sortirions affaiblis face aux firmes américaines. La France doit impérativement revoir sa stratégie si elle ne veut pas commettre les mêmes erreurs que par le passé face à la concurrence de ces géants.”
“Pour ce qui concerne le numérique, l’un des principaux domaines dans lesquels nous aurons à construire notre indépendance face aux États-Unis, les firmes américaines plaident constamment pour une soi-disant simplification de nos règles en la matière, qui ne vise qu’à renforcer leur emprise sur le marché européen. En défendant la législation omnibus numérique, qui affaiblira la protection de nos données personnelles et la gestion des risques inhérents au développement de l’intelligence artificielle, la Commission européenne cède de nouveau aux demandes de Trump et de ses alliés. Le gouvernement soutiendra-t-il l’affaiblissement de notre réglementation numérique au profit de Trump et des multinationales américaines ?”
“En 2026, nous aurons à relever un défi énorme : provoquer un sursaut européen et prendre acte de notre indépendance vis-à-vis des États-Unis. Malheureusement, en signant un accord avec ces derniers, l’Union européenne s’est montrée faible, oubliant que face à des prédateurs comme Trump, la lâcheté se paie plus cher que le courage. Après l’échec de la France à empêcher la signature de l’accord de libre-échange avec le Mercosur, après le refus de l’Union européenne de prendre des sanctions contre Israël, quelle est la stratégie du gouvernement pour trouver une majorité qui permette l’activation de l’instrument anticoercition ?”
“Il se fonde sur l’article 100. Les propos que vient de tenir notre collègue sont intolérables. Il vient de faire référence au génocide perpétré au Rwanda. C’est absolument honteux ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.) Cela revient à adopter une attitude négationniste… (Protestations sur les bancs du groupe RN.) Parfaitement ! Minimiser et comparer la volonté d’établir une juste contribution des Français dans le cadre d’un débat fiscal avec un génocide où des gens ont été tués à la machette, c’est inadmissible. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.) Je vous appelle à un peu de dignité, d’autant que vous avez eu la prétention de commencer votre intervention en citant la Déclaration des droits de l’être humain.”
“Vous avez supprimé combien de crédits dans ce domaine l’année dernière ?”
“Notre liberté, c’est notre audiovisuel public (Rires sur quelques bancs des groupes RN et UDR) , que l’extrême droite cherche continuellement à fragiliser. C’est se prémunir des ingérences et s’émanciper des Gafam. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) C’est asseoir notre indépendance énergétique, notamment grâce aux énergies renouvelables, que l’extrême droite combat ardemment. (Mêmes mouvements.) C’est assumer pleinement le mot « fraternité » de notre devise et donc arrêter la réduction de l’aide au développement et la chasse aux migrants. (Mêmes mouvements. – M. Dominique Potier applaudit également.) Cette liberté est attaquée par les autocrates russes, par les autocrates américains et par leur courroie de transmission en France, le Rassemblement national.”
“L’approbation par Emmanuel Macron de ce coup d’État trumpien en est un exemple criant. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Par ses omissions, le président de la République prend le risque d’enferrer la France dans un pacte de vassalité. Monsieur le premier ministre, je vous sais gaulliste et soucieux de l’indépendance du pays ; partagez-vous la première réaction du président de la République ou reconnaissez-vous que nous devons regagner notre liberté face aux États-Unis de Trump ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) Regagner notre liberté, c’est d’abord renforcer notre diplomatie, dont les moyens sont pourtant réduits chaque année.”
“Le 3 janvier, les États-Unis ont agressé le Venezuela, enlevé son président et fait du pays un protectorat américain. Le groupe Écologiste et social condamne fermement cette violation manifeste du droit international. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC et GDR.) Face à l’impérialisme prédateur des États-Unis, de la Russie, de la Chine ou d’Israël, la France et l’Union européenne doivent fermement défendre nos valeurs et le multilatéralisme. L’Europe doit offrir une troisième voie solide aux peuples pris en étau par les empires et les carbofascistes. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Malheureusement, jusqu’à présent, la France comme l’Union européenne ont fait preuve de bien trop peu de courage.”
“La liberté est la première des sécurités !”
“Deuxième chose : la bataille continue sur le PLF ! Je le déclare : mesdames et messieurs du gouvernement, il n’y aura pas de compromis possible ! Nous ne négocierons pas un budget qui est profondément inacceptable, qui sacrifie la transition écologique, demande des efforts supplémentaires aux professeurs, diminue le financement de l’insertion par l’activité économique. Non au budget, oui à la censure ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.)”
“Enfin, je veux dire deux choses. Si rejeter ce texte avait fait tomber le gouvernement, je l’aurais rejeté car je pense que Sébastien Lecornu doit tomber. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Mais le premier ministre a prévenu qu’il ne démissionnerait pas. Dès lors que l’article 49, alinéa 3, n’a pas été activé, le gouvernement n’a pas engagé sa responsabilité sur ce texte. Son rejet n’entraînerait donc pas la chute de Sébastien Lecornu, mais l’adoption par décret des mesures contenues dans le PLFSS.”
“Nous leur devons cette taxe, car ils ont préféré par ce biais frapper tous les Français plutôt que les seuls hauts patrimoines via une augmentation de la CSG. Ceux qui crient au hold-up fiscal sont ceux qui le creusent ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) Reste la question des arrêts de travail. Nous nous sommes opposés aux mesures contenues sur ce sujet dans le texte et nous continuerons à le faire, de sorte que nous ne voterons jamais en faveur du PLFSS.”
“Parmi les points négatifs, ce budget prévoit une taxe sur les complémentaires santé. Nous pouvons remercier nos amis, ou plus exactement nos collègues – ils ne sont pas nos amis – des Républicains.”
“Ce texte prévoit une augmentation du budget de la sécurité sociale : il passera de 265,9 en 2025 à 274,4 milliards. Compte tenu de l’inflation, le maintien des moyens à niveau constant supposait 275 milliards de dépenses : nous y sommes quasiment. Je le répète, nous voulions plus. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Pour autant, rejeter ce budget, c’est demander aux soignants de faire la même chose avec moins d’argent. Y sommes-nous prêts ? Voilà la question à laquelle il nous faut répondre. Je sais que ce vote est en partie incompris, mais je pense que nous pouvons débattre de manière factuelle.”
“Le combat et la bataille continuent sur ce sujet. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et SOC.) Je le dis aux membres du gouvernement : vous ne devez pas pénaliser les familles ! La bonification pour les enfants de plus de 14 ans ne doit pas être supprimée ! C’est un impératif. Je sais que nous pourrons nous appuyer sur toute la gauche pour refuser de voir sacrifier cette bonification pour les familles. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Pour autant, nous devons la transparence sur ce qu’il contient, car j’ai vu et j’ai lu beaucoup de choses fausses ce week-end. Non, ce budget ne prévoit pas la suppression de la prime de Noël ; ce sujet relève du PLF. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) Non, ce budget n’organise pas la suppression de la majoration des allocations familiales : il ne l’empêche pas, mais il ne la prévoit pas.”
“Certes, le minimum vital n’est pas suffisant, mais il n’est pas négligeable : voilà ce que la FHF écrit dans un mail adressé à tous les députés. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et SOC.) Je parle avec passion, parce que ce vote a été mûri en conscience, mais je veux éviter les grands moments d’éloquence. En effet, nous ne votons pas un grand budget. C’est un tout petit budget. Nous ne célébrons pas de grandes victoires : il n’y en a aucune dans ce texte.”
“…qui s’est mobilisée pour défendre les hôpitaux, les métiers hospitaliers et les patients. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – M. Alain David applaudit également). Elle affirme clairement que l’augmentation de presque 3,3 % de l’Ondam permettra aux hôpitaux d’assurer le minimum vital.”
“De la même manière, nous devons saluer la Fédération hospitalière de France (FHF),…”
“Nous devons saluer l’ensemble du travail de la CGT, de la CFDT, de Force ouvrière : quelles que soient leurs différences, ce que nous avons enlevé, nous le devons à leur mobilisation !”
“Ma première pensée va aux militants syndicalistes et aux travailleurs qui se sont mobilisés, et qui le demeurent, pour demander davantage, ce qui est leur rôle ! Quel que soit notre vote, nous devons reconnaître que toutes les horreurs qui ont été retirées du texte l’ont été grâce à leur mobilisation. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et SOC.) Nous les avons supprimées pas seulement parce qu’il existait une majorité pour le faire dans cette assemblée, mais parce qu’il n’y avait pas de majorité pour les soutenir dans la société : il n’y avait de majorité ni pour désindexer les pensions de retraite ni pour geler les prestations sociales et les retraites !”
“« La mobilisation des travailleuses et des travailleurs et le débat parlementaire ont permis de supprimer les nombreuses horreurs de ce budget ». Telle est la première ligne du communiqué de presse de la CGT après l’adoption du PLFSS en première lecture. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et SOC.)”
“Je ne peux pas le retirer : c’est celui de Mme Simonnet.”
“L’encadrement des loyers a pour objectif, par définition, de limiter la hausse des loyers. Ses effets sont réels. Le texte en vigueur, conçu avec une certaine finesse, prévoit que le loyer de référence majoré est supérieur de 20 % au loyer de référence, de manière à prendre en compte les caractéristiques de certains logements. Compte tenu de l’augmentation constatée des loyers, nous considérons que cette majoration de 20 % est trop élevée. Nous proposons donc de la ramener à 10 %.”
“Il tend à permettre au préfet ou au maire de mettre en demeure le propriétaire qui a recours à un bail civil pour échapper à l’encadrement des loyers. Son objectif est de mieux faire appliquer la loi, sachant que l’encadrement des loyers ne s’applique pas aux baux civils, ce qui ouvre une brèche et donne lieu à des abus de toutes sortes. Dans ces cas-là, il nous semble indispensable de permettre au préfet et au maire d’intervenir, pour faire en sorte que les propriétaires n’échappent pas à la loi.”
“Monsieur Kasbarian, il me semblait que nous essayions d’entretenir un débat rationnel et argumenté. Le ton que vous employez, comme l’aspect ridicule de votre démonstration, montrent que, sur le fond, vous n’avez aucun argument. La question est de savoir comment faire respecter la loi, qui s’applique à tous, propriétaires ou non. Nous avons donc déposé un amendement pour que les locataires aient le temps de prendre connaissance de la loi pour la faire appliquer en engageant des recours. Il me semblait que vous aviez un peu plus de respect pour la loi de la nation. Apparemment, vous n’avez de respect ni pour les propriétaires, ni pour les locataires, ni pour la loi. (Mme Sandra Regol applaudit.)”
“Nous proposons également de revenir sur la réduction du délai de prescription. Il nous semble que le délai d’un an est insuffisant si l’objectif est d’apporter une sécurité aux locataires en leur permettant de faire reconnaître leurs droits.”
“Les moyens constants ne sont pas que pour quelques-uns. Tous les hôpitaux, dans tous les départements et dans toutes les régions de France, doivent en bénéficier. Voilà notre cheminement. Il a été dur et complexe et aboutit à un vote de raison plus qu’à un vote de cœur. Il y a eu des avancées et des effets positifs pour les hôpitaux et les soins de ville. Le groupe Écologiste et social, dans sa majorité, s’abstiendra. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.)”
“Le groupe Écologiste et social s’est obstiné à rappeler qu’à la fin, ce qui comptera, c’est les moyens alloués aux soignants. L’année prochaine, pourront-ils faire le même travail sans recul de leurs moyens ? Avec l’augmentation de l’Ondam, nous avons obtenu des moyens constants ! Est-ce suffisant ? Non. Est-ce négligeable ? Non plus. Des moyens constants, qui signifient qu’on ne fera pas une nouvelle fois des économies sur l’hôpital, ce n’est pas rien. Ce résultat a été déterminant dans notre réflexion. Nous continuerons d’être très vigilants sur ce sujet, car si les moyens sont constants, ils doivent l’être pour tout le monde. Nous refusons que derrière le mot d’efficience ou l’idée de malus – une pénalité financière pour les hôpitaux – se cache la réduction des moyens des hôpitaux situés en zone dense.”
“…nous ne votons pas la censure, même si nous continuons de penser que ce gouvernement est une anomalie démocratique. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Le seul sujet sur lequel nous votons, c’est le budget de la sécurité sociale. Nous devons donc essayer de comprendre aussi précisément que possible son contenu et de dire la vérité. Et la première vérité, c’est qu’il n’y a pas de grande victoire, qu’il n’y aura pas de grand soir. C’est finalement un petit texte, mais nous avons évité la casse : nous avons évité que le pouvoir d’achat des plus précaires soit plus affecté encore par le gel des prestations sociales, par le gel des pensions de retraite ou leur désindexation. Oui, nous avons évité la casse !”
“À un moment, cela suffit : les commentateurs, moi, je n’en veux plus ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – Mme Dieynaba Diop applaudit également.) Je pense aussi au bruit d’Édouard Philippe, qui a décidé, maintenant qu’il n’a plus de mandat national et qu’il n’est plus aux responsabilités, de faire preuve de courage et de panache, mais l’ingratitude et la déloyauté, en fait, je trouve ça assez moche. Deuxièmement, nous avons refusé d’intégrer un 49.3 qui n’existe pas. Le premier ministre ayant fait le choix de ne pas recourir à cet article, nous avons refusé l’idée selon laquelle il faudrait choisir entre un budget et pas de budget du tout, comme nous avons refusé l’idée que le vote du PLFSS serait un vote sur l’avenir du gouvernement. Aujourd’hui, nous ne votons pas pour ou contre le gouvernement,…”
“Qui peut se satisfaire de notre système de soins ? Qui peut se satisfaire des délais d’attente, des brancards dans les services d’urgence, du burn-out de soignants qui n’en peuvent plus ? Voilà ce que je dirais si j’écoutais mon cœur ! Mais après des semaines de débat et parce qu’un député ne peut pas écouter que son cœur et que ses tripes, j’ai essayé de prendre du recul, comme le reste de mon groupe. Dans un premier temps, les députés du groupe Écologiste et social ont essayé de se protéger du bruit autour de ce débat. Il y a eu notamment les larmes de crocodile de Bruno Retailleau, qui a parlé de hold-up fiscal alors que les députés de son parti ont voté la mesure fiscale la plus injuste de ce texte, c’est-à-dire l’augmentation de 1 milliard d’euros des taxes sur les complémentaires santé, qui pèsera sur tous les Français.”