Cyrielle Chatelain
ECOS · France
“Monsieur le premier ministre, vous devez une explication aux 2 131 368 signataires de la pétition « Non à la loi Duplomb – Pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective » et à cette assemblée. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.”
“(Mêmes mouvements.) Quand on voit se déployer l’épidémie de cancers pédiatriques, quand on sait que les agriculteurs ainsi que leurs enfants sont surreprésentés parmi les personnes qui souffrent de cancers, le principe de précaution doit prévaloir.”
“Monsieur le premier ministre, les néonicotinoïdes étaient interdits et vous avez laissé faire leur réautorisation par dérogation. Il faut être très clair : les sociétés savantes médicales et scientifiques et le Conseil national de l’Ordre des médecins vous ont directement interpellé pour vous rappeler les dangers que représentent l’acétam…”
“Vous allez me parler d’émotion ; vous aurez raison : rien de ce que vous direz ne pourra éteindre la colère ! Quand des enfants meurent (Vives exclamations sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, HOR et UDR) , quand d’autres deviennent orphelins parce qu’on autorise des produits neurotoxiques… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la prési…”
“Nous parlons d’un sujet extrêmement sérieux. Je suis très mal à l’aise avec l’argumentaire qui consiste à opposer les victimes. Tout mort est un mort de trop, qu’il soit civil, policier ou gendarme. Le débat n’est pas nouveau.”
“Pour éviter cela, on lui a appris à ne jamais tirer, sauf si quelqu’un est directement mis en danger. Quand on lui a foncé dessus, elle a fait ce à quoi elle avait été entraînée : sauter dans le fossé. La première règle est de ne pas faire de morts quand il n’y a pas de personne directement en danger.”
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“Dans votre discours, vous avez fait le choix de ne pas embrasser tous les sujets, je le comprends, mais l’écologiste que je suis ne peut qu’être inquiète que l’environnement et la biodiversité ne soient pas au cœur des priorités. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR. – Mme Fatiha Keloua Hachi applaudit aussi. – M. le premier ministre fait un geste de dénégation.) Mais si, et c’est une source de regret ! Vous savez combien les inondations, les vagues de chaleur et les morts qu’elles entraînent affectent nos concitoyens au quotidien. Ne pas agir fermement contre le réchauffement climatique, c’est laisser prospérer ces calamités environnementales. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M.”
“Monsieur le premier ministre, vous avez déjà réussi une chose, puisque vous avez prononcé la déclaration de politique générale la plus attendue depuis 2022. Vous avez dit avoir fait un discours inhabituel ; ma réponse le sera tout autant, puisque je ne m’en tiendrai pas à mon discours écrit mais vous répondrai directement. Vous avez parlé d’innovation démocratique pour désigner le fait de laisser le Parlement débattre et voter. Que le simple respect du vote soit vu comme une innovation démocratique, c’est dire à quel point nous sommes habitués à voir notre démocratie malmenée ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR.) Vous avez souhaité que nos échanges portent sur le contenu des politiques publiques, c’est donc par cela que je commencerai.”
“Ce qui renforce l’isolement présidentiel et l’hyperprésidentialisme d’une V e République à bout de souffle. Monsieur le président de la République, puisque vous êtes le point de blocage, entendez que la cohabitation décidée par les Français depuis déjà plus d’un an s’impose à vous ! (Les députés du groupe EcoS se lèvent et applaudissent.)”
“Ses députés ne savent pas quoi voter aujourd’hui.”
“Il ne doit plus être possible d’imposer des lois par le 49.3. C’est notre engagement : un gouvernement de gauche doit demander immédiatement un vote de confiance et renoncer au 49.3. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe EcoS.) Nous l’avons entendu pendant l’intervention de M. Wauquiez, le socle gouvernemental se disloque sous nos yeux.”
“Il faut enfin redonner à la France sa place dans le monde : elle doit être au premier rang pour refuser le chantage de Donald Trump et demander la révision de l’accord entre les États-Unis et l’Union européenne. Il faut agir résolument en soutien à la Palestine, en finançant l’Unrwa, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, et en interdisant les ventes d’armes à Israël. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur plusieurs bancs du groupe GDR.) Comment faire passer toutes ces mesures ? Par un changement de méthode. Rompre avec la politique d’Emmanuel Macron, c’est aussi rompre avec sa méthode et redonner du pouvoir à l’Assemblée. Il ne doit plus être possible de gouverner pendant des mois sans avoir demandé un vote de confiance.”
“Malheureusement, la charge contre les savoirs scientifiques est un autre dégât collatéral de l’entente avec l’extrême droite. Enfin, nous engagerons une lutte volontariste et résolue contre les discriminations et pour l’égalité, dans un moment où les faits racistes, antisémites et islamophobes explosent. S’agissant de l’accueil des migrants, il faut débloquer la situation dans les préfectures, qui, faute de moyens, sont devenues des usines à créer des sans-papiers.”
“Nous nous opposerons à la vague d’obscurantisme qui déferle depuis les États-Unis et qui est importée par la droite et l’extrême droite de cet hémicycle. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Nous engagerons la planification écologique et nous respecterons nos engagements – baisse de 65 % des gaz à effet de serre d’ici à 2030, baisse de 90 % d’ici à 2040. Nous investirons pour réduire notre consommation d’énergie grâce à la rénovation thermique des bâtiments, au développement des transports en commun, aux investissements dans les énergies renouvelables. Le respect des connaissances scientifiques et une action politique résolue sont les deux seules manières de préserver la biodiversité et de réduire les impacts du réchauffement climatique.”
“Nous protégerons la santé par le refus du doublement des franchises médicales, l’abrogation de la loi Duplomb, la régulation de l’installation des médecins et la suppression de la majoration du ticket modérateur pour les patients qui n’arrivent plus à trouver un médecin traitant.”
“Nous défendrons aussi le pouvoir de vivre dignement, grâce à la revalorisation des salaires, à la gratuité des premiers kilowattheures, à l’encadrement des loyers, à la lutte contre la vacance et le développement des logements Airbnb.”
“Cet argent nous permettra de réduire le déficit, mais surtout d’investir dans l’école, dans la santé, dans la transition écologique, dans l’industrie, dans l’adaptation de nos sociétés face aux impacts du réchauffement climatique. J’entends déjà les commentaires mesquins de certains sur ces bancs, mais, messieurs et mesdames de la majorité présidentielle, quand on a, en un an et demi, creusé un trou de 70 milliards d’euros, on se fait tout petit et on ne donne pas de leçons d’économie ! (Mme Dominique Voynet applaudit.) Je rappelle que cette somme – 70 milliards –, c’est ce que vous vouliez économiser avec la réforme des retraites ! (Mmes Sandra Regol et Sandrine Rousseau applaudissent.) Il nous faut un modèle économique plus viable.”
“Nous mettrons en place la taxe Zucman pour les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, et, sur ce sujet seulement, si aucun compromis ne se dégage, alors nous passerons par le référendum : ce sont les Français qui paient vos erreurs, c’est donc à eux de décider comment les corriger. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe EcoS.) Nous réformerons le pacte Dutreil, qui protège les héritages dorés, et, bien sûr, nous contrôlerons les 211 milliards d’euros d’aides aux entreprises et nous supprimerons les aides indues. Chaque entreprise, chaque association, chaque collectivité doit justifier du moindre euro dépensé, mais les grandes entreprises pourraient encaisser des milliards sans suivi, sans contrepartie, sans la moindre création d’emploi ? Ce n’est pas acceptable.”
“Et alors que vous êtes incapable de régler votre déficit de confiance avec les Français, vous n’êtes clairement pas le mieux placé pour combattre le déficit budgétaire ! (Mêmes mouvements.) Nous remplacerons l’austérité par la justice fiscale. Nous mettrons un terme à l’injustice qui veut que quelques milliers de contribuables ultrariches soient deux fois moins imposés que le reste de la population.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.) Le dialogue toujours, la compromission jamais ! Alors que deux gouvernements ont apparemment gouverné sans feuille de route pendant un an, celle de la gauche est connue. Il s’agit, déjà, de réparer ce que vous avez cassé et de refuser votre cure d’austérité dangereuse. Car votre diagnostic budgétaire est faux, monsieur le premier ministre : ce n’est pas l’augmentation des dépenses publiques – restées stables depuis 2017 – qui a creusé le déficit, mais la baisse des recettes. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe EcoS.) Vos 44 milliards d’euros d’économies ne feraient qu’aggraver la situation en ralentissant l’activité économique et en faisant augmenter le chômage.”
“Le bilan de sa présidence est en effet bien sombre, cela a été dit : multiplication de cadeaux fiscaux, épuisement de l’école et de l’hôpital public, abandon de l’environnement face aux lobbys et du logement face aux investisseurs. Cette politique a été rejetée dans les urnes et le serait encore plus violemment aujourd’hui, si l’on en croit les sondages. Pour sortir de l’impasse, le président de la République n’a d’autre choix que d’accepter une cohabitation et de nommer un premier ministre issu des rangs du Nouveau Front populaire – non pas pour changer de visage, mais bien pour changer de cap. (Mme Sandrine Rousseau applaudit.) Car un gouvernement de gauche ne peut et ne doit pas être le gilet de sauvetage de la politique macroniste.”
“Le Rassemblement national a d’ailleurs voté 90 % des textes présentés par votre gouvernement et, la moitié du temps, il vote avec les groupes de la majorité présidentielle. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Chers collègues d’Ensemble pour la République, tant que vous continuerez cette alliance avec une droite qui n’a plus rien de gaulliste, vous serez prisonniers des filets du RN et vous continuerez de vous enfoncer dans l’erreur morale et la faute politique. Pour vous libérer de cette emprise, vous devez accepter de renoncer à imposer votre politique. Le deuxième impératif est de rompre avec la politique d’Emmanuel Macron.”
“Le premier impératif est donc de respecter le barrage républicain. Michel Barnier et vous-même, monsieur le premier ministre, avez pourtant tous deux fait le choix de vous appuyer sur l’extrême droite. Pourquoi une telle dérive ? Parce que vous avez décidé de vous allier avec le parti de Bruno Retailleau, qui veut restreindre les droits des journalistes, qui souhaite arrêter le soutien aux énergies renouvelables, qui demande l’exclusion des femmes voilées des compétitions sportives et qui pense, comme le clan Le Pen, qu’il existe des Français de papier. Avec de tels alliés, rien d’étonnant à ce que l’extrême droite soit votre assurance vie !”
“Notre devoir, maintenant, est de lui prouver que sa voix est entendue, que son vote n’est pas vain. Il se dégage trois faits indéniables des législatives anticipées de 2024, trois leçons qui doivent guider notre action : le rejet du Rassemblement national, à qui les Français ont bloqué l’accès à Matignon ; le refus de la politique d’Emmanuel Macron, puisque deux tiers des électeurs se sont exprimés en faveur d’un changement radical de politique ; une Assemblée nationale plurielle, où aucune force politique ne dispose d’une majorité. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe EcoS.)”
“Aucun chantage, aucun discours catastrophiste ni aucune tournée des plateaux de télévision ne permettront de construire une stabilité politique. La stabilité politique et le lent rétablissement du lien de confiance entre les citoyens et leurs élus ne peuvent advenir que d’une seule manière : par le respect du vote. Le choix de près de 33 millions de Français nous oblige. L’histoire retiendra que face à la grenade dégoupillée d’Emmanuel Macron, face à son mépris, à sa brutalité, à son abus du pouvoir, le peuple français s’est levé. (Mêmes mouvements.) Et alors qu’Emmanuel Macron fait toujours la sourde oreille, le peuple, persévérant, a décidé de se faire maître des horloges. Il a refusé massivement la loi Duplomb et il a lui-même convoqué les mobilisations du 10 septembre.”
“Votre départ est un soulagement. Il serait presque une satisfaction s’il n’était pas accompagné de l’incertitude de la suite. En effet, le sujet du jour n’est pas tant votre gouvernement que ce qu’il adviendra dans les prochains jours. La logique voudrait qu’après la fin précoce du gouvernement de Gabriel Attal, la censure de celui de Michel Barnier et l’échec de votre gouvernement, enfin, les choses changent. La lucidité impose de reconnaître que la crise que nous traversons n’est pas un problème de casting, que changer de visage sans changer de politique n’entraînera que davantage de déception et d’instabilité (Mêmes mouvements) , que, dans une assemblée sans majorité, personne ne peut imposer sa politique sans tomber, en particulier lorsque vous vous obstinez à mener une politique massivement rejetée par les Français.”
“Monsieur le premier ministre, aujourd’hui, votre gouvernement tombera. Cela ne fait aucun doute. Il n’y a ni suspense, ni hésitation. Dans quelques heures, vous présenterez votre démission au président de la République sans que cela ne soulève ni tristesse ni regret. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) De vous, nous ne retiendrons que vos mensonges délétères concernant votre inaction face aux violences à Notre-Dame de Bétharram, votre sens hasardeux des priorités quand vous choisissez de prendre un jet pour Pau plutôt que d’être aux côtés des sinistrés de Mayotte (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS) , et votre impeccable sens du timing quand vous choisissez de redonner de la splendeur à votre bureau de maire alors que vous annoncez aux Français qu’ils vont devoir se serrer la ceinture.”
“Or, dans ce moment où tout glisse, nous avons besoin, chers collègues, que vous ayez une colonne vertébrale politique un peu plus solide. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)”
“Enfin, nous avons en mémoire l’obstruction sur le texte visant à abroger la réforme des retraites. Si quelqu’un a fait perdre de son sens à l’exercice, ce n’est pas nous, mais le gouvernement, en s’immisçant à de nombreuses reprises dans nos niches parlementaires. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) J’ajoute que si nous avons eu un avant-goût de ce que deviendrait la France si l’extrême droite était au pouvoir, je ne peux que regretter que les membres du bloc présidentiel se soient comportés comme des girouettes en soutenant le texte dont nous avons pu empêcher l’adoption. Si nous avons réussi à vous convaincre de tenir avec nous contre le système des privilèges défendu par les partisans de Marine Le Pen, sur la question du mariage, en revanche, vous vous êtes montrés on ne peut plus fluctuants.”
“Il s’agissait d’une niche de La France insoumise ; les débats portaient sur l’obligation vaccinale. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP.) Puis vint une niche des communistes : la prise de parole d’un ministre dura près d’une heure.”
“Aujourd’hui, nous avons effectivement vu ce à quoi ressemblerait l’extrême droite au pouvoir : le copinage, le choix de préserver les privilèges d’élites qui ne seraient pas soumises à la loi d’une part ; de l’autre, des dispositions restreignant les droits, ceux des étrangers d’abord, mais aussi ceux des Français, privés du libre choix de la personne avec laquelle se marier. Nous avons vu également leurs coups de sang, leurs cris, leur mépris, leurs insultes, souvent proférées hors micro, créant un brouhaha, de sorte que si cette journée de niche a été gâchée, il me semble que c’est avant tout de leur fait. Je tiens enfin à rappeler que l’obstruction lors des niches est bien ancienne. Lors de la première à laquelle j’assistai en tant que parlementaire, je me souviens que l’obstruction venait du gouvernement.”
“Au titre de l’article 100, relatif au bon déroulement de nos débats. Dans cet hémicycle à peu près vide, après que l’extrême droite l’a déserté, ne supportant ni le débat ni la défaite, il convient que chacun tire les conclusions de cette journée. La première, c’est que les députés du Nouveau Front populaire, dont les écologistes, ont effectivement déposé nombre d’amendements sur un texte qui leur semblait remettre en cause un droit, la liberté de se marier. Quand le ministre nous l’a demandé, nous avons confirmé que nous comptions défendre un à un les amendements que nous avions déposés.”
“Quels que soient les gestes, malgré votre mépris pour cette institution et pour notre discussion, nous sommes toujours là pour affirmer que ce qui nous intéresse, c’est le respect de notre État de droit et de la liberté – liberté de choisir son compagnon, sa compagne, de pouvoir l’épouser quelle que soit sa nationalité, une liberté que vous souhaitez entraver. Cet amendement propose que, lorsque le maire a saisi le procureur pour surseoir au mariage, les époux puissent être entendus et que leur avocat puisse faire des observations. Quand on prive quelqu’un du droit de se marier, il est indispensable qu’il puisse se défendre. J’espère que cet amendement de bon sens sera voté, que nous pourrons continuer nos travaux dans une ambiance plus calme et que l’extrême droite saura se tenir mieux.”
“Ceux qui nous écoutent, monsieur le président, doivent comprendre dans quel contexte nous intervenons depuis le début de cette journée. Dès que nous prenons la parole, nous faisons face à des collègues qui se moquent et miment l’apitoiement ou la lassitude.”
“Pour être exact, c’est un brouhaha accompagné de gestes méprisants…”
“J’aimerais pouvoir parler sans les vociférations de l’extrême droite…”
“Des excuses devraient donc être adressées en bonne et due forme.”
“Au titre de l’alinéa 3 de l’article 70, monsieur le président. Il dispose qu’un député peut être sanctionné s’il adresse à un ou plusieurs de ses collègues injures, provocations ou menaces. (Vives exclamations sur les bancs du groupe RN.) Je ne répéterai pas le mot exact, mais il me semble que la provocation était assez explicite. (« Mais non ! » sur plusieurs bancs du groupe RN.) Le rattrapage est habile, mais il ne peut masquer le fait que le mot a bel et bien été prononcé.”
“Permettez-moi de vous rappeler, chers collègues du bloc présidentiel et gouvernemental, que si vous êtes ici, c’est grâce à cet acte d’espérance et de résistance qui s’appelait le barrage républicain. C’est à lui que, vous tous, devez votre élection ! Vous trahissez un beau mariage, celui des électeurs avec la promesse républicaine. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, SOC et GDR.)”
“Ce sont les chiffres ! Plus de 80 % des textes du gouvernement ont été soutenus par le Rassemblement national – une proportion écrasante. Il y a donc là un vrai problème ! (Mme Ségolène Amiot applaudit.)”
“Elle vise également à empêcher que des personnes arrivées légalement sur le territoire, qui ont eu plusieurs titres de séjour, qui ont travaillé en France, qui ont peut-être eu un enfant sur le sol français, mais dont le titre de séjour n’est pas renouvelé, ne puissent pas se marier. La question n’est pas de savoir comment une personne est entrée sur le territoire, mais si, en France, une personne veut s’unir à elle. Au sujet des votes, je vous invite à regarder les chiffres. Le groupe EPR, aujourd’hui, vote à 46 % avec le Rassemblement national. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je suis fière, pour ma part, du Nouveau Front populaire – fière qu’il fasse obstacle à cette proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs de groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe GDR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Nous défendons la liberté, pour chacun, de choisir de se marier ou pas et, le cas échéant, de choisir avec qui se marier. C’est l’objet de cet amendement : que le défaut de production des pièces ne puisse pas entraver la célébration du mariage. Cette proposition de loi, elle, vise à empêcher que l’on puisse se marier avec la personne de son choix, quelle que soit sa nationalité.”
“Oui, nous défendons pied à pied chaque amendement pour éviter toute dérive. Je vous le redis, collègues du bloc présidentiel : il est temps d’arrêter cette dérive et d’avoir un sursaut.”
“Vous apportez donc votre soutien à un groupe politique qui ne considère pas tous les citoyens français comme tels, mais opère une discrimination en fonction de leur religion. Soutenir ce texte constitue un grand danger.”
“Elle a en effet affirmé que les citoyens français musulmans détenaient un chiffon administratif, appelé carte d’identité française, qu’ils avaient usurpé.”
“Et pendant ce temps, vous avez un ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, qui délivre des OQTF à des binationaux. Quand cela va-t-il s’arrêter ? Vous votez avec un groupe politique dont l’une des députés, Florence Joubert, a eu des mots très violents.”
“Il s’agit de garantir le principe de la liberté matrimoniale, la liberté de choisir son conjoint ou sa conjointe. Nous proposons qu’il soit interdit d’exiger des pièces supplémentaires, au motif que la personne serait de nationalité étrangère. Ce sous-amendement est indispensable pour éviter les dérives. Je m’adresse aux collègues du bloc présidentiel, car nous assistons à une lente dérive. En 2017, Emmanuel Macron faisait de l’intégration le point principal de son projet sur l’immigration. Quoi de mieux pour l’intégration que de se marier ? Après avoir adopté la loi « immigration », parsemée de mesures inconstitutionnelles, voilà que vous rejetez les amendements du Nouveau Front populaire à un texte dont l’objet est d’entraver la liberté matrimoniale.”
“Je demande une suspension de séance, monsieur le président.”
“Chers collègues du bloc présidentiel, votez pour cet amendement et contre ce texte ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC. – Mme Mathilde Feld applaudit également.)”
“(Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.) Alors qu’ils travaillent, qu’ils ont des conjoints français et des enfants nés sur le territoire français, ils se retrouvent sans pouvoir prouver qu’ils sont arrivés légalement en France et qu’ils ont le droit de continuer à travailler. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Vous créez des sans-papiers et maintenant, vous voulez les empêcher de se marier : c’est indigne ! (MM. Benjamin Lucas-Lundy et Paul Christophle applaudissent.) Comment pouvez-vous espérer être dans la continuité de la promesse que vous avez faite aux Français d’être le barrage au Rassemblement national si vous lui donnez la main, si vous aidez ses membres, qui, en fait, ne veulent que continuer à fracturer ?”
“» et applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC), qui parle de « lobby juif », qui a soutenu les propos antisémites de Jean-Marie Le Pen, qui parle aussi de « lobby LGBT » et de la « folie du tout-homo », et qui a été condamnée pour diffamation raciste. Chers collègues du bloc présidentiel, voulez-vous continuer à faire les basses œuvres de l’extrême droite et les aider à exclure de notre société les étrangers ? (MM. Benjamin Lucas-Lundy et Raphaël Arnault applaudissent.) Je vous pose la question car c’est exactement cela que vous êtes en train d’organiser ! On vous a parlé des Hauts-de-Seine. Je peux vous parler de l’Isère, où tous les jours des gens viennent dans ma permanence parce qu’ils n’ont pas reçu de récépissé ou qu’ils attendent le renouvellement de leur titre de séjour.”
“Collègues du bloc présidentiel, voilà une chance de vous rattraper après vos précédents votes. Je me souviens qu’encore ce matin, vous étiez, avec des trémolos dans la voix, en train de nous rappeler le passé collaborationniste du Rassemblement national (Exclamations sur les bancs du groupe RN) et maintenant, vous votez avec eux en faveur de ce texte et contre des amendements qui visent à empêcher des mesures qui contreviendraient au droit au mariage. Je tiens à vous dire que le Rassemblement national n’a pas changé : vous votez avec ceux qui ont dans leurs rangs une parlementaire qui s’appelle Caroline Parmentier (« Eh oui !”
“Monsieur le rapporteur, vous ne pouvez pas nous donner de leçons d’écologie quand cela fait des mois que vous êtes en train de détricoter le code de l’environnement. (Mme Julie Laernoes applaudit.)”
“C’est ce qui permet à l’Allemagne de réduire sa dépendance au gaz et au lignite. En Allemagne, il n’y a plus que l’AFD – Alternative für Deutschland –, c’est-à-dire les compagnons de route du Rassemblement national, pour continuer de défendre le lignite et le charbon.”
“Comment améliorer l’isolation des logements, si vous soufflez le chaud et le froid en matière de rénovation de logements ? Avec vous, on ne peut ni éviter, ni remplacer, ni améliorer. La seule solution que vous nous proposez, c’est le stockage. Or nous ne pouvons pas continuer à faire comme si de rien n’était et simplement stocker nos émissions, il faudra moins émettre. Un modèle énergétique fondé sur une énergie renouvelable, pilotable et maîtrisable – l’hydraulique –, combinée à un mix énergétique d’éolien et de solaire peut être considéré comme stable.”
“Comment y arriverons-nous si le bloc central, votre groupe politique, fait passer en force la création de nouvelles autoroutes ? En procédant de la sorte, vous participez à l’augmentation des émissions. Ensuite, il faut remplacer. Aux citoyens, notamment en zones rurales, qui sont obligés de faire des trajets en voiture parce qu’on a supprimé des lignes de bus et de trains, vous ne proposez rien. Vous êtes même en train de mettre fin au financement des RER métropolitains, alors qu’ils facilitent les trajets. Enfin, il faut améliorer.”