Cyrielle Chatelain
ECOS · France
“Monsieur le premier ministre, vous devez une explication aux 2 131 368 signataires de la pétition « Non à la loi Duplomb – Pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective » et à cette assemblée. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.”
“(Mêmes mouvements.) Quand on voit se déployer l’épidémie de cancers pédiatriques, quand on sait que les agriculteurs ainsi que leurs enfants sont surreprésentés parmi les personnes qui souffrent de cancers, le principe de précaution doit prévaloir.”
“Monsieur le premier ministre, les néonicotinoïdes étaient interdits et vous avez laissé faire leur réautorisation par dérogation. Il faut être très clair : les sociétés savantes médicales et scientifiques et le Conseil national de l’Ordre des médecins vous ont directement interpellé pour vous rappeler les dangers que représentent l’acétam…”
“Vous allez me parler d’émotion ; vous aurez raison : rien de ce que vous direz ne pourra éteindre la colère ! Quand des enfants meurent (Vives exclamations sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, HOR et UDR) , quand d’autres deviennent orphelins parce qu’on autorise des produits neurotoxiques… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la prési…”
“Nous parlons d’un sujet extrêmement sérieux. Je suis très mal à l’aise avec l’argumentaire qui consiste à opposer les victimes. Tout mort est un mort de trop, qu’il soit civil, policier ou gendarme. Le débat n’est pas nouveau.”
“Pour éviter cela, on lui a appris à ne jamais tirer, sauf si quelqu’un est directement mis en danger. Quand on lui a foncé dessus, elle a fait ce à quoi elle avait été entraînée : sauter dans le fossé. La première règle est de ne pas faire de morts quand il n’y a pas de personne directement en danger.”
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“(Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Malheureusement, nous ne pourrons pas examiner ces textes aujourd’hui. Cela nous aurait permis, là aussi, de démontrer que des avancées sont possibles. Avec le présent texte, nous démontrons qu’il n’y a pas de fatalité : même si vous voulez nous habituer au pire, même si, avec vos 49.3, vous nous expliquez qu’il n’y a pas d’autres options que ces budgets récessifs, qui privent de moyens les services publics et la transition écologique,…”
“Avec la taxe Zucman, Eva Sas et Clémentine Autain reprennent les conclusions, claires, de la recherche : oui, nous pouvons taxer les ultrariches, et ce sera bénéfique pour tous. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR.) Dans l’heure qui nous reste, nous commencerons le débat – malheureusement, nous ne le finirons pas – sur l’instauration d’une sécurité sociale de l’alimentation. Là encore, Charles Fournier et Boris Tavernier s’appuient sur le travail des collectivités et des associations. Nous l’affirmons : nous pouvons non seulement protéger, mais aussi tracer de nouvelles perspectives, créer de nouveaux droits. Je remercie aussi celles et ceux qui ont travaillé, pendant des jours, sur leur proposition de loi : Léa Balage El Mariky, Jean-Claude Raux, Benjamin Lucas-Lundy, Sophie Taillé-Polian.”
“Ces combats et ces victoires sont le fruit d’un long travail. Le combat contre les polluants éternels, c’est celui de Nicolas Thierry, depuis plus de deux ans. Le texte fait partie de ceux présentés lors de la journée d’initiative parlementaire des Écologistes l’an dernier. C’est désormais une loi. Cela signifie que, sur chaque texte, nous nous engageons avec détermination. Il s’agit non pas de faire de la communication (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS, SOC et GDR) , mais, chaque fois, d’aboutir à une loi qui change réellement la vie des Français. Car, que souhaitons-nous avant tout ? Tenir nos engagements et être utiles à toutes et tous. Notre travail s’appuie sur la recherche.”
“Aussi sommes-nous fiers de montrer que cette assemblée peut voter des lois de progrès, et qu’il existe une lueur d’espoir. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR.) La nouvelle loi agricole, régression environnementale, n’est pas une fin en soi. Il est aussi possible d’interdire les polluants éternels, et nous serons toujours là pour mener les combats environnementaux et sociaux. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC et GDR.) Tout ce que vous avez défait, nous le reconstruirons ; tout ce que vous avez cassé, nous le réparerons. (Mêmes mouvements.) C’est notre engagement !”
“Aujourd’hui, au Sénat, les Républicains ont remis en cause la possibilité pour les étrangers de se marier avec des Français. (« La honte ! » sur les bancs du groupe EcoS.)”
“Dans le cadre du temps gouvernemental, nous avons dû subir l’examen et le vote de la proposition de loi Attal, qui privera les mineurs de justice – demain, la loi ne les protégera plus. (« La honte ! » et « Scandaleux ! » sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)”
“Il s’agit du deuxième texte proposé dans le cadre de la journée d’initiative parlementaire du groupe Écologiste et social. Dans une heure, cette journée se terminera et nous pouvons être très fiers du travail accompli sur nos textes (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR) , avec le soutien de l’ensemble de nos partenaires de gauche, députés communistes, Insoumis et socialistes. (Mêmes mouvements.) Nous sommes fiers car, dès demain, nous pourrons retourner dans nos circonscriptions, regarder nos électeurs dans les yeux et leur dire que nous avons été fidèles à nos engagements. (Mêmes mouvements.) Nous nous sommes battus et nous avons réussi à remporter des victoires. La période est sombre. Pendant la niche du groupe DR, nous avons dû supporter votre obsession des questions migratoires.”
“Le groupe Écologiste et social suivra l’avis éclairé de la rapporteure Eva Sas et votera contre cet amendement.”
“C’est fini, votre temps de parole est écoulé !”
“Mais vous l’avez oublié quand vous étiez au pouvoir !”
“On ne le voit pas beaucoup, votre président…”
“Il se fonde sur l’article 100 du règlement et porte sur le bon déroulement de nos débats. Le ministre s’est engagé à demander une seconde délibération sur un amendement qui nous semble crucial pour le vote de l’article unique. Il nous semble qu’il ne peut pas se rétracter ainsi ! Pour trouver la meilleure manière de débattre, et pour que notre discussion soit la plus intelligible et la plus intelligente possible, je demande une suspension de séance. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)”
“Sa parole doit être prise au sérieux et avec respect. Je tiens d’autant plus à le rappeler que d’autres députés ont tenu des propos similaires à l’encontre de Mme Voynet au cours de l’examen du projet de loi d’urgence pour Mayotte. Arrêtons ce petit jeu, cela suffit ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.) Nous débattons d’un sujet extrêmement grave et nous avons donné des arguments de fond. Nous attendons donc de vous non des attaques personnelles, mais des réponses, point par point, aux arguments qu’ont émis l’ensemble des groupes de gauche. (Mêmes mouvements.)”
“Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3, de notre règlement, relatif aux mises en cause personnelles. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et SOC. – « Oh ! » sur quelques bancs des groupes RN et DR.) Monsieur le rapporteur, quelle fébrilité, quel manque d’assurance, quel manque d’arguments vous a conduit à attaquer une députée de mon groupe ! Vous n’avez que ça à faire de mettre en cause le travail et l’intégrité de Dominique Voynet ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR.) Je vous le dis très clairement : elle parle en connaissance de cause et pour l’ensemble du groupe Écologiste et social.”
“Le texte prévoit que la réduction du loyer résultant du préjudice subi par le locataire faute de travaux de rénovation tient compte de la « diligence du bailleur », mention obscure que nous proposons de supprimer. En effet, la réduction de loyer doit constituer une protection garantie par la loi aux locataires des passoires ou bouilloires thermiques, dans lesquelles il fait très froid l’hiver et très chaud l’été – les deux situations sont dangereuses pour la santé et affectent la vie quotidienne des personnes. C’est pourquoi une réduction de loyer est nécessaire, notamment l’hiver, pour compenser les surcoûts énergétiques.”
“Cet amendement vise à faire constater par le juge l’existence d’un obstacle à l’exécution des travaux. En effet, en cas de litige entre le locataire et le bailleur, la caractérisation et la qualification d’un tel obstacle à l’exécution doivent être déterminées par une tierce personne, qui ne peut être que le juge compétent, puisque le propriétaire ne peut à lui seul faire état d’un obstacle. En apportant des garanties juridiques, nous entendons protéger le locataire et permettre la réalisation des travaux en présence d’un bailleur récalcitrant.”
“Je défendrai également l’amendement n o 5, madame la présidente. Ces amendements ont pour objectif de fixer un délai maximal pour l’engagement des travaux de rénovation thermique. En effet, la notion de délai raisonnable est extrêmement imprécise alors qu’il s’agit d’être efficace, c’est-à-dire de donner du temps aux propriétaires mais sans leur permettre de repousser sine die les travaux. Il nous semble donc important que la loi établisse un cadre extrêmement clair. En tant que groupe écologiste, nous souhaiterions laisser deux ans maximum aux propriétaires mais, dans un esprit de compromis, nous avons déposé un second amendement qui propose trois ans. En tout cas, prévoir un délai fixe nous semble important afin de concilier le temps pour les propriétaires de lancer les travaux et leur réalisation effective.”
“…dans la lutte contre le réchauffement climatique, lequel affecte pourtant fortement nos concitoyens, avec les inondations à Rennes, à Givors – dans le Rhône – ou dans le Nord, et avec les vagues de chaleur dont nous souffrons chaque été. Si l’on vous écoute, il fera, demain, quatre degrés de plus en France ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)”
“Ce qui montre aussi que vous connaissez bien mal notre pays, c’est qu’il y a de nombreux produits que nous ne produisons plus en France et qui sont donc importés par exemple de Chine, du Brésil ou du Maghreb. Les émissions chinoises sont aussi imputables à la consommation des Français ! Nous polluons ailleurs, mais c’est bien notre empreinte carbone qui est en cause (Mêmes mouvements) , et l’empreinte carbone des Français est bien évidemment supérieure à ce que vous dites. Il ne vous est plus possible de dire aux gens que le réchauffement climatique n’existe pas ; vous êtes donc arrivés au deuxième stade du climatoscepticisme : « Surtout, ne vous inquiétez pas, ne faites rien ! » Autrement dit, vous êtes en train de démobiliser…”
“Je veux à mon tour répondre aux arguments climatosceptiques de notre collègue du Rassemblement national qui, apparemment, connaît bien mal notre beau pays, la France. Certes, nous produisons moins de 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais c’est le cas de 99 % des pays du monde ! Si personne ne fait rien, nous continuerons à aller dans le mur. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) Les 200 pays, à peu près, dont les émissions sont, comme nous, inférieures à 1 % du total, constituent ensemble le deuxième émetteur mondial.”
“Vous reprenez les mots et théories de l’extrême droite, qui ne sont fondés en rien ! Aujourd’hui, les étrangers ne représentent que 8 % de la population et vous les pointez du doigt ! (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice. – Les députés des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR se lèvent et applaudissent cette dernière.)”
“Vous rendez-vous compte de l’insulte que vous faites à ces millions de Français qui portent dans leur chair l’histoire de l’immigration ? Vous leur crachez à la figure et c’est insupportable ! (Les députés du groupe EcoS et plusieurs députés des groupes SOC et LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)”
“Nous ne sommes pas opposés par une querelle sémantique mais par un différend profond sur ce que signifie notre République. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Notre République, elle est fraternelle ! Notre République, elle accueille. Vous l’avez dit, notre pays a été construit grâce à l’immigration, et il est beau, notre pays ! On l’aime et il a des milliers de visages !”
“…et par votre acquiescement coupable à un durcissement des conditions de régularisation qui les condamne à la clandestinité. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC et GDR.) Réagissez et, je vous le demande solennellement, présentez vos excuses ! (Les députés des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe GDR. – « Oh ! » sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Vous mentez aussi quand vous dites que vos propos se fondent sur la réalité : ils ne relèvent que du fantasme et du complotisme ! (Mêmes mouvements. – « Oh là là ! » sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.) Vous avez jeté en pâture à l’extrême droite toutes celles et tous ceux qui sont nés hors de nos frontières, mais qui vivent avec nous ! Vous les abandonnez ! Vous les abandonnez, par votre silence assourdissant face à la fermeture de 6 500 places d’hébergement d’urgence pour demandeurs d’asile…”
“Vous nous trahissez quand vous parlez « d’apport étranger », vous insultez tous nos compatriotes dont l’histoire et l’identité personnelle sont en partie liées à l’immigration quand vous parlez de « submersion migratoire ». (Mêmes mouvements.) Vous mentez, quand vous nous assurez que vous répondiez à une question sur Mayotte. Vous mentez, quand vous soutenez que vos propos ne concernaient que Mayotte, car vous avez dit, je vous cite : « Un certain nombre de villes ou de régions sont dans ce sentiment-là. »”
“Monsieur le premier ministre, vous nous faites honte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – « Oh ! » sur quelques bancs des groupes RN et UDR.) Vous faites honte aux 16 millions d’électeurs qui se sont massivement mobilisés le 7 juillet dernier, pour éviter que notre République bascule dans le racisme et la xénophobie. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC et GDR.)”
“Tant que vous continuerez à refuser de nous écouter et de vous engager volontairement, résolument, à financer la transition écologique, tant que vous refuserez de revenir sur les politiques menées au cours des dernières années, nous continuerons à vous censurer. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)”
“Dans un pays où les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à jeter l’éponge, où les travailleurs ne peuvent plus vivre de leur salaire, où les professeurs se sentent abandonnés, les soignants épuisés, les défenseurs de l’environnement ignorés et les jeunes méprisés, est-il responsable de poursuivre dans la même voie ? Non. Dans un pays fracturé par le racisme, où certains de nos compatriotes sont agressés, humiliés ou discriminés en raison de leur religion ou de leur couleur de peau, peut-on se permettre de constituer un gouvernement avec les incendiaires de la haine ? Absolument pas. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Mais, derrière les oublis, les maladresses et les hésitations se dessine une stratégie : vous maintenir au pouvoir grâce au flou et à l’inaction, grâce à des promesses incertaines, mais en ne vous engageant réellement sur rien, alimentant la grande confusion dont se nourrit l’extrême droite, condamnant la France à l’immobilisme et, donc, à une lente décadence. Dans un pays percuté de plein fouet par les conséquences du réchauffement climatique, miné par les inégalités, secoué par une nouvelle vague de désindustrialisation, fragilisé par le retour de l’isolationnisme américain et les tentatives d’ingérence de la Russie, peut-on vraiment se permettre de rester immobile ? Non.”
“Êtes-vous prêt à présenter un projet de loi global contre les violences sexuelles et sexistes ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Êtes-vous prêt à donner aux associations les moyens d’accueillir et d’accompagner toutes les femmes et les enfants victimes de violences intrafamiliales ? Nous ne le savons pas. Enfin, dernier oubli – et non des moindres : votre silence sur la façon dont vous allez réaliser 30 milliards d’euros d’économies. Deux options : soit vous n’atteindrez pas cet objectif, et vous trompez les Français sur votre trajectoire budgétaire, soit vous l’atteindrez, mais vous nous devez la transparence sur les postes de dépenses dans lesquels vous allez couper – école, égalité, logement, transports. Aujourd’hui, je le répète, nous ne savons rien.”
“Le deuxième oubli, c’est l’emploi. La CGT recense 300 plans de licenciement, qui menacent 300 000 emplois. En Isère, 5 000 emplois sont menacés à court et moyen terme par la fermeture de Vencorex et le plan de licenciement d’Arkema. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) Mais, du combat des syndicalistes, des salariés et de leurs familles, de leur inquiétude, pas un mot – et pas une solution. Le troisième oubli, ce sont vos engagements pour l’égalité femmes-hommes et contre les violences sexuelles et sexistes. Alors que la société française a été éblouie par le courage de Gisèle Pélicot, alors que nous avons pleuré dès le 1 er janvier un nouveau féminicide, vous vous contentez d’une phrase de vingt secondes – pas même une minute.”
“Comment voulez-vous comprendre le monde qui nous entoure et les périls qui nous guettent, la spéculation sur les matières premières, la dangerosité de la dépendance au pétrole, les défis qui attendent l’industrie, la catastrophe que représentent les polluants qui s’infiltrent dans nos eaux et dans notre air si vous omettez la catastrophe climatique et l’effondrement de la biodiversité ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)”
“(Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et SOC.) Les rendre coupables des difficultés des agriculteurs est une faute ! (Mêmes mouvements.) En outre, c’est une erreur d’analyse car la préservation de la biodiversité est une protection pour nos agriculteurs et la terre qu’ils cultivent. Votre discours a cinquante ans de retard.”
“Votre discours, très général, ne nous a pas convaincus. Vous commentez l’actualité sans prendre position – ou trop peu – sur quatre sujets fondamentaux pour notre groupe. Le premier, cela ne vous surprendra pas, c’est l’écologie : 158 mots, soit une minute montre en main, pour parler du plus grand défi de ce siècle. Vous ne mentionnez le climat que pour parler d’immigration, l’environnement que pour évoquer le Conseil économique, social et environnemental, et vous n’avez même pas prononcé les mots « renouvelable », « pollution » ou « gaz à effet de serre ». (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Vous allez jusqu’à pointer du doigt les inspecteurs de la biodiversité, alors qu’ils subissent quotidiennement pressions et menaces.”
“Dans votre dernier courrier, la présentation d’un projet de loi sur les retraites est soumise à un double veto : celui du Medef – il faut un accord des partenaires sociaux – et celui de la droite – il faut celui de vos partenaires politiques. Je vous mets en garde : cette loi pour abandonner la retraite à 64 ans, les Français la réclament. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Ne faites donc pas des promesses que vous n’entendez pas tenir… Au sein du groupe Écologiste et social, les discussions ont été nourries : nous sommes conscients qu’il n’est pas évident de trouver un juste équilibre entre la défense ferme et droite de nos valeurs et l’exigence d’ouverture que requiert la situation. C’est un travail de chaque instant, mais c’est un travail que nous n’abandonnerons pas.”
“Vous consentez à conserver les avancées obtenues au cours du débat parlementaire : pas de suppression de postes dans l’éducation nationale, pas d’augmentation des taxes sur l’électricité, des coupes moins brutales pour les collectivités. Mais, en démocratie, c’est bien normal ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Paul Vannier applaudit également.) Par contre, augmenter substantiellement le budget de l’écologie, c’est « Non ». Accepter de renoncer au 49.3, c’est « Non ». Augmenter le smic, c’est « Non ». Abroger la réforme des retraites, c’est « Non ». La suspendre, vous le refusez également.”
“Il est de notre devoir de nous saisir de chaque espace pour défendre nos propositions, pour être les porte-voix de nos électeurs et de nos territoires. Nous continuerons à l’être. Nous avons multiplié les réunions, envoyé des notes, plaidé pour l’abandon de la réforme des retraites ou pour une augmentation du budget en faveur de l’environnement. Nous avons défendu la nécessité d’une véritable politique en faveur du logement, de la santé et de l’école. C’était l’occasion pour vous de démontrer que vous aviez conscience de ne pas être majoritaire, que vous respectiez les 9 millions d’électeurs du NFP (M. Sylvain Berrios s’exclame) et d’accepter de revenir sur les erreurs – sur certaines au moins – des dernières années. L’inflexion est bien timide.”
“Attaché au parlementarisme, à la délibération collective et au dialogue, depuis le vote de la motion de censure le 4 décembre dernier, le groupe Écologiste et social s’est saisi de tous les espaces d’échanges existants. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Nous avons rencontré Emmanuel Macron afin de lui demander de nommer un premier ministre du Nouveau Front populaire, puis nous vous avons rencontré, monsieur le premier ministre, pour vous demander de mettre des moyens sur la transition écologique. Pendant une semaine, nous avons échangé avec le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, avec la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles et avec la ministre chargée des comptes publics.”
“C’est d’une voix ferme que la France doit promouvoir la reconnaissance d’un État palestinien, aux côtés d’Israël, ainsi que la fin de la colonisation, seules issues pour résoudre ce conflit. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et SOC.) J’espère que vous excuserez cette digression mais, parfois, heureusement, le monde se rappelle à nous. J’en viens maintenant à la question de votre censure, à l’ordre du jour de notre séance, puisque nous n’avons pas pu nous prononcer lors d’un vote de confiance. Depuis 2022, et plus encore 2024, les Français expriment un souhait simultané de changement profond de ligne politique et de stabilité. Les deux objectifs seraient compatibles sans l’obstination constante d’Emmanuel Macron et de ses soutiens à perpétuer leur politique.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.) Monsieur le premier ministre, puisqu’il paraît évident que vous ne tomberez pas, le travail qui vous attend est colossal. Il vous faudra apporter un soutien sans faille à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa). (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC, ainsi que sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et GDR.) Du 5 au 8 janvier, une délégation de parlementaires et d’élus écologistes s’est rendue à Jérusalem et dans les territoires occupés, et s’est alarmée de la situation dramatique de cette agence des Nations unies. Elle doit continuer sa mission, cruciale pour la reconstruction de Gaza.”
“Nous espérons que ce cessez-le feu leur permette de retrouver la sécurité, de reconstruire leur foyer et de guérir leurs blessures. Nos pensées vont également aux familles des otages qui, dans les semaines qui viennent, devraient retrouver leurs proches dont ils ont été violemment séparés lors de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) Nous souhaitons qu’ils puissent se reconstruire. Enfin, nous saluons l’engagement pris pour la libération des prisonniers politiques palestiniens. Ce cessez-le-feu doit être le premier pas vers une paix juste et durable, fondée sur le respect des droits humains et du droit international. La France et l’Europe, bien trop attentistes depuis quinze mois, devront redevenir des acteurs de la paix.”
“Au milieu des fracas du monde, et de nos débats désespérants, il y a des jaillissements d’espoir. Ce fut le cas hier, lors de l’annonce de la signature d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC et GDR.) Il faut le préserver à tout prix et le faire durer, alors que la relation semble de nouveau se raidir. Le groupe Écologiste et social s’incline devant les 46 000 morts – leur nombre devrait malheureusement augmenter avec le déblaiement des décombres – et tient à rendre hommage aux blessés et aux déplacés forcés, à ces millions de personnes qui survivent dans des camps de fortune depuis quinze mois, dans la terreur des bombardements, privés de nourriture et de soins.”
“Je vous le dis : les Français sont attachés à la liberté de croire ou de ne pas croire et à l’égalité de tous les citoyens, quelle que soit leur religion. Ils ne vous laisseront pas faire ! (Mêmes mouvements.) Ne comprendrez-vous donc jamais que reprendre les termes de l’extrême droite la fait progresser ? que reprendre sa logique d’exclusion revient à abîmer la cohésion sociale et à fracturer les Français ? Nous ne pouvons rien accepter de tout cela. Tant que vous vous obstinerez à ne rien changer, nous n’aurons d’autre choix que de continuer à vous censurer. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP, dont les députés se lèvent. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.)”
“C’est le cas également pour la complaisance envers le RN. Ces dernières semaines, votre gouvernement a émis plusieurs signes d’indignité qui nous inquiètent. Quand, à Mayotte, les secours cherchaient encore les survivants, vous flattiez déjà les xénophobes aux relents les plus vils, tournant le dos à la détresse des professeurs et des citoyens. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.) Alors que la situation se tend avec l’Algérie, vous laissez vos ministres jeter de l’huile sur le feu au lieu de chercher le dialogue et l’apaisement. Enfin, votre ministre de l’intérieur veut dévoyer la laïcité pour en faire un outil de discrimination envers les musulmans. (Mêmes mouvements.)”
“La seule manière de mettre patronat et syndicats sur un pied d’égalité dans ces négociations est de vous engager à ce qu’une loi soit présentée au Parlement quels que soient les résultats de la discussion. Soyons très clairs : rien ne rendra légitime la réforme repoussant l’âge de départ à la retraite à 64 ans, et nous continuerons à la combattre. Sur le budget comme sur les retraites, vous prenez le même chemin que Michel Barnier.”
“Vous dirigez la France en leur nom, et votre seul devoir est d’appliquer leurs choix. Votre vision bien restrictive de la démocratie et de la place du peuple explique pourquoi vous vous obstinez à considérer la retraite à 64 ans comme la norme légitime qui doit prévaloir. Vous nous proposez une mission flash de la Cour des comptes puis une conférence sociale. Nous vous invitons à enfin écouter les syndicats, que nous soutiendrons. Reconnaissez toutefois que le mécanisme que vous avez imaginé ne leur est pas favorable, puisque vous avez d’ores et déjà annoncé que, s’il n’y avait pas d’accord, la retraite à 64 ans continuerait à s’appliquer. Cela risque de nous entraîner dans un voyage dont on connaît déjà la destination : le retour à la réforme Borne.”
“La réforme des retraites est donc devenue en tout premier lieu une question démocratique, celle du respect de la démocratie sociale, celle du respect de la démocratie parlementaire et, enfin, celle du respect du peuple souverain qui, le 7 juillet, a clairement dit qu’il voulait un changement de politique. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – M. Inaki Echaniz applaudit également.) J’ai écouté votre discours avec attention et je suis en désaccord avec vous quand vous dites que le gouvernement considérera les Français comme des partenaires des décisions à prendre. Les Français ne sont pas vos partenaires mais vos patrons, dont les élus sont les serviteurs ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – Mme Mathilde Feld et M. Marcellin Nadeau applaudissent également.) Vous ne dirigez pas les Français.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Je vous pose la question : trouvez-vous que l’école va bien ? que l’hôpital fonctionne ? qu’on vit correctement de son salaire ? Si vous pensez répondre positivement à ces questions, je vous invite à aller rencontrer les salariés de la plateforme chimique de Pont-de-Claix, dont les emplois sont menacés, les infirmières de Vizille ou les agriculteurs de Saint-Jean-de-Vaux pour qu’ils vous racontent les efforts qu’ils font déjà. (Mêmes mouvements.) L’un des efforts les plus importants que vous avez imposés aux Français est d’avoir à travailler deux années de plus. Deux années volées, brutalement, par un 49.3 et par la répression des manifestations.”
“Ensuite, la censure a permis d’autres avancées. Certes, elle a été une déflagration, mais une déflagration indispensable pour vous rappeler enfin, après trois ans de pouvoir exercé sans discuter, que, dans une démocratie, l’expression de la volonté populaire est un garde-fou nécessaire contre le sectarisme des gouvernements. Alors, nous nous sommes assis pour discuter avec vous. Et nous avons défendu bec et ongles l’augmentation du budget de l’hôpital et des Ehpad, l’instauration de nouvelles recettes et le rétablissement des moyens de l’école ou de la politique du logement. Malheureusement, vous nous proposez finalement que les choses restent globalement telles qu’elles sont et que, lentement, les conditions de vie des Français se dégradent.”