Claire Lejeune
LFI-NFP · France
“Nous avons eu droit aux trois saisons du macronisme budgétaire : les coupes dans le budget initial, les gels et les surgels par décret, les coupes de 4 milliards, encore, dans le projet de loi de finances de fin de gestion – ajoutez à cela l’annonce, pour cette année, de 6 milliards en nouvelles coupes par décret.”
“À force, il va falloir changer le titre de ce texte : cela fait un moment que plus personne, dans cet hémicycle ou dans le pays, n’approuve vos budgets.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous savons que vous gouvernez depuis un moment dans un monde parallèle où le suffrage populaire et l’avis du Parlement sont des détails superfétatoires – un monde où seule compte la dette de l’État, prise isolément de la dette écologique, laquelle pèse pourtant bien sur toute la populat…”
“Alors que nous vivons une bascule mondiale, nous ne sommes pas prêts à faire face – à cause de vous – ni aux chocs géopolitiques, ni au dérèglement climatique, ni aux bouleversements technologiques. Bientôt, ces trois saisons de coupes seront derrière nous. Place au printemps du peuple, avec Jean-Luc Mélenchon !”
“(Mêmes mouvements.) Le capitalisme agro-industriel fonctionne ainsi : il centralise et maximise les profits pour quelques-uns, en installant un modèle économique qui pille la terre et exploite les travailleurs ; il éparpille les risques sur l’environnement et sur les gens.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP). Ce sont les PFAS, les pesticides, les perturbateurs endocriniens. Ce sont toutes ces substances qui se retrouvent dans notre environnement quotidien, qui pénètrent nos corps, que nous respirons et que nous ingérons tous les jours avant même notre naissance. C’est le capitalisme.”
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“Ce point devrait être au cœur de nos discussions car, si la croissance est atone, si les recettes fiscales ne rentrent plus, c’est aussi parce que vous avez tué la consommation populaire, en faisant constamment reposer l’effort sur les mêmes, les classes modestes et populaires. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) Aujourd’hui, le principe simple de l’égalité devant l’impôt n’est pas respecté. Les plus riches de ce pays échappent de manière systématique à l’impôt. Cette CDHR vient réparer, de façon très partielle et imparfaite, cette immense fracture fiscale qui s’est créée dans notre pays depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir. Cet amendement vise à aller plus loin dans cette réparation en relevant à 30 % le taux de la CDHR. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
“J’aimerais répondre à un point soulevé par M. le rapporteur général. Attention, nous dit-il, si vous alourdissez la fiscalité sur les plus aisés, il y aura des effets économiques ! Mais lorsque vous faites porter 90 % de l’effort budgétaire sur les classes populaires, lorsque vous faites reposer la fiscalité sur la TVA, lorsque vous désindexez le barème de l’impôt sur le revenu, croyez-vous que cela n’ait pas d’effets économiques ? Ce sont des familles qui ne pourront plus faire trois repas par jour, des personnes qui ne pourront plus se loger ni consommer : tout cela aura évidemment un effet sur l’activité économique !”
“Il y a quelque chose de sidérant dans ces débats sur la fiscalité. Lorsqu’il s’agit d’imposer les plus riches de ce pays, vous faites preuve d’une prudence, d’une mansuétude assez étonnante ; on parle alors d’une « contribution exceptionnelle » censée durer seulement un an. Mais vous n’avez pas la même précaution lorsqu’il s’agit de faire reposer 90 % de l’effort budgétaire sur les classes populaires de ce pays ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Emmanuel Duplessy applaudit aussi.)”
“L’amendement n o 1075 tend à le conditionner à la valorisation du bois en France et à des conditions d’exploitation compatibles avec l’agroforesterie, qui prennent en compte le dérèglement climatique et les contraintes qu’il nous impose, notamment en matière de diversité des essences. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“C’est lié à l’amendement, car celui-ci porte sur les forêts françaises, au sujet desquelles la Macronie montre à nouveau qu’elle est une supercherie. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) Prenez le plan pour planter 1 milliard d’arbres promu par Macron lui-même : 10 000 hectares ont été replantés en remplacement de forêts tout à fait saines, dont 6 500 en zone Natura 2000, où 1 500 hectares ont été plantés en pins et constituent une forêt industrielle de monoculture. Même ce plan diffusé à grands coups de communication était une supercherie. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) Sur ce sujet, il faudrait une planification et une rupture. Cependant l’outil dont nous disposons dans le projet de loi de finances est le crédit d’impôt relatif aux travaux sylvicoles. Nous vous proposons de l’améliorer.”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Au moins, Michel Barnier l’évoquait, quand il était premier ministre ! La dette écologique nous pend au nez, et vous n’avez rien à en dire. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Quid des inégalités géographiques et tarifaires massives qui découragent les utilisateurs de ces bornes ? Nous ne nous occupons absolument pas de ces problèmes. Quid, enfin, de l’échec abyssal de ce gouvernement et des précédents à construire une politique industrielle digne de ce nom et à soutenir une filière du véhicule électrique qui soit accessible pour les Français ? (M. Maxime Laisney applaudit.) Tout ce que vous avez à proposer, ce sont de petits crédits d’impôt qui ne s’adressent qu’à ceux qui peuvent installer une borne chez eux, dans une maison individuelle. C’est un bricolage, un échec sur le plan de la transition écologique. La politique du crédit d’impôt nous fait vivre à crédit ; nous parlons beaucoup de la dette financière, mais pas du tout de la dette écologique.”
“Quand il s’agit de bifurcation écologique, nous prenons systématiquement les choses par le petit bout de la lorgnette. Nous procédons par le bricolage fiscal, très souvent par le crédit d’impôt. Ce type de dispositifs érode notre base fiscale et notre capacité d’investissement. Pourtant, nous devrions mobiliser des milliards d’euros tous les ans pour être à la hauteur du défi écologique ; pour l’instant, nous ne le faisons pas. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Nous débattons du prolongement du crédit d’impôt pour l’installation d’une borne de recharge individuelle. Quid des problèmes qui ralentissent l’installation des bornes de recharge dans les logements collectifs et dans les copropriétés ? Quid du retard immense que nous avons pris dans le déploiement d’un réseau national public de bornes de recharge ?”
“Nous vous proposons donc de sécuriser le plafond à 12 000 euros pour les personnes dépendantes, car l’utilité du Cisap pour elles est évidente, mais d’abaisser significativement le plafond pour les autres. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il est important de soulever ce problème au moment où l’on va chercher de l’argent sur le dos des malades en affection de longue durée (ALD), des précaires, des retraités, etc. D’un côté, je l’ai dit, 3 % des ménages les plus aisés en bénéficient massivement, tandis que, de l’autre, des ménages précaires, parmi lesquels il y a des personnes dépendantes, n’ont pas accès à ces services gratuitement : c’est un crédit d’impôt égal à 50 % des dépenses effectivement supportées, donc il y a un reste à charge. Nous voulons privilégier la partie du Cisap qui a une réelle utilité pour garantir l’accès à des services essentiels, notamment pour la vie des personnes dépendantes.”
“Madame la ministre, je sais que vous êtes revenus sur les propos par lesquels vous faisiez du Cisap un service public. Non seulement il n’en est pas un, mais, en l’état, il est contraire d’un service public étant donné son caractère antiredistributif. En effet, le taux de recours au Cisap des 75 % de la population dont les revenus sont les moins élevés est inférieur à 10 %, tandis qu’il s’élève à 50 % pour les 3 % de la population aux revenus les plus élevés. Par conséquent, il est faux de soutenir que cette niche fiscale bénéficierait exclusivement aux ménages modestes et précaires. Une partie importante de la masse des 7 milliards d’euros consacrés au Cisap va dans la poche des ménages les plus aisés.”
“Il vise à ce que la possibilité d’en bénéficier soit limitée, pour trois activités, aux personnes dépendantes et à ce que les activités de gardiennage pour les résidences principales et secondaires en soient complètement exclues. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Si je parle de mauvaise foi, c’est parce que ceux qui s’opposent à toute modification du Cisap se cachent derrière les nombreux cas où il est en effet utile – pour les personnes dépendantes et les ménages les plus modestes. Ils se cachent également derrière la question du travail dissimulé – c’est bien la première fois qu’on les voit s’en préoccuper ! Nous pensons que le respect de la loi ne se subventionne pas : le travail dissimulé est illégal et nous, législateurs, disposons d’outils pour faire appliquer la loi. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Nous ne devrions pas maintenir un dispositif fiscal simplement pour acheter le fait que des personnes ne recourent pas au travail dissimulé. Nous vous proposons donc un amendement tendant à réduire le périmètre du Cisap, amendement qui n’a rien de maximaliste.”
“La question du Cisap va nous retenir quelque temps. C’est un outil qui a eu – et qui a encore – son utilité ; mais il est devenu, pour une part, une niche fiscale maintenue à coups de procrastination et avec un peu de mauvaise foi. Son coût est aujourd’hui de 7 milliards d’euros ; c’est la deuxième dépense fiscale de l’État. Si je parle de procrastination, c’est parce que cela fait un certain nombre d’années que les rapports sur le sujet s’empilent, comme les avis qui remettent en question son importance. En commission, toutefois, M. le rapporteur général nous a affirmé qu’il fallait attendre, que les choses n’étaient pas très claires – qu’il ne fallait en somme toucher à rien.”
“Alors, avant de taper sur les conseillers régionaux, faites preuve d’exemplarité et siégez à l’Assemblée nationale ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Sur l’amendement précédent, nous avons entendu que les conseillers régionaux avaient seulement trois réunions par mois, qu’ils ne servaient à rien et qu’on pouvait donc s’en prendre à eux. Le groupe RN ferait bien de balayer un peu devant sa porte : hier, lors de la première journée d’examen d’un PLF important pour la vie de notre nation, seule la moitié de ses membres étaient présents (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également), et il en est de même ce matin.”
“Il est contradictoire de faire participer les élus au mal qui les accable dans l’exercice même de leur mandat.”
“Monsieur le rapporteur général, je ne peux vous laisser dire que vous défendez les élus locaux quand, dans le budget qui nous est soumis, un effort de 4,8 milliards est demandé aux collectivités locales. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ce n’est pas possible ! L’enjeu de cet amendement n’est pas de critiquer les élus locaux, mais d’affirmer que les élus de la République sont au cœur de la vie civique et de la défense de nos solidarités. Au motif qu’ils devraient aider à combler le trou dans la caisse, vous compliquez l’exercice de leur mandat en ne leur donnant pas les moyens d’assurer les services publics et de contribuer aux solidarités à l’échelle locale. Cet abattement, majoré à 50 % sur les indemnités cumulées, nous paraît anachronique.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.) Pour 5 millions de jeunes, aujourd’hui, il est impossible de décohabiter – par manque de moyens, faute de pouvoir payer un loyer. Ils s’en trouvent entravés dans leur accès aux études, tout comme dans la possibilité de se réaliser professionnellement. Des étudiantes et des étudiants ne peuvent même plus se nourrir et rejoignent les files d’attente pour recevoir l’aide alimentaire. Ce n’est pas de l’idéologie : ce sont les faits. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Je ne me fais cependant aucune illusion : le vote de cet amendement ne se traduira par aucune aide supplémentaire apportée à nos étudiants. Supprimer la possibilité de cette demi-part fiscale en l’état – sans que la garantie d’autonomie ne soit dès à présent assurée –, me parait un pari assez dangereux ; nous ne voterons donc pas l’amendement. Cependant, monsieur le rapporteur général, dire que les inégalités entre les jeunes adultes sont liées à la situation de leurs familles respectives, à leur patrimoine et à leur capacité à les accompagner financièrement dans leurs études, ce n’est que décrire la réalité.”
“Nous ne pourrons pas soutenir cet amendement mais nous voulons expliquer pourquoi. Bien sûr, nous partageons les constats et les objectifs sur le fond. Mais cette mesure, en l’état, aurait des effets indésirables. (M. Charles de Courson applaudit.) Cette demi-part fiscale profite certes pour partie à des ménages aisés, mais elle concerne également des ménages qui le sont beaucoup moins, ménages beaucoup plus modestes, voire précaires, qui seraient ainsi touchés par la mesure proposée. Je comprends très bien que l’on veuille réaffecter ces moyens aux bourses – nous défendons même énergiquement une garantie d’autonomie.”
“En revanche, si nous sommes aux affaires, la CEHR perdra son E et sera pérennisée ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Mais pourquoi vous arrêter en si bon chemin, alors que les objectifs ne sont pas atteints ? Nous vous proposons, par cet amendement, d’être cohérents avec vous-mêmes et de maintenir la CDHR tant que le déficit ne sera pas descendu en dessous de la barre des 3 %. Disant cela, nous ne prenons pas trop de risques car le chiffre de 3 %, nous le savons, est un totem absurde dont même les créateurs admettent le non-sens. C’est un objectif qui n’a pas été tenu depuis 2007 et qui ne le sera jamais, compte tenu de la gabegie budgétaire dont vous vous rendez coupables depuis l’arrivée de Macron au pouvoir et que vous entretenez en multipliant les cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises. Nous n’avons aucune chance d’y arriver tant que vous resterez au pouvoir.”
“Monsieur le rapporteur général, vous avez déclaré dans votre propos liminaire que chaque ligne budgétaire était la traduction d’un choix politique, d’une vision pour notre pays. Nous en convenons mais ce sont surtout des vies qui se cachent derrière chaque ligne budgétaire. Lorsque vous divisez par deux la contribution des plus riches et des entreprises, ce sont des vies que vous abîmez. Tout est lié : l’année blanche, les coupes budgétaires sur le dos des malades ou des plus précaires. Mais nous serons au combat au nom de toutes ces vies que vous allez abîmer. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) En instaurant la CDHR, vous admettez que les plus riches ont bien un rôle à jouer pour rétablir les comptes publics, en participant à l’effort de solidarité nationale.”
“Les représentants du gouvernement n’ont donc pas été capables d’éclairer le débat alors que nous allons voter sur cet article liminaire dès à présent et non après la pause. Nous voudrions des éclaircissements maintenant, avant le vote ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il prévoit 60 milliards de coupes budgétaires (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS) , dont plus de 10 milliards sur l’immigration. C’est absolument lunaire ! Vous nous auriez immédiatement et complètement plongés dans la récession ! Votre contestation de l’article liminaire me paraît donc assez mal placée. Il est bien beau de se parer des oripeaux de la responsabilité et de la crédibilité mais la réalité, c’est que vous ne dites pas davantage que ce gouvernement la vérité aux Français ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je soulignerai pour terminer qu’à ce stade, le gouvernement n’est pas capable de nous donner des chiffres alternatifs à ceux qui nous ont été présentés par le président de la commission des finances.”
“Je constate d’abord que le groupe RN et le groupe UDR contestent la logique du budget. Ils vont jusqu’à demander la suppression de l’article liminaire ou à l’amender très profondément. Néanmoins, les députés de ces groupes n’ont pas voté la motion de rejet préalable. On constate ainsi, comme souvent, qu’ils ne donnent de coups d’épée que dans l’eau. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Sur le fond, vous vous fondez pour défendre ces amendements sur les constats de l’OFCE et du HCFP, qui pointent en effet le caractère très volontariste du budget du gouvernement, notamment en raison de l’incertitude qui pèse sur la demande privée, c’est-à-dire sur la consommation populaire, avec un risque d’effet récessif. Mais qu’auraient-ils dit de votre contre-budget, monsieur Tanguy ?”
“La non-censure sera payée très cher par les Français, le « décalage » – s’il advient – pèsera lourd sur les retraités, jusqu’aux quelques centaines de milliers de travailleurs – la génération née en 1964 – qui pourraient partir trois mois plus tôt mais qui verront leurs pensions baisser. Aucun groupe politique élu sur le programme du Nouveau Front populaire, aucun, n’avait mandat pour permettre cela ! (Mêmes mouvements.) Ce budget, nous vous le disons, ne s’amende pas à la marge : il se combat. Ce budget sera battu, vous serez censuré et, tôt ou tard, le roi nu occupant l’Élysée devra céder. On peut museler, tromper, piétiner un parlement, mais jamais un peuple. Les peuples finissent toujours par reprendre leur bien. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)”
“Le dérèglement climatique est là, il chamboule des vies, il prend des vies : c’est une conséquence directe du capitalisme fossile et financier que vous défendez. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cette année encore, vous opérez des coupes dans le fonds Barnier et retirez des fonds à la rénovation thermique. Nous sommes bien loin des 37 milliards d’investissement public qu’il faudrait mettre tous les ans sur la table pour être à la hauteur et protéger les Français. (Mêmes mouvements.) Face à tout cela, il faut être très mauvais en calcul pour soutenir que l’hypothétique décalage de la réforme des retraites est une victoire ; Pyrrhus lui-même ne s’y serait pas risqué.”
“Les chamboulements géopolitiques nous obligent à réaffirmer notre souveraineté ; au lieu de cela, vous cautionnez l’octroi de milliards supplémentaires à l’Union européenne de von der Leyen, qui cède à Trump sur tout et va nous faire dépenser 750 milliards en pétrole et gaz de schiste américains.”
“Vous avez défendu explicitement cet acharnement sur des personnes qui subissent déjà le désordre de nos préfectures, où l’on attend parfois plus d’un an le simple renouvellement de son titre pour pouvoir se loger, travailler et vivre dignement. Les préfectures sont devenues des fabriques de sans-papiers et d’irrégularité, sans-papiers que vous sanctionnez ensuite. En agissant ainsi, vous avez perdu à tout jamais le droit de nous parler de républicanisme pour nous accabler. Vous avez tout cédé au RN, et vous portez en cela une lourde, très lourde responsabilité. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Ce budget est celui de la capitulation face aux immenses chantiers que nous devrions être en train de mener.”
“Ce budget est bien celui de la cruauté : vraiment, dans quel esprit a pu naître l’idée d’aller faire les poches des malades en affection de longue durée ? des apprentis ? des étudiants ? des retraités ? Pour l’explosion des droits de timbres sur les visas et titre de séjour, nous savons trop bien d’où vient l’idée : ce sont des mesures du programme du RN, importées dans le budget Lecornu et défendues en commission non pas par les députés d’extrême droite, qui ont pu faire pendant ce temps une pause-café, mais bien par les députés du socle commun. (Mêmes mouvements.)”
“(Mêmes mouvements.) Il n’y a eu personne pour voter des moyens supplémentaires aux services départementaux d’incendie et de secours, les Sdis, qui bataillent en ce moment même sur le terrain, dans les départements touchés par la tempête Benjamin. Il n’y a eu personne pour ménager nos collectivités, tant maltraitées depuis huit ans. Il n’y a eu personne pour taxer les pollueurs, les dividendes et les profits exorbitants des multinationales ! Toutes les mains en revanche se sont levées pour contrer la taxe Zucman, le retour de ISF et la suppression du prélèvement forfaitaire unique (PFU). Le RN est bien l’assurance-vie des totems de la politique macroniste ! (Mêmes mouvements.) À défaut de justice fiscale, pour remplir les caisses, vous n’avez que votre fonds de commerce : la maltraitance sociale.”
“En amendant le budget Lecornu, le RN a bel et bien préservé 7 milliards d’économies sur la santé – plus de 1 milliard rien que sur l’hôpital public –, l’augmentation de la TVA pour les autoentrepreneurs et les petits commerçants, 4 600 postes de profs en moins (Mêmes mouvements) , pas d’abrogation de la réforme des retraites, le démantèlement des grandes agences de l’État et une coupe de 20 milliards dans le budget de l’écologie. Et quand on le lui fait remarquer, il crie au mensonge, comme les écoliers pris à tricher. Bref, le RN est une arnaque pour les Français ! (Mêmes mouvements.) Ce budget, c’est aussi la réanimation forcenée de la politique des privilèges et des privilégiés, que le RN et le socle commun ont défendu bec et ongles, et main dans la main.”
“Mais nous avons bien compris, avec leurs votes en commission et la parution de leur contre-budget, que la mue macroniste du RN était parachevée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Non seulement il s’aligne sur la protection des milliardaires et du capitalisme financier, mais il partage la même incompétence et la politique au doigt mouillé, comme en témoignent les tableaux et la série de huit slides publiés hier, contradictoires entre eux.”
“Ainsi ce budget sabre-t-il de moitié par rapport à l’an dernier la contribution des entreprises au travers de l’impôt sur les sociétés. Il accélère la fin de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), maintient toutes les niches fiscales insensées dont le crédit d’impôt recherche – quasiment 8 milliards d’euros déversés sur des entreprises qui délocalisent et licencient. Et le RN de renchérir, en voulant supprimer aussi la cotisation foncière des entreprises (CFE), en votant docilement tout ce que le gouvernement met sur la table, le tout avec des arguments dignes des pires néolibéraux.”
“Vous ranimez le cadavre de la politique de l’offre, cette politique qui a détruit notre industrie en la faisant basculer en dessous de 10 % du PIB, mais que vous persistez à encenser à grand renfort d’éléments de langage qui planent à 1 000 kilomètres de la réalité économique de notre pays. Le chômage repart à la hausse malgré le fait que vous l’ayez artificiellement diminué en faisant exploser le nombre d’apprentis ; les défaillances d’entreprise vont atteindre un nombre record et la consommation populaire est atone : avec votre budget, nous risquons la récession. C’est cette politique qui a vidé nos caisses, et pourtant vous voulez la continuer. Vous déplorez aujourd’hui une crise dont vous portez seuls la responsabilité.”
“C’est bien ce que nous avons sous les yeux.”
“Alors, s’il vous plaît, ne nous parlez pas de démocratie ou de respect du travail parlementaire car vous n’en avez que faire ! (Mêmes mouvements.) Il se trouve que ce simulacre de débat, permis par la non-censure, est votre dernière tactique pour survivre et éviter la sanction des élections. Et nous en arrivons à l’acte III : ce budget Frankenstein, défendu par des revenants que personne n’avait demandé à voir revenir. Dans le roman de Mary Shelley, Frankenstein est un assemblage de cadavres que le docteur ranime.”
“Vides parce que vous saviez qu’un 49.3 arrivait et que vous avez préféré sécher plutôt qu’accomplir votre travail de députés au nom des Français !”
“Et si nous avons bonne mémoire, il y a exactement une année, les bancs du socle commun étaient vides.”
“(Mêmes mouvements.) Vous êtes l’un des plus proches du président-monarque, qui prend les élections pour des sondages d’opinion qu’il lui serait loisible d’ignorer. Et vous venez aujourd’hui, face à la représentation nationale, nous parler de compromis, de révolution tranquille du Parlement, nous dire que nous pourrons débattre et voter. Il faut être bien naïf pour croire que les choses auraient soudainement changé. Vous ne pouvez pas inventer une démocratie parlementaire au milieu d’un régime que vous avez contribué à rendre autoritaire. (Mêmes mouvements.) Vous ne pouvez pas sérieusement feindre d’avoir redonné le pouvoir à cette assemblée quand vous disposez des ordonnances pour à nouveau la bafouer. Pas plus tard qu’hier, vous avez validé une motion de rejet pour nous empêcher de délibérer.”
“Dans la nuit macroniste, nos services publics peinent à accomplir leurs missions pourtant essentielles, et certains trouvent encore à les accabler et à les ponctionner, le tout pour faire progresser insidieusement le privé. À l’acte II, nous découvrons la série pitoyable des premiers ministres, Barnier, Bayrou, Lecornu I, Lecornu II, qui sont autant de fusibles sautant les uns après les autres pour protéger l’Élysée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Monsieur Lecornu, capitaine démissionnaire puis remissionné du radeau de La Méduse , vous avez participé à tous les gouvernements coutumiers du 49.3. Vous avez participé à tous les gouvernements qui ont choisi d’ignorer et de réprimer les mouvements sociaux, dont celui qui a contesté, avec le soutien de tous les Français, la réforme des retraites.”
“C’est une bien mauvaise tragédie que nous vivons. À l’acte I, nous trouvons un président deux fois mal élu et trois fois battu dans les urnes, mais qui, pensant les Français nostalgiques de la monarchie, se rêve en Roi-Soleil, se réveille en roi nu et tous les jours enfonce le pays dans la pire des nuits. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Une nuit faite de mépris, de contrats précaires, d’usines et de classes qui ferment, d’étudiants en galère, de queues interminables pour l’aide alimentaire. Une nuit où les tempêtes, catastrophes directement liées au dérèglement climatique, laissent soudainement des milliers de nos concitoyens sans électricité et où des pompiers en sous-effectifs risquent leur vie.”
“Face à la crise du logement, nous devons faire autrement et bien mieux. Il existe une majorité dans ce pays pour soutenir une politique massive et ambitieuse qui défendrait le droit au logement et relancerait la rénovation thermique, une politique en faveur de la programmation et de la planification de la construction de logements sociaux et très sociaux sans renoncer aux objectifs écologiques, une politique qui mettrait fin à l’accaparement et à la marchandisation de ce qui devrait être un bien commun. Pour y arriver, il faut tourner la page du macronisme et voter la censure dès demain matin ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Julie Ozenne applaudit également.)”
“L’article 2 prévoit la transformation des résidences hôtelières à vocation sociale en logements pour les travailleurs. Cette mesure consiste seulement à déshabiller Pierre – en l’espèce, des personnes dans des situations on ne peut plus précaires – pour habiller Paul. À l’article 2 bis B, on retrouve la suppression de l’étude d’optimisation de la densité des constructions, préalable aux projets d’aménagement, que la loi « climat et résilience » avait introduite en 2021. Encore une régression ! La proposition de loi supprime également le caractère suspensif des recours gracieux et empêche quiconque n’ayant pas participé à l’enquête publique d’ester en justice à l’encontre du projet. Nous vous alertons : c’est une atteinte grave et inconsidérée au droit de recours. Nous voterons aujourd’hui contre ce texte.”
“Cette obsession forcenée du dézingage de la norme est emblématique du très mauvais esprit qui plane sur cette assemblée, sous l’influence de l’extrême droite. Cet esprit, confondant pragmatisme et simplisme, prépare le trumpisme. L’article 1 er introduit un recul par rapport aux obligations de solarisation et de végétalisation des toitures des bâtiments publics, pourtant décidées il y a seulement deux ans dans une loi Aper déjà bien fragile et désormais sacrifiée avec l’accord du gouvernement.”
“La norme, lorsqu’elle est là pour protéger l’environnement, lorsqu’elle est là pour protéger les gens, lorsqu’elle est là pour introduire des précautions et garantir des équilibres, ne devrait pas être balayée et vilipendée par les élus que nous sommes. Non, elle devrait être défendue ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“On ne peut que constater la disproportion entre l’immensité, la gravité de la crise et la nature des dispositions du texte. Non seulement il est trop peu ambitieux, il est aussi dangereux. Il est dit de simplification mais, comme tous ceux du même nom – on commence à en avoir l’habitude –, il introduit des régressions en proposant des dérogations qui partent dans tous les sens. Nous ne pouvons ni accepter ni soutenir cette logique ! Elle revient à diaboliser la norme, ce qu’adore faire l’extrême droite avec ses accents de plus en plus trumpistes. Je voudrais vous rappeler, chers collègues, que la norme est la déclinaison et l’aboutissement de la loi que nous votons ici.”
“La crise du logement est massive et la cause en est claire : les politiques néolibérales du président Macron qui, depuis huit ans, ont tout fait empirer !”