Matthias Tavel
LFI-NFP · France
“Chers collègues, vous êtes manifestement à court d’arguments : vous en venez à des démonstrations un peu absurdes. Madame Gruet, quels critères supplémentaires voulez-vous qu’on vérifie ? Que le patient a désormais moins de 18 ans alors qu’il avait plus de 18 ans trois mois plus tôt ?”
“Puisque vous avez refusé le réinvestissement dans les barrages des bénéfices de l’hydroélectricité, ils risquent d’être gaspillés dans la gabegie financière des nouveaux EPR. Demeure une maigre consolation : le statut des salariés, dont nous saluons le travail, est sanctuarisé. Nous défendons toutefois un tout autre modèle.”
“Soutenu par la grande coalition du « oui » aux traités européens qui va du PS à LR en passant par la Macronie, le texte donne raison aux eurocrates contre le service public. (M. Gabriel Amard applaudit.) Nous nous y refusons.”
“Avec un réchauffement de 1,5 o C d’ici à 2030 et de 2 o C d’ici à 2040, le changement climatique n’est pas seulement l’enjeu du siècle, il en est l’urgence. La sortie des énergies fossiles comme le pétrole doit être la priorité. Les solutions sont connues : sobriété, électricité, énergies renouvelables.”
“Vous lui préférez la privatisation des droits de l’État via un régime inédit d’autorisations appelé à remplacer les concessions actuelles, sans aucune garantie de la solidité juridique du dispositif devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).”
“…et ni François Hollande ni Emmanuel Macron n’ont jamais eu la volonté de s’y opposer, alors qu’il y a un an, l’Assemblée s’est prononcée à l’unanimité contre cette menace européenne. (MM. Gabriel Amard et Andy Kerbrat applaudissent.) Pourtant, c’est non un armistice mais une reddition qui est en passe d’être votée.”
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“Si elle ferme, qui assemblera les centaines de nacelles correspondant aux appels d’offres prévus par votre PPE ? Pourtant, la filière de l’éolien maritime montre aussi ce qui fonctionne. Voyez le contrat de RTE avec les Chantiers de l’Atlantique : entreprises nationales à capitaux publics, investissement public, planification à long terme. C’est ce modèle qu’il faudrait généraliser, au lieu de sacrifier les énergies renouvelables au tout-nucléaire, au lieu de tout abandonner au marché, comme vous le faites ! (M. Maxime Laisney applaudit.) Légitimité démocratique, maîtrise publique, planification énergétique adossée à une stratégie industrielle, voilà ce qu’il faut, ce que vous refusez ! L’énergie est un bien commun, non une marchandise ; elle doit relever de la souveraineté populaire, être gouvernée en fonction de l’intérêt général.”
“Vous faites perdre un temps précieux à des filières industrielles que vous tardez à soutenir, comme l’hydrolien, énergie renouvelable parfaitement régulière et prédictible, ou que vous fragilisez gravement, comme l’éolien en mer, qui ne mérite certes pas le mépris dont vous avez fait preuve tout à l’heure. Votre projet de PPE contient des promesses : il y aurait urgence à passer aux actes ! Le désintérêt du gouvernement devient insupportable ; vous laissez General Electric, qui a absorbé Alstom, licencier au point de menacer le site de Montoir-de-Bretagne, où ont été assemblées les nacelles du premier parc éolien maritime français, à Saint-Nazaire. Savez-vous seulement que cette usine sera bientôt la dernière en France qui puisse accomplir ce travail ?”
“Il suffit de considérer le bilan du macronisme : retard par rapport à nos objectifs en matière de développement des énergies renouvelables, par rapport à la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre, par rapport à la sortie des énergies fossiles et de la dépendance qu’elles créent, par rapport à l’électrification destinée à décarboner notre consommation d’énergie. Loin de produire trop d’électricité, si l’on examine les besoins du pays et du climat, la France, là encore, est en retard ! Ce bilan indique la direction contraire à l’intérêt national comme à l’intérêt de l’humanité.”
“Cela fait huit années que M. Macron nous fait perdre du temps, et alors que tant de Français ne peuvent payer leur facture d’électricité ou de gaz, vous continuez ! Vous deviez présenter en 2023 un projet de loi consacré à l’énergie et au climat ; non seulement ce projet de PPE a donc deux ans de retard, mais le débat d’aujourd’hui ne donnera lieu à aucun vote. Vous avez peur de la démocratie (M. Maxime Laisney applaudit) : vous imposerez vos dispositions par décret, et à entendre votre intervention de tout à l’heure, il est fort à craindre que ce soit le Rassemblement national qui vous tienne la main pour signer. (Même mouvement.) Je le répète, vous faites perdre à la France un temps précieux.”
“C’est l’antichambre du Rassemblement national, ici !”
“À qui la faute ? Vous l’avez laissée mourir ! Quelle honte…”
“Mais restera soumis au bon plaisir du roi !”
“C’est bien connu, on est très attachés à Stéphane Le Foll !”
“…pour laquelle les Français ont fait des révolutions ! (M. le président coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe LFI-NFP, ainsi que Mme Marie Pochon, applaudissent ce dernier. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Ce sont des propos inacceptables, antiparlementaires, poujadistes, qui font honte à son groupe ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Marie Pochon applaudit également.) Un tel discours est inacceptable venant de membres d’une assemblée parlementaire pour laquelle tant de Français se sont battus,…”
“Sur la base de l’article 70, alinéa 5, relatif à celui « qui s’est rendu coupable d’outrages ou de provocations envers l’Assemblée ou son président ». Nous venons d’assister à une scène extravagante dans laquelle un député de la nation accuse un « lobby parlementaire ».”
“C’est quoi ces propos antiparlementaires ?”
“Mon rappel se fonde sur l’article 70, alinéa 3, puisque j’ai été mis en cause. Si vous vouliez vraiment prévenir le risque qu’il soit mis fin au travail sur les récifs coralliens, il fallait supprimer l’article 1 er , car vous êtes à présent dans la nasse, si je puis me permettre cette métaphore maritime ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Monsieur le ministre Berville, lors de notre premier échange après votre nomination, je vous ai félicité d’avoir été le premier à remettre à sa place le préfet Lallement, qui avait été nommé sous votre autorité et n’était pas venu vous saluer. Vous voyez donc que j’ai beaucoup de considération pour vous !”
“Nous nous y opposons, car c’est à un 49.3 contre la démocratie sous toutes ses formes que vous œuvrez, comme vous l’avez toujours fait ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir. – MM. Damien Girard et Nicolas Sansu applaudissent également.)”
“Mais bien sûr que si, monsieur Berville, vous avez dit que vous souhaitiez que l’on conserve cet article 1 er qui prévoit la suppression de ce comité. Vous êtes tout simplement en train d’appliquer le programme d’Elon Musk ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS. – M. Hervé Berville brandit le règlement de l’Assemblée.) M. Kasbarian est certes parti – ah, il est revenu ! –, mais il le trouve génial. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le ministre présent au banc appartient au même parti que Mme Morançais, vice-présidente de parti Horizons et présidente du conseil régional des Pays de la Loire, qui trouve également Elon Musk génial au point de rêver d’un Musk français. Vous voulez engager la France sur la voie de la trumpisation, avec les voix du Rassemblement national, de la droite et de la Macronie.”
“Berville, ancien ministre de la mer, soutenir la suppression du Comité national de l’initiative française pour les récifs coralliens est tout de même scandaleux !”
“Je me suis dit que j’allais appliquer la méthode de notre collègue Mme Blin. Je suis donc allé consulter le site internet des Républicains et à la rubrique « Qui sommes-nous », à côté de « Notre équipe » et de « Nos instances », se trouve un onglet « Contre-gouvernement ». Je croyais que vous étiez au gouvernement ! (Sourires et applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.) Faut-il en déduire que votre site internet n’est pas à jour ? Dans ce cas, appliquant la méthode Blin, il faudrait prononcer la dissolution de votre parti ! (Mêmes mouvements.) Cela montre bien l’absurdité de votre action, qui consiste à prononcer à la hache, à la tronçonneuse, à l’aveugle, la suppression d’organismes dont vous méprisez le travail, les compétences et l’investissement. Entendre M.”
“Je propose de reprendre avec un peu d’humour. (Protestations sur les bancs du groupe RN.)”
“On sait de quel côté vous auriez été, vous !”
“Vous avez dit quelque chose d’odieux, vous devriez avoir honte !”
“Monsieur le ministre, ce texte oblige EDF à présenter un plan de conversion de la centrale de Cordemais. Vous devrez faire respecter la loi par EDF. Nous avons vu comment le gouvernement est capable d’exiger du PDG d’EDF ce qu’il veut quand il veut ; nous vous demandons la même chose pour la conversion de la centrale de Cordemais. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.)”
“Par respect et par soutien pour les salariés trop longtemps méprisés et ignorés (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit également) – ils ne sont pas dupes des agissements du Rassemblement national pour se refaire la cerise sur leur dos –, les députés du groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire voteront pour ce texte malgré ses imperfections, notamment s’agissant du modèle de conversion de la centrale de Saint-Avold – nous sommes très attachés aux exigences écologiques. Nous rattrapons ici les dégâts causés par l’absence totale de planification énergétique depuis l’élection d’Emmanuel Macron. (Mêmes mouvements.)”
“Ce sont des emplois de soudeurs et non d’électriciens. Vous étiez récemment en déplacement à Saint-Nazaire, monsieur le ministre : vous savez donc que le métier de soudeur est en tension. Le projet ne répond pas non plus à notre demande consistant à garder un site de production d’énergie à Cordemais. Monsieur le ministre, pouvez-vous vous engager à ce que Cordemais reste un site de production d’énergie ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et plusieurs bancs du groupe EcoS.)”
“Mais nous ne pouvons plus nous satisfaire des éléments de langage d’EDF. Non, le projet Ecocombust ne coûte pas 1,5 milliard d’euros. Ce sont les chiffres qu’EDF vous a fait passer : lorsqu’on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. (Mêmes mouvements.) Nous contestons ces chiffres. De toute façon, le gouvernement a inscrit le prélèvement d’un dividende exceptionnel de 2 milliards d’euros sur EDF dans la loi de finances pour 2025. C’est-à-dire qu’en une seule année de dividendes, vous empochez plus que le coût sur quinze ans de l’investissement nécessaire pour le projet Ecocombust, même si l’on se fonde sur les calculs fallacieux d’EDF ! Par ailleurs, le projet d’usine de tuyaux Framatome proposé à la place de cette centrale ne répond pas à la question posée. On parle de 200 emplois au lieu de 500.”
“Cet article résulte d’un amendement sénatorial travaillé par les députés et sénateurs de Loire-Atlantique. Il vise à exiger d’EDF la présentation, longuement attendue, d’un plan de conversion de la centrale de Cordemais. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Depuis huit ans, la seule proposition formulée en ce sens vient des salariés, en particulier de leur organisation syndicale CGT. (Mêmes mouvements.) Ni EDF, ni le gouvernement n’ont pris la responsabilité de proposer un plan de conversion. Sans les salariés, elle aurait connu le même sort que la centrale de Saint-Avold : vous l’auriez fermée, avant de devoir la rouvrir dans la précipitation. Nous avons besoin de cette centrale pour pouvoir électrifier les usages et pour accompagner le développement massif des énergies renouvelables dont notre pays a besoin.”
“(Mêmes mouvements.) Assez d’hypocrisie ! La parité est possible partout, elle est souhaitable partout. Engagez-vous, mesdames et messieurs les citoyens, pour faire vivre la démocratie ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Quant aux députés du groupe DR, ils ont sans doute une petite arrière-pensée pour les élections sénatoriales. En effet, si vous défendiez vraiment la ruralité, vous auriez voté, la semaine dernière, l’amendement visant à encadrer l’installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et DR.) Si vous défendiez vraiment la ruralité, collègues du groupe DR, vous n’auriez pas privatisé La Poste sous Nicolas Sarkozy – elle ferme aujourd’hui des bureaux par centaines. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Si vous défendiez vraiment les petites communes, vous n’auriez pas soutenu le budget d’austérité qui prive les petits élus locaux des moyens de rendre le service public à la population.”
“» sur plusieurs bancs du groupe RN) , on comprend que vous cherchez un prétexte pour habiller une vision bien rétrograde de la place des femmes dans notre société. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Protestations sur les bancs du groupe RN.)”
“Je dis à celles et ceux qui nous écoutent : plutôt que d’écouter les arguments en faveur de ces amendements contre le scrutin de liste dans les petites communes, engagez-vous, soyez candidats, soyez candidates aux élections municipales (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) , parce que c’est là, dans la commune, que se forme notre démocratie depuis tant d’années. Or nous sommes pour notre part particulièrement attachés aux libertés communales malgré le fait qu’elles sont parfois corsetées par de grandes communautés de communes ou par de grandes communautés d’agglomération qui éloignent le citoyen du pouvoir. Quand on vous entend, collègues de droite et d’extrême droite (« Oh !”
“Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas !”
“Frédéric Maillot applaudit aussi. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.) Monsieur le premier ministre, qui a pris cette décision ? (Les députés du groupe LFI-NFP et plusieurs députés des groupes EcoS et GDR se lèvent pour applaudir. – Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs des groupes SOC, EcoS et GDR.) Pourtant, avec 640 millions d’euros, on pourrait financer 5 000 lits d’hôpital ou 20 000 enseignants supplémentaires, ou encore nationaliser Vencorex. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) À l’heure où vous voulez faire payer aux Français votre prétendue économie de guerre et les cadeaux aux plus riches de M. Macron, pourquoi faire ce cadeau à M. Bolloré, l’homme de main médiatique de Poutine et de Trump, celui qui invitait M. Sarkozy sur son yacht, celui qui transforme ses médias en avocat de Mme Le Pen et qui lance la chasse contre les juges ? Décidément, l’extrême droite a un problème. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS. – M.”
“Après avoir supprimé l’impôt sur la fortune, la Macronie invente l’impunité pour les milliardaires fraudeurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Curieusement, lorsqu’il s’agit d’un passe-droit fiscal octroyé à M. Bolloré, on n’entend pas M. Retailleau dénoncer la culture de l’excuse des milliardaires (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS) ni le RN dénoncer le laxisme de Bercy ! On ne vous entend pas, monsieur le premier ministre, exprimer votre crainte d’une submersion par les fraudeurs fiscaux ! (Mêmes mouvements et rires sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Quand vous faites cadeau de 100 000 années de RSA à un milliardaire, on n’entend pas non plus M. Wauquiez dénoncer le cancer de l’assistanat des riches !”
“Une décision ministérielle a ramené la pénalité à zéro euro et zéro centime.”
“On apprend dans la presse que le gouvernement a consenti une énorme ristourne fiscale de 640 millions d’euros à Vincent Bolloré, quatorzième fortune française et soutien de l’extrême droite. Quel scandale ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Plus d’un demi-milliard d’euros offert à un milliardaire, alors que vous faites les poches des autoentrepreneurs ! (Mme Danielle Simonnet applaudit.) M. Bolloré a triché avec le fisc. Cette fraude aurait dû lui valoir une pénalité de 640 millions d’euros ; il n’en a rien été. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Décidément, l’extrême droite a un problème avec l’argent et l’honnêteté ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“De la même façon, dans les annonces faites par Mme von der Leyen, à qui aucun mandat n’a été donné par les traités européens pour s’occuper de questions de défense, il n’y a rien sur le soi-disant Buy European Act que vous évoquez. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Vous avez accepté des propositions de la Commission européenne sans aucune garantie que cet argent servira à la défense européenne, et a fortiori à l’industrie de défense nationale dont les Français ont besoin ! La bonne politique ne consiste pas à déroger à la règle des 3 % au bénéfice d’une économie de guerre, mais à abandonner purement et simplement cette règle : c’est la condition d’une économie de la paix et de la défense nationale ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe GDR.)”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Mais pour la défense, vous en trouvez ! Quand il s’agit de nationaliser Vencorex pour garantir la défense et la souveraineté industrielle de la France, il n’y a pas d’argent ! Mais pour l’industrie d’armement américaine, il y a de l’argent européen ! (Mêmes mouvements.) Tout à l’heure, vous nous avez donné des leçons de solidarité européenne, mais avec cet amendement, vous proposez d’utiliser les fonds structurels européens, c’est-à-dire les instruments budgétaires de solidarité entre les régions européennes, pour financer l’armement. Où est la solidarité dont vous parliez ? Elle n’existe pas !”
“L’amendement n o 40, qui appelle à déroger aux règles budgétaires européennes en faveur de l’industrie de défense, sonne comme un aveu. Pour vous, quand il s’agit de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche, secteurs qui conditionnent l’indépendance de la nation sur le long terme (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP – M. Hendrik Davi applaudit également) , il n’y a pas d’argent ! Quand il s’agit d’investir dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables afin de nous passer des combustibles fossiles et de réduire notre dépendance vis-à-vis de la Russie, des États-Unis, du Qatar ou d’autres pays, ce qui est la condition de notre indépendance énergétique pour les décennies à venir, il n’y a pas d’argent !”
“Charles Sitzenstuhl s’exclame.) Au demeurant, avec qui proposez-vous de former une armée commune européenne ? Avec Viktor Orbán, dont vous dénonciez tout à l’heure l’alignement sur la Russie ? Avec Giorgia Meloni, qui prend ses ordres auprès de Donald Trump ? Voilà la réalité de l’armée européenne que vous voulez construire ! Au mieux, elle sera impuissante ; au pire, elle renforcera notre soumission aux ingérences étrangères que vous prétendez combattre. En tout état de cause, elle finira par acheter du matériel américain, c’est-à-dire par renforcer la diplomatie militariste des États-Unis au lieu de défendre la paix, le non-alignement et l’indépendance de la France, à laquelle nous sommes si attachés, nous. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Cher collègue Sitzenstuhl, répéter un mensonge n’en fait pas une vérité. L’existence d’une politique étrangère et de sécurité commune n’implique pas que l’Union européenne soit habilitée à mener une politique de défense. Nous n’y avons jamais consenti. Par ailleurs, en 2005, les Français ont clairement indiqué qu’ils ne voulaient de l’organisation de l’Union européenne telle qu’elle se construit contre eux depuis cette date. Notre collègue Lachaud a rappelé la forfaiture qu’a constituée la ratification par le Congrès du traité de Lisbonne. Non, les Français n’ont jamais indiqué qu’ils étaient d’accord pour que soit menée une politique de défense commune européenne, moins encore pour que soit créée l’armée européenne que vous voulez voir évoquée dans le texte que nous examinons. (M.”
“(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Croyez-vous que les quelques oligarques en possession des fermes usines ukrainiennes s’abstiendront d’attaquer l’agriculture française ? C’est pourquoi nous ne sommes pas favorables à l’adhésion de l’Ukraine, sans que cela ait aucun rapport avec le soutien que nous lui devons face à l’agression de l’armée russe. J’ajouterai qu’aux termes de la Constitution, la ratification d’un traité d’adhésion doit être approuvée de préférence par référendum (Mêmes mouvements) ; la solution parlementaire ne vient qu’en second et, de toute façon, vous ne disposez pas de la majorité qualifiée requise. Votre discours est donc au mieux un bavardage inutile, au pire une provocation inacceptable. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous soutiendrons évidemment les amendements de la collègue de notre groupe et du collègue communiste. Qu’il soit question dans le texte, monsieur le rapporteur, de faciliter ou d’accompagner le processus d’adhésion, l’objectif reste le même : partir de ce qui nous rassemble, le soutien à l’Ukraine, pour tenter d’imposer au peuple français des mesures dont il ne veut pas. C’est là tout le propos du président de la République : coupes dans les budgets sociaux, abandon des revendications que soit abrogée la réforme des retraites, élargissement de l’Union sans harmonisation sociale et fiscale préalable, – ce qui n’élargira que le champ du dumping, des délocalisations industrielles, de la concurrence agricole déloyale.”
“Ce sont plutôt ces actes qui poussent malheureusement les peuples à croire parfois que c’est dans l’opposition aux autres peuples qu’ils pourraient avoir un avenir, alors qu’au contraire c’est dans la paix et dans la coopération qu’il y a un avenir pour les peuples européens. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Aujourd’hui, malheureusement, la concurrence économique et sociale organisée par les institutions et les traités de l’Union européenne est le carburant du nationalisme, alors même que cette dernière devrait être un rempart fidèle aux valeurs de Victor Hugo, de Jean Jaurès et d’Aristide Briand. (Mêmes mouvements.)”
“Nous soutenons les amendements de nos collègues communistes, en particulier l’amendement n o 58 qui rappelle que les peuples sont attachés à ce que la construction européenne soit bien au service de la paix, de la dignité, des droits de l’homme. Si j’insiste sur ce sujet, c’est parce que, comme cela a été trop peu dit précédemment, il faut bien mesurer l’écart qu’il y a entre la volonté de paix des peuples européens et ce qu’en fait l’Union européenne (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) en tant qu’institution bien davantage occupée à étrangler le peuple grec il y a quelques années ou à organiser la concurrence économique et sociale entre les peuples européens (Mêmes mouvements) au profit de quelques multinationales, et qui, au lieu d’encourager à la paix, fait tout l’inverse.”
“Elle ne doit pas favoriser la guerre économique ni la guerre sociale !”
“…qui vont donner au peuple français une parole indépendante et forte sur la scène internationale – parole à laquelle nous sommes profondément attachés. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…ni la remise en cause toujours plus grande des acquis sociaux pour payer l’économie de guerre (Mêmes mouvements) ,…”
“De la même façon, si on veut une France forte, capable d’incarner une voix de la paix non alignée, donc indépendante, il faut être capable d’assurer la cohésion du peuple français. Ce ne sont certainement pas les provocations macronistes de M. Dufourcq ou de M. Cette, qui veulent que les pensions des Français servent à payer des canons,…”