Christophe Bentz
RN · France
“Que diraient nos parents d’une telle proposition de loi ? Mon fils, ma fille, je t’aime, je t’aime tellement, mais pardon, pardon de t’avoir donné la vie car elle te fait souffrir ? (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes EPR, LFI-NFP, SOC et Dem.) Pardon de t’avoir fait exister ? Pardon de t’avoir imposé la vie, cette vie ?”
“En ce jour du vote définitif de ce texte, qui vise à légaliser le suicide assisté ou délégué à un soignant, c’est-à-dire l’abandon de la vie humaine, je vous parle le cœur lourd, le cœur serré, le cœur blessé. Mes chers collègues, je vais mourir ; vous aussi, d’ailleurs !”
“On sent bien qu’elle est précieuse et toujours si digne jusqu’à sa fin. Alors pourquoi précipiter la mort, donc arracher la vie plus tôt, trop tôt ? Pourquoi nous arracher nos mamans, nous arracher nos papas, nos grands-parents, nos filles, nos garçons, nos frères et nos sœurs (« Oh là là !”
“Faute d’accès aux soins, elles seront évidemment les premières victimes. Ne rétablissons pas une condamnation sociale de mort ! Mes chers collègues, je comprends votre peur, notre peur : la peur de la maladie, la peur de la douleur qui ne s’apaiserait pas.”
“Imaginez l’injustice irréversible des milliers de personnes qui demandent aujourd’hui à être soignées, et qui demanderont demain la mort par défaut – un acte létal organisé en présence d’enfants mineurs, qui n’ont pas le discernement pour consentir à y participer.”
“Alors en ce jour si grave, avec le cœur, mais le cœur noué et empli d’appréhension, je vous invite à voter contre ce texte de mort, je vous invite à voter pour l’espoir, je vous invite à voter pour que la vie demeure – alors la France restera magnifique ! (Les députés des groupes RN et UDR se lèvent pour applaudir.”
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“Vous affirmez, madame la ministre, que l’amendement de ma collègue Mme Dogor-Such est « plus dur » que l’amendement n o 977 de Mme Vidal, sur lequel vous demandez une seconde délibération. Mais comme sa rédaction est exactement la même, je me demande bien en quoi.”
“Soyez assurée, chère collègue, que nous allons continuer à défendre nos positions. Je sens comme un peu de flottement. Ce texte prétendument « d’équilibre » me semble prêt de déborder. Si j’en crois les bascules de vote, en tout cas dans le groupe Rassemblement national, il finira par devenir invotable pour une majorité de députés. Ce sera un problème – pour vous plus que pour nous.”
“Je m’exprime peu, voire plus du tout, puisque j’ai retiré la quasi-intégralité de mes amendements pour ne pas cautionner l’article 4 et ses critères d’accès au droit à l’aide à mourir, qui sont des garde-fous fictifs et temporaires ! À ce stade de la discussion, il me semble toutefois important que nous inscrivions l’effectivité de l’accès aux soins palliatifs comme un préalable à l’accès à l’aide à mourir. Pour ceux qui nous regardent et qui n’ont pas assisté aux débats de la commission, je rappelle que la mention de l’effectivité a été supprimée sous couvert d’amendements rédactionnels, ce qui n’est pas très honnête – j’y reviendrai lors de l’examen de l’article 5. C’est bien à l’alinéa 8 de l’article 4 qu’il faut l’inscrire. Voilà pourquoi nous soutenons les amendements de nos collègues Gruet et Sitzenstuhl.”
“Nous ne voulons pas cautionner un texte que nous rejetons et qui comporte intrinsèquement toutes les dérives que nous dénonçons. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)”
“Nous voulons supprimer l’article 4, comme les sénateurs l’ont fait. Cet article indique quels sont les critères d’accès au suicide assisté ou délégué. Ce ne sont cependant que les garde-fous de l’instant : ils sauteront dans les mois et les années à venir. Vous n’écoutez pas nos alertes et vous avez rejeté les centaines d’amendements que nous avons déposés depuis trois ans sur ce sujet – et lorsqu’ils sont adoptés, vous les faites revoter. Ceux des députés du groupe Rassemblement national qui sont opposés à l’aide à mourir ont déposé une cinquantaine d’amendements à l’article. Parce que nous ne voulons pas rentrer dans l’intimité des malades et parce que nous refusons de cautionner cet article, nous allons les retirer dans leur intégralité. Le sujet est beaucoup trop grave et beaucoup trop dangereux.”
“Ce n’est pas le cas – pour nous non plus ! Ce sont simplement des convictions qui s’affrontent. Je vous prie de bien vouloir les respecter. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3. Mme Godard a évoqué nos peurs et notre inconscient. Arrêtez de psychiatriser nos convictions ! Nous avons un débat d’idées, une confrontation d’idées. C’est normal, mais arrêtez de penser que vous incarnez la vérité révélée.”
“Je suis intimement persuadé que nous pouvons encore soit vous convaincre, soit démontrer aux Français que notre conviction est le bon chemin.”
“Ces velléités jusqu’au-boutistes démontrent aux yeux des Français que ce que nous dénonçons est déjà en train d’arriver. Les deux amendements que je viens de citer en sont un exemple, mais aussi le n o 1700 de Mme Erodi, qui défendait la possibilité pour une tierce personne non soignante d’administrer la substance létale, ceux qui tendaient à inscrire l’aide à mourir dans les directives anticipées, ou encore ceux visant à étendre le champ de l’article 4.”
“Nos chances ont augmenté parce que l’amendement n o 893 de Mme Dupont et le n o 103 de Mme Godard qui ont été adoptés ce matin montrent, quand bien même il y aurait une seconde délibération, à quel point les dérives que nous dénonçons ont déjà commencé, dès la deuxième lecture – en pleine navette parlementaire !”
“Reconnaissez-le, même si nous ne partageons pas la même conviction. Nous défendons nos convictions et nous prenons le temps de le faire – sans obstruction, sans accélérer ni décélérer – dans un débat qui est lourd et grave. Pour ne pas ralentir les débats, j’ai retiré certains de mes amendements qui faisaient doublon ou qui soulevaient des points sémantiques pas forcément utiles. Mais nous prenons le temps de l’argumentation, parce que nous avons encore l’espoir de vous convaincre et de vous faire évoluer ! Et depuis ce matin, nous avons encore plus l’espoir de voir ce texte rejeté.”
“Oui, nous sommes contre, mais je doute que vous le découvriez. Oui, nous sommes constants.”
“L’article 3 est le troisième et dernier article qui définit ce qu’est l’aide à mourir – le cœur nucléaire du texte, comme je l’ai appelé. Cher collègue Lauzzana, nos amendements de suppression sont la manifestation de notre position.”
“Ce qui est certain, c’est que vous pouvez compter sur nous pour que ça n’arrive pas. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)”
“Il vise à inscrire à l’article 2, véritable cœur nucléaire du texte, la mention suivante : « Aucun professionnel de santé ne peut être contraint de participer, directement ou indirectement, à un acte relevant du dispositif exceptionnel d’aide à mourir. » Chers collègues, j’invoque ici, par avance, la clause de conscience. Cette clause est certes inscrite à l’article 14 au moment où nous parlons mais, ne pouvant présumer de son vote, je préfère l’inscrire dans le marbre dès l’article 2. Tout à l’heure, notre collègue Lauzzana affirmait que nous avions voté définitivement sur les soins palliatifs, ce qui est factuellement vrai, et que le présent texte serait lui aussi voté – je suis désolé, mais vous ne pouvez pas le savoir à l’avance. Vous présumez ainsi du vote.”
“Un sujet important mérite un amendement aussi important. Le code pénal prévoit que « le délaissement, en un lieu quelconque, d’une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son état physique ou psychique est puni de cinq ans d’emprisonnement […] ». Notre société – jusqu’à présent – a toujours eu à cœur de défendre les plus faibles et les plus fragiles. Or ce qui fait partie de nos craintes, c’est qu’après le vote de ce texte, on ne cherche plus à mettre tous les moyens pour protéger les plus fragiles et les plus faibles, mais aussi, selon moi, les plus pauvres. Les exemples étrangers ont montré que toutes ces personnes, faute d’autre option, malheureusement, se tournaient davantage vers des solutions létales. Et nous, nous le regrettons. (M. Thibaut Monnier applaudit.)”
“Nous ne participerions plus au vote sur des amendements de ce type qui apportent une réponse équilibrée selon les uns, déséquilibrée selon les autres. Nous vous laisserions légiférer entre vous, sur un texte pourtant particulièrement grave, parce que vous n’écoutez aucune de nos alertes.”
“Lorsque j’ai demandé une suspension de séance il y a quelques minutes, ce n’était pas par confort. Nous hésitons réellement s’agissant du vote de cet amendement et avions donc besoin d’une suspension pour en discuter. Nous sommes partagés pour des raisons de fond et de forme. Sur le fond, je rejoins en grande partie les arguments avancés par le collègue Juvin. Nous l’avons dit à d’innombrables reprises : ce n’est absolument pas le rôle d’un soignant, quel qu’il soit, d’administrer une substance létale. Un tel acte va même dans un sens totalement contraire à son rôle. Sur la forme, nous nous rendons compte que nos arguments ne prennent pas. Nous nous demandons à quoi ils servent, nous avons le sentiment de ne pas être écoutés. Dès lors, nous pourrions faire le choix de l’abstention – au fond, cette solution ne serait ni meilleure ni pire.”
“Je demande une suspension de séance de cinq minutes.”
“Je me fonde sur les articles 100 et 101. Le vote sur les amendements de Mmes Godard et Dupont est un révélateur. J’appelle donc à votre grande vigilance sur l’ensemble des votes, et cela pour une raison simple. À défaut d’avoir supprimé les articles, voire le texte complet, nous, les opposants, proposons des amendements de repli. Nous pouvons tout aussi bien arrêter d’amender le texte et décider de nous abstenir à partir de maintenant sur l’ensemble des amendements de nos collègues de gauche, qui viennent de se prononcer en faveur de cette grande bascule. Si c’était le cas, et comme l’a rappelé le rapporteur général, le texte final deviendrait invotable. Alors, merci de nous aider ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN. – Protestations sur divers bancs.)”
“C’est la raison pour laquelle nous demandons un référendum – et d’ailleurs, au sein du groupe RN, que nous soyons pour ou contre les dispositions prévues dans la proposition de loi, nous sommes tous pour le référendum. Nous, sur tous les sujets, nous avons confiance dans nos compatriotes. Je suis intimement convaincu que si la question était posée par référendum, nous, les opposants, nous gagnerions. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“Monsieur le rapporteur général, s’agissant de la manière dont l’opinion publique perçoit ce sujet, nous pourrions nous livrer à une bataille de sondages. Je pourrais vous répondre que le sondage publié par l’Ifop début février ne porte que sur un échantillon de 1 000 personnes, tandis que la Fondapol a interrogé 3 000 personnes. Je ferme la parenthèse, car je ne veux pas que nous entrions dans cette bataille. Certains sondages montrent effectivement que la majorité des Français est favorable à l’aide à mourir, mais d’autres qu’elle est contre. À mon avis, le problème n’est pas là. Nous l’avons dit à plusieurs reprises : nous considérons qu’il s’agit d’une question qui engage toute la société, et donc que la réponse à y apporter doit être tranchée par la société elle-même ; cela relève d’un principe presque philosophique.”
“Sur le fondement de l’article 100, relatif à la discussion des amendements. Monsieur le président de la commission, je partage vos propos, qui sont parfaitement justes ; il n’y a pas de malaise. Nous savons comment les débats se sont déroulés en commission et dans l’hémicycle lors des lectures précédentes : le rythme d’examen des derniers articles est beaucoup plus rapide – à l’exception, peut-être, de l’article 17. Pour certains amendements de nature sémantique – parfois déposés en série –, nous nous contentons d’indiquer qu’ils sont défendus, ce qui est légitime. En revanche, en ce qui concerne le cœur même du texte, un temps de débat substantiel est indispensable : nous devons pouvoir développer nos arguments.”
“…nous souhaitons simplement prendre le temps nécessaire au débat. Les séances ouvertes sont prévues pour débattre sur le fond. Certes, il s’agit d’une deuxième lecture, mais nous avons le droit de continuer à argumenter pour tenter de vous convaincre.”
“Cet amendement s’inscrit dans le même esprit que le précédent. Nous ne souhaitons ni ralentir ni accélérer les débats (Exclamations et rires sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC) ,…”
“Nous assumons pleinement cette position, car nous avons le droit de défendre nos convictions : nous estimons qu’il ne faut pas et qu’il ne faudra jamais administrer une substance létale à un corps humain vivant. (M. Hervé de Lépinau applaudit.)”
“Je ne ferai pas de rappel au règlement mais j’approuve pleinement les propos de notre collègue Charles Sitzenstuhl. Je ne vous ferai pas l’affront d’affirmer que notre amendement est rédactionnel, même s’il est vrai qu’il n’ajoute qu’un mot à l’alinéa 6, afin d’en appeler au recours à une puissance non létale. Vous me direz que ce petit mot, « non », change tout – et tel est bien notre objectif. À défaut d’avoir rejeté la proposition de loi et ses premiers articles, nous vous proposons des amendements de restriction et de complexification, ainsi que des amendements visant à rendre le texte inapplicable sur le plan juridique. Celui-ci, tout comme d’autres qui suivront, vise à neutraliser le dispositif, à le désamorcer de l’intérieur.”
“À défaut d’avoir réussi, pour l’instant, à rejeter le texte, nous essayons d’encadrer et de sécuriser au maximum ce nouveau droit.”
“Il est dans le même esprit que l’amendement n° 2097, pour lequel Mme la rapporteure et M. le ministre n’ont pas justifié leur avis défavorable. J’espère cette fois obtenir une réponse. Vous dites que le fait qu’elle soit réitérée est le principe structurant de la demande. Nous souhaitons donc préciser qu’elle doit être « répétée ». Nous essayons ainsi encadrer la procédure en fonction de ce que vous nous dites – sachant qu’il s’agit d’un amendement de repli de repli. Nous ne nous trouvons pas à n’importe quel endroit du texte ; nous discutons de l’alinéa principal de l’article 2, qui est lui-même l’article principal du texte, puisqu’il définit ce nouveau droit que – contrairement à nous – vous souhaitez ouvrir.”
“Même s’il tend à modifier le temps d’un verbe, il est bien plus que rédactionnel. C’est une modification que je demande à chaque examen du texte ; pour l’instant, elle n’a pas été adoptée, mais je n’en démords pas. Il s’agit de substituer aux mots « a exprimé » le mot « exprime ». Le passé composé traduit une demande ponctuelle ; or la proposition de loi pose le principe d’une réitération dans le temps de la demande. C’est pourquoi le présent me paraît beaucoup plus adapté – ne serait-ce que sur le plan légistique.”
“Chers collègues, ne pourrions-nous pas – certes pas unanimement, mais majoritairement – nous accorder pour réintégrer la précision « active » afin que l’on parle d’« aide active à mourir » ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)”
“Monsieur le rapporteur général, j’ai récemment remarqué, dans la presse, notamment dans l’édition du 15 février du journal Sud Ouest , que vous aviez réintroduit dans vos réponses aux journalistes la formule « aide active à mourir ». Auriez-vous évolué sur cette question sémantique, comme j’ai pu moi-même évoluer sur d’autres sujets ?”
“C’est un amendement sémantique de repli, qui vise à ajouter le terme « active » dans l’expression « aide à mourir ». Nous sommes nombreux à avoir demandé, à plusieurs reprises, de dissocier une aide active à mourir, donc un suicide, d’une aide passive à mourir, suivant certains protocoles de soins palliatifs prévus dans la loi Claeys-Leonetti.”
“Il vise à éclairer encore davantage, s’il en était besoin, le lien fondamental entre le suicide « conventionnel » et le suicide assisté ou délégué à un soignant. Nous proposons ainsi de réécrire l’alinéa 6, pour rappeler l’état de détresse qui mène une personne à vouloir mettre fin à ses jours. Dans tous les cas de figure, c’est nécessairement une détresse liée à une souffrance physique ou psychologique – je fais référence aux critères retenus à l’article 4 – qui conduit à une demande de suicide. Or notre pays sait prendre en charge et soigner les pathologies, leurs conséquences et la détresse psychologique, sans aller jusqu’au suicide assisté ou délégué : je veux parler des soins palliatifs. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)”
“Quant à vous, madame la rapporteure, vous souteniez que ce texte s’en distingue, car il fait droit à une demande, à l’expression d’une volonté. Mais ne pensez-vous pas qu’un suicide « conventionnel » procède d’une volonté ? Celle-ci est bien sûr désespérée, la plupart du temps, et le suicide reste quoi qu’il en soit un drame et un grand malheur, mais quel est donc le lien qui relie toutes les formes qu’il peut prendre ? Il s’agit dans tous les cas d’un acte de mort, d’un acte létal. Je vous repose donc une énième fois la question : en quoi votre texte n’est-il pas un texte sur le suicide ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)”
“Il s’agit une fois de plus de deux amendements sémantiques, parce qu’il faut absolument que nous réussissions à nous comprendre, chers collègues. C’est bien le minimum. Les Français qui nous regardent doivent comprendre ce qui se passe ici et maintenant. Afin d’obtenir peut-être, enfin, une réponse satisfaisante, madame la rapporteure, monsieur le rapporteur général – et même madame la ministre, puisque, après tout, vous donnez des avis, vous aussi –, je vais tâcher de renverser la question ; de renverser la charge de la preuve, si je puis dire. Nous, nous disons qu’entre le suicide conventionnel et le suicide assisté ou délégué, il n’y a qu’une différence de moyens, pas de nature – mon collègue Matthias Renault avait tout à l’heure cette formule éclairante.”
“Je défendrai également l’amendement n o 2114, qui le suit, si vous en êtes d’accord, monsieur le président, le n o 2114.”
“…un droit à vivre, à être accompagné dans la dignité jusqu’à la mort naturelle – donc avec des soins palliatifs et d’accompagnement. Les Français ont plusieurs droits : le droit d’être considérés, le droit d’être soignés, le droit d’être sauvés. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Il s’agit d’un amendement d’appel, en tout cas il faut le prendre comme tel, et d’ailleurs il est également rédactionnel, et pourrait même être qualifié d’amendement de repli. Comme d’autres de mes amendements, il vise à inverser le sens que vous donnez à la mal nommée « aide à mourir » : à votre droit au suicide, nous opposons un droit à « ne pas » mourir – par cet amendement, j’ajoute simplement la négation. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.)”
“Sinon, sur de très nombreux sujets, sous prétexte qu’une pratique, même exceptionnelle, existe, nous légiférerions pour en faire une règle pour tout le monde. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Pour poursuivre notre débat, cet amendement vise à remplacer le terme de droit par celui de liberté. En effet, mes chers collègues, la liberté de se suicider existe malheureusement dans la réalité humaine. Bien que ce ne soit pas la règle, mais l’exception, cela reste un drame et toujours beaucoup de douleurs, de souffrances, pour les proches, les familles. Le point sur lequel nous voulons vraiment attirer votre attention, c’est que l’on ne peut ni ne doit en faire une règle. On ne peut pas en faire un droit, au sens d’un droit positif, universel, puisqu’il est un grand malheur et une grande douleur pour les proches qui restent en vie. Le suicide existe dans la réalité. Il demeure l’exception. Il ne faut pas légiférer pour en faire une règle générale.”
“– Mme Justine Gruet applaudit également.) À titre personnel, je n’utilise plus le mot « euthanasie », car certains arguments m’ont convaincu qu’il pouvait être mal interprété. Reste la troisième formule, la bonne, en vérité : le terme de « suicide », qui est incontestable. Vouloir mettre fin à ses jours, se tuer soi-même, c’est un suicide. Le texte concerne donc bien le suicide, qu’il vise à encadrer et à légaliser, quelle que soit la forme qu’il prenne : assisté, par auto-injection d’une substance létale, ou délégué à un soignant, médecin ou infirmier. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“…est donc bien celle de la possibilité d’un suicide, soit assisté, soit délégué à une personne soignante. Cette proposition de loi est profondément injuste, en particulier pour les 200 000 Français qui meurent chaque année sans avoir eu accès aux soins palliatifs. Et à ces Français en fin de vie, on proposerait finalement un choix totalement impossible entre souffrir et mourir. Oui, c’est une loi d’abandon des patients, d’abandon des malades et d’abandon des souffrants. Oui, nous devons prendre soin et nous devons sauver. Cette proposition de loi est un texte du désespoir, mais je vous rassure, nous ne désespérons pas de faire échouer ce texte au nom de la défense de la vie humaine. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Cet article 2 est le cœur du réacteur de cette proposition de loi, car il définit la mal nommée « aide active à mourir ». Cette définition, qui évoque l’administration d’une substance létale à un corps humain vivant,…”
“En revanche, pour ce dont ce texte dispose et comme le précise cet article, on injecte une substance létale et on donne intentionnellement la mort. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN. – Mme Ségolène Amiot s’exclame.)”
“Il vient ajouter la notion de phase terminale. C’est en effet de la toute fin de vie, autrement dit de la phase terminale, qu’il s’agit dans ce chapitre du code de la santé. C’est pour moi l’occasion de rappeler à plusieurs collègues, notamment à M. Vigier, le point de rupture précis entre vous et nous. Il tient à la différence entre les soins palliatifs, en particulier la sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès telle qu’elle existe à l’heure actuelle, et la mal nommée « aide à mourir » si le texte devait, hélas, être voté. Elle réside dans la substance que l’on injecte. Pardonnez-moi d’être très concret, mais dans la sédation profonde, on n’administre pas de substance létale et on accompagne jusqu’à la mort naturelle. (Exclamations sur divers bancs.)”
“Vous vous opposez parfois à ces amendements en nous hurlant un peu dessus, mais nous assumons notre démarche, consistant à employer tous les moyens pour battre le texte. Ces amendements tendent à changer quelques mots dans le texte de l’article 1 er , pour inverser le sens de cette proposition de loi. Elle tend à autoriser l’administration d’une substance létale en vue de provoquer intentionnellement la mort, alors que nous voulons plutôt poursuivre la logique de la loi Claeys-Leonetti. Nous voulons une proposition de loi qui privilégie toujours le sauvetage de la vie à l’abandon. Nous voulons rester sur le chemin exclusif des soins aux patients et aux souffrants. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Bien qu’ils soient en discussion commune avec ceux qui viennent d’être présentés, ces amendements ne sont pas sémantiques – j’en ai bien déposé, que nous discuterons après. Chers collègues, comprenez que nous sommes profondément attristés par le vote survenu le 27 mai 2025. Je vous le dis avec la sincérité qui est la mienne : on a cherché par tous les moyens à combattre un texte qui, à nos yeux, est un texte d’abandon. Aujourd’hui encore, à défaut d’obtenir le rejet de ce texte, nous nous efforçons de faire tout ce qu’il est possible de faire sur le plan du combat politique, sur le plan du débat législatif, voire légistique, en déposant ici des amendements de suppression, là des amendements de restriction ou des amendements de complexification – voire des amendements visant à rendre le texte inopérant.”
“La dignité humaine d’une personne qui souffre se préserve par l’accompagnement médical, social et humain – autrement dit, par une attention fondée sur l’amour de l’humanité. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)”
“Or le rôle des professionnels de santé est précisément d’accompagner la vie jusqu’à son terme, mais jamais de provoquer la mort de manière intentionnelle. Par là même, ce texte rompt avec la tradition française du soin et de l’accompagnement des souffrants, alors même que les soins palliatifs permettent de prendre en charge l’ensemble des malades. Il marque également une rupture avec des décennies, voire des siècles, de prévention du suicide. Il s’agit donc d’un basculement anthropologique, d’un changement de civilisation. C’est pourquoi je m’adresse tout particulièrement, et solennellement, à nos collègues encore hésitants et indécis. De même que nous appliquons un principe de précaution face aux enjeux environnementaux, nous serions bien inspirés d’en appliquer un analogue en ce qui concerne la nature humaine.”