Jean-Philippe Tanguy
RN · France
“Monsieur le rapporteur, vous dites que le gouvernement croit l’acier et la métallurgie morts en Europe. Malheureusement, vous avez raison, mais pourquoi l’acier est-il dans cette situation ? Parce qu’à part le Rassemblement national, vous tous ici avez donné des coups de poignards à l’aciérie française – la gauche aussi !”
“…car nous n’avons pas spécialement confiance dans le capitalisme indien – non parce qu’il est indien, mais parce qu’il est étranger. Nous n’avons pas confiance dans les intérêts capitalistes et les partenariats étrangers, nous ne faisons confiance qu’aux intérêts de la France.”
“Pour finir, je veux dire ce que personne n’a encore dit : le fameux grand investissement dans l’usine ArcelorMittal de Dunkerque est payé pour moitié par les Français, à travers les certificats d’économie d’énergie.”
“…vous avez joué le rôle souhaité par les macronistes, celui de votre propre caricature – ce que vous aimez faire, d’ailleurs, car vous ne souhaitez pas vraiment accéder au pouvoir.”
“À force d’être dans le mensonge permanent, vous pensez que tout le monde ment. Or, ici, on dit la vérité ! Je n’ai pas prononcé un mot qui laisserait croire que je tape sur la nationalisation – et ce, pour une raison simple, qui est que nous avons une vision pragmatique de celle-ci.”
“…qu’il occupe sa place, toute sa place, dans la structuration d’une filière, sans céder aux caricatures ni à l’incompétence des macronistes. Ces derniers ont abandonné l’industrie : lorsqu’il n’y a plus d’argent à se faire, de banquiers d’affaires bidons à rémunérer, de copains à qui rendre l’adversaire, d’agents de l’étranger à faire ent…”
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“Tu ne sais même pas de quoi tu parles ! Va donc demander à ton père – ou à ta sœur ! (Exclamations sur divers bancs.)”
“…vous avez joué le rôle souhaité par les macronistes, celui de votre propre caricature – ce que vous aimez faire, d’ailleurs, car vous ne souhaitez pas vraiment accéder au pouvoir. C’est là l’une des différences entre mélenchonisme et marinisme : nous servons la France, nous voulons gouverner ; vous voulez protester, crier et, en définitive, toujours permettre que les macronistes s’en sortent – qu’ils gouvernent, puisque, je le répète, vous ne voulez pas le faire. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“…mais seulement un instrument de stratégie économique parmi d’autres – structuration de la filière, simplification normative, sécurisation des matières premières et des marchés nécessaires, coopération avec nos partenaires étrangers. Encore une fois, vous n’avez pas voulu l’entendre ; c’est dommage, car en refusant la main tendue par le Rassemblement national,…”
“Vous aussi, chers collègues de gauche, donnez dans la caricature en refusant d’entendre que la nationalisation ne peut être l’alpha et l’oméga d’une politique publique,…”
“…qu’il occupe sa place, toute sa place, dans la structuration d’une filière, sans céder aux caricatures ni à l’incompétence des macronistes. Ces derniers ont abandonné l’industrie : lorsqu’il n’y a plus d’argent à se faire, de banquiers d’affaires bidons à rémunérer, de copains à qui rendre l’adversaire, d’agents de l’étranger à faire entrer dans notre beau pays, il n’y a plus non plus de macronistes pour défendre, avec l’argent public, l’industrie française.”
“Si vous aviez adopté notre amendement n o 1 à l’article 1 er , le titre que nous proposons ici aurait tout dit de la doctrine mariniste, doctrine consistant en ce que l’État occupe sa place, toute sa place, dans la défense de l’industrie française (Exclamations sur divers bancs) ,…”
“Pour finir, je veux dire ce que personne n’a encore dit : le fameux grand investissement dans l’usine ArcelorMittal de Dunkerque est payé pour moitié par les Français, à travers les certificats d’économie d’énergie. Je comprends que les propriétaires du site sautent sur l’occasion : pourquoi se gêner et refuser qu’un investissement qu’ils étaient censés faire soit payé par les Français ? Peut-être qu’un jour, ils vendront le site ; mais lorsqu’ils le feront, ils prendront tout le pognon. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“La Cour des comptes, consternée de devoir travailler sur un projet aussi inutile, a remis un rapport, que vous n’avez sans doute pas lu et qui explique que l’opération ne servait à rien : 9 milliards pour rien – vous me direz que c’est toujours moins cher que ce que propose le futur ministre, celui de nos cauchemars, Sansu !”
“(Mêmes mouvements.) En revanche, on peut compter sur vous dès lors qu’il s’agit de procéder à des nationalisations inutiles : vous avez réussi à inventer la nationalisation qui ne sert à rien, c’est-à-dire à nationaliser une entreprise qui était déjà possédée par des intérêts français, à savoir EDF.”
“…car nous n’avons pas spécialement confiance dans le capitalisme indien – non parce qu’il est indien, mais parce qu’il est étranger. Nous n’avons pas confiance dans les intérêts capitalistes et les partenariats étrangers, nous ne faisons confiance qu’aux intérêts de la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Je comprends que pour vous, ce soit inenvisageable. Vous pouvez critiquer le fantasme de Sansu à Bercy, mais nous avons vécu la réalité de Macron à Bercy : ce fut le saccage des intérêts français au profit d’intérêts étrangers !”
“À force d’être dans le mensonge permanent, vous pensez que tout le monde ment. Or, ici, on dit la vérité ! Je n’ai pas prononcé un mot qui laisserait croire que je tape sur la nationalisation – et ce, pour une raison simple, qui est que nous avons une vision pragmatique de celle-ci. Marine Le Pen l’a souligné à plusieurs reprises : la nationalisation est l’outil ultime de la politique industrielle. Il n’est pas encore nécessaire de l’utiliser, mais peut-être le faudra-t-il,…”
“Je ne sais pas pourquoi M. le ministre a prétendu que j’avais tapé sur la nationalisation. C’est à croire que vous, les macronistes, êtes bloqués dans un monde parallèle. Vous mentez tellement aux Français ! D’ailleurs, vous devez certainement mentir à tout le monde : aux Français, à vos équipes, à vos amis, à votre famille…”
“Paradoxe des paradoxes, un orateur socialiste, brillant en l’occurrence, condamne l’action de son propre groupe politique et du président de la République des socialistes, François Hollande. Collègue Brun, pour une fois dans votre vie, mettez vos actes en conformité avec vos paroles : changez de siège, allez un peu plus à gauche, si vous l’osez – ou venez peut-être un peu plus à droite. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“C’est l’UMP qui a offert sur un plateau l’aciérie française et européenne à Mittal, alors qu’Arcelor était une entreprise rentable et innovante. Aucune raison ne justifiait de céder Arcelor à Mittal, en dehors de la corruption d’une partie de l’oligarchie française associée à l’UMP. Vous l’avez offerte ! Un seul parti s’était à l’époque frontalement opposé à la cession d’Arcelor à Mittal et au capitalisme indien, c’était…”
“Ce sont les forces de gauche (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR) , aussi bien ici qu’au niveau européen, main dans la main avec le centre et avec le Parti populaire européen (PPE), c’est-à-dire les LR ! Les Républicains sont les principaux responsables de l’effondrement de l’aciérie en France et en Europe, parce qu’ils ont donné un outil industriel à Mittal. (Mêmes mouvements.)”
“Monsieur le rapporteur, vous dites que le gouvernement croit l’acier et la métallurgie morts en Europe. Malheureusement, vous avez raison, mais pourquoi l’acier est-il dans cette situation ? Parce qu’à part le Rassemblement national, vous tous ici avez donné des coups de poignards à l’aciérie française – la gauche aussi ! D’ailleurs, par un étrange paradoxe, vous avez donné l’alerte concernant la taxe carbone, qui va bientôt passer de 70 euros à 150 euros la tonne, en disant que ce serait intenable – mais qui a prévu cette taxe carbone qui s’applique à notre propre industrie et qui l’a tuée du fait de la concurrence déloyale de l’Asie et du reste du monde ?”
“Enfin, au sujet de la volatilité, monsieur le ministre, ce n’est pas vrai : les dividendes versés avant la période de taux bas n’étaient pas tous liés à des politiques de taux. Simplement, il y a eu un resserrement très rapide, dans une période particulière, lequel ne s’explique pas par le niveau des taux mais par des décisions politiques. Je n’ai pas compris votre réponse sur ce point ; et puisque vous n’avez pas répondu techniquement, la question reste entière : comment le gouvernement regarde-t-il ces décisions qui ont abouti à des déficits ?”
“Je veux bien qu’on nous dise que ces 54 milliards ont servi à assurer la transmission bancaire de la politique monétaire entre 2016 et 2025, c’est peut-être le cas mais, lors de nos auditions, la Banque de France n’a pas été, selon moi, en mesure de démontrer que le versement de ces sommes avait produit cet effet de transmission. En outre, aucun des documents que j’ai consultés n’en apportait la démonstration. Je voudrais donc savoir si le gouvernement dispose d’études prouvant l’utilité de cet instrument. Je ne vous demande pas un avis ou une opinion – je n’en ai pas, pour ma part, et je ne comprends d’ailleurs pas qu’on suspecte un sous-entendu politique dès qu’on pose une question ! Si sous-entendu politique il y a, il réside dans le fait d’exiger que nous acceptions, sans preuve, l’utilité de cet instrument.”
“À cet égard, il y a eu, dans ce débat, des raisonnements quelque peu étranges : je n’ai jamais remis en cause l’indépendance de la Banque de France ; avec les deux autres rapporteurs, nous l’indiquons d’ailleurs noir sur blanc dans la note thématique publiée en amont du présent débat : personne ne remet en cause l’indépendance de la Banque centrale. Mais, dans le cadre de cette indépendance, quel est le contenu des échanges avec l’État et la BCE ? Tout le monde en parle mais personne n’est au courant de rien. Quant au montant de 54 milliards d’euros versés aux banques au titre de leur dépôt à la Banque de France, il importe peu en soi : notre question ne portait pas sur l’existence de cet instrument de la politique monétaire, mais sur son efficacité.”
“Ensuite, nous voudrions savoir en quoi consiste le dialogue que vous avez évoqué entre le gouvernement, les ministres, la Banque de France et la zone euro. On lit et on nous explique des choses, mais rien de tout cela ne donne lieu à la moindre transparence, au moindre bilan : aucun article de presse, par exemple, ne rend compte de ce dialogue, de ce qui s’y dit concrètement, des positions des uns et des autres. Cela n’a rien à voir avec l’indépendance, car l’indépendance n’est pas l’irresponsabilité.”
“J’ai de nombreuses questions à vous poser, monsieur le ministre délégué, car vous avez fait le choix, au nom du gouvernement – dont c’est la liberté – de rappeler un certain nombre de positions de la Banque de France que nous connaissons déjà. La Banque de France défend très bien son bilan elle-même devant la commission des finances. Mes questions se veulent plus spécifiques. D’abord, il ne semble pas que la question soulevée par les trois rapporteurs et par notre collègue Pierre Henriet, ait obtenu de réponse de votre part : le gouvernement est-il prêt à discuter de la politique monétaire dans le cadre du projet de loi de finances, compte tenu des incidences qu’elle emporte ? Fera-t-il en sorte que nous en discutions lors de son examen ?”
“La BCE se porte toujours au secours des banques françaises : on a l’impression qu’elles sont systématiquement favorisées, bénéficiant soit de taux très bas soit d’une rémunération très haute, de sorte qu’elles se retrouvent toujours gagnantes. Il s’agit enfin de se pencher sur l’action et la gestion de la Banque de France. Je reste dubitatif quant à l’opération qui a été menée sur le stock d’or de la France. Je m’interroge non pas sur sa moralité – je salue les informations transparentes qui nous ont été fournies par le personnel – mais sur le manque de communication. Historiquement, les opérations impliquant l’or – la « relique barbare », selon le mot de Keynes – sont sensibles. Communiquer sur ce point en amont et non en aval de l’opération nous aurait évité bien des tracas ; j’espère que cette erreur ne sera pas répétée.”
“Ainsi, dans les jours qui viennent, la Banque centrale européenne (BCE) devrait rehausser les taux directeurs de 0,25 point, ce qui représente un enjeu de 7 milliards d’euros pour les finances publiques : cette décision mérite débat. Il faut ensuite examiner le rôle que la politique monétaire joue dans le financement de l’immobilier et, plus largement, de l’économie réelle – un rôle parfois positif mais parfois aussi négatif. Certaines décisions de la BCE, ponctuelles ou systémiques – je pense aux règles décidées sans aucun débat démocratique, comme la rémunération des réserves excédentaires –, n’alimentent-elles pas la spéculation ?”
“Cet assouplissement leur a permis de financer l’économie, mais n’est sans doute pas étranger à la crise d’hyperinflation que nous avons subie – notez que les rapporteurs sont en désaccord sur ce point. Le Rassemblement national souhaite avant tout que, vu son rôle, la politique monétaire soit davantage débattue au Parlement. Cela permettrait d’éclairer les choix budgétaires et économiques que le gouvernement propose à la nation et que le Parlement doit arbitrer – ce qu’en mauvais français on appelle le policy-mix – et, sans remettre en cause l’indépendance de la Banque centrale, lui donnerait un rôle plus démocratique. On n’aurait plus l’impression que la politique monétaire tombe du ciel telle la foudre qui frappe le sol.”
“La politique monétaire européenne est encadrée par des traités qui empêchent, en théorie, les pratiques d’assouplissement quantitatif qui ont été introduites entre 2010 et l’après-covid. Lorsque je faisais mes études, elle tournait effectivement autour de son mandat principal – la stabilité des prix, avec un taux d’inflation de 2 % à moyen terme – et on avait l’impression que rien d’autre n’était possible. Les pratiques ont ensuite évolué, l’Europe, comme l’ensemble des pays occidentaux, s’étant convertie à la politique monétaire hétérodoxe pour déployer de nouvelles politiques économiques et budgétaires. Pendant plusieurs années, les gouvernements successifs ont ainsi bénéficié de taux très bas, voire négatifs.”
“Pour des raisons historiques et politiques qu’il serait inutile de rappeler, la France n’a pas la possibilité de mener une politique monétaire active, alors même que cet outil joue un rôle important dans le pilotage économique du pays. Cette particularité a frappé le député que je suis, comme nombre de mes collègues, lorsque nous avons été élus. Les décisions économiques et budgétaires, arbitrées par le gouvernement et avalisées ou non par les parlementaires, ont beau s’adosser à la politique monétaire, la place de cette dernière dans le débat parlementaire est inversement proportionnelle à son importance. C’est d’autant plus étonnant que les choses ont beaucoup changé depuis quelques années.”
“Je me félicite de la tenue de ce débat et je tiens à remercier les services de l’Assemblée, notamment l’administratrice ici présente, pour la qualité et la célérité de leur travail. Nous avons dû préparer cette discussion dans des conditions particulières, la période de silence liée à la réunion des gouverneurs de la Banque de France imposant une restriction des échanges autour des décisions monétaires. Cependant – je parle sous le contrôle de mon collègue Mattei –, nous avons bénéficié d’informations pertinentes, le respect de ces restrictions n’empêchant pas d’avancer sur une série de sujets d’intérêt général.”
“Finalement, c’est le rapporteur général qui parle le mieux de votre propre budget, dont il a honte : il explique que vous aviez promis deux tiers d’économie, mais que finalement 100 % de la réduction du déficit résulte de l’augmentation des impôts. Il se demande comment améliorer la gestion des finances publiques. Ce n’est évidemment pas en votant pour les Insoumis qui créeront 180 milliards d’euros d’impôts, mais en votant pour Marine Le Pen, qui libérera la France une fois encore. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Certes, vous avez aussi bénéficié du soutien très intéressé des LR et des socialistes. J’en conviens : le parti unique s’est allié une fois encore pour ruiner la France. (Exclamations sur les bancs du groupe Dem.)”
“Nous avions prévu 24 milliards d’euros de hausses d’impôts, en particulier sur les classes moyennes, mais vous avez fait pire que ce que nous craignions : vous avez augmenté les impôts de 31 milliards. Vous n’excellez que dans la médiocrité. Vous êtes excellents pour ruiner les comptes publics, pour augmenter les impôts et pour vous défausser de votre propre responsabilité. Nous avons ainsi entendu les orateurs du Modem et d’Horizons se défausser de leur responsabilité en expliquant qu’ils n’étaient même plus responsables de votre gestion. J’informe les députés du Modem, d’Horizons et peut-être aussi ceux de Renaissance qu’ils sont au gouvernement. Je ne sais pas si vous êtes au courant : vous êtes au gouvernement depuis dix ans et cette gestion est donc la vôtre, uniquement la vôtre.”
“Chers collègues macronistes, votre gestion des finances publiques de la France est tellement pathétique, pitoyable, que même les Insoumis sont désormais légitimes à vous donner des leçons de finances publiques. Nous en sommes là, vous en êtes là : les communistes, les Insoumis sont plus légitimes que vous pour parler des finances publiques tellement vous avez ruiné celles-ci à tous égards. Dette publique, déficit, manque d’investissement, reprise du chômage, désindustrialisation – il n’y a pas un domaine où vous n’avez pas échoué. Même quand on sait que vous allez échouer, vous faites pire que ce qui était prévu. Le groupe Rassemblement national avait alerté les Français au sujet des hausses d’impôts.”
“Vous devez retirer immédiatement votre décret, suspendre tous les travaux à Fessenheim et laisser les Français choisir en 2027, lors de l’élection présidentielle, s’ils veulent vous faire payer votre cynisme répugnant.”
“Et vous avez menti ! Aucuns des travaux n’avaient été réalisés en 2022 et aucun ne l’a encore été qui empêche techniquement, plutôt qu’administrativement, la relance de Fessenheim. Vos mensonges doivent cesser.”
“Non seulement vous avez menti, mais vous persistez dans le mensonge. Ce décret le prouve. Marine Le Pen avait dit la vérité lors de l’élection présidentielle : Fessenheim pouvait redémarrer ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Tous ici, vous avez une responsabilité directe dans la fermeture de Fessenheim. Vous savez que vous avez menti ! Vous savez que Fessenheim n’aurait jamais dû fermer, et vous l’avez quand même fermée ! Et vous voulez que son démantèlement soit sans retour pour cacher votre mensonge d’État. Vous avez menti pour gagner les élections avec les Verts, pour satisfaire l’Allemagne et la Commission européenne, et pour vous soumettre à tous les vampires qui rackettent les Français.”
“Ainsi, votre décret sur les certificats d’économie d’énergie est un coup de poignard dans le dos : 2 milliards d’augmentation des factures de carburant, de fioul, de gaz et d’électricité ! Le groupe Rassemblement national attend toujours vos excuses publiques pour les mensonges que vous avez proférés à ce sujet. Surtout, le décret de démantèlement de Fessenheim est un coup de poignard dans le cœur ! Vous l’avez signé – comme par hasard ! – un jour férié, le 1 er mai, pour qu’il passe inaperçu, car vous ne voulez pas que quiconque constate le sabotage de Fessenheim, symbole le plus révoltant de votre cynisme, de vos mensonges et de votre incompétence. (M. François Cormier-Bouligeon s’exclame.)”
“Monsieur le premier ministre, officiellement, vous ne faites absolument rien et votre gouvernement ne sert à rien, sinon à maquiller la faillite macroniste sur tous les sujets. Mais officieusement, monsieur Lecornu, vous avez un goût particulier pour la signature à Matignon de décrets qui sont autant de coups de poignard assénés aux Français.”
“Madame la ministre, notre question est donc simple : comment justifiez-vous que tant d’argent public soit si mal utilisé et qu’en dépit des 56 milliards d’euros et des 6 millions de chômeurs, autant de filières ne trouvent pas de personnels formés à employer ?”
“Tous les députés s’en rendent compte : alors que notre pays compte 6 millions de chômeurs, voire davantage, comme Gaëtan Dussausaye l’a démontré hier, nous connaissons tous des entreprises, et même des filières industrielles ou artisanales qui peinent à recruter. Prenons un exemple parfaitement consensuel : la transition énergétique. Nous savons qu’il manque plusieurs centaines de milliers d’artisans et d’ouvriers du BTP capables de réaliser les rénovations nécessaires.”
“Je conclurai sur le thème de la fameuse décentralisation, censée répondre à tous les problèmes, garantir l’efficacité, la proximité, et permettre à chaque bassin d’emploi de trouver des apprentis et de pourvoir aux besoins de main-d’œuvre du territoire. Malheureusement, cela n’a pas fonctionné : des barons, des ducs, des grands du royaume se sont approprié le système et en ont aggravé les dérives au lieu de répondre aux besoins des entreprises. Nous nous retrouvons dans une situation complètement loufoque : nombre de grandes entreprises et de filières doivent payer deux fois, pour le système public et pour leur propre système de formation privé – les écoles des métiers, souvent bien plus efficaces. Mais convenez que payer deux fois est absolument surréaliste !”
“La Cour des comptes l’a signalé : les fraudes et le démarchage abusif n’ont pas donné lieu à des réponses suffisamment coordonnées. Les contrôles des organismes ont été trop faibles. Il y a aussi ce que je pourrais appeler le financement institutionnalisé de l’inutile : des formations de druide, de chaman. Un reportage télévisé nous a même appris que certains allaient se former au repérage de dragons dans les énergies. Pour de tels magiciens, l’argent public pousse littéralement aux arbres, et la récolte est abondante ! Chacun est libre de ses activités personnelles et je ne juge pas les croyances, mais vous conviendrez, madame la ministre, que ce n’est pas le rôle de l’argent public de financer des druides !”
“Et pendant ce temps, nous n’avons toujours pas assez de soudeurs, pas assez de chaudronniers, pas assez de couvreurs, bref de tous ces métiers essentiels, indispensables et valorisants, que l’on a trop longtemps méprisés. Venons-en au compte personnel de formation (CPF) : 2 milliards d’euros par an. Donner à chaque travailleur le libre choix de sa formation était au départ une bonne idée. Le résultat ? Il semble que ce marché ait été ouvert à tous les prédateurs. La fraude au CPF atteignait au moins 40 millions d’euros en 2021 selon Tracfin, et la tendance est à la hausse : nous en serions à plusieurs centaines de millions d’euros chaque année. Nous avons vu des formations fantômes, des organismes condamnés pour avoir organisé des sessions qui n’ont jamais eu lieu.”
“Pire, certaines remontées de terrain – je parle en connaissance de cause –, émanant parfois de véritables lanceurs d’alerte, nous informent qu’ici ou là, une partie importante de l’aide publique à l’apprentissage aurait été tout bonnement détournée par certaines écoles privées, en cheville avec quelques entreprises peu regardantes qui en ont tiré beaucoup d’argent : des CDI de plein droit sont requalifiés en contrats d’apprentissage. On peut donc se demander si votre bonne volonté initiale ne vous a pas conduits à financer depuis plusieurs années des écoles de fils à maman et de filles à papa. Vous avez financé des masters en alternance dans de grandes entreprises qui auraient de toute façon recruté ces jeunes.”
“Or, comme cela figure noir sur blanc dans le rapport de mars 2024 de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), à de tels niveaux de qualification, les retombées de l’apprentissage sont moindres et ne justifient pas une participation publique. Ce dispositif a favorisé le développement d’une offre de formations privées sans que la qualité de l’enseignement dispensé ne soit garantie. La Cour des comptes l’a dit encore plus clairement : il s’agit davantage d’aides aux entreprises que d’aides à l’insertion professionnelle, qui répondrait aux besoins de notre économie.”
“Le principe est excellent. La France a besoin d’apprentis. Au Rassemblement national, nous avons défendu ce dispositif, comme tout le monde. Mais ce que vous avez fait de l’apprentissage depuis 2018 est une parfaite illustration du fait qu’une bonne politique, consensuelle, peut partir dans le décor quand on la subventionne sans discernement. En effet, l’apprentissage a connu une expansion spectaculaire : de 360 000 entrées en apprentissage en 2019 à 880 000 en 2024. C’est une évolution formidable, mais en apparence seulement. Si l’on regarde dans le détail, on s’aperçoit toutefois qu’en 2022, deux ans après la crise du covid, les diplômés de l’enseignement supérieur représentaient plus de 62 % des bénéficiaires, soit 522 000 des 837 000 contrats signés.”
“Son conseil d’administration a même entériné la possibilité de solliciter, en sus, jusqu’à 3 milliards d’euros d’emprunts auprès des banques pour 2024 et 2025. Les syndicats eux-mêmes – qui défendent pourtant France Compétences – ont dit ce que nous pensons tous : l’argent de la formation professionnelle ne doit pas servir à payer des intérêts bancaires, celle-ci doit évidemment s’autofinancer vu les montants très importants que j’ai rappelés. Venons-en maintenant à l’apprentissage, thème connexe de la formation professionnelle. Tout le monde est favorable à l’apprentissage.”
“Ces 56,6 milliards d’euros représentent 2 points de PIB, montant considérable, presque égal au budget de la défense nationale. En cinq ans, les crédits du budget de l’État alloués aux politiques de l’emploi et de la formation professionnelle ont progressé de près de 60 %. Ajoutez à cela que l’opérateur public censé piloter ces fonds, France Compétences, porte mal son nom. Sans remettre en cause le travail de ses agents, force est de constater qu’en son sein, certains gèrent manifestement mal les fonds publics, puisque l’institution affiche un déficit cumulé de plus de 10 milliards d’euros. L’organisme a pourtant bénéficié d’une subvention exceptionnelle de l’État de 1,8 milliard en 2023. Selon nos informations – vous confirmerez ou infirmerez, madame la ministre –, la subvention aurait atteint 2,3 milliards en 2024.”
“Apparemment, on a tout essayé, sauf une formation professionnelle bien structurée, correctement financée et orientée vers les besoins réels de nos entreprises. Si on avait essayé – je pense sincèrement que nous ne l’avons jamais vraiment fait –, nous n’en serions pas là, d’autant que les moyens accordés à la formation professionnelle sont très importants. Une large majorité de nos concitoyens n’imaginent sans doute même pas les montants qui lui sont alloués. En 2024, si l’on tient compte des dépenses directes des entreprises et de celles des fonctions publiques pour leurs propres agents, ce sont 56,6 milliards d’euros – plus du tiers du budget de l’éducation nationale ! – qui ont été consacrés à la formation professionnelle continue et à l’apprentissage.”
“Je passe sur les scandales divers et variés qui émaillent l’actualité : les formations farfelues, voire condamnables, semblent toujours plus nombreuses – nous y reviendrons. En 2017, la Cour des comptes a rendu un rapport – accablant ; en 2024, l’Inspection générale des finances (IGF) a publié une revue de dépenses, tout aussi accablante. Les rapports parlementaires se succèdent, et tout le monde s’accorde sur le fait que, dans le fond, rien ne change vraiment : on essaie de réformer les tuyaux, on rebaptise les dispositifs, on crée de nouveaux sigles, mais les mêmes problèmes demeurent. Je me souviens de François Mitterrand affirmant dans les années 1990 – j’ai oublié la date – que contre le chômage, on avait tout essayé.”
“Je me souviens du président Nicolas Sarkozy : entre 2007 et 2012, il n’avait pas de mots assez durs pour évoquer les 30 milliards que coûtait, à l’époque, la formation professionnelle et dont il ne voyait pas le bon emploi. Malheureusement, force est de constater que la situation reste la même. Ce qui rend ce débat à la fois nécessaire et accablant, c’est que nous, au Rassemblement national, ne sommes pas les premiers à le proposer, bien que nous soyons les premiers à déplorer l’état des choses. Cela fait vingt ans que les rapports – sans doute les avez-vous découverts sur votre bureau, madame la ministre – se succèdent. Tous soulignent – consensus assez rare dans notre pays – que le système est mal orienté, mal financé et plus mal évalué encore.”