Jean-Philippe Tanguy
RN · France
“Monsieur le rapporteur, vous dites que le gouvernement croit l’acier et la métallurgie morts en Europe. Malheureusement, vous avez raison, mais pourquoi l’acier est-il dans cette situation ? Parce qu’à part le Rassemblement national, vous tous ici avez donné des coups de poignards à l’aciérie française – la gauche aussi !”
“…car nous n’avons pas spécialement confiance dans le capitalisme indien – non parce qu’il est indien, mais parce qu’il est étranger. Nous n’avons pas confiance dans les intérêts capitalistes et les partenariats étrangers, nous ne faisons confiance qu’aux intérêts de la France.”
“Pour finir, je veux dire ce que personne n’a encore dit : le fameux grand investissement dans l’usine ArcelorMittal de Dunkerque est payé pour moitié par les Français, à travers les certificats d’économie d’énergie.”
“…vous avez joué le rôle souhaité par les macronistes, celui de votre propre caricature – ce que vous aimez faire, d’ailleurs, car vous ne souhaitez pas vraiment accéder au pouvoir.”
“À force d’être dans le mensonge permanent, vous pensez que tout le monde ment. Or, ici, on dit la vérité ! Je n’ai pas prononcé un mot qui laisserait croire que je tape sur la nationalisation – et ce, pour une raison simple, qui est que nous avons une vision pragmatique de celle-ci.”
“…qu’il occupe sa place, toute sa place, dans la structuration d’une filière, sans céder aux caricatures ni à l’incompétence des macronistes. Ces derniers ont abandonné l’industrie : lorsqu’il n’y a plus d’argent à se faire, de banquiers d’affaires bidons à rémunérer, de copains à qui rendre l’adversaire, d’agents de l’étranger à faire ent…”
The complete record
Every one of 1,252 lines we hold for Jean-Philippe Tanguy, in date order, each linked to its source. Free to read, in full, without an account. Page 21 of 26.
“Voilà, des huées de ce genre-là ! Argumentation zéro, très intéressant ! Vous avez enrichi le régime poutinien avec vos sanctions ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“…sous les huées, les accusations et les diffamations !”
“Monsieur Petit, avez-vous consulté le détail des sanctions de cette seizième série ? Elles courent après les quinze trains précédents, qui n’ont pas fonctionné ! L’une des principales dispositions demande d’ailleurs aux membres de l’Union européennes de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour sanctionner ceux qui ont contourné les sanctions qu’ils avaient eux-mêmes prévues auparavant ! Nous sommes au cœur de la question soulevée par le collègue Lecoq : vos sanctions n’ont pas fonctionné. Pire : elles ont enrichi le régime poutinien. Qui vous avait avertis, à part le Rassemblement national ?”
“» et sourires sur les bancs des groupes EPR et Dem) , si l’on considère non pas le paysage politique mais les attentes des Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“En imposant les biens professionnels, vous aboutirez au résultat inverse à celui que vous visez car vous défavorisez l’enracinement. Vous pourriez travailler avec les forces politiques – y compris du centre – favorables à la justice fiscale mais vous le refusez, uniquement par idéologie, parce que vous agissez hélas par électoralisme. Continuez de nous insulter et le résultat que vous obtiendrez, c’est que nous voterons contre le texte plutôt que de nous abstenir. Car vous savez bien que si nous ne nous abstenons pas, votre taxe est envoyée aux oubliettes. Mon groupe – comme moi-même – assume politiquement la volonté de travailler en faveur de la justice fiscale. Arrêtons les caricatures. Si nous sommes traités de communistes par les uns et de fascistes par les autres, c’est sans doute que nous sommes au centre (« Ah !”
“Car elle a fait un travail de qualité. Toutefois, vous faites des choix idéologiques.”
“Je ne dirai pas que vos diagnostics sont toujours caricaturaux ni que Mme Sas – si du moins elle daigne m’écouter – n’a pas bien travaillé.”
“Car, même si vous pouvez continuer de vous livrer à des outrances en expliquant que ce point de vue est antiéconomique et qu’il constitue une escroquerie, c’est bien la définition de la justice fiscale – à moins que vous en connaissiez une autre, et dans ce cas nous serions curieux de savoir ce que vous proposez concrètement en la matière, vous qui vous contentez généralement de dénoncer. Par ailleurs, il y a bien une demande sociale et populaire de justice fiscale. Voilà pourquoi, collègues de gauche, je ne m’énerverai pas sur ce sujet.”
“Nous nous efforcerons d’améliorer l’article unique afin que la mesure corresponde à l’impôt sur la fortune financière que nous appelons de nos vœux, comme l’a expliqué Claire Marais-Beuil. De mémoire, ce dispositif est d’ailleurs assez proche de l’impôt sur la fortune non productive, proposé par notre collègue du Modem Jean-François Mattei. Oui, cher collègue Lefèvre, nous sommes en faveur de la justice fiscale, c’est-à-dire que nous considérons qu’il n’est pas normal que les plus favorisés ne paient pas au moins autant d’impôts que les classes moyennes – ni même, parfois, que les classes populaires.”
“Une fois encore, la coalition de ceux qui ont ruiné la France signifie à ses habitants qu’elle ne veut pas qu’ils soient des travailleurs, mais des assistés. Jusqu’au bout, le Rassemblement national sera du côté de la vérité, du côté du travail ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“(Exclamations vives et continues sur les bancs des groupes EPR, LFI-NFP, SOC et EcoS.) Nous sommes les élus des ouvriers, dont 60 % ont voté pour nous, des entrepreneurs, des agriculteurs, de ceux qui font la richesse de la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Les Français demandent désespérément qu’on les laisse travailler, produire, empêcher le pays de sombrer !”
“Tout à l’heure encore, vous serez heureux de retrouver à la buvette vos pseudo-adversaires : « Tu as vu, cher collègue de gauche, nous étions d’accord avec toi pour fermer les usines, taper sur les ouvriers, dénoncer le Rassemblement national, qui est tellement méchant ! » (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Vous êtes, vous, tellement gentils avec la Chine, avec Trump, avec tous nos adversaires, que vous encouragez à produire ce que nous ne pourrons plus produire en France ! (Mêmes mouvements.) C’est pourquoi je le redis : au Rassemblement national, nous sommes fiers de ce que nous sommes. La vérité transparaît dans les urnes !”
“La souveraineté française ne s’exerce pas aux Pays-Bas. Croire que vous avez une solution nationale quand vous avez foutu (Exclamations sur quelques bancs des groupes EPR et Dem) 2 milliards d’euros d’actifs dans un paradis fiscal en marge de l’Union européenne, c’est se moquer de la représentation nationale et surtout des Français. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Monsieur le premier ministre, quand allez-vous reprendre en main personnellement ce dossier ? Voulez-vous sauver Atos, voulez-vous enfin sauver ne serait-ce qu’un seul fleuron industriel français ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“(Mme Christine Arrighi s’exclame.) En effet, nous avons appris, lors de la dernière assemblée générale d’Atos, que 800 millions d’euros ont été soutirés par les cabinets de conseil, les banques d’affaires et autres parasites parisiens depuis 2022.”
“Les macronistes nous avaient promis que les bonnes fées du capitalisme français protégeraient Atos. En fait, vous avez lâché les rapaces ! Un temps évoquée par Bercy, la reprise par l’État des activités critiques d’Atos n’a jamais été étudiée. Si elle avait lieu aujourd’hui, elle ne ferait d’ailleurs qu’enrichir, sur le dos des Français, ces fonds rapaces qui détiennent désormais l’entreprise. L’abandon est total. Le ministère des armées a préféré passer commande d’un supercalculateur à des Américains, plutôt qu’honorer un contrat français qui aurait aidé Atos. Les offres de reprise françaises, elles aussi, ont été rejetées dans un silence dédaigneux. Tout rappelle l’affaire Alstom, y compris le pillage effectué par l’oligarchie française.”
“Avec l’accord total – hélas ! – des pouvoirs publics, une entreprise essentielle à notre souveraineté nationale est encore en train d’être démantelée et pillée au profit d’intérêts étrangers. Je veux parler bien sûr d’Atos. Surendettée, elle a été placée en octobre dernier, après le passage catastrophique du liquidateur en chef Thierry Breton, en procédure de sauvegarde – terme bien mal choisi, car il a été acté le transfert de 2 milliards d’euros d’actifs d’Atos dans une holding néerlandaise, détenue par des fonds vautours majoritairement étrangers, en particulier, comme par hasard, anglo-saxons. Leur intention est claire : vendre à la découpe, une nouvelle fois, un fleuron stratégique. Depuis des mois, vous baladez la représentation nationale !”
“Le pouvez-vous ? Je crois que non ! « Ce n’est rien », disait Henri IV, ne voyant pas que le coup de Ravaillac était hélas mortel. Même le meilleur des rois ne peut maîtriser des tragédies qui dépassent sa personne. Ainsi que le disait Charles de Gaulle, dans un drame où chaque peuple joue sa vie, il faut que des hommes de cœur aient le courage de voir les choses en face, de les dire avec franchise, et surtout d’agir. Aussi disons-nous aux Français : tenez bon, on arrive ! (Les députés du groupe RN se lèvent et applaudissent. – Applaudissements sur les bancs du groupe UDR, dont quelques députés se lèvent également.)”
“La France du travail, les Français qui produisent des richesses sont à l’agonie, monsieur Bayrou. Le fossé entre l’économie réelle et la spéculation a rarement été aussi profond. Alors que les défaillances d’entreprises se multiplient et que nous subissons une énième vague de désindustrialisation, les multinationales affichent un niveau record de dividendes versés et de rachats d’actions frôlant les 100 milliards d’euros, soit une hausse de plus de 60 % depuis 2019. Les surprofits ne sont plus exceptionnels : ils sont devenus la norme, au détriment de l’investissement, de la recherche et des salaires. Le désordre régalien macroniste engendre immanquablement un désordre économique et social. Autrement dit, monsieur le premier ministre, pour commencer à redresser la France, il faut enfin rompre avec le macronisme. Le voulez-vous ?”
“La Macronie avait promis aux agriculteurs qu’ils bénéficieraient enfin de prix rémunérateurs, qu’ils seraient libérés de la bureaucratie et que les interdictions de produits phytosanitaires, qui mènent à l’extinction de filières entières sur notre sol, seraient levées. Il n’en sera rien !”
“Plutôt que d’étudier les cahiers de doléances, baissez la TVA et les dépenses contraintes afin que la France du travail puisse vivre ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.) Nous déplorons que vous ne présentiez rien, désespérément rien, à la France du travail. La Macronie avait promis que la suppression des allégements de charges mènerait à la disparition des trappes à bas salaires et à l’augmentation des salaires. Il n’en sera rien ! La Macronie avait promis de favoriser l’industrie en baissant les impôts de production et en réformant les règles ineptes du marché européen de l’électricité. Il n’en sera rien !”
“Nous refusons encore et toujours toute hausse d’impôt globale tant que de vraies économies structurelles ne sont pas réalisées ! Restaurer la justice fiscale ne consiste pas seulement à faire contribuer davantage les plus privilégiés, mais aussi et surtout à baisser à due proportion la fiscalité des classes moyennes et populaires ! Les gilets jaunes, que vous avez évoqués, étaient en rupture de ban avec votre politique fiscale confiscatoire, notamment avec la fiscalité sur le carburant, le fioul et le gaz. Pour répondre à leurs demandes, il convient de vous aligner sur nous et de faire passer le taux de la TVA sur ces énergies de 20 à 5,5 %. S’il ne s’agit pas d’une des lignes rouges que nous avions tracées, c’est une évidence que vos propos nous permettent de rappeler.”
“Le Rassemblement national se félicite de l’indexation des retraites, de l’abandon du déremboursement des médicaments – annoncé aujourd’hui – et de l’octroi de moyens pour nos soignants et pour l’hôpital. C’est une grande victoire de Marine Le Pen qui, seule, a respecté sa parole envers les Français quand vous tous, macronistes et Républicains, l’aviez trahie. (Applaudissement sur les bancs du groupe RN.)”
“Votre obsession à défendre l’AME à tout prix, alors qu’il existe sur ces bancs une majorité pour la remplacer par une aide médicale d’urgence confine au fanatisme immigrationniste. Le tabou de notre contribution à l’Union européenne, ensuite, celui – qui lui est lié – de la facture énergétique et du marché européen de l’électricité, celui du coût délirant de la bureaucratie. S’agissant de ce dernier, vous avez annoncé la création d’un fonds de modernisation de l’État. Il existe depuis 2017 ! Lui adjoindre de l’intelligence artificielle ne le rendra pas plus efficace ! Le seul frémissement observé, depuis quelques mois, concerne le tabou de la fraude, contre lequel une autre victoire – bien mince – a été remportée avec les quelques mesures prises sous la pression du Rassemblement national. Nos lignes rouges demeurent donc.”
“Ainsi, la ligne rouge que Marine Le Pen avait tracée pour Michel Barnier reste inchangée : nous exigeons une véritable loi de contrôle de l’immigration, une vraie politique contre l’insécurité, une vraie diplomatie qui fasse respecter la France, trois sujets dont personne, à part les fanatiques de gauche, n’ose persister à affirmer qu’ils ne sont pas intimement liés. Reste la mère des batailles parlementaires : le budget, dont dépend le financement de toute votre politique – ou, en l’occurrence, de votre inertie. Vous vous accrochez à tous les tabous qui, depuis cinquante ans, expliquent les déficits budgétaires ; comment pouvez-vous sérieusement penser obtenir un résultat différent ? Le tabou de la submersion migratoire, d’abord.”
“Quel respect espérer quand un ministre de l’intérieur, désormais garde des sceaux, dépose une gerbe bleu, blanc, rouge devant la stèle du FLN – Front de libération nationale –, qui a assassiné tant d’innocents ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Croyez-vous que vous serez plus respecté en copiant le programme de Marine Le Pen, à savoir la dénonciation des accords de 1968 ? Même sur un tel sujet, ceux qui hier insultaient le Rassemblement national – dans l’ordre, Laurent Wauquiez, Édouard Philippe et Gabriel Attal – se soumettent maintenant à nos diagnostics et à nos solutions.”
“Mais quel respect pourriez-vous espérer des gérontes du régime d’Alger, Emmanuel Macron ayant alterné en quelques mois, en 2017, l’éloge de la colonisation et l’insulte à notre histoire en prétendant que la France avait commis des crimes contre l’humanité ?”
“Bien sûr, les mots de Bruno Retailleau sont les nôtres et ceux de Gérald Darmanin nous débordent parfois même sur notre droite (Exclamations sur les bancs des groupes EcoS et GDR) , avec les excès de zèle des nouveaux convertis ou des réminiscences de leur lointaine jeunesse. Hélas, les actes ne suivent pas, puisque vous avez les pieds et les poings liés par votre propre majorité, par un gouvernement abusif des juges et par une démocratie européenne qui ne cesse de s’immiscer dans nos affaires. À cet égard, la pitoyable mascarade de l’expulsion ratée de l’agent de haine Doualemn est l’humiliation de trop. Elle a la même cause que la prise d’otage que constitue l’enfermement abject de Boualem Sansal et, avec lui, de ses idées lumineuses, qui devraient être le véritable lien avec le grand peuple algérien.”
“(Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Notre exigence de fraternité, de solidarité et de dignité envers Mayotte est une ligne rouge. Si elle n’est pas scrupuleusement respectée, le groupe Rassemblement national vous censurera. Pour le reste, les lignes rouges que notre groupe avait fixées avec Marine Le Pen et Jordan Bardella demeurent les mêmes ; elles n’ont jamais varié et ne varieront pas. Nous n’acceptons pas que se poursuivent et s’aggravent l’effondrement régalien de la France, la submersion migratoire et l’ensauvagement de la société, qui a fait bien trop de victimes. Les titres ronflant des grands ministres d’État n’y feront rien, si la politique que vous menez ne change pas de dimension.”
“Nulle part ailleurs sur le territoire les Français n’accepteraient d’ignorer à quel point nous sommes endeuillés, combien nous devons pleurer de disparus. Nous n’acceptons pas, monsieur Bayrou, ces mensonges d’État, le plan au rabais que vous avez proposé et ces promesses jamais tenues. Nous n’acceptons pas que le contrôle total de l’immigration, la suppression du droit du sol à Mayotte et la destruction définitive des bidonvilles ne soient pas le préalable à tout véritable plan de redressement pour l’île. Force est de constater que seule Marine Le Pen aura la détermination d’appliquer l’égalité républicaine à Mayotte ; la priorité nationale est le seul principe à même de restaurer un ordre juste et de bâtir un avenir pour toute la France.”
“Face à la pire des tragédies, votre gouvernement et vous continuez de mentir sur la population à Mayotte – vous venez encore de le faire dans votre discours. Vous mentez, avec des visites Potemkine et des annonces médiatiques rassurantes pour l’Hexagone, mais qui dissimulent en réalité la détresse, la tragédie que vivent les Mahorais. Vous mentez sur tout : sur l’électricité, sur les vivres, sur l’eau, sur l’école, sur les soins, sur la sécurité, sur la submersion migratoire, et même – c’est sans doute le pire – sur la gravité du bilan humain de cette catastrophe. Comment est-il possible que la sixième puissance mondiale ne soit toujours pas capable de dire aux Françaises et aux Français combien nous devons pleurer de morts à Mayotte ? Il est inacceptable qu’au bout d’un mois, la situation soit encore celle-là !”
“Toutes et tous sont l’honneur de notre pays, un honneur à la hauteur de l’amour des Mahorais pour notre nation, Français par le cœur, par la volonté et par l’histoire depuis 1841. Or vous, macronistes, qu’avez-vous fait de cet amour ? Faut-il que notre pays soit insulté, qu’on veuille l’humilier et le submerger comme le fait le régime comorien pour mériter votre respect ? Faut-il des émeutes, des violences, des crachats sur les valeurs de la République pour obtenir le respect de la part d’un pouvoir indigne de la France ? En réalité, les Mahorais ressentent le même mépris que tous les honnêtes gens sur nos territoires, cette immense douleur de l’abandon, de l’injustice et du désordre.”
“Hélas, nos compatriotes ne se détournent pas seulement de la Macronie : ils se demandent si la France dispose encore d’un État capable de les protéger. Peut-on leur donner tort ? À Mayotte, face à la tragédie de l’ouragan Chido et de la tempête Dikeledi, existe-t-il encore un État ? Au Rassemblement national, nous croyons qu’il existe, à travers les fonctionnaires, les agents, les soignants, les enseignants, les forces de l’ordre, les élus locaux. Cet État existe, à travers les deux admirables députées de Mayotte : notre sœur de combat, députée Rassemblement national, Anchya Bamana (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR) , et notre collègue du groupe LIOT, Estelle Youssouffa (Mêmes mouvements) , deux parlementaires éminemment courageuses qui portent haut les valeurs de la France.”
“Il serait injuste de ne pas porter ces combats à votre crédit, mais il serait d’autant plus impardonnable que vous ne mettiez pas aujourd’hui ces principes au bénéfice de la nation, alors que vous avez le pouvoir en main. Hélas, à écouter votre discours ce jour, je nourris des espoirs bien rachitiques. Dans l’attente de votre décision de rompre avec le macronisme, nos compatriotes ont tiré, à une large majorité, leurs propres conclusions de leurs désillusions. Vous ne bénéficiez d’aucun état de grâce : à peine 20 % des Français soutiennent une action qui n’a même pas commencé, car ils craignent qu’elle n’ait déjà que trop duré. La France et nos concitoyens tiennent debout et avancent malgré vous, en dépit de vous, et même désormais contre vous.”
“Nous pensons que vous en êtes capable, car la famille de pensée que vous représentez, les chrétiens-démocrates, a les valeurs nécessaires au sursaut. Nous n’oublions pas que le Modem a toujours défendu en paroles, et souvent en actes, une démocratie saine et pluraliste, une moindre injustice sociale et fiscale, une vision fraternelle et humaniste pour notre pays. Vous avez eu la force, par le passé, de dénoncer les oligarques du régime et le pillage des biens publics, comme la privatisation des autoroutes. Vous avez, avant d’autres, dénoncé la ruine de l’État, la spoliation des classes moyennes et des entrepreneurs, le tonneau des Danaïdes de la bureaucratie.”
“Au terme de sept ans d’erreur, après avoir choisi le pire, allez-vous enfin choisir le meilleur des biens ?”
“Hélas, vous avez choisi le pire : Emmanuel Macron, puis les amis de Nicolas Sarkozy, et maintenant, vous courez derrière ce qu’il reste de socialistes défroqués que n’aurait pas reniés Dominique Strauss-Kahn. En un sens, je vous comprends : ils n’ont pas l’air de coûter cher, les socialistes ; ils se sont soldés aux Insoumis et désormais, tout doit disparaître dans leur héritage !”
“Après cette déception, monsieur le premier ministre, une seule question vaut, et elle est simple : êtes-vous enfin du côté du peuple français, de sa dignité, de son identité, de sa liberté ? Ou bien êtes-vous encore du côté d’Emmanuel Macron ? Vous aviez pourtant tout prévu. En 2017, vous vous disiez « absolument sceptique » sur « l’hologramme » qu’était Emmanuel Macron. Vous ajoutiez que derrière Emmanuel Macron, il y avait de grands intérêts financiers, incompatibles avec l’impartialité exigée par la fonction politique. Vous précisiez : « On a essayé en 2007 avec Nicolas Sarkozy, et ça n’a pas très bien marché. On a essayé en 2012 avec Dominique Strauss-Kahn… » Vous étiez alors prophète, monsieur Bayrou.”
“Encore aurait-il fallu qu’Emmanuel Macron soit un chef. Encore aurait-il fallu qu’il reste un État. En somme, encore aurait-il fallu qu’Emmanuel Macron n’apparaisse pas pour ce qu’il est : le vide du pouvoir pour un pouvoir avide ; le vide de l’âme pour une âme avide. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) Le macronisme n’est qu’un trou noir dévorant l’identité de la France pour que notre nation se perde dans son déclin civilisationnel et social ; un trou noir dont la France ne pourra ressortir, espère le président de la République, qu’à travers une Union européenne stérile, ce « berceau vide où il n’y a pas d’enfant » annoncé par Marie-France Garaud.”
“D’un événement historique, vous ne voyez rien. Du peuple souverain, vous n’écoutez rien. D’une rupture démocratique, vous ne dites rien. Avec cette censure, la V e République aurait-elle tremblé sans qu’aucun macroniste ici ne sente la moindre secousse ni aucune réplique ? Encore aurait-il fallu que vous vous soumettiez au sens profond de la V e République : le pouvoir du peuple, pour le peuple et par le peuple. Encore aurait-il fallu que vous obéissiez, chers collègues, à une certaine idée de la République, à une certaine idée de la nation, à une certaine idée de la France. Mais vous n’êtes gouvernés que par une idée certaine de vous-mêmes ! Avec cette censure, le chef de l’État aurait pu embrasser enfin, au bout de sept ans, son véritable rôle constitutionnel, celui de garant de nos institutions.”
“Si vos manipulations électorales ont réussi, sans doute pour la dernière fois, à faire barrage à la volonté du peuple au nom de l’oligarchie, nous, le Rassemblement national, avons enfin fait barrage à l’oligarchie au nom du peuple ! (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe RN.) Oui, tout relevait, dans cette censure, de l’événement historique ; tout aux yeux des Français, mais rien aux vôtres. Qu’avez-vous fait de cette censure et du message politique inédit qu’elle portait ? Rien. Fidèle à la nature nihiliste du macronisme, vous n’avez fait que détourner la prophétie de Nietzsche : tout ne vaut rien ; tout arrive et, cependant, il ne se passe jamais rien, tant cela vous est indifférent. L’ultime mérite de la censure et des semaines pitoyables qui l’ont suivie aura été de confirmer aux Français votre vraie nature.”
“Oui, la censure a interdit au macronisme de continuer à tondre les classes moyennes et populaires, de spolier les retraités et les travailleurs, d’accabler les entreprises et les entrepreneurs, de solder encore et toujours notre parc nucléaire à nos voisins européens.”
“Enfin se manifestait la rupture historique que nos concitoyens avaient voulue aux élections européennes et législatives en soutenant massivement Marine Le Pen et Jordan Bardella ! Oui, la censure arbitrée par le Rassemblement national et l’UDR a rempli son office politique : nous avons protégé les Françaises et les Français en retournant contre vous les alliances cyniques, manipulatoires et antidémocratiques que vous aviez nouées avec la gauche extrémisée pour barrer la route à notre victoire écrasante, de 11 millions de voix. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN et sur quelques bancs du groupe UDR.)”
“Pour la première fois, l’exercice par les députés du plus légitime de leurs droits ralentissait l’emprise corruptrice du parti unique sur la souveraineté du peuple.”
“Clemenceau avait pour usage de dire que pour enterrer un problème, il fallait créer une commission. À vous entendre, monsieur le premier ministre, je crains que vous n’ayez enterré votre gouvernement mort-né à force de le submerger de conférences, de comités, de commissions, de gros machins et de petits bidules qui ne feront rien, sinon amplifier la bureaucratie que vous avez condamnée. Quelle déception, monsieur Bayrou, je dois le dire ! Pourtant, la censure du gouvernement Barnier, le 5 décembre 2024, avait tout d’un événement historique. Pour la première fois depuis 1958, l’Assemblée nationale avait pu déjouer un 49.3 illégitime. Pour la première fois, la censure était soutenue par le peuple français contre un gouvernement minoritaire dans les urnes, dans les esprits et dans les cœurs.”
“Voilà le monde réel, voilà le chaos laissé en France par sept ans de macronisme – chaos que nous dissiperons après sept ans de marinisme ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Dans le vrai monde, c’est-à-dire dans la France d’aujourd’hui, vous avez fait s’écrouler l’école, vous avez ruiné les finances publiques. Il n’y a pas de réindustrialisation, les impôts ont augmenté, les collectivités territoriales ne peuvent pas s’en sortir (M. François Cormier-Bouligeon s’exclame) , vous avez abandonné les territoires d’outre-mer, nos policiers et nos gendarmes n’ont pas les moyens d’assurer la sécurité publique, la justice n’a pas les moyens de mettre les malfaiteurs en prison, les frontières ne sont pas contrôlées. (Vives protestations sur les bancs des groupes EPR et DR.)”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe RN et sur quelques bancs du groupe UDR.) Aucune Française, aucun Français ne peut imaginer un cauchemar pire que le rêve que vous vivez dans votre petit monde parallèle.”
“Le groupe Rassemblement national votera cette loi spéciale, comme il s’y était engagé. (M. François Cormier-Bouligeon s’exclame.) Il se passe exactement ce que nous avions annoncé qu’il se passerait : la Constitution de la V e République protège bien mieux les Français que ne le fait ce gouvernement démissionnaire. Comme le disait Marine Le Pen au Parlement européen après le vote du Brexit : rangez vos mines boudeuses et déconfites ! C’est ainsi : vous avez été censurés, la loi spéciale sera votée, et tout ira bien – en tout cas, rien n’ira plus mal que quand vous étiez au pouvoir ! (Mme Prisca Thevenot s’exclame.) Je sais que cela vous attriste et vous accable, je sais que vous auriez préféré une panique financière qui aurait prouvé que l’on peut être plus mauvais que vous : mais ce n’est pas possible, chers collègues !”
“…pour reprendre le genre d’expression absurde dont vous êtes friands, mais cela prouve votre irresponsabilité : le Parlement ne peut plus voter souverainement un budget sans avoir massivement recours à l’emprunt – en l’occurrence, plus de 100 milliards d’euros ! C’est impossible, du fait de l’endettement grave et durable dans lequel vous avez plongé la France. Cela devait être dit parce que nous ne votons pas à l’aveugle, sans expliquer nos votes. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”