Jean-Philippe Tanguy
RN · France
“Monsieur le rapporteur, vous dites que le gouvernement croit l’acier et la métallurgie morts en Europe. Malheureusement, vous avez raison, mais pourquoi l’acier est-il dans cette situation ? Parce qu’à part le Rassemblement national, vous tous ici avez donné des coups de poignards à l’aciérie française – la gauche aussi !”
“…car nous n’avons pas spécialement confiance dans le capitalisme indien – non parce qu’il est indien, mais parce qu’il est étranger. Nous n’avons pas confiance dans les intérêts capitalistes et les partenariats étrangers, nous ne faisons confiance qu’aux intérêts de la France.”
“Pour finir, je veux dire ce que personne n’a encore dit : le fameux grand investissement dans l’usine ArcelorMittal de Dunkerque est payé pour moitié par les Français, à travers les certificats d’économie d’énergie.”
“…vous avez joué le rôle souhaité par les macronistes, celui de votre propre caricature – ce que vous aimez faire, d’ailleurs, car vous ne souhaitez pas vraiment accéder au pouvoir.”
“À force d’être dans le mensonge permanent, vous pensez que tout le monde ment. Or, ici, on dit la vérité ! Je n’ai pas prononcé un mot qui laisserait croire que je tape sur la nationalisation – et ce, pour une raison simple, qui est que nous avons une vision pragmatique de celle-ci.”
“…qu’il occupe sa place, toute sa place, dans la structuration d’une filière, sans céder aux caricatures ni à l’incompétence des macronistes. Ces derniers ont abandonné l’industrie : lorsqu’il n’y a plus d’argent à se faire, de banquiers d’affaires bidons à rémunérer, de copains à qui rendre l’adversaire, d’agents de l’étranger à faire ent…”
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“Vous vous êtes trompés, mais vous êtes encore là, à nous faire des leçons, à nous expliquer ce qui serait sérieux et ce qui ne le serait pas. Eh bien, non seulement toutes vos actions ont manqué de sérieux, mais elles ont aussi montré la corruption de votre esprit et votre mépris pour le modèle français, pour ce que nous avions réussi à construire ensemble, pour ce que les ouvriers français avaient fait d’EDF et de GDF ! En 2004, nous étions avec Nicolas Dupont-Aignan, encore à l’UMP. C’était le début de la scission entre les souverainistes et l’UMP, qui fut plus tard confirmée au moment du référendum sur le traité constitutionnel. En 2004, vous avez rompu le contrat social entre l’État et les Français, entre l’État et l’effort des Français.”
“Nous sommes contre tout ce que vous avez fait sur l’énergie depuis les années 2000 ! Tout ce que vous avez fait ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Nous corrigerons toutes les erreurs que vous avez commises. Nous rétablirons le modèle du Conseil national de la résistance gaulliste que vous avez démantelé. Vous vous êtes trompés sur tout, sur les finances publiques, sur les frontières, sur la sécurité, sur l’éducation – sur tout !”
“Heureusement que les Françaises et les Français ne vous ont pas crus ! Vous voilà pris en flagrant délit de mensonge. Vous n’avez pas réformé le marché européen de l’électricité et vous l’avouez dans vos exposés sommaires. Nous ferons, une fois encore, barrage à vos mensonges ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“N’essayez pas de rejeter sur nous la responsabilité de vos propres erreurs, ni celle de vos mensonges ! Dans l’exposé sommaire de vos amendements, vous avouez avoir menti aux Français pendant les élections. Vous leur avez promis de réformer le marché de l’électricité, comme le voulait le Rassemblement national, pour essayer de nous voler nos voix !”
“Et vous voudriez faire croire que nous sommes responsables de l’Arenh ? C’est vous qui avez créé ce dispositif absurde qui a pillé le bien commun des Français pendant quinze ans au profit d’entreprises qui n’ont pas investi un centime.”
“Vous avez encore cédé aux Allemands en partageant, cette fois, non pas 80 %, mais 100 % du nucléaire et de l’hydroélectricité française avec toute l’Europe, en particulier avec l’Allemagne. Vous avez soldé le minable avantage que vous aviez négocié à l’époque de l’Arenh, le précédent système, déjà scandaleux. L’Arenh est un mauvais dispositif que vous avez, tous autant que vous êtes, voté et organisé ! Vous le critiquez, alors que vous l’avez vous-mêmes instauré il y a quinze ans.”
“Parfois, au détour d’un amendement qui paraît très simple, on se rend compte du projet de la Macronie et de ce gouvernement. Lors des dernières élections, qu’il s’agisse des européennes ou des législatives anticipées, vous avez tous affirmé aux Françaises et aux Français que vous vouliez que le prix de l’électricité soit aussi proche que possible du coût de production. Vous l’avez tous dit, sur les plateaux, dans vos professions de foi, devant les électeurs. À présent, vous voulez supprimer cette disposition, alors qu’elle a été adoptée en commission, pour lui substituer le dispositif que vous voulez vraiment, celui que vous avez négocié auprès de l’Union européenne – surtout auprès des Allemands – qui n’est pas du tout une réforme de la tarification du marché européen de l’électricité sur la base du système français !”
“Il y a des droits d’auteur ! (Sourires sur les bancs du groupe RN.)”
“La vérité, c’est que vous ne voulez pas assumer la réalité des prix – je le comprends, c’est d’ailleurs pour cela que la gauche ne votera pas davantage en faveur de cette mesure. Après avoir promis de raser gratis au cours des campagnes électorales, vous envoyez la facture aux Français. La gauche fait encore pire : après avoir fait la même promesse, elle fera tripler, quadrupler, quintupler la facture ! (M. Jean-François Coulomme proteste.) Pourquoi ne voulez-vous pas fixer d’objectifs de prix ? Répondez-moi vraiment, monsieur le rapporteur, car cela n’a pas de sens, à moins que vous ne vouliez cacher qu’en appliquant la PPE 3 et les mesures du discours d’Emmanuel Macron à Belfort, la facture des Français doublera. Quant à nous, nous sommes cohérents : cette facture, nous voulons la diviser par deux !”
“Faute d’un encadrement du taux d’actualisation entre 2 % et 4 %, il n’existera jamais de nucléaire rentable. Le système est bien trop capitalistique pour cela. Quant à nous, nous sommes cohérents : Marine Le Pen et Jordan Bardella ont toujours annoncé la couleur et affirmé qu’il fallait soustraire aux règles du marché le financement du nucléaire – cela vaut aussi pour l’hydroélectricité. Mais vous n’assumez pas de le faire. Ce que vous avez affirmé à propos des trois tarifs n’est pas vrai, monsieur le rapporteur. Il ne s’agit pas de fixer des tarifs, mais des objectifs de prix. N’allez pas prétendre que nous voudrions rétablir les tarifs réglementés, trouvez un véritable argument ! Respectez-vous et respectez-nous un peu !”
“Le nucléaire est par essence un bien public. Ce n’est pas un hasard si les grands programmes nucléaires ont été lancés aux lendemains de la guerre, inspirés par l’esprit qui avait animé le Conseil national de la Résistance et des mouvements équivalents dans l’ensemble des pays occidentaux. À ce moment-là, l’État a pris ses responsabilités et soustrait l’énergie aux règles du marché. Vous ne pourrez pas la faire entrer dans ces règles, pas plus que l’agriculture. De telles choses n’existent pas. Faire croire que l’on pourra construire de nouvelles installations nucléaires aux taux que pratiquent ce que vous appelez des « organisations internationales », mais qui correspondent en réalité aux règles libéralisées de la finance, alors que c’est impossible, est un nouveau mensonge d’État.”
“Monsieur le rapporteur, si vous refusez de plafonner le taux d’actualisation à 2 % comme nous vous le proposons, ayez l’honnêteté de reconnaître que le nouveau nucléaire ne reviendra ni à 40 euros le mégawattheure, ni à 50, mais à 60 euros si le taux est à 4 %, et à 100 euros s’il s’élève à 7 % – c’est le cas au Royaume-Uni, ce sera le cas en France. Ne pas s’en soucier une fois de plus et avancer des arguties sur la prétendue possibilité d’y revenir plus tard, pour ne pas l’inscrire dans le texte, n’est pas possible. Et cela pour une raison simple, qui renvoie hélas à la limite de la relance macroniste du nucléaire : il n’y a pas de nucléaire rentable dans le cadre de la loi du marché capitaliste ! Cela n’existe pas !”
“Soyons donc cohérents : que le Parlement ait le courage de fixer des objectifs de prix et qu’on mène ensuite la politique qui permettra de les atteindre, au lieu de faire l’inverse, c’est-à-dire des politiques dans les nuages pour venir ensuite pleurnicher devant les Françaises et des Français en déplorant le coût de la facture. C’est ce que le Rassemblement national propose : d’abord fixer les objectifs de prix pour les familles, les artisans et les industriels, puis mener la politique qui permettra de les atteindre. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Cela fait vingt ans que le Parlement et le gouvernement décident des politiques énergétiques sans dire aux Françaises et aux Français que le déploiement des énergies éoliennes ou photovoltaïques double la facture électrique finale pour les consommateurs, les entreprises et les artisans. En fixant chaque année de tels objectifs, nous afficherions la vérité des prix et, surtout, nous appliquerions les politiques qui permettraient de les atteindre. Pendant les campagnes électorales, tout le monde fait des belles promesses, en disant à qui mieux mieux que le prix de l’énergie n’augmentera pas, mais les Français voient bien qu’il augmente.”
“Nous avions proposé ce dispositif avant l’article 1 er , mais l’amendement a malheureusement été déclaré irrecevable. C’est pourquoi nous le proposons de nouveau ici. L’un des principaux enjeux de ce texte est de savoir quel sera le coût de production de l’énergie en France, en particulier celui de l’électricité, et quel prix vont payer les Français. Nous proposons que le Parlement fixe chaque année un objectif de prix final d’électricité. Pour ce faire, nous avons repris les catégories historiques de consommation d’EDF : le tarif vert et le tarif jaune pour les entrepreneurs et les artisans, le tarif bleu pour les consommateurs. Il faut que le Parlement fixe des objectifs de prix qui soient conformes à la vérité.”
“Comme l’a dit le collègue communiste – il paraît que c’est très grave de saluer les propos des collègues communistes, mais quand ils ont raison, je n’ai pas peur de le faire –, il y a un enjeu d’acceptation sociale. Même après l’accident de Fukushima, les Français ont maintenu leur confiance dans le système français. Supprimer cet article, comme le proposent M. le rapporteur et M. le ministre, c’est mépriser et vouloir mettre à la poubelle ce qu’il reste de meilleur dans le modèle électronucléaire français ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Et si nous ne gagnons pas, au moins aurons-nous essayé ! Ne sacrifions donc pas la confiance que les Français ont en la filière française, qui a fait ses preuves. (Mme Alma Dufour s’exclame.) Vous ne pouvez pas balayer d’un revers de la main ce qui s’est passé à Three Mile Island ou à Fukushima. Désolé, ces événements ont eu lieu, et ils sont le fait d’entreprises privées qui n’avaient pas réalisé les investissements nécessaires ou n’avaient pas cherché à atteindre le même niveau de sûreté qu’une entreprise publique comme EDF. Oui, tout cela a de la valeur, et commencer l’examen de ce texte en méprisant ce que la filière française a démontré au reste du monde est dommage.”
“Nous l’appliquerons quand nous serons au pouvoir. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN. – Exclamations sur divers bancs.) Monsieur le rapporteur, vous avez sacrifié depuis bien trop longtemps nombre d’atouts du nucléaire. Il en reste un au modèle français : la confiance qu’ont les Français dans la construction et l’exploitation des réacteurs. Il ne faut pas saboter cet atout uniquement parce que la Commission européenne pourrait interpréter ses directives dans une direction qu’elle n’a pas prise jusqu’à présent. Vous savez bien qu’on peut, face au droit européen, arguer du fait que le nucléaire est une activité économique différente des autres en ce qu’elle touche à des questions de souveraineté majeures. Si vous ne voulez pas plaider cela à Bruxelles, nous le ferons et nous gagnerons.”
“…vous l’expliquerez à vos électeurs. Je sais que l’UMP, ou ce qu’il en reste, a depuis longtemps complètement oublié l’histoire du gaullisme. (M. Philippe Gosselin proteste.) Non seulement nous n’avons pas oublié son histoire, mais nous incarnons le gaullisme et nous le défendons contre ceux qui l’ont trahi.”
“Balayez devant votre porte avant de donner des leçons de souveraineté ! Je veux bien qu’on commence l’examen du texte en racontant n’importe quoi sur les positions du Rassemblement national, mais si vous ne connaissez pas l’histoire et le choix du général de Gaulle de lancer le programme nucléaire français, si vous considérez qu’il était un agent de l’étranger,…”
“Non seulement vous ne rappelez pas cette vérité, mais en plus vous mentez aux Français en prétendant que la France aurait du retard dans le respect de ses objectifs climatiques et énergétiques ! (Protestations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je suis très heureux d’entendre les Insoumis parler de souveraineté française et refuser de se soumettre à Bruxelles. Je leur rappelle toutefois que, lorsque la Commission européenne veut imposer des amendes à la France parce qu’elle ne respecterait pas ses objectifs en matière d’énergies renouvelables, ils sont les premiers à utiliser cet argument pour contraindre la politique énergétique française. (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Soit on est souverain tout le temps, soit on ne l’est jamais ! Au Rassemblement national, nous sommes pour la souveraineté française sur tous les sujets et nous n’acceptons pas les amendes de technocrates qui veulent imposer du renouvelable intermittent à la France alors qu’elle a déjà une énergie parfaitement décarbonée.”
“C’est d’autant plus paradoxal que vous avez dépensé plusieurs milliards d’euros pour renationaliser EDF… Cela n’a ni queue ni tête. Il nous semble sincèrement, monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, que l’argument de la conformité au droit européen n’a pas de sens ici.”
“Ce devrait même être l’inverse : à partir du moment où on a besoin de relancer le programme nucléaire français, forts de la confiance de nos compatriotes et de la filière, il est certain que le modèle français qui confie la construction et l’exploitation des réacteurs à EDF, une entité publique, montre encore une fois sa pertinence et son efficacité. Je ne parlerai pas du modèle américain et du modèle japonais, qui ont failli : ils correspondent à un autre choix, par lequel la construction et l’exploitation ont été confiées à plusieurs entreprises privées, qui de toute évidence ont eu intérêt, parfois pour le pire, à ne pas investir de manière suffisante dans la sûreté du parc. Encore une fois, nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement s’oppose à maintenir ce monopole pour EDF.”
“La discussion des articles, il faut bien le dire, commence de manière paradoxale : nous aimerions comprendre, monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, pourquoi cet article, créé en commission avec le soutien du Rassemblent national, pose problème. Si j’en crois l’exposé sommaire de vos amendements, la suppression de l’article 1 er A se justifierait par la nécessaire conformité du texte avec les règlements de l’Union européenne. Mais, jusqu’à preuve du contraire, l’Union européenne, y compris dans les années 1990, a toujours autorisé la France à confier à EDF le monopole de la construction et de l’exploitation des réacteurs nucléaires – j’ose espérer qu’elle continuera de le faire au cours des années à venir. Je ne vois donc pas en quoi réaffirmer ce principe de bon sens pose problème à ce gouvernement.”
“Accélérez, laissez-nous voter le texte avant la fin de la séance !”
“Arrête ton cirque, tu n’y crois pas toi-même !”
“Ils sont malheureux, on leur interdit de faire leur boulot !”
“Mais il n’y a pas de concurrence, enfin !”
“Peu est évidemment vrai : quand vous êtes riche, vous ne payez rien, et quand vous êtes très pauvre, vous payez beaucoup trop ! Ce sera ma seule intervention. Afin de gagner du temps, vous pouvez considérer tous mes autres amendements comme défendus. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Madame la ministre, je suis désolé mais ce que vous dites n’est pas vrai : désormais, presque tout est automatisé, il n’y a personne derrière un guichet, c’est du pipeau ! (Mme la ministre déléguée proteste.) En fait, plus les frais sont élevés, moins il y a de travail réel derrière ! D’ailleurs c’est une bonne illustration de ce qu’est devenu le secteur de la finance : moins on y travaille, plus on gagne d’argent sur le dos du vrai travail. Nous refusons cette situation, nous sommes opposés à cette dérive des banques. Faisons plutôt en sorte qu’elles fassent leur travail, à savoir financer l’économie réelle, repérer les secteurs innovants et ceux où des gains de productivité sont possibles, au lieu de les laisser prospérer aux dépens des gens qui n’ont pas les moyens de se défendre ! Ce que dit M.”
“Très brièvement, car je ne voudrais pas user du temps de niche de nos collègues : le groupe RN propose un dispositif différent. Je suis d’accord sur le principe, il est évident qu’il faut limiter très strictement les frais bancaires. Vous avez échoué sur ce point, chers collègues du bloc central, alors que vous aviez promis maintes et maintes fois d’agir. Or la situation ne s’arrange pas, les banques ne sont pas coopératives. Les arguments présentés par le groupe GDR sont tout à fait valables. Les banques sont devenues des espèces fainéantes ! Se contentant désormais de répercuter le taux directeur de la Banque centrale, elles ne cherchent plus à faire leur travail et se concentrent désormais soit sur les activités de marché spéculatives, soit sur le fait de pomper l’argent des gens en leur facturant des frais imaginaires !”
“De te remplacer ! (Sourires sur les bancs du groupe RN.)”
“Nous demandons donc nous aussi que le Parlement reprenne le pouvoir par un projet de loi de finances rectificative, dans l’attente de la dissolution – le seul moyen de redresser la situation étant que le RN et Marine Le Pen arrivent au pouvoir. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Non seulement cette politique n’a pas fonctionné, mais la réindustrialisation dont vous parlez est en réalité la plus grave crise de désindustrialisation que nous avons connue depuis vingt ans. Nous arrivons à l’os, des filières entières disparaissent ou vont disparaître, tant et si bien que je ne sais même pas si nous serons capables de rétablir la situation si nous n’arrivons pas au pouvoir plus tôt, grâce à une dissolution.”
“L’Irlande est le cheval de Troie des États-Unis et des multinationales américaines. Vous ne luttez jamais contre les pratiques de l’État irlandais lorsqu’il s’allie avec les multinationales américaines contre le contribuable français et européen. Tant que vous refuserez d’affronter ces vrais problèmes, vous n’affronterez rien et nous continuerons, et les Français avec nous, à payer durement ce que vous ne savez faire. Le plus inquiétant, c’est évidemment votre plan de redressement économique qui n’en est pas un – c’est un véritable moulin à prières. Les mêmes causes entraîneront les mêmes effets. Vous continuez la politique que vous avez menée depuis sept ans.”
“De même, vous parlez toujours de la fraude fiscale, mais je vous rappelle que nous avons au sein du marché européen certains des plus grands paradis fiscaux, en particulier l’Irlande, un pays que nous avons sorti de la pauvreté avec l’argent des Français et qui aujourd’hui s’enrichit.”
“Non seulement vous ne les combattez pas, mais vous les enrichissez. Vous subventionnez notre propre concurrence au sein du marché européen.”
“Continuons à dépenser un argent que nous n’avons pas pour enrichir nos concurrents, en particulier les États d’Europe de l’Est ! Grâce à l’argent des Français, ils pourront accueillir les usines de Picardie et de Lorraine – vous financez notre propre concurrence interne. Il n’y a pas que l’Asie qui nous concurrence de manière déloyale : il existe des pratiques déloyales au sein du marché commun.”
“Premier tabou, l’immigration : vous n’en parlez jamais, ni dans vos plans d’économie ni dans vos plans de dépenses. Il serait trop difficile d’avouer aux Français les dizaines de milliards que nous coûte l’immigration incontrôlée. Deuxième tabou : les dépenses liées à l’Union européenne. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) L’année prochaine, la contribution à l’Union européenne augmentera de 6 milliards – nous allons passer de 25 milliards à 31 milliards. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Voilà votre grand plan de réduction des dépenses ! À titre de comparaison, il y a huit pages de baratin sur la poursuite de votre plan de décarbonation, qui coûtera, d’après votre plan, entre 60 et 100 milliards d’euros – deux pages pour faire des économies qui n’existeront pas, huit pages pour faire des dépenses qui seront bien certaines ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) J’ajoute que dans votre plan de prévision de l’augmentation des dépenses, une fois encore, vous passez sous silence tous les tabous qui nous ont conduits à cette situation et que seuls le Rassemblement national et Marine Le Pen ont le courage de dénoncer.”
“Vous avez maquillé les comptes et nous devons en payer les pots cassés par un plan qui pourrait en être un, mais qui, malheureusement, n’en est pas un – c’est le principal défaut de ce que vous présentez aujourd’hui et de ce que vous avez présenté devant la commission des finances. Monsieur le ministre, madame la ministre, je suis désolé de vous le dire : comme M. Bayrou lors de sa conférence de presse, vous nous dites ce que nous savons déjà. Vous êtes des marathoniens de l’enfonçage de portes ouvertes, des virtuoses du pipeau. Vous nous dites ce que les Français éprouvent déjà. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.) Il n’y a rien de nouveau – et, surtout, il n’y a pas de plan. Une preuve parmi d’autres : sur les 200 pages dont vous nous avez affligés, seules deux portent sur votre plan d’économie.”
“Si la vérité avait été connue, ces élections auraient donné encore plus de députés au Rassemblement national et à nos alliés de l’UDR. (Mêmes mouvements.)”
“Vous n’avez jamais maîtrisé les dépenses (Applaudissements sur les bancs du groupe RN) – les prétendues erreurs techniques dont vous avez inondé les Français en les désinformant étaient en réalité un maquillage massif des comptes publics pour acheter les élections et pour tromper les électeurs aux élections européennes et, plus grave, aux élections législatives.”
“…où vos prédécesseurs nous ont expliqué qu’il s’agissait uniquement d’erreurs techniques. Mais non ! Il s’agit évidemment d’une absence totale de maîtrise des dépenses : il suffit pour s’en convaincre de lire le rapport de la Cour des comptes.”
“Pas vous, mais d’autres macronistes ont témoigné sous serment – je vous invite à lire et à écouter ces auditions,…”
“Ainsi, vous continuez ce que vous avez refusé d’avouer sous serment – c’est ce qui est inquiétant. Lors de la commission d’enquête sur le dérapage du déficit public, vous avez prétendu que les déficits historiques que la France a connus n’étaient dus qu’à des erreurs techniques. Ce n’est pas le cas, et vous l’avouez aujourd’hui dans votre plan, madame la ministre.”
“Restez poli, cher collègue Cazeneuve ! D’ailleurs, la scène complètement surréaliste que nous avons vécue il y a quelques minutes dit tout du bilan des macronistes. Alors que vous annonciez enfin des baisses de dépenses publiques, madame la ministre, vos propres députés, du moins ce qu’il en reste, se sont exclamés : « Enfin ! » Il aura fallu sept ans aux macronistes pour découvrir qu’il fallait enfin faire des économies ! Il s’agit d’un aveu terrible concernant ce que vous n’avez jamais fait : maîtriser la dépense publique. En vérité, vous ne le faites toujours pas : si l’on lit bien les chiffres pour 2025, la dépense publique continue d’augmenter de 43 milliards d’euros et les impôts de 50 milliards – dont plus de 20 milliards d’impôts nouveaux.”
“Elles valent toujours mieux que vos mensonges !”
“Ça ne sert à rien d’être courtois si vous mentez !”