Matthias Renault
RN · France
“Au Rassemblement national, nous opposons à votre illusion institutionnelle le seul projet d’avenir – l’autonomie économique portée par un État stratège. L’urgence absolue est de briser la dépendance aux importations et d’engager une diversification structurelle.”
“Là où vous regardez sans agir, nous proposons des réformes pour redonner du pouvoir d’achat à nos compatriotes ; là où vous bloquez les initiatives, nous voulons encourager et favoriser la nécessaire souveraineté de nos territoires.”
“Madame la ministre des outre-mer, mercredi dernier, vous avez signé, en catimini, un accord-cadre solennel sur l’évolution institutionnelle de la Martinique. Pourquoi une telle stratégie du secret ? Êtes-vous consciente de l’illégitimité de votre démarche ? Vous passez outre la volonté de nos compatriotes martiniquais.”
“Nous voterons en faveur de cet amendement mais, puisque nous approchons de la fin de cette discussion, j’en profite pour interpeller M. le ministre sur ses déclarations concernant les explorations ayant eu lieu au large de la Guyane.”
“Une autre zone, située sur le plateau continental, à une profondeur moindre, a fait l’objet de deux forages dans les années 1970 et, dans les années 2010, d’une demande visant à obtenir un nouveau permis d’exploration (permis Guyane Maritime SHELF), lequel n’a jamais été accordé, à cause de la loi Hulot.”
“Vous avez mentionné une carte, que le règlement intérieur ne vous permet pas d’exposer ici mais qu’il serait intéressant de faire circuler car, si vous disposez d’informations excédant celles issues de ces forages, finalement assez peu nombreux, nous serions preneurs.”
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“Le demandeur doit aussi savoir que cela occasionne parfois des douleurs, des vomissements, des spasmes ; il doit encore savoir qu’il existe des échecs, plus fréquents pour le suicide assisté que pour l’euthanasie, la substance étant prise par voie orale. Le taux d’échec, d’après les pays qui publient cette statistique, peut atteindre 10 %. La proposition de loi ne prévoit d’ailleurs rien en cas d’échec du suicide assisté : passe-t-on alors à une euthanasie ? En Suisse, où l’euthanasie est interdite, c’est un vrai problème. Aux Pays-Bas, en cas d’échec du suicide assisté, on passe immédiatement à une euthanasie, menée à bien par une tierce personne.”
“Cet amendement fait écho à un autre, n o 1469, que j’avais déposé à l’article 5. Il porte sur le moment où le demandeur d’une euthanasie ou d’un suicide assisté est informé des modalités d’administration et d’action de la substance létale. Cette information doit être un élément de la prise de décision du demandeur. Regardons ce qui existe dans les pays qui ont légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté. Dans le cas de l’euthanasie, on administre d’abord un sédatif qui provoque un coma dans un délai d’environ trente secondes ; dans un second temps, une seconde injection, par voie intraveineuse, provoque le décès entre cinq et quinze minutes plus tard, par arrêt cardiaque ou respiratoire. S’agissant du suicide assisté, il s’agit d’une potion orale ; le délai de décès est un peu plus long : vingt minutes à une heure.”
“Enfin, en Belgique, le délai de réflexion est d’un mois et en Autriche, de trois mois. En comparaison, imposer au médecin un délai maximum de quinze jours et au patient un délai minimum de deux jours, c’est faire preuve de beaucoup de souplesse.”
“Cet amendement est plus que déraisonnable. La procédure laisse au médecin un délai maximum de quinze jours pour se prononcer mais n’a pas prévu de délai minimum, puisque l’amendement de notre collègue Ménagé a été rejeté. Si l’on supprimait le délai minimum de deux jours imposé au malade pour confirmer sa décision, cela signifierait donc – comme le disait Mme Gruet tout à l’heure – qu’une demande d’euthanasie ou de suicide assisté pourrait faire l’objet d’un avis notifié dans la journée, après concertation par visioconférence, et être aussitôt suivi de l’administration directe de la substance létale, le tout en une journée.”
“Quand on juge soi-même qu’on manque de dignité, c’est qu’on intériorise le regard d’autrui. Nous sommes fondamentalement des êtres sociaux soumis au regard d’autrui. D’ailleurs, tout le monde s’est déjà senti indigne au moins une fois dans sa vie. La notion de dignité est donc tout à fait relative. Enfin, on nous oppose que cette supposée indignité ne suffirait jamais à elle seule pour demander l’euthanasie – encore heureux –, mais c’est sur la volonté du malade qu’elle pèse. La volonté libre et éclairée, à notre sens, doit être libre du regard d’autrui.”
“L’amendement est pertinent parce que l’expression « mourir dans la dignité » sature le débat public et que ce discours mélioratif conduit à séparer ceux qui auraient une vie et une mort dignes de ceux qui auraient une vie et une mort indignes. Désigner comme indignes ceux qui, malgré la possibilité de demander la mort, choisiront de continuer à vivre coûte que coûte est source de pression sociale. Contrairement à ce qui a été dit, la dignité s’évalue toujours par rapport au regard d’autrui.”
“Avec ce nouveau service public, on cherche, d’une certaine manière, un suicide plus doux, accompagné d’un cérémonial médico-administratif et même familial. (Protestations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.) C’est pourquoi il semble nécessaire, pour que la personne souhaitant mourir puisse prendre sa décision en toute connaissance de cause, qu’elle ait dès le départ une idée très concrète des modalités d’administration et d’action de la substance létale, notamment son mode d’administration – par intraveineuse –, ainsi que le délai avant le décès, les éventuelles souffrances et le taux d’échec, qui avoisine 10 % en cas d’euthanasie. (Applaudissements sur certains bancs des groupes RN et UDR.)”
“D’ailleurs, cette liberté a toujours existé : le droit de se suicider n’a jamais nécessité l’intervention d’un service public. Si certaines personnes choisissent de ne pas se suicider elles-mêmes et demandent l’assistance de l’État, c’est parce qu’elles y voient un certain nombre d’avantages. (Mme Josy Poueyto s’exclame.) Le premier avantage est lié à la crainte de l’échec. Chaque année en France, on recense 100 000 tentatives de suicide, mais seulement – si je puis dire – 10 000 décès effectifs. Le taux d’échec est donc extrêmement élevé. Le deuxième avantage attendu est lié à la peur de la douleur. Le troisième – pardon de le dire, car c’est un peu glauque – est lié au corps, plus précisément au traumatisme que la découverte du corps peut occasionner aux proches de la personne qui a choisi de se suicider.”
“En outre, cela concerne un public qui, matériellement – je suis désolé de le dire ainsi – pourrait se suicider seul, c’est-à-dire recourir à un suicide individuel plutôt que de solliciter l’aide de l’État et de requérir un service public pour l’assister dans cet acte.”
“Il s’agit de garantir que l’information du demandeur d’euthanasie ou de suicide assisté sur les modalités d’administration et d’action de la substance létale est donnée en amont de la procédure, c’est-à-dire dès la première discussion avec le médecin. Pourquoi est-il essentiel que cela soit réalisé dès le début de la procédure ? Parce que ce texte instaure, de fait, un service public d’assistance au suicide.”
“Je ne comprends pas bien l’opportunité de placer ces amendements à cet endroit du texte. La question des directives anticipées a déjà été écartée. Si l’on adopte ces amendements, cela veut dire qu’au moment de la demande orale formulée auprès d’un médecin, celui-ci irait consulter les éventuelles directives anticipées consignées par écrit. Qu’en attendra-t-on ? Si la demande exprimée oralement n’est pas claire, s’en remettra-t-on à la volonté fixée par écrit ? Ces amendements complètent peut-être d’autres dispositions qui ont été rejetées : ils auraient été cohérents si les directives anticipées avaient été retenues dans la procédure ; mais ils ne sont plus cohérents avec le texte tel qu’il est, et n’ont rien à faire là. Ou alors il y a quelque chose qui m’échappe s’agissant de la procédure.”
“L’amendement est intéressant : il vise à vérifier jusqu’au bout la capacité et le consentement de la personne demandeuse de l’aide à mourir. La procédure qu’il institue ne se substitue pas à la procédure devant le médecin, laquelle est simplement validée devant un notaire. C’est une protection supplémentaire. En Autriche, le testament de fin de vie – c’est le nom officiel – doit être signé devant un notaire, cosigné par les deux médecins qui suivent la procédure et être écrit au plus tôt douze semaines après la première information médicale reçue. Si notre procédure diffère de la procédure autrichienne, celle-ci constitue une bonne inspiration.”
“Cela permettrait également de faciliter le déroulement de la procédure pour les demandeurs de l’euthanasie, qui ne seraient ainsi plus contraints de faire le tour des médecins et de risquer d’essuyer plusieurs refus consécutifs. Enfin, dernier argument, ce serait le meilleur moyen de s’assurer que plusieurs demandes n’ont pas été formulées auprès de médecins différents, ce qui est d’ailleurs explicitement exclu dans le texte. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)”
“Dresser une liste ou un registre des médecins volontaires pour pratiquer l’euthanasie présenterait plusieurs intérêts. Le premier serait de mettre les points sur les i : la corporation médicale ne serait pas obligée, par principe, de pratiquer l’euthanasie, laquelle ne ferait donc pas partie du panel de soins que ces professionnels se doivent de prodiguer – ce qui serait logique car, contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire, il s’agit là non pas d’un soin mais d’une prestation de service public d’un nouveau genre, une aide au suicide délivrée par un nombre limité de médecins. Le deuxième intérêt serait de protéger ceux qui refusent en leur évitant d’être stigmatisés.”
“Il serait très malvenu de dévoyer le système de cumul emploi-retraite pour pratiquer l’euthanasie. Jusqu’à récemment, une exonération – bienvenue – de cotisations sociales était prévue pour essayer de faire revenir un maximum de médecins retraités en activité. Je ne pense pas que ce soit pour pratiquer cette activité-là ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“L’amendement des socialistes revient à inciter les médecins retraités à reprendre du service pour faire de l’euthanasie. (Protestations sur les bancs du groupe SOC.) Par ailleurs, je suis un peu étonné de la réponse de Mme la ministre, qui dit que cet acte serait effectué à titre gratuit. Ce n’est pas un acte à titre gratuit !”
“Nous demandons une suspension de séance d’une minute afin d’avoir une discussion avec le rapporteur et la ministre.”
“En tout cas, beaucoup aimeraient des précisions sur ce que compte faire le gouvernement pour ce qui est du photovoltaïque sur les bâtiments agricoles. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Nous voterons pour l’amendement, qui tend à simplifier le dispositif et à ouvrir de nouvelles possibilités pour l’installation de panneaux photovoltaïques sur les parkings. Le sous-amendement va peut-être un peu trop loin, mais, si j’ai bien compris, des réajustements interviendront dans le cadre de la navette. J’en profite pour vous interpeller sur la situation du photovoltaïque sur les bâtiments agricoles, alors qu’une baisse des tarifs de rachat est envisagée. Évitons le « deux poids, deux mesures » entre les parkings, où le photovoltaïque se développerait avec souplesse – ce qui peut s’entendre –, et les bâtiments agricoles, pour lesquels le gouvernement resserrerait la vis. Certes, c’est une logique de guichet et on peut considérer qu’il y a un volume non maîtrisé.”
“L’amendement alibi pour ne pas voter le texte !”
“Vous voulez repousser nos discussions sur les ZFE et la suppression de l’objectif ZAN, qui serait une des dispositions les plus puissantes du texte. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“Mais, dans une cinquantaine d’amendements, nous proposerons la suppression de la loi ZAN. Si les dispositions de ce texte ne s’appliquent plus, on ne se posera plus ces questions ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) On voit bien que vous cherchez à prolonger indéfiniment les débats.”
“Le concept de projet d’intérêt national majeur vise simplement à déroger à ces dingueries normatives. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Hervé de Lépinau l’a souligné, c’est parce qu’Emmanuel Macron a fait adopter la loi du 22 août 2021, dite climat et résilience, par la majorité macroniste. Ce texte a engendré différentes folies normatives écologistes à une époque où c’était à la mode, et bien vu. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Le débat est extrêmement poussif ce soir sur ce sujet et sur les projets d’intérêt national majeur. On voit bien que vous cherchez à faire traîner les débats au maximum. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Si les centres de données ne s’installent pas en France, par définition, il n’y aura pas de souveraineté française sur les centres de données. Nous ne sommes évidemment pas défavorables au développement d’un cloud souverain, et de solutions souveraines pour les centres de données français. Mais, en l’espèce, comment faire pour attirer et faciliter l’installation de centres de données en France ?”
“L’installation de centres de données et la souveraineté de ces centres sont deux questions différentes. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il s’agit simplement d’élargir l’évaluation aux TPE et PME, et de recueillir directement l’avis des représentants des entreprises, au lieu de laisser à l’administration le soin d’imaginer les impacts éventuels. Nous soutiendrons l’amendement n o 2148 de Mme Blin, qui reprend exactement la rédaction du gouvernement, mais élargit le périmètre aux TPE. Pour répondre à l’observation de Mme la ministre, cette rédaction… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – Plusieurs députés du groupe RN applaudissent ce dernier.)”
“Par ailleurs, le test PME constitue en quelque sorte une extension de la notion d’étude d’impact. Ces études comportent déjà une rubrique consacrée aux effets sur les entreprises.”
“Concernant le lobbying, précisément, le dispositif pourrait permettre de maîtriser le phénomène.”
“Cela ne vous a pas empêchés de défendre corps et âme son maintien (Mme Josiane Corneloup applaudit) , comme celui de tous les autres comités, agences et opérateurs. Deuxièmement, le fait que des représentants des entreprises donnent leur avis, au nom des entreprises en général et non de leur secteur, sur l’impact des textes de loi et des ordonnances, en amont de leur discussion – encore ne s’agit-il que d’un avis informatif –, empêchera peut-être que des lobbys sectoriels ne viennent démarcher les parlementaires pendant les débats en leur proposant des amendements clé en main.”
“Je vais défendre la position du groupe RN. Ces débats sont amusants : on découvre une gauche adepte de la tronçonneuse ! Certes, c’est une très petite tronçonneuse, puisqu’elle ne touche que le Haut Conseil à la simplification, après avoir atteint le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES). Cela n’en fait que deux, comparés aux 100 ou aux 200 comités, agences et autres opérateurs dont nous avons demandé la suppression ou la réinternalisation. Mais il y a un début à tout ! Sur le fond, vous affirmez que le Haut Conseil à la simplification et le test PME favoriseraient l’intrusion de lobbys au sein de l’administration et pèseraient sur le législateur. Or la Commission nationale du débat public (CNDP) abrite elle-même des lobbys, des intérêts privés et idéologiques.”
“D’ailleurs, cette pratique est déjà assez courante pour des marchés qui mettent en jeu de faibles montants.”
“Je n’avais pas prévu de rebondir, mais j’ai été surpris par l’argument de notre collègue Jean-René Cazeneuve, qui est quelque peu monté dans les tours. Retrouver Donald Trump dans une discussion sur les marchés publics, c’est inattendu ! Je rassure nos collègues qui voteront pour ces amendements : ils ne voteront pas pour Donald Trump. Par ailleurs, vous avez parlé de guerre entre départements. Pourquoi « entre départements » et pas entre régions ou même avec d’autre pays ? Revenons-en au sujet : il s’agit de donner à des acheteurs publics, en particulier locaux, la possibilité de réserver une partie de leurs marchés publics à des entreprises et à des artisans locaux. Cela ne fera pas monter les prix et cela ne provoquera pas de guerre entre des départements cherchant à attirer des entreprises locales.”
“C’est un amendement de repli. Proposé par la Fédération des entreprises des outre-mer (Fedom), il vise à rétablir la version du dispositif adoptée par le Sénat – donc applicable uniquement outre-mer.”
“Ils visent à rétablir une disposition adoptée au Sénat, tout en en étendant le champ de manière significative. À l’origine, il s’agissait de réserver une partie des marchés publics aux PME et artisans locaux, exclusivement outre-mer, pour des marchés supérieurs à 500 000 euros. Considérant que cette idée est pertinente, nous proposons d’étendre cette possibilité à tout le territoire national. L’amendement n o 1467 prévoit cette possibilité dès 100 000 euros de marché, tandis que l’amendement n o 1468 revient au seuil fixé par le Sénat, soit 500 000 euros.”
“D’une certaine manière, on ouvre ici les PPP à des sociétés dont le capital est mixte, c’est-à-dire en partie public, ce qui devrait vous satisfaire – je ne comprends donc pas très bien le sens de votre amendement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)”
“Ces partenariats peuvent s’avérer judicieux quand ils sont bien faits, bien négociés, quand les contrats sont solides et accompagnés de garanties. Ils peuvent parfois ne pas l’être, notamment quand des autorités locales investissent massivement sur une très longue durée : les loyers initiaux, versés pendant le mandat des élus qui ont contracté, sont assez faibles, mais peuvent augmenter de façon exponentielle quand arrivent leurs successeurs. Il est de la responsabilité des autorités publiques, en particulier des autorités locales, d’éviter ce genre de cadeaux empoisonnés. Nous ne parlons toutefois pas ici des partenariats public-privé en général, conclus avec des entreprises privées, mais des partenariats public-privé institutionnalisés (PPPI) , qu’il s’agit d’ouvrir aux sociétés d’économie mixte.”
“Le débat sur les partenariats public-privé ne doit pas être trop idéologique.”
“Dans le Vimeu, situé en grande partie dans ma circonscription, des industriels sont obligés de créer des postes pour produire du papier, loin de leur cœur de métier – ils préféreraient embaucher de la main-d’œuvre industrielle. Nous sommes absolument défavorables à la création de nouvelles obligations relatives à ces données extra-financières. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Alexandre Allegret-Pilot applaudit également.)”
“La directive CSRD est actuellement remise en cause au niveau de l’Union européenne – par la directive omnibus notamment. Alors qu’elle devait entrer en vigueur dès 2024, son application a été reportée. Elle fait peser des contraintes très lourdes sur les entreprises, qui doivent d’ailleurs répondre à d’autres obligations de publication de données extra-financières, comme celles qui découlent de la taxonomie ou du règlement SFDR – le règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers. La directive CSRD, en tout état de cause, fait peser à elle seule une charge administrative insupportable sur les entreprises.”
“Nous voterons contre l’ensemble de ces amendements. Recentrons le débat : ce n’est pas parce que des entreprises publieront des données extra-financières que la température mondiale baissera ! (Rires et applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.) Ces amendements concourent à fermer la porte des marchés publics à de nombreuses entreprises qui auraient manqué de publier un certain nombre de données extra-financières. Or environ deux entreprises sur trois ne publient pas les informations mentionnées par la directive CSRD – la directive relative à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises. Autrement dit, si vos amendements étaient adoptés, ces entreprises ne pourraient pas accéder aux marchés publics, ce qui désorganiserait totalement un secteur représentant 10 % de la richesse nationale.”
“Parce que ce taux de 15 %, si je me fie au texte, renvoie au montant total des lots des marchés concernés. Un lotissement assez important est donc nécessaire pour que les JEI puissent accéder à ces marchés – il faut qu’un des lots représente moins de 15 % du montant total. Or en rehaussant ce taux à 30 %, nous élargirions le dispositif, afin que certains marchés faiblement allotis n’en soient pas exclus. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)”
“Nous ne devrions pas transformer ce débat en un affrontement idéologique. Il n’est pas question d’être pour ou contre la start-up nation , dans le cas d’espèce. Nous parlons de PME de moins de huit ans qui investissent dans la recherche et développement. On peut d’ailleurs estimer qu’en huit ans, on est au-delà des fameuses deux premières années qui permettent d’éprouver la viabilité d’une entreprise. Nous cherchons à soutenir ces entreprises, non pas au moyen d’un cadeau fiscal ou une exonération sociale, mais en laissant la possibilité au pouvoir adjudicateur de privilégier une JEI. Il ne s’agit pas de l’y obliger mais de lui laisser la liberté de le faire ; ce n’est donc pas un cadeau accordé aux JEI. Pourquoi proposons-nous de réserver à ces dernières 30 % des marchés publics plutôt que 15 % ?”
“Par conséquent, du point de vue du droit de l’Union, l’introduction d’une préférence locale est moins grave que si l’amendement portait sur les marchés publics nécessitant une procédure formalisée. Enfin, dans les faits, dans la vraie vie, la préférence locale est déjà à l’œuvre, même si on y a recours sans le dire. Elle peut ainsi s’exprimer à travers certaines pratiques, à l’instar de celles qui prennent en compte le critère environnemental, ou encore, pour donner un exemple précis, lorsque les collectivités locales décident de limiter le nombre d’intermédiaires dans les marchés de restauration collective. Notre amendement invite simplement les acheteurs à faire ce choix – sans non plus les y obliger. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“N’y allons pas par quatre chemins : nous proposons d’introduire la préférence nationale, ou plutôt locale, pour les marchés de travaux passés sans mise en concurrence préalable ni publicité – inférieurs à 143 000 euros, donc, compte tenu de l’adoption de l’amendement précédent. Vous me répondrez sans doute que le droit de l’Union européenne interdit une telle disposition – ce que nous regrettons, d’ailleurs. Mais, d’abord, l’amendement, tel qu’il est rédigé, prévoit que les acheteurs « veillent à choisir » une entreprise « locale » – et non nationale. Ensuite, puisqu’il s’agit de marchés sans publicité ni mise en concurrence préalable, leur passation constitue déjà une entorse au principe de libre concurrence.”
“D’abord, quand Mme la ministre dit que notre amendement est contraire au droit de l’Union européenne, je pense qu’elle fait plutôt référence à l’amendement présenté hier, n o 1413, qui prévoyait que la plateforme ne puisse être gérée que par un opérateur français. Dans le présent amendement, l’entreprise doit être établie « au sein d’un État membre de l’Union européenne » ; je ne vois donc pas très bien en quoi ce serait contraire au droit européen ! Pour répondre ensuite au collègue Sitzenstuhl, c’est par voie de presse que j’ai obtenu cette information, et plus précisément dans La Lettre . Vous pouvez consulter l’article qui en fait état ! Ce que j’affirme est donc tiré d’une publication de presse ; ce n’est pas une information « Matthias Renault » ! (Sourires et applaudissements sur les bancs du groupe RN.)”
“Par conséquent, le présent amendement vise à ce que la plateforme Place soit désormais gérée par un prestataire français ou européen. C’est un amendement de repli par rapport à l’amendement n o 1413, que nous avions présenté hier et selon lequel le prestataire devait être français.”
“Nous avons déjà eu l’occasion, hier, d’évoquer le choix de l’entreprise canadienne CGI pour gérer la plateforme Place. Ce choix a suscité au sein de plusieurs groupes des interrogations liées notamment au risque qu’il peut impliquer en matière d’intelligence économique, en particulier sur des marchés relatifs à la défense. Par exemple, qu’en est-il de l’achat d’hélicoptères par l’armée de terre ? On nous a expliqué qu’aucune entreprise n’avait accès aux données de la plateforme dans leur intégralité, mais il y a tout de même certaines informations qui transitent dessus ! En l’espèce, le choix du prestataire canadien est d’autant plus étonnant que le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) n’a pas été saisi en amont.”
“Dois-je comprendre de ce raisonnement que la gauche a abandonné la défense du statut des fonctionnaires ? Les agences qui assurent les tâches dont nous prônons la réinternalisation emploient bien souvent des contractuels. Autrement dit, vous prenez parti pour l’emploi contractuel (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) , qu’il faudrait préserver contre l’affreux statut des fonctionnaires ! C’est étonnant. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”