Louis Boyard
LFI-NFP · France
“Si vous consultez les jeunes, ils vous diront qu’ils vont vivre toute leur vie avec les réseaux sociaux et qu’ils ont besoin d’outils, de conseils et de méthodes pour gérer ce téléphone qui occupe nos vies, quel que soit l’âge.”
“…pour capter notre attention et nous rendre accros à leurs contenus avec des algorithmes toujours plus puissants et addictifs. Dans quel but ? Regarder de la publicité ! Car là est le fond du problème : la pub.”
“Toute cette violence sociale – le niveau de précarité dans la jeunesse, les jeunes qui n’arrivent pas à vivre du smic, les étudiants qui galèrent pour trouver un stage ou une alternance sans lesquels ils ne valideront pas leur diplôme, les jeunes qui sont actuellement sur liste d’attente sur Parcoursup et qui sont terrorisés à l’idée d’êt…”
“La santé mentale des jeunes est en danger – pas seulement à cause des réseaux sociaux, mais aussi parce que vos solutions sont à côté de la plaque. Vous choisissez des solutions de façade, vous créez des barrières d’âge qu’on peut contourner en deux clics.”
“Le problème de la santé mentale des jeunes, c’est qu’ils ne sont pas consultés. J’avais proposé qu’il y ait un débat sur ce texte dans les lycées, suivi d’un vote : vous l’avez refusé. Si vous consultez les jeunes, ils vous demanderont l’égalité d’accès à l’université et aux soins, notamment en matière de santé mentale.”
“En revanche, pour financer de nouvelles répressions, il y a du monde ! Elles sont gratuites et n’exigent pas de taxer les géants du numérique. (Mêmes mouvements.) Cette loi n’est pas seulement hypocrite : elle est dangereuse. Vous savez que ces mesures sont inapplicables et qu’elles seront contournées.”
The complete record
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“Vous êtes hypocrites, vous êtes menteurs, vous êtes les fossoyeurs de la sécurité sociale ! (Mêmes mouvements.)”
“Madame la ministre, je vous demande de confirmer ce que je suis en train de dire. En vingt ans, 8 % des recettes de la sécurité sociale ont été transférées des cotisations patronales à la TVA, c’est-à-dire que vous avez fait au patronat des cadeaux payés par le peuple, par les plus précaires. (Mêmes mouvements.) Bilan : 75 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales qui ne produisent aucun résultat concret en matière d’emploi, 6 millions de personnes qui cherchent un emploi pour 300 000 à 500 000 postes disponibles. Du rapport Bozio-Wasmer, commandé par Mme Borne, il ressort que vos exonérations ne servent absolument à rien. On vous propose de supprimer des niches, vous répondez que c’est nous qui voulons des taxes !”
“Vous faites payer la France qui travaille afin de protéger les patrons, et c’est cela qui coule la sécurité sociale ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Dites-nous concrètement où vous voulez couper dans le budget des hôpitaux, dans les aides personnelles au logement (APL), que d’ailleurs vous ne dégelez pas ! Structurellement, la sécurité sociale a besoin de nouvelles recettes ; si vous ne mettez pas le capital à contribution, ce sont les travailleuses et les travailleurs qui devront payer – option que vous avez toujours retenue. Depuis 2003, la part de la TVA dans les recettes de la sécurité sociale a augmenté de 8 %, la part des cotisations patronales y a diminué d’autant.”
“Au Rassemblement national, vous vous montrez trop à l’aise dans ce débat : concernant ce PLFSS, vous n’avez aucun programme. Vous parlez beaucoup des Ehpad, mais le mot n’apparaît même pas dans votre contre-budget. Avant de dire quelque chose, essayez de construire un programme solide ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Quant au bloc central, j’entends toutes les critiques qu’il peut émettre au sujet de nos propositions, mais quelles contre-propositions fait-il ? (Exclamations sur quelques bancs des groupes EPR et DR.) Vous nous répétez qu’il faut diminuer les dépenses, mais il est évident que lorsque la population vieillit, les dépenses augmentent. Quand on voit quelle crise du logement nous vivons, et qu’elle va encore s’accentuer, les dépenses augmenteront de fait.”
“Je constate, chers collègues, que vous critiquez toutes les propositions de La France insoumise, même quand elles visent à supprimer une taxe en reprenant une recommandation de la Cour des comptes, mais j’aimerais entendre vos idées pour essayer de résorber ces déficits. Pour l’instant, aucune n’a été exprimée. Un jour, il faudra accepter ce que nous proposons. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je trouve très intéressant l’amendement présenté par M. Maudet et j’aurais aimé en avoir eu l’idée. J’ai entendu les explications de Mme la ministre, mais je rappelle que notre amendement s’appuie sur une recommandation émise en 2018 par la Cour des comptes, institution que le gouvernement est d’habitude prompt à citer. Je ne sais pas ce que nous aurions pu faire de plus pour tenter de faire des propositions consensuelles. Nous avons déposé de nombreux amendements à propos des déficits des Ehpad et des hôpitaux, dans le but de nourrir le débat. Nous avons expliqué que la hausse de leurs dépenses était inéluctable. En conséquence, tous ceux qui parlent de les réduire tiennent des propos anachroniques.”
“Le déficit des hôpitaux publics s’établit à environ 3 milliards d’euros. C’est un grave problème, à la fois pour l’immédiat et pour l’avenir car ils ont besoin de se moderniser pour faire face à la hausse de la demande de soins qu’entraînera le vieillissement de la population. Les évolutions de la société nous poussent d’ailleurs à nous opposer à la réduction des dépenses que la plupart d’entre vous demandent. Nous avons trouvé une solution : la suppression de la taxe sur les salaires versée par les hôpitaux. Elle leur permettrait de conserver 4 milliards d’euros dans leurs caisses, une somme suffisante pour combler leur déficit et pour engager leur nécessaire modernisation. Il s’agit d’une proposition de bon sens que j’espère consensuelle. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Sur les hauts salaires, c’est la même chose. Sur les hauts revenus, pareil. Vous ne pouvez pas systématiquement refuser les solutions que nous vous proposons pour régler un problème structurel ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Monsieur le rapporteur… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur.)”
“Il faut voir de quoi on parle. En France, 42 % des ménages ne sont pas propriétaires et 87 % des héritages de ceux qui le sont ne dépassent pas 100 000 euros. Pour financer la branche autonomie, l’amendement tend à créer une contribution d’un taux de 0,1 % sur l’actif net taxable pour toute succession et donation de plus de 120 000 euros. Je peux entendre vos arguments mais entendez les nôtres à votre tour, vous cesserez peut-être de vous opposer systématiquement à toutes les augmentations de cotisations que La France insoumise propose ! Sept Ehpad sur dix sont en déficit et la population vieillit : nous aurons donc besoin de nouvelles recettes pour la sécurité sociale ! Nous vous en proposons une, vous n’êtes pas d’accord. Soit. Mais quand on propose des recettes sur le capital, c’est encore non.”
“Cela signifie qu’une grande partie des exonérations de cotisations patronales ont été financées soit par la TVA, soit par la CSG. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) C’est pourquoi, monsieur le rapporteur, je ne peux pas être d’accord avec vous lorsque vous affirmez que la CSG n’a pas été conçue pour être progressive. À l’Assemblée nationale, nous sommes là pour rendre les impôts plus justes. Comme l’impôt sur le revenu, la CSG doit être répartie en quatorze tranches, selon les niveaux de revenus, afin de garantir une véritable justice fiscale. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Observez son évolution dans la part des recettes de la sécurité sociale : depuis 2003, la part des cotisations patronales dans le financement de la sécurité sociale a baissé de 8 points, tandis que la part de la CSG a augmenté de 8 points.”
“Je voudrais profiter de cet amendement qui me rappelle un programme sur lequel vous vous êtes engagés en 2024, pour répondre au rapporteur que la CSG est un impôt injuste.”
“Je m’étais préparé à ce que Wauquiez dise une bêtise. (Protestations sur les bancs du groupe DR.)”
“Pour notre part, nous vous proposons d’augmenter de 1,4 point la CSG sur les revenus du capital. Même ça, c’est trop pour vous ? Quelle autre solution avez-vous à nous proposer ? Depuis des années, vous aggravez les problèmes : vous gavez le capital au détriment des travailleurs et de la sécurité sociale. Je regarde les macronistes, mais je n’en attends plus rien. Je me tourne à présent vers les députés du groupe Rassemblement national (Plusieurs députés du groupe RN saluent de la main) et je leur dis : en votant constamment avec les macronistes sur ces questions, vous prouvez que vous êtes le macronisme en pire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Une fois n’est pas coutume, je vais vous demander de traverser la rue ! Traversez la rue, voyez les gens qui dorment dehors et demandez-vous si le montant des APL est à la hauteur de la crise du logement ! Traversez la rue, allez à l’hôpital et constatez par vous-même comme le personnel se barre ! Traversez la rue, rendez-vous dans une crèche et observez si les financements de la sécurité sociale en faveur des tout-petits sont à la hauteur ! (Exclamations prolongées sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.) J’entends que vous vous indignez, mais, contrairement à vous, je ne suis pas souvent invité dans les réunions organisées par les entreprises du CAC40 – le grand capital, lui, se porte très bien ! Comment comptez-vous régler tous ces problèmes ? Pour le moment, vous proposez une hausse de la taxation sur les apprentis.”
“La vérité, c’est que vous n’avez pas de programme pour la sécurité sociale. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous êtes contre l’augmentation des cotisations sur les revenus supérieurs à 4 000 ou à 8 000 euros. Vous dénoncez les baisses de moyens de la sécurité sociale sans avoir de programme, je le répète ! Vous n’avez pas plus d’idéologie, si ce n’est celle du patronat, qui vous chuchote à l’oreille et vous pousse à défendre uniquement ses intérêts – au détriment de ceux des Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Les exonérations de cotisations sociales font l’objet d’une littérature abondante : plusieurs rapports ont été publiés, et beaucoup soulignent que ces exonérations ne permettent pas de remplir les caisses. Cela dit, elles nous offrent tout de même l’occasion d’un débat de fond avec le Rassemblement national, afin qu’il nous explique ses positions à l’occasion de ce vote. Je suis très curieux de les connaître car j’ai consulté votre contre-budget, et je n’y trouve pas certains mots – « médecin » ou « hôpital », par exemple. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous parlez de démographie médicale, mais vous proposez de baisser de 500 millions d’euros le budget de l’enseignement supérieur !”
“Heureusement que La France insoumise est là pour rappeler que ce n’est pas aux plus précaires de payer et que ce n’est pas la TVA, mais une hausse de la taxation des hauts revenus qui doit financer la sécurité sociale ! Heureusement que les plus précaires peuvent compter sur elle : on ne peut pas en dire autant du Rassemblement national ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Vous creusez le déficit en le faisant payer aux plus précaires et c’est le Rassemblement national qui tient la pelle !”
“Vous passez votre temps à dire que les Français sont les plus taxés au monde, mais ce n’est vrai que pour les plus pauvres ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Depuis 2003, les recettes de la sécurité sociale financées par la TVA ont crû de 8 % et celles financées par les cotisations patronales ont diminué de 8 % ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Le Rassemblement national dit que notre programme, c’est de taxer, mais lui, il n’a pas de programme ! (« Oh ! » sur les bancs du groupe Rassemblement national.) L’amendement concerne des personnes qui touchent 4 000 euros par mois. En deçà de ce niveau de revenu, le taux de cotisation est de 18 %, mais au-delà, il est de 2,42 %.”
“Et concernant ma question sur les APL, vous savez quelque chose, vous, au PS ?”
“Le premier ministre est revenu sur ce dégel, mais il y a quelque chose de piégeux dans ses propos : il se trouve que les APL, qui sont gérées par les caisses d’allocations familiales (CAF), ne relèvent pas du PLFSS. Je vous pose de nouveau la question, madame la ministre : y aura-t-il, oui ou non, un dégel des APL ?”
“Madame la ministre de l’action et des comptes publics, la manière dont se sont déroulés les débats sur la première partie nous porte à croire plus fermement encore que vous finirez par légiférer par ordonnance. Nous abordons la partie relative aux recettes, et je me pose des questions sur ce qui figurera in fine dans ces ordonnances. À cet égard, vous n’avez pas répondu à la question que je vous ai posée à propos du dégel des prestations sociales.”
“Comment vont-ils régler leur problème de déficit ? Comment vont-ils affronter le vieillissement de la population ? Les kinés, eux aussi, sont pénalisés ; les marges des pharmaciens sont rognées par les labos et les transports sanitaires subissent une baisse des tarifs. Alors oui, vous les applaudissiez pendant le covid, mais dès lors qu’il s’agit de voter, vous n’applaudissez plus que la baisse des moyens qui leur sont consacrés ! Nous appelons à supprimer cet article comme nous appellerons à augmenter tous les moyens dédiés à la santé en France. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“On le sait déjà : cet amendement va être rejeté et vous allez applaudir, comme vous avez applaudi les soignants pendant la période du covid. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) L’Ondam pour 2025 se retrouve affecté d’une baisse de 100 millions d’euros et ce sont les hôpitaux qui sont touchés, alors que leur déficit s’élève à 3 milliards. Mais avec un tel Ondam, comment vont-ils réussir à régler leur problème de déficit ? Comment vont-ils mener à bien leur modernisation ? Comment vont-ils affronter le vieillissement de la population ? Quant aux Ehpad et aux établissements accueillant des personnes en situation de handicap, ils subissent de leur côté une coupe de 241 millions, alors que sept Ehpad sur dix sont en déficit : comment vont-ils mener à bien leur modernisation ?”
“J’aimerais des précisions sur des déclarations faites à propos du PLFSS. Olivier Faure a indiqué que le gouvernement soutiendrait une augmentation de 1 milliard d’euros de l’Ondam et lJérôme Guedj a annoncé une augmentation de la CSG sur les revenus du capital. Sauf erreur de ma part, il n’y a pas eu de remaniement la nuit dernière. Pourtant, ces annonces ont été faites au nom du gouvernement, dont j’aimerais connaître la position sur ces deux sujets. Où en sont vos négociations avec le Parti socialiste ? L’Assemblée nationale est-elle encore décisionnaire ? (Exclamations sur les bancs du groupe SOC.) J’ai une dernière question. Vous avez annoncé le dégel des prestations sociales. Cela concerne-t-il aussi les APL, qui relèvent du projet de loi de finances (PLF) ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Cela doit se faire devant le peuple, pas dans les couloirs !”
“Vous n’êtes plus républicains ! Vous êtes vendus aux fachos !”
“C’est en agissant ainsi et en créant des emplois que l’argent rentrera dans les caisses et que vous pourrez payer non seulement la dette écologique, mais aussi la dette de l’État. Il faut adopter une logique inverse de la vôtre, celle du capitalisme, car c’est un système qui ne tiendra pas. Vous imaginez plus facilement la fin du monde que la fin du capitalisme. Avec cet amendement, nous venons vous montrer qu’un autre monde est possible. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Quelques exemples : 20 % de l’eau qui circule dans nos canalisations est perdue ; nous ne parvenons pas à atteindre l’objectif annuel de réduction de 5 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) – nous sommes à moins d’1 % de réduction ; Vencorex ou Arcelor Mittal, fleurons de l’industrie nationale, ont été rachetés par des Chinois et par des Indiens, précisément parce que l’État n’était pas là pour faire le boulot. Si nous vous proposons de maintenir cette contribution exceptionnelle, c’est parce qu’on a besoin que l’État prenne les choses en main, qu’il crée de l’emploi pour rénover les canalisations, pour continuer à produire de l’acier, pour favoriser la rénovation thermique des bâtiments.”
“J’appuie également le maintien de la contribution exceptionnelle des grandes entreprises redevable de l’impôt sur les sociétés (IS). Vous passez votre temps à invoquer les générations futures. C’est en leur nom, parce qu’il faudrait rembourser la dette, que vous baissez de 500 millions le budget de l’école, que vous taxez les apprentis, que vous gelez les aides personnalisées au logement (APL) et que l’on n’avance pas sur l’écologie. Pour vous, seule la dette financière compte ! Mais qu’en est-il de la dette écologique ? Pour y faire face, il est nécessaire que l’État prenne les choses en main.”
“Au vu des positions de certains députés du Rassemblement national, j’invite sincèrement le bloc central à faire très attention à ne pas reprendre leur rhétorique. « Réarmement démographique » est un terme dangereux qu’il ne faut pas utiliser. Ne tombez pas dans le piège de l’extrême droite ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Édouard Bénard applaudit également.)”
“Je vous le redis : quand vous mettez le doigt dans les politiques natalistes, vous vous enferrez dans les ornières des Trump et des Orbán qui, au nom de la natalité, réduisent les droits des femmes, à commencer par le droit à l’avortement ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Protestations sur quelques bancs du groupe DR.)”
“L’extrême droite citera la Hongrie mais j’aimerais rappeler toutes les politiques anti-avortement que le gouvernement de ce pays mène au motif qu’il veut défendre la natalité. J’aimerais aussi vous parler de Donald Trump, qui se dit président des naissances et réprime l’avortement au motif qu’il veut défendre la natalité. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Aucune politique nataliste n’a fait ses preuves. Cela s’explique par le moment que nous vivons – la mission d’information en cours sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité en France se penche sur cette question.”
“Il s’agit donc d’un phénomène mondial et c’est la première fois dans l’histoire de l’espèce que cela se produit, parce que l’indice conjoncturel de fécondité global est structurellement inférieur à 2 enfants par femme. Je voudrais poser une question à tous les chantres de la natalité : pouvez-vous me donner un exemple de politique nataliste qui aurait fonctionné ?”
“Nous avons à nouveau, comme c’est plus ou moins le cas chaque année, un débat sur la natalité. À cette occasion, j’aimerais dire que l’indice conjoncturel de fécondité de la France s’élève à 1,6 enfant par femme : c’est le plus élevé en Europe. Par ailleurs – cela apparaîtra peut-être comme un détail –, comme l’indique l’ONU, en 2080, c’est l’humanité qui entrera en récession démographique. (Protestations sur quelques bancs des groupes RN, DR et UDR.)”
“Si je ne me trompe pas, la TVA est de 5,5 % sur une pompe à chaleur air-eau, quand elle est de 20 % sur une pompe air-air. Une pompe air-air étant réversible, certains professionnels du secteur affirment qu’une telle différence n’a pas de sens et c’est la raison de cet amendement. Si nous pouvons comprendre votre argumentation relativement au texte de la loi, nous aimerions tout de même connaître la position du gouvernement sur le fond. Il est bien beau de dire que ce sont les sénateurs qui décideront mais nous savons très bien comment les choses se passent avec vous : à la fin, ce n’est pas le Parlement qui décidera.”
“Mais on ne fait pas des enfants pour obtenir des avantages fiscaux ! Et les corps des femmes ne sont pas des outils destinés à favoriser la croissance ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS. – Mme Anna Pic applaudit également.)”
“…qui dit être le grand président des naissances, ou de Viktor Orbán, qui mène des politiques pseudo-natalistes en réduisant les droits des femmes.”
“Dès lors, c’est toute votre logique qui va s’effondrer. C’est pourquoi nous vous appelons à socialiser les communs (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) , en vous démontrant point par point en quoi votre politique n’a pas d’avenir ! J’en termine. L’extrême droite revendique la création d’un ministère de la natalité tandis que le bloc central parle de réarmement démographique ; ce sont des mots que l’on entend dans les bouches de Donald Trump,…”
“Observez cela du point de vue anthropologique : c’est la première fois, dans l’histoire de l’espèce humaine, que nous allons entrer en récession démographique, et c’est un phénomène mondial. Vous allez contre le sens de l’histoire et nous savons très bien pourquoi. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et DR.) Se fait jour, en effet, une équation difficile à résoudre pour vous : comment continuer à produire de la croissance économique quand le nombre de producteurs et de consommateurs se réduit ?”
“Cet indicateur est de 1,1 en Espagne, de 1,2 en Italie, de 1,6 aux États-Unis et en Chine – même si ce dernier cas est un peu différent. Je vous invite à lire les rapports publiés par l’ONU en 2020, 2022 et 2024, ainsi que la très bonne étude que The Lancet a consacrée au sujet : en 2080, la population va entrer en récession à l’échelle de l’humanité.”
“Premièrement, pour ce qui est des besoins, sachez que nous allons bientôt examiner la taxe Zucman ; il y a là 10 à 15 milliards d’euros à mettre dans les poches de l’État ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Dès lors, s’agissant des dépenses, je ne me fais pas de souci. En revanche, je veux exprimer mon opposition à une logique qui a tendance à prospérer tant dans le bloc central qu’à l’extrême droite et qui a trait à la quête de natalité. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe RN.) Vous allez contre le sens de l’histoire ! Vous ne pouvez pas penser la question de la natalité et considérer l’indicateur conjoncturel de fécondité français, qui s’établit à environ 1,6 enfant par femme – cela fait d’ailleurs trente ans qu’il est en baisse –, sans regarder ce qui se passe autour de nous.”
“Je résume mon propos : pour vous, il y a deux types de citoyens – les héritiers et les autres –, vous menez une politique de classe et le Rassemblement national est à vos côtés dans ce combat. Nous voterons donc l’article 1 er , mais en étant fidèles à la philosophie républicaine qui professe qu’il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et l’eau potable pour tous. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“» sur les bancs du groupe RN), qui se plaint à longueur de journée de l’instauration de taxes pour les apprentis ou du gel des APL mais qui disparaît dès lors qu’il s’agit de voter l’impôt sur la fortune ou la taxe Zucman.”
“On pense aussi à Juliette, une lycéenne qui verra les crédits de la mission Enseignement scolaire baisser de 500 millions d’euros. C’est dommage, car elle ne peut pas s’offrir un professeur particulier, contrairement au petit héritier Bernard Arnault, pour qui vous divisez par deux la surtaxe sur les sociétés. Je parle des jeunes parce que nous avons trop peu l’occasion de le faire, mais la question n’est pas celle de l’âge. Il s’agit d’une affaire de classe sociale, car vous menez une politique de classe (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP), en gavant une oligarchie d’exonérations d’impôt et en laissant le peuple galérer avec l’inflation. J’aimerais aussi pointer du doigt l’attitude du Rassemblement national (« Ah !”
“Nous allons voter l’article 1 er car il permet de lever l’impôt, mais j’aimerais nuancer notre position. Dans notre pays, il y a deux types de citoyens : les héritiers et les autres. Parmi les autres, on trouve par exemple Lilian, un apprenti qui, à cause de votre budget, devra vivre avec 756 euros par mois après avoir payé 188 euros de cotisations, et dont la situation est à comparer à celle de Rodolphe Saadé, pour qui vous avez supprimé la taxe CGM. On y trouve aussi Zahia, une étudiante qui vit avec 800 euros par mois et en perdra 30 parce que vous avez gelé les aides personnelles au logement (APL). En face, pour Vincent Bolloré, vous avez supprimé un tiers de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), ce qui est tout de même plus sympathique.”
“Et les travailleurs ? Beau représentant du patronat !”