Louis Boyard
LFI-NFP · France
“Si vous consultez les jeunes, ils vous diront qu’ils vont vivre toute leur vie avec les réseaux sociaux et qu’ils ont besoin d’outils, de conseils et de méthodes pour gérer ce téléphone qui occupe nos vies, quel que soit l’âge.”
“…pour capter notre attention et nous rendre accros à leurs contenus avec des algorithmes toujours plus puissants et addictifs. Dans quel but ? Regarder de la publicité ! Car là est le fond du problème : la pub.”
“Toute cette violence sociale – le niveau de précarité dans la jeunesse, les jeunes qui n’arrivent pas à vivre du smic, les étudiants qui galèrent pour trouver un stage ou une alternance sans lesquels ils ne valideront pas leur diplôme, les jeunes qui sont actuellement sur liste d’attente sur Parcoursup et qui sont terrorisés à l’idée d’êt…”
“La santé mentale des jeunes est en danger – pas seulement à cause des réseaux sociaux, mais aussi parce que vos solutions sont à côté de la plaque. Vous choisissez des solutions de façade, vous créez des barrières d’âge qu’on peut contourner en deux clics.”
“Le problème de la santé mentale des jeunes, c’est qu’ils ne sont pas consultés. J’avais proposé qu’il y ait un débat sur ce texte dans les lycées, suivi d’un vote : vous l’avez refusé. Si vous consultez les jeunes, ils vous demanderont l’égalité d’accès à l’université et aux soins, notamment en matière de santé mentale.”
“En revanche, pour financer de nouvelles répressions, il y a du monde ! Elles sont gratuites et n’exigent pas de taxer les géants du numérique. (Mêmes mouvements.) Cette loi n’est pas seulement hypocrite : elle est dangereuse. Vous savez que ces mesures sont inapplicables et qu’elles seront contournées.”
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“Monsieur le ministre de l’intérieur, je ne reconnais pas la France dans tout ce que vous faites ces derniers temps. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) La France n’espionne pas ses parlementaires, ne les met pas en garde à vue pour des opinions.”
“Si la réponse ne nous plaît pas, on censurera !”
“Vous faites de la rétention d’information !”
“Qui croit encore aux promesses des macronistes ?”
“Madame la présidente, c’est de l’obstruction manifeste !”
“De bout en bout, nous nous sommes battus pour faire en sorte que cette proposition de loi fonctionne. Finalement, nous n’aurons qu’un texte qui renforcera la répression contre les free parties . (M. Sylvain Berrios s’exclame.) Ayez un instant de lucidité, chers collègues : faites en sorte que le titre reflète la véritable nature de cette proposition de loi, à savoir un texte visant à pénaliser les free parties . (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous retiendrons votre haine de la jeunesse et votre mépris de la culture ; vous n’étiez probablement pas invités aux soirées quand vous étiez jeunes, ce qui explique votre mépris à l’égard de cette partie de la population, ainsi que votre inculture et votre incompétence sur le sujet.”
“Mais non, il a fallu que vous nous rameniez votre grande culture pour produire des textes qui ne feront qu’empirer la situation. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.)”
“Finalement, nous n’avons toujours pas compris si la ligne du gouvernement était d’autoriser ou d’interdire les free parties . Néanmoins, comme nous connaissons le sujet, nous savons que vous les interdirez. Résultat : votre politique culturelle est nulle, votre politique de lutte contre la précarité de la jeunesse a conduit à une explosion du nombre de jeunes sous le seuil de pauvreté, et les jeunes ne peuvent pas sortir en soirée. Bravo ! Quel beau bilan de la politique macroniste ! Vous auriez pu regarder un peu plus loin. Comme vous avez quelques accointances avec l’extrême droite – vous avez l’air de beaucoup l’aimer et, de toute façon, plus un seul de vos textes ne passe sans son appui –, vous auriez pu regarder ce qui se passe en Italie et vous rendre compte que les politiques répressives n’ont pas fonctionné ; idem au Royaume-Uni.”
“Nous arrivons au terme d’un débat qui est totalement éloigné de la réalité des Françaises et des Français. Quand vous sortirez de l’hémicycle, peut-être verrez-vous que des gens dorment dans la rue et que l’essence est trop chère – voilà les préoccupations des Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Dans le cadre de vos débats qui ne servent à rien, vous avez choisi d’inscrire à l’ordre du jour un texte qui, selon vous, allait empêcher les soirées illégales tout en préservant les soirées légales. Ensuite, nous avons assisté à un échange étrange entre Mme la rapporteure, qui lisait ses fiches, et Mme la ministre – enchanté de faire votre connaissance ! –, qui tenait des propos en contradiction totale avec les propos de la première.”
“Votez pour l’amendement n o 36, afin que les libertés de réunion et de rassemblement soient inscrites dans cette charte, et que l’interdiction soit l’exception et non la règle. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous ferons des listes. Croyez-moi, vous êtes déjà tous marqués en rouge car vous avez déjà démontré votre hypocrisie sur d’autres textes. Peut-être pourrez-vous évoluer vers une teinte un peu plus rosée ? C’est en tout cas ce que nous souhaitons.”
“À ce titre, l’interdiction d’un rassemblement ne saurait être justifiée par le seul manque de moyens de la puissance publique pour assurer l’ordre public. » Si vous votez pour cet amendement, tout ce que nous vous disons depuis le début pourra devenir effectif : on pourra mettre en place un encadrement, faire de la prévention et faire en sorte que tout se passe bien. C’est maintenant le moment de vérité : votre objectif est-il seulement d’interdire les free parties au profit des seules soirées privées ? Je connais une bande d’affreux capitalistes dans cet hémicycle qui sont prêts à l’assumer, mais j’espère qu’ils sont minoritaires. Si vous voulez vraiment défendre la liberté de rassemblement et l’encadrement, votez pour cet amendement ! Nous regarderons bien les votes pour évaluer la position, plus ou moins hypocrite, de chacun.”
“Nous sommes à un moment de vérité. Nous avons démontré à plusieurs reprises que l’objectif de ce texte était d’interdire toutes les free parties , même celles qui respectent le cadre administratif que vous préconisez. Nous avons démontré que votre objectif était de faire en sorte que seules les soirées privées – c’est-à-dire les soirées lucratives – soient accessibles à la jeunesse. Si vous pensez que ce n’est pas le cas, alors vous pouvez voter pour cet amendement. Nous proposons en effet que dans la charte prévue à l’article 3 soient inscrits les termes suivants : « La charte rappelle que la liberté de réunion et la liberté de rassemblement artistique sont des libertés fondamentales. Elle rappelle que la puissance publique est tenue d’assurer l’exercice effectif et que l’interdiction ne saurait être que l’exception.”
“Mais cela se saurait si vous connaissiez vos dossiers quand il s’agit de la jeunesse ! En tout cas, ne vous inquiétez pas : dans un an, il y aura une élection présidentielle et nous abrogerons tout cela. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe HOR.)”
“Il ne restera que les soirées privées, et seuls vos enfants auront le droit de faire la fête. C’est cela, la politique macroniste ! (Exclamations sur les bancs des groupes EPR et HOR.) Pouvons-nous obtenir des réponses sur les exemples anglais ou italiens, sur les procédures administratives et sur l’encadrement ? Ou alors, admettez que vous n’y connaissez rien et qu’il s’agit d’un texte de classe qui ne vise à défendre qu’une certaine idée de la jeunesse, qui consiste à dire : Sois jeune et tais-toi, et si tu veux faire la fête, paie ! (Mêmes mouvements.) Je me réjouis que, pour une fois, il y ait une forme d’harmonie entre le gouvernement et Mme la rapporteure. Il est simplement dommage que ce soit sur un amendement rédactionnel et non sur le cœur du texte.”
“Alors que nous allions aborder ce qui constitue le cœur même de ce texte, à savoir la vérification du respect des procédures administratives, Mme la rapporteure nous dit que ces personnalités juridiques n’existent pas, tandis que Mme la ministre nous répond de ne pas nous inquiéter, parce que notre proposition est satisfaite. (Exclamations sur les bancs des groupes EPR et HOR.) On ne comprend pas la position du gouvernement ; c’est une forme de « en même temps » macroniste qui ne nous dit pas comment les choses vont fonctionner. Je vais vous dire, moi, ce qui va se passer : les soirées gratuites seront toutes interdites.”
“Vous avez retiré des amendements alors qu’ils faisaient l’objet de sous-amendements de fond. D’autre part, pour la première fois, Mme la rapporteure et Mme la ministre sont d’accord.”
“Je vois que vous êtes contre tout et que vous refusez le débat.”
“Nous proposons donc d’ajouter ces quelques mots afin de préciser le périmètre. Comme on sait que ces ministres ne sont jamais sollicités dès qu’il s’agit des jeunes, je terminerai par ceci : vous passez votre temps à dire que les jeunes doivent s’engager, mais dès qu’ils le font dans un cadre qui n’est pas conforme à votre vision lucrative, vous les réprimez. Vous les matraquez, comme à la sortie des universités, vous les mettez à genoux, mains sur la tête, comme à Mantes-la-Jolie. Vous proposez même de les mettre en prison s’ils sont DJ. Regrettable vision de la jeunesse ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je pose la question, parce que cela devient suspect. (Exclamations sur les bancs des groupes EPR et HOR.)”
“Dans les débats, à chaque fois que vous abordez ces politiques, ce n’est jamais en relation avec les ministères de la culture, de la jeunesse ou de l’éducation. Pourtant, si vous voulez vraiment faire en sorte qu’un public jeune ait des pratiques conformes au cadre administratif, il faut impliquer ces ministères. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Cela démontre votre vision de la jeunesse : vous ne l’abordez que sous l’angle répressif. J’irai même plus loin : vous ne la regardez que sous l’angle lucratif. Avec ce texte, en interdisant les free parties – ces soirées gratuites qui peuvent pourtant respecter le cadre administratif en vigueur –, vous ne laissez la place qu’aux soirées privées. Votre acharnement à défendre ce secteur nous interroge : y aurait-il des intérêts cachés derrière ce texte ?”
“Nous connaissons déjà le sort qui sera réservé à ce sous-amendement, et cela met à nu la démarche du gouvernement : tout est écrit à l’avance, les débats ne comptent pas et aucune des politiques alternatives proposées par le groupe La France insoumise ne sera acceptée. Nous avons proposé un amendement rédactionnel qui visait à relever le seuil de 250 à 1 000 participants. Ce n’était pas déraisonnable ; il s’agissait simplement d’agir sur la taille des soirées organisées – car tel est bien l’effet de bord de cette proposition de loi. Malheureusement, il n’a pas été adopté. C’est pourquoi nous proposons un sous-amendement rédactionnel, qui vise à ajouter les mots « en charge de » après le mot « ministre » – quelle extravagance, n’est-ce pas ? Ce qui est intéressant, c’est que cela vise le ministre de la jeunesse.”
“Elle a donné son avis sur l’amendement alors que nous n’avons pas présenté notre sous-amendement !”
“– Exclamations sur les bancs du groupe HOR.) Deuxièmement, puisque vous assumez de dire que vous allez empêcher les soirées gratuites, reconnaissez aussi que vous autorisez uniquement les soirées privées et que vous protégez la jeunesse bourgeoise. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous, nous sommes capables d’aller voir les riverains qui se plaindraient du bruit entendu pendant la nuit et de leur dire : il y a du bruit parce que les démagogiques députés macronistes et ceux du Rassemblement national ont fait une loi interdisant les rave-parties, que les gouvernements qu’ils soutiennent refusent les demandes d’autorisations administratives pour les rave-parties et que lorsque nous avons déposé des amendements pour que ces soirées soient organisées dans des milieux encadrés afin de ne pas vous déranger, ils s’y sont opposés. Si vous défendez la République, si vous défendez tout le monde, alors vous défendrez la position de La France insoumise. Quand on est député, on garantit l’intérêt général, on ne fait pas des choix. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.”
“La réponse est positive ! Si vous dites le contraire, c’est que vous ne connaissez pas la jeunesse rurale. D’autre part, vous vous interrogez souvent sur les raisons pour lesquelles les jeunes quittent le milieu rural – mais comment s’en étonner si vous interdisez les événements culturels et imposez des amendes de plusieurs millions d’euros à ceux qui font des fêtes ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Dans ces conditions, comment s’étonner que les jeunes ne trouvent pas de dynamisme dans le milieu rural ? Il est intéressant de constater que vous ne défendez pas la République – parce que défendre la République, c’est défendre l’intérêt général et parler à tout le monde, aux jeunes comme aux riverains.”
“Monsieur Turquois, j’ai trouvé votre intervention particulièrement révélatrice. Premièrement, à ma question sur le ressenti des jeunes qui, prenant de leur temps, décident de s’engager pour organiser des moments culturels, vous me répondez en vous interrogeant sur ce que ressentiront les autres. Cela signifie à demi-mot que vous admettez avoir fait un choix dans cette histoire : vous ne défendrez pas les jeunes, ce n’est pas votre sujet ; vous préférez défendre les autres. Nous, nous sommes fiers de défendre les jeunes ! Il y a autre chose à dire : si vous pensez que les rave-parties n’existent que dans le milieu rural, c’est que vous n’y connaissez rien ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Et si vous pensez que le milieu rural n’aime pas les rave-parties, demandez-vous si la jeunesse rurale les fréquente.”
“Dès lors, il paraît de bon sens d’adopter un amendement visant à ce que l’administration donne une réponse favorable aux jeunes qui veulent s’engager, organiser un événement et le faire encadrer. À défaut, la seule issue que vous leur laisseriez serait de continuer à organiser des free parties illégales et, finalement, d’aller en prison parce que vous aurez voté une peine de six mois d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende pour un DJ qui participe à une free party ou pour une personne qui fait un post Instagram pour inviter à une free party. C’est démesuré ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Antoine Léaument s’esclaffe.) Y organiser des free parties présenterait plus d’utilité que ce que vous en faites actuellement. Sincèrement, vous ne pouvez pas aborder ce débat sans vous interroger sur la situation de ces jeunes qui, alors qu’ils ont pris de leur temps pour essayer d’organiser, en respectant la loi, des moments culturels et artistiques, des moments gratuits de solidarité, se retrouvent face au mur de l’administration, qui, par démagogie, refuse son autorisation afin que les seuls événements qui existent soient des événements privés, beaucoup trop chers pour la jeunesse. Nous vous avons interrogés mille fois sur le sujet ; le gouvernement a répondu et ce qu’il met en place semble déconnecté de ce que vous nous dites.”
“Vous êtes-vous une seule fois interrogés sur la manière dont les gens qui organisent des free parties peuvent percevoir nos débats ? Premièrement, vous donnez de ces événements, qui se passent bien et au sein desquels la protection civile est souvent présente, une image très éloignée de la réalité. Deuxièmement, aux personnes qui vont voir les services administratifs pour demander à organiser une free party dans le respect de la loi, le gouvernement répond : « Non, vous n’aurez rien ». Cet amendement vise seulement à faire en sorte que lorsque des gens viennent trouver l’administration pour organiser un événement dans un cadre légal, le préfet propose un lieu pour ce faire. De tels lieux sont nombreux dans notre pays : le local d’Horizons, les bancs du groupe DR et nombre d’autres endroits vides… (M.”
“Nous savons déjà que, de toute façon, cette jeunesse-là vote pour ses intérêts de classe. Heureusement, croyez-moi, la jeunesse populaire et la jeunesse rurale, qui votent pour les free parties , sauront que le camp de la liberté, de l’égalité, de la fraternité est de ce côté-ci de l’hémicycle. Votez pour l’amendement n o 34 – qui est, je le rappelle, rédactionnel !”
“L’un d’entre vous est-il capable de prendre le micro et d’expliquer que tout ce que nous vous racontons depuis des heures est fondé et que, dès lors, ce texte n’a pas lieu d’être ? Si tel n’est pas le cas, c’est que vous faites seulement un petit coup médiatique pour essayer de vous rendre intéressants et de faire parler de vous avant l’élection présidentielle. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe HOR.) Vous allez priver la jeunesse de soirées, sauf la jeunesse petite-bourgeoise qui peut se payer des soirées à 50, 60 ou 70 euros.”
“L’amendement n o 34 est un amendement de coconstruction et de consensus, qui vise à porter le seuil en question de 250 à 1 000 personnes. En effet, l’objectif de votre texte est d’organiser des gigasoirées, puisque le seul effet du renforcement pénal qu’il prévoit sera l’augmentation de la taille des free parties . En fixant le seuil à 1 000 participants, nous rendrons votre texte applicable ! Au fond, c’est un amendement presque rédactionnel. Vous ne nous répondez pas. Vous avez l’air d’être partisans de l’organisation de gigasoirées totalement illégales rassemblant plus de 1 000 personnes, dans lesquelles on sera incapable de verbaliser les gens, puisque c’est là le seul effet qu’aura votre loi. À moins que vous ne soyez à même de nous fournir un autre exemple ?”
“Chaque fois que nous présentons une motion de rejet, vous nous servez le même grand discours : « Vous fuyez le débat, vous n’aimez pas le débat ! » D’ailleurs, vous lisez toujours la même fiche, il faudra penser à en changer. Or vous venez de retirer vos amendements, alors que nous avions déposé des sous-amendements qui nous permettaient de débattre. Pourquoi avez-vous fait cela ? Fuiriez-vous le débat ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) D’autre part, vous n’avez toujours pas répondu aux arguments que nous avons avancés lorsque nous avons pris l’exemple du Royaume-Uni et de l’Italie : ces deux pays ont fait de la surenchère pénale en la matière, ce qui a eu pour seul effet une augmentation de la taille des free parties . De même, ce texte n’aura qu’une conséquence : la taille des free parties augmentera.”
“Vous n’aimez pas le débat ! Vous fuyez le débat !”
“Troisièmement, si vous ne voulez pas écouter nos arguments – vos mesures n’empêcheront pas le phénomène, comme le montrent les comparaisons internationales –, si votre intention est qu’il n’y ait plus de free parties , puisque vous les empêchez même lorsque la bonne procédure administrative est engagée, une question se pose : pourquoi donc avez-vous proposé ce texte ? Pour ma part, j’y vois deux raisons – et j’attends que vous me contredisiez. La première, c’est que vous voulez tout privatiser : vous voulez empêcher les jeunes d’avoir accès à des fêtes gratuites. La deuxième raison, c’est que vous avez une approche réactionnaire des free parties . Un collègue du groupe Horizons nous a dit qu’il avait été punk et qu’il avait participé à quelques fêtes.”
“Deuxièmement, parce que nous sommes dans une démarche de coconstruction, nous avons proposé un amendement qui visait à rendre obligatoire une médiation, dès lors que le gouvernement empêche la tenue des free parties même quand les procédures administratives sont suivies. Le gouvernement dit tantôt qu’il fait nuit, tantôt qu’il fait jour – c’est plutôt le crépuscule, vu l’état de votre famille politique ! Quoi qu’il en soit, nous avons fait une proposition, et nous aimerions connaître la ligne du gouvernement.”
“Nos débats sur ce texte sont intéressants. Pour notre part, nous l’avons abordé dans une démarche de coconstruction. M. Bazin nous accuse de faire de l’obstruction, mais ce n’est pas ce que nous sommes en train de faire. L’obstruction, c’est ce que vous avez fait pendant notre niche au moment où nous avons proposé d’abroger la réforme des retraites. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous présentons une série d’arguments étayés. D’abord, nous établissons des comparaisons internationales. L’Italie et le Royaume-Uni ont pris des dispositions plus répressives encore que celles-ci, et l’on constate que, loin de faire reculer le phénomène, elles l’ont amplifié : les free parties sont devenues plus grosses. Pourriez-vous au moins répondre à cet argument ?”
“Cet amendement rejoint l’esprit de ce que vous défendez lorsque nous vous portons contradiction. Les propos de la rapporteure sont contredits par ceux de la ministre. Où est la vérité ? Nous légiférons pour des millions de personnes : soyez sérieux, émettez un avis favorable sur cet amendement. Et chers collègues, vous avez constaté le simulacre qui nous est proposé : si vous voulez vraiment voter pour l’intérêt général, votez pour cet amendement de bon sens.”
“Nous demandons simplement, lorsque des gens suivent les bonnes procédures administratives, de faire en sorte qu’il y ait un dialogue. Vous répondez que vous refuserez les autorisations et enverrez en prison les organisateurs de la fête si elle se tient. C’est ce que je dis depuis le début : tout ce qui vous intéresse, c’est de faire en sorte que les jeunes aillent uniquement dans des soirées privées coûteuses, inaccessibles à la jeunesse des quartiers populaires. Il s’agit donc d’un texte au service de la petite jeunesse bourgeoise, que vous cherchez à protéger parce que ce sont les derniers qui votent pour vous ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Ou alors ce sont les lobbys du milieu de la culture qui sont derrière vous.”
“Un peu de sérieux, s’il vous plaît ! La rapporteure nous dit que les personnes visées n’existent pas, et la ministre nous dit que la procédure existe déjà. Nous ne sommes pas des perdreaux de l’année, nous sommes en train de faire la loi, il s’agit de sujets sérieux : vous allez mettre des gens en prison ! Madame la rapporteure, nous sommes capables d’identifier les individus et les collectifs : nous l’avons fait pendant trente ans. Madame la ministre, il n’est pas vrai que cette procédure existe déjà, puisque vous refusez systématiquement les autorisations administratives. Je vous ai indiqué qu’il s’agissait de la politique de M. Retailleau ; je vous ai demandé si vous la poursuiviez, et vous m’avez répondu que la politique de M. Nuñez continuait sur la même lancée. Vous vous contredisez totalement !”
“Sincèrement, je ne vois pas comment vous pourriez refuser cet amendement de coconstruction.”
“La rédaction est extrêmement simple : « Avant toute décision d’interdiction le préfet du département ou le préfet de police à Paris met en œuvre une démarche de dialogue et de médiation avec les personnes identifiées comme organisatrices du rassemblement, en lien avec un médiateur départemental qu’il nomme dans des conditions fixées par décret. » Vous nous dites que vous êtes d’accord pour l’organisation de free parties lorsque la procédure administrative a été suivie. Pour que cette procédure administrative soit suivie, il faut adopter cet amendement, sinon les seules soirées que vous autoriserez seront celles qui coûtent beaucoup trop cher pour la plupart des jeunes – ils n’en ont pas les moyens, notamment parce que les politiques de ces gouvernements les ont placés dans une situation de grande précarité.”
“Les free parties existent depuis les années 1990. Rapidement, les différents gouvernements européens ont dû chercher une méthode pour s’adapter. Pendant trente ans, la tradition politique suivie par la droite comme par la gauche fut d’organiser une médiation pour faire en sorte que ces événements se passent bien. Et cela a fonctionné. Ensuite, vos gouvernements sont arrivés et ont commencé à réprimer, à infliger des amendes à tout le monde, entraînant une rupture de confiance. C’est pourquoi nous vous proposons un amendement de compromis. Il s’agit d’une mesure de bon sens et j’espère que Mme la rapporteure y sera favorable.”
“Voilà l’effet de la répression des free parties. Où est passé Steve Maia Caniço ? (Vives exclamations sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.) Je répète : où est passé Steve Maia Caniço ? Pourquoi ne voulez-vous pas répondre à cette question, alors qu’elle vous est posée depuis des années ? Où est passé Steve Maia Caniço ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations et protestations sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.) Les familles vous le demandent, les collectifs d’associations vous le demandent. Où est passé Steve Maia Caniço ? Nous répéterons la question autant de fois qu’il le faudra ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN, EPR, Dem et HOR.)”
“On a aménagé un terrain de motocross. Et quand il y a des free parties, on aide à les encadrer. Et tout se passe bien. Vous devriez vous inspirer de l’exemple de cette ville, située dans le département dont M. Retailleau est sénateur. (Mêmes mouvements.) Enfin, vous vous inquiétez beaucoup des conséquences des free parties. J’aimerais vous poser une question : où est passé Steve Maia Caniço ? Après une free party, la police a chargé, M. Maia Caniço est tombé dans la Loire et il a été tué – après donc une intervention de la police. (Exclamations sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)”
“Conformément à votre habitude, chaque semaine, vous venez proposer une loi stupide contre les jeunes. Et à chaque fois, je ne vous en donne pas l’autorisation. Vous me dites : Mais quand même ! Nous avons le droit de faire des lois stupides contre les jeunes ! Je vous rétorque : Oui, mais il vous faut une autorisation, et je ne vous la donne jamais. Eh bien, c’est exactement ce que vous faites avec les free parties. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) S’agissant du projet de loi Ripost, vous m’avez indiqué qu’il s’agissait de lutter contre les rodéos urbains et les free parties. J’aimerais vous parler de ma charmante commune de naissance, Fontenay-le-Comte, en Vendée. C’était une ville révolutionnaire à l’époque, les chouans ne l’avaient pas eue. Dans cette ville, pour lutter contre les rodéos, savez-vous ce qu’on a fait ?”
“Nous souhaitons empêcher la pénalisation des personnes morales qui organisent des free parties . Madame la ministre, quand je vous ai interrogée sur le fait que vous interdisiez les free parties même quand une demande d’autorisation administrative avait été soumise, vous m’avez répondu que vous étiez totalement d’accord avec la ligne du ministre de l’intérieur sur le projet de loi Ripost. Je vous remercie donc de m’accorder le point et d’admettre que le gouvernement empêche systématiquement la tenue des free parties , même quand elles ont été demandées en suivant la procédure administrative. Nous savons comment cette méthode fonctionne, et je vais l’illustrer. Supposons que je fasse adopter une loi qui vous empêche d’adopter des lois stupides contre les jeunes, sauf avec mon autorisation.”
“Vous ne pouvez pas diaboliser les free parties, ce ne serait ni juste ni en phase avec le réel. Aussi avons-nous déposé l’amendement n o 28. Si vous voulez cibler les organisateurs de free parties, même si nous pensons que c’est une mauvaise idée, soit, mais ne ciblez pas les participants !”
“Nous vous avons donné l’exemple de l’Italie, qui a instauré un certain nombre de mesures très répressives ; elles n’ont pas fonctionné et ont eu pour seul effet de rendre les free parties encore plus grosses. Ensuite, si vous souhaitez que les soirées des jeunes soient encadrées, mettez en place une politique gouvernementale qui permette un tel encadrement ! Infliger des milliers d’euros d’amende à des gens au seul motif d’une participation à une free party nous paraît complètement démesuré. Enfin, puisque nous avons beaucoup parlé des free parties, serait-il possible de dire que souvent, ça se passe bien ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Jean-Claude Raux applaudit également.) Que ceux qui les organisent le font dans le cadre, avec des associations, et que ceux qui y vont sont heureux d’y aller ?”