Mathieu Lefèvre
EPR · France
“L’objectif de ce texte consiste à être concret, changer directement les choses dans les cours des fermes. Nous partons des obstacles, des difficultés sur le terrain, et nous apportons des réponses, des déblocages.”
“…en particulier, naturellement, lorsque la ressource le permet et que les projets ont été discutés, comme le prévoit le texte, avec l’ensemble des acteurs locaux : agriculteurs, collectivités, associations.”
“Merci, monsieur le président. L’article 6 bis A conditionne la réduction des volumes d’eau qui peuvent être prélevés à la réalisation préalable d’ouvrages de stockage d’eau. Le gouvernement considère que cette dérogation porte manifestement atteinte aux exigences de protection de la ressource en eau.”
“Je n’ai pas compris cette motion de rejet (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) , sauf à ce que vous soyez pour les agriculteurs en janvier et contre eux en juillet ; sauf à ce que votre colonne vertébrale idéologique vous conduise à raconter, pardon de le dire, des choses qui ne figurent pas dans le texte issu de la commission m…”
“Je pense d’abord aux dispositions relatives à la gouvernance : notre modèle permet un dialogue fertile au niveau de chaque bassin, de chaque sous-bassin, afin d’éviter de futures guerres de l’eau.”
“Quelle souveraineté agricole voulez-vous ? Je crains de connaître la réponse. La souveraineté agricole que vous prônez, c’est dépendre davantage de l’étranger et n’avoir que peu ou pas de contrôle sur les importations. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem.”
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“Nous craignons, monsieur le rapporteur, que la création d’un régime d’assurance à deux vitesses, avec des modulations du taux de la prime ou de la cotisation additionnelle en fonction de la nature des biens, entraîne des effets indésirables – changement de déclaration, désassurance de certains territoires, accroissement des inégalités d’accès à l’assurance ou encore abandon pur et simple de la réassurance publique, avec des effets en cascade sur le régime de catastrophe naturelle au profit de la réassurance privée. Mesdames et messieurs les députés, nous partageons l’essentiel : la volonté commune de mieux préparer notre pays au changement climatique, de mieux protéger nos territoires et nos concitoyens et d’accompagner les évolutions de notre modèle assurantiel vers une meilleure prise en compte de l’adaptation au changement climatique.”
“C’est la raison pour laquelle nous proposerons également d’y revenir. Enfin, nous avons une divergence sur la remise en cause du principe actuel de cotisation unique tel que vous le proposez à l’article 3. Vous avez raison de proposer, monsieur le rapporteur, de trouver de nouvelles ressources. Il nous semble cependant que les biens dont la valeur est la plus élevée ont d’ores et déjà une prime plus élevée. Par ailleurs, la surprime de 20 % – contre 12 % précédemment – qui alimente le régime de catastrophe naturelle sur ces biens est déjà bien plus élevée pour les biens les plus onéreux.”
“Je tiens à vous remercier pour votre ouverture : vous avez beaucoup travaillé, en commission, à la modification de l’article 2, afin d’instaurer le principe d’obligation de réparation résiliente après un sinistre couvert dans le cadre du régime des catastrophes naturelles, dans la limite – point difficile pour vous – du montant de l’indemnité consacrée à ces travaux. Le gouvernement a déposé un amendement en ce sens, considérant que la reconstruction résiliente ne doit pas faire peser un aléa haussier, par le biais de leur police d’assurance, sur le pouvoir d’achat des Français. De la même manière, nous avons une divergence sur l’interdiction pour un assuré de résilier son contrat d’assurance dans les cinq ans suivant la réalisation de travaux de résilience financés par l’indemnité « Cat nat ».”
“Si les modalités de cette prise en compte restent encore à travailler, nous pouvons d’ores et déjà dire que la Tracc s’imposera comme l’outil central permettant d’intégrer, de manière cohérente et durable, la réalité du dérèglement climatique dans toutes nos politiques publiques. J’en viens à présent à l’article 2. Nous partageons, là encore, un même constat : la règle actuelle de reconstruction à l’identique n’est plus tenable. Il suffit de se rendre dans votre département de Charente-Maritime, monsieur le rapporteur, pour comprendre combien les habitants peuvent être frappés à de nombreuses reprises, dans un temps très court, par des événements liés au changement climatique. Nous devons repenser notre modèle assurantiel pour intégrer les réalités climatiques qui s’imposent à nous tous.”
“Le décret établissant ses principes, ses modalités d’élaboration et de mise à jour a été publié en janvier, accompagné d’un arrêté précisant les niveaux de réchauffement retenus. La Tracc est désormais inscrite dans la partie réglementaire du code de l’environnement. Vous proposez, pour votre part, de lui donner encore davantage de poids en y faisant référence dans sa partie législative. Cette inscription lui donnera un rôle structurant : elle deviendra la référence commune pour l’ensemble des politiques nationales et locales affectées par le changement climatique, à commencer par les plans climat-air-énergie territoriaux. Nous en débattrons dans l’examen de votre proposition de loi.”
“Nous avons, enfin, une même volonté de renforcer l’impact de la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique – la Tracc. Vous savez que nous aurons néanmoins ici, monsieur le rapporteur, quelques points de divergence. Nous craignons que l’article 1 er , tel qu’il est rédigé, ne crée un risque contentieux important en matière de droit de l’urbanisme et en matière d’implantation industrielle soumise à des autorisations environnementales. La Tracc, définie à partir des travaux du Giec – le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat –, anticipe un réchauffement de + 4 °C en France, en 2100, par rapport aux années 1850-1900. Elle sert de fil conducteur aux actions du plan national d’adaptation au changement climatique.”
“Le Pnacc est structuré autour de cinq axes, de cinquante-deux mesures et de plusieurs centaines d’actions opérationnelles, toutes financées et suivies d’effets. Pour la première fois, la France dispose d’un pilotage clair, interministériel et transparent, à la hauteur du défi de l’adaptation. Je comprends, monsieur le rapporteur, que vous souhaitiez donner une assise législative à ce plan. Vous avez raison, et cela révèle une conviction que nous partageons tous : la France doit se doter d’une politique d’adaptation ambitieuse, durable et cohérente. Nous partageons également un même constat sur l’importance économique de la prévention, dont vous avez rappelé certains chiffres. La Caisse centrale de réassurance l’a fait savoir à de nombreuses reprises : pour 1 euro investi dans la prévention, ce sont 8 euros de dommages évités.”
“Monsieur le rapporteur, je tiens à saluer d’emblée votre travail. Votre rapport, coécrit avec Philippe Fait, ainsi que votre engagement ont permis de porter ce sujet essentiel dans l’hémicycle. Vous avez raison : l’adaptation au changement climatique est un impératif majeur pour notre pays. Les vagues de chaleur s’intensifient, les sécheresses s’installent, les inondations et l’érosion littorale bouleversent des pans entiers du territoire. Réduire nos émissions de gaz à effet de serre ne suffit plus à faire face à ces réalités dont nous sommes tous témoins. Il nous faut désormais préparer, protéger et transformer nos territoires pour vivre dans un climat qui change déjà. C’est tout le sens du troisième plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc) , publié en mars 2025 par Agnès Pannier-Runacher.”
“Madame la députée, je sais que vous avez été personnellement touchée dans votre circonscription et je salue votre implication sur ce sujet. Je souscris cependant aux propos de Mme la rapporteure : il existe déjà une documentation sur ce sujet. Nous devrions peut-être la rassembler. L’examen de la proposition de loi prévu au Sénat le 7 avril nous permettra également d’y voir plus clair. La ministre Françoise Gatel a commandé une mission d’inspection, notamment sur le bilan de la taxe Gemapi : il éclairera à brève échéance les travaux du Parlement.”
“Je rejoins les arguments de Mme la rapporteure. En effet, il ne s’agit pas de réduire la participation du public, mais de mener en parallèle l’enquête publique et la consultation des conseils municipaux. Par ailleurs, pour une raison simple, nous supprimons l’obligation d’affichage du résultat de l’enquête en mairie : dans le cas où plusieurs communes sont concernées, on ne sait pas à quel moment chacune aura réalisé l’affichage. Il s’agit, me semble-t-il, de simplifications de bon sens pour faciliter l’accès aux PPRN, qui permettent d’éviter des coûts et de diminuer les risques pour la collectivité.”
“Or ce ne serait pas le cas si, par exemple, l’agent d’un EPCI se portait volontaire alors même que l’EPCI ne le souhaite pas. Ceci est possible en période de crise seulement, sous une autorité fonctionnelle ; vous rompez, sinon, le lien hiérarchique entre l’agent et la collectivité.”
“Dans le droit de la République, l’autorité territoriale décide de l’emploi de ses agents – c’est le principe de la libre administration des collectivités.”
“Permettez-moi d’ajouter à ces excellents arguments un argument de nature constitutionnelle : le principe de libre administration des collectivités territoriales empêcherait de toute façon la création d’une autorité hiérarchique unique pour coordonner l’activité des agents – seule une autorité fonctionnelle, le temps de la crise, pourrait être admise. Avis défavorable.”
“Le lien de cet amendement avec la proposition de loi est en effet assez vague. De plus, la capacité de stockage des retenues que vous mentionnez est tout à fait hors de proportion avec le volume des pluies tombées ces derniers mois. L’intuition peut ici être trompeuse, et ce n’est donc pas à mon sens un enjeu de politique publique. La qualité des eaux de pluie, qui plus est, n’est pas nécessairement adaptée aux besoins de l’irrigation. Nous aurons évidemment à débattre des enjeux quantitatifs de la gestion de l’eau dans le projet de loi d’urgence agricole qui sera bientôt soumis à votre assemblée.”
“S’agissant d’une demande de rapport, monsieur le député, aucune simplification des procédures n’est ici en jeu. Les modifications liées à l’entrée en vigueur des Papi datent de 2023 et le temps moyen de constitution d’un Papi est de trois ans, ce qui nous amène à 2026 : il faut donc un peu de temps au gouvernement pour pouvoir communiquer au Parlement toute l’information que ce dernier souhaite recevoir. À défaut, vous auriez un rapport de mauvaise qualité. Avis défavorable.”
“Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.”
“Vous avez évoqué, madame Lejeune, d’autres projets pour lesquels cet intérêt est présumé, preuve que le droit existant le permet effectivement. Outre cette question de l’intérêt public majeur, deux autres critères sont maintenus, projet par projet. Premièrement, n’existe-t-il aucune solution alternative ? Deuxièmement, peut-on apporter la démonstration, comme pour tout dossier de dérogation espèces protégées, que le maintien de l’espèce protégée reste possible en dépit de l’ouvrage ? Ne disons donc pas tout et son contraire et ne simplifions pas trop notre discours. Pour pouvoir prévenir ce genre de risques, nous devons simplifier notre droit sans rien renier pour autant de nos exigences environnementales. Avis défavorable.”
“Cet article est un bon exemple de la manière dont on peut simplifier sans détricoter ou déréguler. Je ne connais pas un seul parlementaire qui refuserait de reconnaître que la prévention des inondations relève d’un intérêt public majeur – qu’il se manifeste, sinon, à l’issue de mon intervention ! Nous devons distinguer deux choses. D’une part, l’élaboration du programme de prévention des inondations continuera, comme l’a rappelé Mme la rapporteure, à être soumis à une évaluation environnementale et à faire l’objet d’une enquête publique. D’autre part, on présumera en effet que les projets élaborés au sein de ce programme relèvent d’un intérêt public majeur, sur le fondement de l’argument – me semble-t-il assez solide – que la prévention des inondations en est justement un.”
“Je rejoins l’avis de Mme la rapporteure. Il ne s’agit pas de substituer certains éléments à d’autres mais d’éviter une redondance – des compléments pourront d’ailleurs être demandés s’ils sont exigibles.”
“Merci, madame Lejeune, pour cette défense du droit de propriété : je n’en attendais pas tant de votre part ! (Sourires.) Il est faux de dire que le présent texte n’offre aucun outil supplémentaire aux collectivités. Parfois, ces dernières n’ont pas prise sur certains ouvrages d’endiguement, parce que leurs propriétaires en refusent l’accès ou refusent d’être expropriés. Cet article prévoit précisément, dans ce genre de cas, de faciliter les expropriations – de façon très encadrée, puisqu’un avis conforme du Conseil d’État est requis. Avis défavorable.”
“Madame Lejeune, cette disposition est tout sauf technocratique. Elle répond à une demande exprimée de longue date par les collectivités locales chargées de la Gemapi. Elle leur permettra de mieux maîtriser le foncier des ouvrages destinés à limiter les inondations et d’agir plus rapidement en limitant le risque de contentieux. Avis défavorable.”
“Je note que le Rassemblement national souhaite conserver les programmes d’action pour la prévention des inondations. C’est la première fois que je l’entends ; lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, les membres de ce groupe n’avaient cure des fonds destinés à les financer – notamment le fonds Barnier –, qui étaient maintenus à leur plus haut niveau historique. En l’espèce, je rejoins l’argument de Mme la rapporteure : il convient de ne pas rendre le fonctionnement des Papi inutilement rigide en fixant dans la loi leur délai d’instruction.”
“Je rejoins Mme la rapporteure : l’inondation n’a cure du Sage, lequel est du reste très long à élaborer et porte sur des politiques publiques qui ne dépendent pas directement d’une enquête publique. Maintenir des exigences de participation du public dans des territoires non couverts par des Sage serait aller au-devant de grandes difficultés, car des inondations peuvent aussi bien y survenir. Il n’y a pas de lien entre la gestion régionale de l’eau et la stratégie de prévention des inondations définie par les acteurs locaux. Avis défavorable.”
“Rassurez-vous, mesdames les députées, la procédure d’urgence reste très encadrée : les déclarations et les autorisations demeurent nécessaires. Reste qu’en cas de péril immédiat, il faut pouvoir engager des travaux. Il serait contradictoire d’attendre, à moins de vouloir prendre le risque d’une aggravation des conséquences des inondations. Par ailleurs, puisqu’elle s’applique à des travaux de restauration des cours d’eau ou des continuités écologiques, la réduction des délais – ou la dispense – de consultation du public s’avère bénéfique pour l’environnement ; encore une fois, ce n’est pas contradictoire.”
“Le délai de trois mois figure actuellement dans la loi ; son raccourcissement nécessite donc une modification législative. D’une façon générale, l’accélération des interventions implique de réduire les délais de participation du public, sans pour autant renier les exigences environnementales – à cet égard, je m’inscris en faux contre les propos tenus lors de la discussion générale, notamment par Mme Lejeune. Avis défavorable.”
“Je tiens à vous rassurer, monsieur le député, un contrôle a posteriori sera bien effectué par les services préfectoraux – le préfet disposant par ailleurs, tout au long des travaux, des pouvoirs de surveillance du maître d’ouvrage. Il serait paradoxal d’exiger une autorisation a posteriori portant sur des travaux déjà réalisés. Comme Mme la rapporteure, je crains que l’amendement ne complexifie la procédure au lieu de la simplifier. Avis défavorable.”
“Rassurez-vous, madame la députée : il ne s’agit pas de complexifier notre droit mais de le simplifier, en édictant des règles générales qui préciseront ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas pour entretenir les cours d’eau, prévenir les inondations ou agir dans l’urgence. Madame la rapporteure, vous avez raison de m’interpeller sur le délai dans lequel le décret sera pris et je m’engage à ce qu’il le soit le plus tôt possible. L’esprit de la proposition de loi est le bon : s’il y a trop de réglementations et de normes, les travaux ne se font pas, ce qui est extrêmement préjudiciable à l’action publique et à la préservation des vies humaines. Je suis évidemment défavorable à l’amendement.”
“Face au changement climatique, il y a urgence à agir plus efficacement et à mieux écouter les acteurs de terrain, confrontés à ce risque au quotidien. Ce texte y contribue en dotant les collectivités des outils pour agir et protéger nos concitoyens exposés aux inondations. Le gouvernement le soutiendra donc tout naturellement. Je regrette le dépôt de certains amendements tendant à supprimer des dispositions introduites en commission qui apportent pourtant de réels gains pour les collectivités et, in fine, pour nos concitoyens, en matière de prévention des inondations. J’aurai l’occasion d’y revenir lors de la discussion des amendements. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)”
“Il aborde des sujets essentiels en matière de prévention des inondations : la clarification des règles d’entretien des cours d’eau, avec des mesures de simplification de bon sens ; la facilitation des interventions dans ces cours d’eau en cas de danger grave et immédiat ; les travaux destinés à prévenir les inondations et, enfin, les Papi et les plans de prévention des risques naturels, qui, selon la commission de réassurance, permettent d’économiser des millions d’euros chaque année. Tel qu’il ressort de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, ce texte est équilibré. Il lève des freins inutiles, permet d’économiser du temps et des ressources financières et d’éviter des contentieux juridiques. C’est un texte d’intérêt général.”
“Aujourd’hui, grâce aux sénateurs Jean-Yves Roux et Jean-François Rapin et au travail de la mission d’information conjointe à la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable et à la commission des finances, nous sommes en mesure de faire progresser notre politique de prévention des inondations en donnant aux collectivités territoriales davantage d’outils tout en simplifiant l’utilisation des dispositifs existants destinés à mettre en œuvre la compétence créée en 2014 par la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles dite loi Maptam. Le texte que nous examinons comprend plusieurs recommandations du rapport de la mission sénatoriale d’information, enrichies d’amendements de Mme la rapporteure.”
“Comme toute politique, celle-ci doit être adaptée et à l’écoute des observations de ceux qui la mettent en pratique, particulièrement les collectivités territoriales. Au fond, ce texte est un recensement des demandes des collectivités territoriales, qui – je le répète – sont en première ligne face à ce risque.”
“Avec la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc), le gouvernement a donné un cap à l’ensemble de nos politiques publiques. La Tracc permettra d’avancer de manière coordonnée sur le sujet de l’adaptation au changement climatique, en particulier en matière de prévention des inondations. Dans le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc), le gouvernement a défini un cadre pour des actions concrètes à mettre en œuvre d’ici 2030 pour adapter notre territoire aux impacts visibles et attendus du changement climatique avant 2100. Ce plan prévoit de dédier une mesure à la prévention des inondations afin de renforcer l’accompagnement des collectivités et d’aligner cette politique publique sur la Tracc.”
“Depuis quarante ans, nous agissons collectivement pour mieux prévenir ce risque et cette proposition de loi apporte une nouvelle pierre à l’édifice. Ainsi, nous réglementons l’urbanisme pour réduire l’exposition de nouveaux logements en zone de risque ; avec le fonds Barnier, maintenu cette année à son plus haut niveau historique grâce à 300 millions de dotation, nous finançons la prévention. Nous encourageons les programmes d’action pour la prévention des inondations (Papi), dont il sera question dans cette proposition de loi. Enfin, nous donnons un cadre d’action cohérent aux collectivités pour la prévention des inondations, avec la compétence dite Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). Cet effort collectif doit être amplifié pour relever le défi de notre siècle que constitue le changement climatique.”
“Ces trois piliers indispensables et complémentaires permettent à notre pays d’être mieux préparé et plus résilient face aux événements naturels comme à leur intensification et leur multiplication, liées au dérèglement climatique. Sans prévention des risques naturels, les conséquences seraient bien plus importantes, économiquement mais aussi humainement. Les inondations, sujet qui nous réunit aujourd’hui, constituent un risque majeur pour notre territoire : 18 millions d’habitants résident en zone inondable et 1,5 million en zone de submersion marine, ce qui représente environ 11 millions de logements. Des événements majeurs peuvent parfois occasionner des dommages pour un coût qui dépasse le milliard d’euros et mettre à mal tout un territoire.”
“Je remercie le groupe Les Démocrates d’avoir inscrit cette proposition de loi (PPL) d’intérêt général à l’ordre du jour et la rapporteure, Mme Anne Bergantz, pour son travail, ainsi que les sénateurs Jean-Yves Roux et Jean-François Rapin qui ont formulé une première proposition de loi sur le sujet. Je salue l’ensemble des forces qui ont concouru à aider les Français et qui continuent à le faire face à la décrue : élus, services de l’État mais aussi, et avant tout, agents des collectivités territoriales et élus locaux eux-mêmes, qui sont en première ligne dans cette crise. Pour faire face à de tels événements naturels, la France a su, de longue date, se doter d’un solide triptyque : prévention, gestion de crise et indemnisation.”
“Notre territoire hexagonal a subi cet hiver des crues très importantes, ainsi que trois tempêtes successives. Le phénomène des crues a été particulièrement intense par son étendue géographique et sa durée. Cette intensité s’explique par les records de pluies enregistrés sur l’ensemble de l’hiver, ayant entraîné une saturation des sols, des infiltrations d’eau et un taux d’humidité exceptionnel. À cette tribune, je voudrais, une nouvelle fois, rappeler la solidarité de l’État à l’endroit des sinistrés qui, pour certains, ont vécu plusieurs inondations lors des dernières années.”
“J’ajoute qu’il existe d’ores et déjà un rapport à ce sujet, puisque le plan national d’adaptation au changement climatique prévoit des mesures en ce sens – je vous renvoie en particulier à la mesure 11 –, qui sont mises en œuvre notamment par les entreprises. Je donne donc un avis défavorable.”
“Je partage l’avis de M. le rapporteur : il n’est pas besoin de préciser dans cette proposition de loi que le droit du travail doit être respecté pour que celui-ci s’applique. Par ailleurs, dans un souci de simplicité juridique, il vaut mieux garder une étanchéité entre le code du travail et le code rural et de la pêche maritime. Sinon, on risque de créer de la confusion ; in fine , la disposition pourrait ne pas être opérationnelle. Je donne donc un avis défavorable.”
“Cet amendement est totalement satisfait par la rédaction de l’article 2, qui couvre les activités agricoles au sens large, dont celles que vous mentionnez. Il n’est pas besoin d’en dresser la liste, au risque de ne pas y inclure des activités agricoles qui pourraient entrer dans le champ d’application de l’article. Avis défavorable.”
“Il faut pouvoir mettre le droit en conformité avec les évolutions induites par le changement climatique, mais aller aussi loin que vous le faites, dénier toute forme de responsabilité, me semble hors de propos au regard du droit et de la nécessité de respecter l’équité entre les riverains lors des conflits d’usage. Avis défavorable à l’amendement n o 1. Quant à l’amendement n o 2, il découle du premier. Vous employez les termes de « troubles allégués » car au fond, vous pensez qu’il n’y a peut-être pas ou peu de troubles. Avis défavorable.”
“Je partage l’avis du rapporteur sur l’absence de proportionnalité de la mesure. Sur le fond, vous souhaitez exonérer les agriculteurs de toute forme de responsabilité pour les externalités négatives, alors qu’il est indéniable que les activités agricoles peuvent en produire. Un compromis a été trouvé en 2024 avec la loi défendue par Nicole Le Peih, qui a permis de définir ces externalités et les cas d’exonération. Le rapporteur propose d’aller plus loin pour s’adapter au changement climatique. C’est une proposition bienvenue, car dans certaines activités comme la viticulture, on s’adapte en travaillant plus tôt ou plus tard.”
“Je partage l’avis du rapporteur : l’amendement compliquerait notre droit. J’ajoute que l’intention de ses auteurs est satisfaite par l’article L. 132-7 du code de l’environnement et par les dispositions que l’article 1 er bis tend à introduire dans le code rural. Avis défavorable.”
“J’ajouterai que les intérêts des représentants de l’agriculture biologique sont représentés par les chambres d’agriculture, qui participent déjà à l’élaboration des documents d’urbanisme. Avis défavorable.”
“J’ai le même avis que M. le rapporteur, et j’ajouterai un argument. Les organismes de défense et de gestion ont un ancrage territorial, raison pour laquelle cette proposition de loi les associe à l’élaboration des documents d’urbanisme plus directement que les Onvar ou les syndicats d’agriculture biologique. Leur consultation impliquerait de lourdes complexités administratives pour les collectivités territoriales chargées de la planification urbaine. Avis défavorable.”
“De la même manière, avec vous, il n’y aurait eu dans le budget aucun investissement supplémentaire pour que Météo France améliore ses outils et nous n’aurions pas développé la fiabilité des prévisions du réseau Vigicrues. D’un côté, il y a un gouvernement qui est au travail, au service des Français, et, de l’autre, une opposition totalement stérile. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)”
“…mais, de grâce, cessez de conflictualiser les usages, cessez de dresser les individus les uns contre les autres (Protestations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NFP) et essayez d’être constructifs !”
“Certes, il faut continuer à nous protéger, à bâtir la ville de demain et à intégrer le risque d’inondation dans toutes les politiques d’urbanisme,…”
“Vous faites preuve d’une belle audace en réclamant dans l’hémicycle des moyens supplémentaires, alors que vous avez voulu censurer le budget de la nation (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NFP) , qui prévoit 300 millions d’euros pour le fonds Barnier, 850 millions pour le fonds Vert dédié à l’adaptation des communes et 135 millions pour les agences de l’eau. Avec vous, ces chiffres auraient été à zéro ; avec vous, les 34 millions destinés à protéger les communes de la Gironde auraient été ramenés à zéro ; avec vous, le budget des programmes de prévention des inondations, auxquels le gouvernement consacre plus de 2 millions, aurait été de zéro.”
“Quel dommage de tout conflictualiser et de tout politiser alors que notre pays vit une catastrophe naturelle d’une ampleur extrêmement importante ! (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Permettez-moi tout d’abord de rappeler que les maires et les autres élus locaux sont en première ligne dans la gestion de cette catastrophe et qu’ils peuvent compter sur le soutien entier de l’État, comme celles et ceux qui ont contribué à sauver des vies : les sapeurs-pompiers, les policiers, les gendarmes, les agents de sécurité civile, etc. (Mme Élisabeth de Maistre applaudit. – Mme Mathilde Feld fait des gestes d’impatience.) Ce n’est pas du blabla, c’est un hommage aux personnes qui sauvent des vies.”
“L’État continuera également à financer les actions de prévention et d’adaptation en puisant dans le fonds Vert, sachant que dix-sept ont déjà été menées depuis 2023. Les politiques nationales sont au rendez-vous mais je suis intimement convaincu que les solutions doivent être analysées au cas par cas pour s’adapter aux spécificités locales. Surtout, nous devons envisager ensemble la résilience de la nation, non pas pour empêcher de telles catastrophes, car cela est impossible, mais pour mieux les anticiper et nous préparer à y faire face. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)”