Philippe Vigier
DEM · France
“Madame la présidente, madame la ministre, monsieur le ministre, chers corapporteurs, mesdames et messieurs les députés, c’est avec émotion et gravité que je m’exprime en tant que rapporteur général de ce texte sur l’aide à mourir, successeur d’Olivier Falorni, présent dans les tribunes.”
“Cinq ans se sont écoulés depuis la première proposition de loi d’Olivier Falorni, qui a fait preuve d’écoute, d’engagement, de respect et de patience pour aboutir à un texte équilibré. Trois propositions de loi, un projet de loi, 300 amendements adoptés ; le débat n’a pas été bâclé.”
“Pourtant, qui proposerait en 2027, lors des élections présidentielles de revenir sur l’un de ces textes ? Je mets au défi qui que ce soit de le faire. Le texte sur l’aide à mourir – vous l’avez dit, madame la ministre – est équilibré et sécurisé car le malade est au centre de tout.”
“On allait jusqu’à nous parler des enfants à une époque : ils ne sont pas concernés. Combien d’années a-t-il fallu pour garantir la traçabilité des actes dans le cadre de la loi Claeys-Leonetti ? Elle est exigée dans ce texte. Au cours du débat, nous avons été fermes pour que les décrets paraissent rapidement.”
“À l’époque, une opposition tous azimuts s’était exprimée. Beaucoup de ceux qui ont voté contre considèrent désormais que cette loi règle tout, alors qu’il est encore des cas devant lesquels nous sommes dans l’impasse.”
“Imaginez qu’un patient en soins palliatifs veuille bénéficier de l’aide à mourir, mais que l’établissement le refuse au nom d’une clause, il serait indigne que l’on amène le patient, en ambulance, mourir à 40 kilomètres de là. Où serait la dignité ? Dans quelques minutes, chacun devra se déterminer, en conscience.”
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“À chaque fois que je m’exprime, trois voix essayent de couvrir la mienne ! Ce qui peut être désagréable pour vous peut l’être tout autant pour nous ! Regardez combien d’amendements notre groupe a déposés : vous verrez que nous avions anticipé l’organisation de ce regrettable blocage. Je suis de ceux qui n’ont jamais rechigné à faire des prolongées jusqu’à 5 heures du matin, mais ne prétendez pas que vous voulez aller au bout de l’examen de ce texte quand, hier, vous vouliez que tout s’arrête après l’examen de sa deuxième partie.”
“À chaque fois, c’est la même chose ! Je voulais donc simplement vous dire, madame la présidente Panot (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP), … Je suis désolé, mais elle m’interrompt à chaque fois ! Est-ce que je peux m’exprimer ?”
“Comment, dès lors, osez-vous dire à ceux qui nous regardent et nous écoutent que vous voulez aller au bout de la discussion ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Est-ce que je peux parler sans être interrompu ? Ce n’est pas parce que je suis un homme que je n’ai pas le droit de parler ! (Applaudissements les bancs du groupe RN, sur quelques bancs du groupe EPR et sur les bancs du groupe UDR. – Vives exclamations et rires sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)”
“Sur le fondement de l’article 100, relatif au bon déroulement de nos débats. On peut certes tout essayer, madame la présidente Panot – mais vous vous êtes opposée, hier, à ce que nous discutions de la troisième partie du PLFSS !”
“Il a été décidé d’ouvrir des séances mercredi prochain. Les débats ne sont donc pas terminés. Nous avons jusqu’à mercredi minuit pour travailler. Vous êtes pris à votre propre piège ! Arrêtez de déposer des centaines d’amendements ! (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et EPR. – Les exclamations ne faiblissent pas sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Ça ne sert à rien de crier. Est-ce parce que je suis un homme que je ne devrais pas parler ? Ça ne fonctionnera pas de m’interrompre, madame Panot !”
“Sur le fondement du même article. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Attendez ! Vous vouliez tout arrêter hier soir. (Mêmes mouvements.) Je vous ai écoutés, ayez la gentillesse d’en faire autant ! J’aimerais bien savoir pourquoi vous avez déposé autant d’amendements.”
“Cet amendement, je vous l’assure, est une arme de destruction massive à l’encontre de professionnels de santé volontaires, des gens de plus de 65 ans qui acceptent de donner de leur temps pour exercer la fonction de régulateur. N’utilisez pas cette arme : vous briseriez tout cet élan alors qu’on n’a que lui pour soutenir au quotidien les médecins et aider les patients qui en ont tant besoin. (M. Laurent Croizier applaudit.)”
“Moi non plus, je ne suis pas du tout favorable à cet amendement et je souscris pleinement à ce qu’ont dit le rapporteur général et la ministre. Quand dans ce pays va-t-on enfin décloisonner le public et le privé ? Il faut arrêter tout ça. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Dans la vraie vie, les choses ne se passent pas comme vous le pensez, monsieur Davi. Cela fait trois ans qu’on a monté, dans un département qui compte 76 médecins pour 100 000 habitants, un centre de soins non programmés ; cette structure accueille les patients du lundi au vendredi, son fonctionnement est assuré par des médecins du secteur public comme du secteur privé, parce qu’on a trouvé l’harmonie nécessaire pour le permettre.”
“Il faut donc prévoir un décret d’application pour que nous puissions y voir clair et apporter des solutions simples et efficaces.”
“Je suis favorable à l’amendement de M. Bazin. Après tout, ce que vient de dire Guillaume Garot va dans le même sens : on ne cesse d’empiler les dispositifs. Madame la ministre, pour définir les zones rouges, on n’a pas besoin de travailler pendant trois ans ; il suffit de procéder à l’échelle territoriale. Par ailleurs, le texte n’aborde pas la question de la durée d’installation. Or vous savez qu’avec une durée fixée à cinq ans, on assiste à un phénomène de nomadisme des médecins. On ne peut pas accepter une telle situation, de même qu’il faut mettre fin à l’empilement des dispositifs. Une simplification est nécessaire car plus personne n’y comprend rien – et je ne parle même pas des aides versées par les collectivités.”
“Au cours de la crise sanitaire, les préfets ont repris la main précisément parce qu’il y avait un sentiment d’éloignement des ARS, et parce qu’il s’agissait d’assurer la protection des individus. Vous avez l’occasion de le faire de manière pérenne ; vous êtes attendue sur le terrain sur ce point. Le modèle actuel ne peut pas perdurer. Il ne servirait à rien de supprimer les ARS maintenant, mais il faut agir pour qu’il y ait un avant et un après dans les relations avec les ARS. Tout le monde y gagnera, en particulier les patients.”
“Le sujet des ARS revient régulièrement dans cet hémicycle depuis de longues années. Madame la ministre, j’ai entendu ce que vous venez de dire : l’important n’est pas de changer le titre, mais de faire évoluer le fonctionnement et l’organisation au quotidien. Avant d’être ministre et, avant cela, députée, vous êtes médecin dans le département du Loiret. Vous savez donc combien cette organisation doit être fluidifiée, simplifiée. Vous voulez labelliser des maisons France Santé. J’ai eu l’occasion de vous parler de ce dossier. Je vous demande vraiment d’essayer de simplifier et de débureaucratiser afin que nous puissions retrouver de la fluidité dans le fonctionnement.”
“Afin que chacun comprenne, il serait bon de redire à la représentation nationale ce qui sera demandé aux docteurs juniors en contrepartie des tarifications qui leur sont octroyées mensuellement : en nombre de consultations disponibles, avec 4 000 praticiens, l’impact n’est pas négligeable.”
“Madame la ministre, vous avez longuement évoqué la labellisation des maisons France Santé. Dans les territoires, des initiatives ont été prises ; il va bien falloir clarifier la façon dont ce label sera attribué, afin de ne pas casser des architectures qui fonctionnent depuis longtemps avec les services d’accès aux soins (SAS). Par exemple, la CPTS qui couvre chez moi un cinquième du département a fait acte de candidature afin d’accueillir des docteurs juniors ; il ne faudrait pas lui laisser croire que d’autres vont créer d’autres structures. Cela dit, je soutiens votre amendement concernant la facturation.”
“Je soutiens naturellement cet amendement déposé par notre collègue Sandrine Josso – chacun connaît le drame qu’elle a subi. Nous avons beaucoup avancé en quelques mois, notamment à la suite de la mission qui lui a été confiée par le premier ministre. Il est important que nous puissions aller plus loin.”
“Nous avons même pris le risque, en responsabilité, de financer cette suspension, en votant une CSG patrimoine. J’en appelle à toutes et à tous, dans ce moment crucial : si vous voulez que le débat pour l’hôpital, les soignants, les patients, et les travailleurs en général, puisse avoir lieu, il faut voter cette deuxième partie. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, EPR et sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Je vous le dis, collègues du Rassemblement national, collègues Insoumis, qui vous apprêtez à voter contre : vous avez voulu revenir à une retraite à 60 ou 62 ans. (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous, qui défendions les 64 ans, avons accepté la suspension de notre réforme.”
“Nous avons obtenu quelques avancées. Certes, madame la ministre, ce budget ne nous satisfait pas complètement mais, dans un contexte où on a 140 milliards de dette à la Cades et 65 milliards de dette à l’Acoss, les uns et les autres devraient se montrer raisonnables. Bien sûr, s’agissant de la loi pour le développement économique des outre-mer (Lodeom), vous irez dire aux ultramarins qu’on n’a rien fait ; pourtant, on a réussi à avancer. (Mme Estelle Youssouffa s’exclame.) On a progressé sur les apprentis, sur les titres-restaurant, sur les chèques-vacances, sur les pharmaciens qu’on va protéger. (M. Erwan Balanant applaudit.) Nous voterons en faveur de cette deuxième partie parce que nous voulons que le débat sur la troisième partie ait lieu.”
“Jamais au grand jamais : en général, les copies arrivaient toutes faites et chacun était heureux lorsqu’il avait un petit amendement qui était pris, ça ou là. Cette fois, c’est à un exercice de fond que nous nous livrons.”
“Prendre ses responsabilités, c’est choisir et ne pas rester au milieu du gué. Nous avons eu un débat en commission, nous avons eu un débat en séance, et je peux dire à ceux qui sont là depuis quelques années seulement que jamais, dans le cadre d’un PLFSS, on n’avait pu peser à ce point sur ce que sera la version définitive du projet de loi de financement de la sécurité sociale.”
“Madame Cathala, je vous invite à comparer le PLFSS de 2026 avec celui de 2017. Contrairement à ce que vous venez de dire en mentant devant tout le monde, les dépenses étaient de 170 milliards d’euros en 2017, alors que nous en sommes à 262 milliards. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et EPR. – M. Paul Christophe applaudit également.) Même un enfant de sixième saurait faire la soustraction ! Vous n’avez pas le droit de dire des choses comme ça !”
“Madame la ministre, je me range derrière le rapporteur général. Ce sont les plateformes qui organisent le système, elles sont donc responsables – les salariés, eux, dépendent d’elles. Avec une amende de 15 000 euros par travailleur pour les plateformes, il suffit que celles-ci comptent 100 travailleurs pour que l’on atteigne une somme considérable. Il y a là de l’argent à récupérer et nous devons montrer une main de fer – ce système ne peut plus perdurer.”
“Je soutiens l’avis du rapporteur général et de la ministre sur l’amendement de M. Guedj. Malheureusement, on constate que de plus en plus de fraudes sont commises. Nous avons des débats animés pour aller chercher quelques centaines de millions d’euros, mais là, il s’agit de sommes considérables. L’amendement nous permet d’ouvrir le débat sur le projet de loi contre les fraudes. On ne peut pas se voiler les yeux, madame Gruet : il faut être impitoyable, sinon ce sont tous les autres qui seront pénalisés. Avec mon groupe, je voterai donc cet amendement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)”
“Nous évoquons depuis longtemps la question de la répartition des responsabilités entre les départements et l’État, qu’il s’agisse de l’aide sociale à l’enfance, du handicap, ou de l’accompagnement de nos aînés, sans parler des mineurs non accompagnés. Les départements n’arrivent plus à suivre. J’appelle à une saine et véritable clarification des responsabilités, de manière à définir les mêmes critères d’appréciation sur tout le territoire. Je n’évoque même pas la possibilité de récupérer l’APA sur succession, qui se pratique dans certains départements et pas dans d’autres. On ne peut se contenter d’un nouveau colmatage ou d’un bricolage de plus. Il est urgent, au vu des énormes difficultés financières de nos départements, de refonder définitivement la prise en charge de nos aînés, du handicap et de l’aide sociale à l’enfance.”
“Le rapporteur général souligne un point important : les répartiteurs rencontrent de grandes difficultés. Auparavant, les radiologues prescrivaient les produits de contraste et les patients se les procuraient en pharmacie avant de revenir passer leur radiographie. La réforme entrée en vigueur en 2024 a fait deux perdants, le distributeur et le pharmacien, tout en mécontentant les radiologues, qui doivent désormais commander eux-mêmes les produits de contraste auprès des laboratoires. Cette décision unilatérale prise par votre prédécesseur de l’époque, madame la ministre, aurait pu être mieux préparée ; il conviendrait de remettre un peu d’ordre.”
“Il y a un homme qui parle et on ne l’entend pas ! Écoutez-le donc !”
“L’enjeu est simple : veut-on encore une industrie pharmaceutique en France et dans l’Union européenne ? Pour finir, je vous encourage à faire une analyse comparative de tous les produits génériques ; vous verrez que c’est en France qu’ils sont les moins chers.”
“Quand nous parlons de l’industrie pharmaceutique, nous devons vraiment nous interroger pour savoir si, oui ou non, nous voulons continuer à disposer d’une production française et européenne de médicaments, ou si nous assumons un abandon complet de souveraineté en la matière. La décision que vous avez prise, madame la ministre, de plafonner le rendement de la clause de sauvegarde à 1,6 milliard d’euros, est un premier pas. La notion de territorialisation me paraît fondamentale ; il y a même des médicaments qui, arrivant depuis certains pays d’Asie du Sud-Est, sont reconditionnés avant d’entrer dans le circuit européen ! Le sujet de la traçabilité, qu’évoquait Thibault Bazin, est donc au cœur du dispositif que nous examinons et je suis d’accord, en la matière, avec le collègue Lauzzana.”
“Je remercie la ministre pour l’approche qu’elle a adoptée. J’ai été confronté au sujet et, je suis d’accord avec elle, il faut l’appréhender avec l’ensemble des parlementaires et le monde économique. Comment peut-on optimiser et rendre plus efficiente la Lodeom, outil vital pour les territoires ultramarins ? Votre démarche va dans le bon sens. Nous avons déjà réformé quatre niches en 2023, dans des conditions difficiles, mais les acteurs l’avaient compris. Aujourd’hui, on ne peut pas rayer d’un trait de plume un dispositif aussi vital pour ces territoires qui cumulent tous les handicaps. Sur ce chemin que vous avez tracé, madame la ministre, nous vous suivrons.”
“Si nous parvenons à agir puissamment sur ces deux leviers, nous aurons fait collectivement œuvre utile.”
“Comme Thierry Benoit, je crois qu’il faut tout faire pour aider à la création et la reprise d’entreprises. Nous ne devons toutefois pas oublier qu’il existe déjà un ensemble de dispositifs que les collectivités ont mis en place dans les territoires. Comment les faire cohabiter avec l’Acre ? Il existe deux voies que nous devons emprunter – deux voies qui ne coûtent pas cher. Pour commencer, où sont les banques ? Elles sont souvent absentes, quand nous attendons d’elles qu’elles prêtent les 15 000 ou 20 000 euros nécessaires au démarrage d’une activité. Les prêts d’honneurs, quant à eux, sont très difficiles à obtenir. Nous devons également travailler à la simplification administrative : le parcours d’un chef d’entreprise ou d’un jeune salarié qui veut créer sa société est très compliqué.”
“J’entends ce que dit notre collègue Gernigon mais Thibault Bazin a raison : dans certains cas, auxquels j’ai été confronté, des dispositifs instaurés par les collectivités – notamment les régions – empêchent que l’Acre soit perçue intégralement. Il faut retravailler la chose pour éviter ces effets de seuil.”
“Il faudrait que nous puissions travailler sur cet d’amendement, en nous interrogeant, par exemple, sur la pertinence d’un plafonnement à 6 000 euros. Certains membres de notre groupe, sensibles aux arguments exposés par Jérôme Guedj, voteront pour, de manière à trouver une solution lors de la navette. (M. Gérard Leseul applaudit.)”
“Sur le fondement de l’article 100, portant sur l’organisation des débats. Pour la bonne compréhension des amendements n os 879 et 2283 qui ont été adoptés, monsieur le rapporteur général, nous confirmez-vous qu’ils ont tous les deux la même incidence financière de 150 millions d’euros ? Ce n’est pas ce que nous comprenons de vos explications.”
“Je serai bref, car Marc Ferracci a déjà développé les arguments qui me paraissent essentiels, en particulier le fait que ces amendements résolvent le problème de l’effet de seuil. Je connais des entreprises qui connaissent un surplus d’activité pendant quelques semaines et qui n’osent pas y répondre par les heures supplémentaires à cause du surcoût réel qu’elles impliquent. Nous apporterons ainsi à l’ensemble des entreprises cette possibilité d’avoir davantage recours aux heures supplémentaires. Vous l’avez compris – c’était le sens de l’amendement que nous avons défendu avec Nicolas Turquois et Pascal Lecamp –, il y a un problème de pouvoir d’achat ; nous n’échapperons pas à ce débat et nous devons apporter des solutions.”
“Le rapporteur général nous ayant apporté des précisions sur le périmètre et la temporalité, je retire l’amendement n o 1379.”
“Nous pensons également que les crises climatiques, la fluctuation des prix et les difficultés énergétiques nous invitent à travailler à un système annualisé. Il existe actuellement deux options : un calcul sur la moyenne des revenus des trois dernières années, ou bien sur l’année n - 1. Les agriculteurs accueilleraient favorablement un calcul sur l’année en cours. Une telle mesure n’ayant vocation qu’à être appliquée à partir de 2027, elle n’aurait par ailleurs, monsieur le rapporteur général, aucune incidence financière sur l’année 2026.”
“– Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.) Un dernier mot, collègues du Rassemblement national : c’est pour compenser financièrement la suspension de la réforme des retraites que nous, nous avons accepté la hausse de la CSG sur les revenus du capital, mais uniquement pendant cette période ! Monsieur Odoul, vous qui avez défendu la retraite à 60 ans et à 62 ans, cela devrait vous aider. Alors de grâce, un peu de sens des responsabilités. (Mmes Annie Vidal et Dieynaba Diop ainsi que M. Éric Martineau applaudissent.)”
“Cela veut dire que cette procédure est un vrai sujet comportemental. Taxer un peu plus ces ruptures me semble aller dans le bon sens parce qu’une telle augmentation est sans raisons valables. Vous voyez que nous essayons d’avoir une approche équilibrée. Et puis je tiens à dire aux collègues du Rassemblement national qu’ils ne pourront jamais faire oublier la taxe que vous avez fait adopter la semaine dernière sur les multinationales, à hauteur de 26 milliards, dans une alliance absolument insolite avec les Insoumis. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.) Vous essayez de vous rattraper en reprenant à la volée un amendement à 5 milliards, mais quand on appelle à être responsable, on ne fait pas cela ! (Mme Christine Pirès Beaune et M. Sébastien Delogu applaudissent.”
“Le groupe Démocrates est défavorable à cet article parce qu’il est contre cette taxation qui touchera les chèques-vacances, les tickets restaurant et d’autres avantages dont bénéficient les salariés, touchera ce qui leur apporte un peu plus de pouvoir d’achat. Quand on interroge nos compatriotes, il apparaît que le sujet qui les sensibilise le plus est celui du pouvoir d’achat. Or y toucher en ce moment, c’est donner un coup de canif au contrat entre les salariés et leur entreprise. Raison pour laquelle nous n’y sommes pas favorables. Il faut pouvoir continuer à les accompagner dans cette période des plus difficiles. En revanche, je le dis devant le ministre du travail, la question se pose différemment pour les ruptures conventionnelles. Il faut voir combien elles ont augmenté en dix ans : de près de 70 % !”
“…comment se fait-il qu’un amendement à 5 milliards ait pu passer le cap de la recevabilité ? (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) C’est une question légitime que je pose au rapporteur général.”
“Je suis défavorable à l’amendement n o 840 défendu par Mme Martin. Par ailleurs, je m’interroge, chers collègues du RN – vous qui avez applaudi un peu rapidement – :…”
“Il ne s’agit pas de prononcer une fatwa contre les complémentaires mais lorsqu’on dispose, comme elles, d’une réserve de 85 milliards d’euros, il me semble qu’on peut contribuer, surtout dans un contexte d’extrême fragilité de nos finances publiques. Il me paraît donc essentiel de faire en sorte que les retraités agricoles puissent bénéficier de ce taux minoré. Je sais bien que l’adoption de ces amendements ne réglerait pas tout, monsieur le ministre, mais il nous faut engager une discussion sur le sujet. Il est indispensable que les mutuelles participent à l’effort.”
“Je soutiens pour ma part ces deux amendements de Hubert Ott et de Justine Gruet. Le rapporteur général l’a très bien dit : un geste en faveur des retraités agricoles serait bienvenu. Une telle mesure a un coût mais nous savons tous qu’ils ont des retraites très faibles et je me souviens des combats menés avec André Chassaigne pour que cette réalité soit enfin prise en considération. Cela dit, le rapporteur général a raison : l’instauration d’un taux minoré ne garantit pas que les mutuelles répercuteront cette baisse de leur fiscalité sur les tarifs de leurs complémentaires santé. Michel Barnier est parmi nous ; je disais hier qu’il avait eu la bonne idée, dans le budget qu’il avait présenté lorsqu’il était premier ministre, de faire en sorte que tout le monde participe à l’effort qui doit être accompli.”
“Lorsqu’une personne est en ALD, est-ce que les mutuelles remboursent ? Non. Elles font ainsi 3,5 milliards d’euros d’économies. La ministre l’a très justement fait remarquer. J’ajoute que les mutuelles, vous le savez très bien, monsieur Tanguy, bénéficient d’un régime fiscal dérogatoire par rapport aux entreprises de droit commun. Cela suppose donc qu’elles soient soumises à des exigences particulières… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur – M. Didier Le Gac applaudit ce dernier.)”
“…25 % d’augmentation des tarifs des mutuelles en cinq ans quand l’inflation a été de 12 %, voilà qui justifierait d’aller chercher un milliard dans les poches des mutuelles comme l’avait proposé Michel Barnier – je le rappelle aux Républicains –, le milliard qu’elles n’auraient pas dû encaisser sur le dos des patients. Vous, au Rassemblement national, qui êtes attachés au pouvoir d’achat, vous restez silencieux. Cette situation ne vous émeut pas une seule seconde. M. Tanguy est pourtant là, et je n’ai pas oublié les 26 milliards d’euros votés la semaine dernière avec vos amis du camp d’en face ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem et EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Vous, vous avez oublié tous ces milliards, mais pas moi ! Encore deux mots.”
“Nous sommes en train de chercher quelques ressources pour notre sécurité sociale – il a été rappelé que l’encours de l’Acoss atteindra 65 milliards d’euros à la fin de l’année. Mais sur les mutuelles, il n’y en a pas un qui ait repris l’argument que j’ai soulevé tout à l’heure :…”
“Si vous voulez vraiment aider nos concitoyens, incitez les mutuelles à faire preuve de responsabilité et de transparence : que remboursent-elles par rapport à l’assurance maladie ? Il y a en effet des chevauchements qui font que plus personne n’y comprend plus rien, sans compter les frais généraux et d’administration qui comptent pour près de 20 % du total des cotisations. Je vous invite à montrer du courage. De mon côté, je ne reste pas les bras ballants, je ne me résous pas au laisser-faire : les mutuelles doivent faire un effort ! (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et EPR.)”
“…quand l’inflation n’était que de 12,8 % ! Je n’entends pourtant pas un bruit à ce sujet, alors que cet argent est pris dans les poches des contribuables. L’année dernière, Michel Barnier avait eu le courage de concevoir un budget comprenant 1,5 milliard d’euros de recettes collectées dans les poches des mutuelles. Je rappelle que ces dernières ont beau être assises sur des réserves de 85 milliards d’euros, 60 milliards de réserves prudentielles, elles continuent d’augmenter leurs prix chaque année ! La part des complémentaires dans les remboursements de l’assurance maladie a pourtant baissé de 4 points depuis dix ans. Monsieur Davi, vous vous êtes trompé tout à l’heure : les dépenses de la branche maladie atteignaient 172 milliards d’euros en 2017 ; en 2025, nous en sommes à 260 milliards.”