Yannick Neuder
DR · France
“Ce vote fait honneur à l’ensemble des députés, puisque vous avez été plus de quatre-vingts à cosigner le texte de façon transpartisane. Je voudrais remercier le sénateur Khalifé, qui a contribué à l’amélioration du texte, ainsi que tous ceux qui ont participé à son élaboration, notamment les sociétés savantes – la Société française et la…”
“Quand l’Allemagne consacre annuellement à la prévention 458 euros par habitant, la France en consacre 186, soit 2,3 % de nos dépenses de santé – contre 3,4 % en moyenne dans l’OCDE. Nos soins sont parmi les meilleurs au monde, mais notre prévention compte parmi les moins bonnes.”
“L’article 1 er bis met fin à une absurdité en autorisant enfin les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes à mesurer la pression artérielle. Des millions de Français sont hypertendus sans le savoir. Allons les chercher là où ils se trouvent et misons sur le rôle de ces professionnels de santé dans la prévention. (M.”
“Elles sont la deuxième cause de mortalité, la première cause de handicap acquis et représentent près de 20 milliards d’euros de dépenses pour notre système de santé. Et il y a un chiffre qui devrait nous empêcher de dormir : 80 % de ces drames sont évitables.”
“En commission mixte paritaire, nous avons rétabli le caractère pluriannuel de la stratégie, nous avons levé les verrous qui subordonnaient le dépistage à un avis préalable de la Haute Autorité de santé (HAS) et nous avons rétabli les campagnes en entreprise. Je remercie mon confrère, le sénateur Khalifé Khalifé, pour ses travaux.”
“Comme ministre de la santé, j’ai soutenu la lutte contre les déserts médicaux, la réforme de la formation des soignants et le plan Santé mentale. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR.) Ce virage manquait. Comme cardiologue, je reçois encore chaque semaine des patients qui arrivent trop tard.”
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“Il s’agit d’une stratégie globale dont l’objectif est que la nouvelle génération de soignants que nous formons transforme les pratiques et les modes d’organisation territoriale des soins. Je veux réussir cette transformation avec comme maîtres mots la confiance et la responsabilité des acteurs de la santé. Je n’ai jamais dit que les médecins n’avaient pas de responsabilités à assumer dans la lutte contre la désertification médicale. Nous en avons tous, que nous devons envisager dans une logique collective, partenariale et contractuelle. Il faut d’abord changer de paradigme. En effet, le temps du médecin qui travaille seul appartient au passé. Le médecin de demain sera au cœur des parcours de soins de proximité.”
“Nous créons nos propres Padhue. Il faut arriver à faire revenir ces quelque 5 000 médecins en formation qui ont quitté notre pays parce qu’ils ont été rejetés par un numerus apertus, trop difficile. Ces trois sujets sont au cœur de la proposition de loi que j’ai présentée et qui a été votée par l’Assemblée nationale en décembre 2023. Cette semaine, lors de mon audition par les commissions des affaires sociales et de l’éducation du Sénat, j’ai réaffirmé mon intention qu’elle puisse être adoptée le plus rapidement possible. Ma stratégie contre la désertification repose sur le socle d’une formation renforcée, préalable indispensable à toute action de long terme.”
“Un sur dix environ va se former en Roumanie, en Espagne, en Belgique, au Portugal, etc. Ceci résulte de l’incapacité de notre système national de formation à intégrer ces étudiants.”
“Souvenez-vous de nos débats à ce sujet en commission des affaires sociales. En termes de capacités de formation, je plaide pour une inversion de la logique qui nous a guidés jusqu’ici. Il faut absolument commencer par identifier et prendre en compte les besoins de santé des territoires, puis il faut que ce critère devienne prioritaire pour déterminer localement les capacités de formation. Il faut par ailleurs endiguer les départs d’étudiants vers l’étranger.”
“Je le disais quand j’étais parlementaire ou élu local, et je ne change pas de discours une fois devenu ministre : il nous faut nous débarrasser du numerus apertus.”
“Mais il faut aller plus loin et nous libérer définitivement de la contrainte restante du numerus apertus.”
“(Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback applaudit.) Je précise que l’engagement des docteurs juniors sera évidemment valorisé en zone sous-dense tout comme le sera leur participation à la PDSA, c’est-à-dire à la permanence des soins ambulatoires. Je veillerai à ce que l’ensemble des décrets nécessaires soient prêts avant l’été. Voilà des pistes concrètes pour augmenter tout de suite les effectifs sur le terrain. Pour le succès de cette mesure, je compte sur la participation de tous, de vous tous, dans tous les territoires. J’ai toutefois bien conscience que ce n’est pas suffisant. C’est pourquoi la première de mes priorités est de réussir le choc de formation dont j’ai parlé. La suppression du numerus clausus en 2019 a constitué un premier pas important.”
“Pour y parvenir, il y a des leviers que nous pouvons activer immédiatement : je pense notamment à tout ce que nous avons fait pour sécuriser l’exercice et favoriser la réussite aux EVC, les épreuves de vérification des connaissances, des 20 000 Padhue, ces praticiens à diplôme hors Union européenne qui assurent une part non négligeable de la réponse aux besoins de santé dans nos territoires ; je pense aussi, bien sûr, à l’institution de la quatrième année d’internat de médecine générale, soit 3 700 docteurs juniors qui vont arriver, mieux accompagnés et sécurisés, dans vos circonscriptions dès le mois de novembre 2026 – je travaille sans relâche avec les agences régionales de santé (ARS), les élus locaux et les collectivités territoriales afin d’identifier des terrains de stage diversifiés et en nombre suffisant pour les accueillir dans les meilleures conditions et leur donner envie de rester là où ils s’engagent.”
“Mesdames, messieurs les députés, ma priorité, vous l’avez compris, est aussi la vôtre : il s’agit de consacrer toute notre énergie à former plus de médecins, à augmenter durablement la ressource médicale dans nos territoires et à engager l’ensemble de nos soignants autour d’une nouvelle organisation qui les mobilise. C’est ainsi seulement que nous relèverons de manière structurelle le défi de l’accès aux soins.”
“Je pose alors la question aux 254 cosignataires de cette proposition de loi : lequel d’entre vous serait-il prêt à refuser l’installation d’un médecin sur son territoire ? Je veux éviter à tout prix de fracturer notre système de santé et nos territoires, alors même que nous avons besoin dans ce pays de rassembler pour mobiliser toutes nos forces vives.”
“Sans oublier le risque de perte d’attractivité de l’exercice médical au moment même où notre enjeu est de le rendre attirant. Ainsi, un médecin de moins dans un centre-ville bien doté n’est pas forcément un médecin de plus dans une commune rurale… C’est prendre le risque de finir avec deux médecins de moins partout.”
“Comment imaginer transformer un système sans agir avec celles et ceux qui le font tenir debout et avancer ? Oui, je l’affirme avec clarté : lorsque la contrainte est subie, elle peut s’avérer contre-productive. Et dans la situation présente, vous n’êtes pas sans savoir les risques clairs de déplaquage, de déconventionnement, de départ à l’étranger et même de changement de métier.”
“Par ailleurs, je ne crois pas que l’on puisse gérer la ressource humaine médicale sans tenir compte de l’adhésion des professionnels aux mesures proposées. L’adhésion, c’est fondamental pour une réforme d’ampleur de notre système, dans la santé comme dans l’enseignement, dans le secteur public comme dans l’entreprise.”
“» Je n’ignore pas la nécessité de trouver, à côté du « former plus » et donc du temps long, des solutions à court et moyen terme pour répondre aux préoccupations de nos concitoyens. Nous devons ainsi, d’une part, augmenter durablement nos effectifs grâce à un véritable choc de formation et, d’autre part, mobiliser dès aujourd’hui toutes les ressources dans les territoires, engager tous les acteurs du système de santé et capitaliser sur toutes les initiatives existantes de nature à transformer l’organisation des soins.”
“La première question qu’il faut se poser est donc la suivante : pourquoi y a-t-il une pénurie ? C’est que nous payons aujourd’hui le prix des politiques malthusiennes du passé (Mme Béatrice Bellamy applaudit) , quand on a voulu à une époque rationner l’offre de soins, et donc le nombre de médecins, pour réduire les coûts, celui des consultations et celui des prescriptions de médicaments notamment. Une fois qu’on a compris cela, une nécessité s’impose : celle de former plus, mieux et partout. Nous devons raisonner avec une ambition qui va au-delà du fait de gérer une pénurie. Le docteur Martial Jardel, généraliste et cofondateur de Médecins solidaires, que j’ai rencontré hier dans le cadre d’un groupe de travail, m’a dit : « Je préfère demander un peu à beaucoup de médecins que demander beaucoup à trop peu de médecins.”
“…si votre diagnostic est bon, à savoir celui d’une pénurie, et si votre engagement transpartisan est sincère, il faut se rendre à l’évidence : une pénurie de médecins, même régulée, restera une pénurie.”
“…engagés à vos côtés. La proposition de loi que vous soumettez à notre examen est le fruit d’un travail au long cours effectué avec les meilleures intentions dans l’objectif, que l’on partage, d’une meilleure prise en charge partout et pour tous. Cependant,…”
“Monsieur le rapporteur, le constat que vous et vos cosignataires dressez est évident et je le partage entièrement. Je cite à cet égard l’exposé des motifs de votre proposition de loi : « L’enjeu des inégalités d’accès aux soins n’est pas nouveau, mais l’urgence continue de grandir. » Je voudrais donc commencer en saluant votre investissement sur cet enjeu, investissement auquel vous vous consacrez avec conviction depuis des années. Je veux aussi saluer le travail que vous avez effectué depuis trois ans avec les parlementaires de tous bords…”
“C’est un défi immense auquel nous faisons face, hérité de choix irrationnels faits il y a plusieurs décennies et remis en cause bien tard alors que les besoins de santé de nos compatriotes sont inéluctablement appelés à augmenter sous l’effet conjugué du vieillissement de la population et de la hausse des maladies chroniques, des polypathologies et de la dépendance. C’est un défi encore plus immense quand on pense qu’aujourd’hui, nous formons autant de médecins qu’en 1970… alors que la population française a augmenté de 15 millions d’habitants et qu’il faut désormais 2,3 jeunes praticiens pour compenser un départ en retraite.”
“La semaine dernière encore, j’étais dans l’Allier, venu assister à une réunion publique organisée par Nicolas Ray, et c’est aussi ce qu’on m’a dit : « Nous n’avons pas de médecin, nous n’avons plus de médecin. » Vous savez que je suis un ministre qui n’aime pas forcément rester dans son ministère et j’entends le même constat partout, sans exception et dans tous les territoires, y compris à la montagne, chez moi, dans l’Isère, mais aussi en Savoie, dans le Jura, du Grand Est à l’Occitanie, dans nos communes rurales comme dans nos grandes métropoles.”
“La réalité, nous la connaissons bien. La situation est grave et il nous faut la regarder en face : nous manquons de médecins. Dire cela, ce n’est pas chercher des coupables, ni même régler des comptes a posteriori , c’est seulement énoncer des faits. Cette réalité, c’est celle d’une véritable crise démographique. Vous la vivez chaque jour dans vos circonscriptions puisqu’il y a au moins 577 déserts médicaux en France… C’est le premier sujet sur lequel les Français m’interpellent lorsque je me déplace dans le pays. C’est aussi le premier sujet sur lequel vous, députés de tous les territoires et de tous bords politiques, m’alertez au quotidien, et ce à juste titre. Ancien élu local et député d’un territoire rural, je sais combien c’est une préoccupation de tous, de tous les instants, et qui doit mobiliser l’énergie de tout le monde.”
“Ce soir, c’est un objectif commun qui nous réunit : celui de la lutte contre la désertification médicale qui, comme vous le savez, touche l’ensemble de nos territoires, exacerbe les inégalités de santé et menace le droit de nos concitoyens à avoir accès à des soins adaptés et de qualité proches de chez eux. C’est un enjeu qui n’est pas nouveau mais qui s’enracine et dont les causes sont anciennes. La désertification médicale entraîne une perte de chance pour les Françaises et pour les Français.”
“Il faut faire attention car une prise en charge assurée en nuit profonde peut entraîner une augmentation du délai et une perte de chance, c’est pourquoi, avant de prendre une décision, il faut réfléchir avec diplomatie et posément, avec l’ensemble des acteurs. Je ne doute pas que la Marnaise Catherine Vautrin suivra, comme moi, ce dossier avec une grande attention.”
“Nous manquons de professionnels de santé, c’est pourquoi il faut former davantage de médecins ou d’infirmières – et les former mieux – afin que les hôpitaux, dans nos territoires, disposent de plus de moyens. Cette action doit cependant s’accompagner d’une juste réflexion pour que ces moyens soient employés de la meilleure façon possible. Vous avez cité les exemples de l’accident vasculaire cérébral et de la crise cardiaque. Or ce qui conditionne la qualité de la prise en charge dans ces situations, c’est la possibilité pour le patient d’accéder rapidement à un plateau technique, situé à proximité. On pourra alors enlever le caillot, dans le cas de l’AVC, ou déboucher l’artère coronaire dans celui de la crise cardiaque.”
“En m’interrogeant sur une possible réorganisation de l’hôpital de Vitry-le-François, vous posez la question de la juste répartition des moyens médicaux et paramédicaux sur le territoire. Le premier ministre, qui s’est exprimé ce matin à ce sujet, souhaite que nous formulions des propositions assez rapidement, d’ici à la fin du mois. Je tiens à vous indiquer qu’aucune décision n’a été prise concernant les urgences de Vitry-le-François. J’ai d’ailleurs été en contact encore récemment avec la directrice générale de l’agence régionale de santé. Je salue l’initiative que vous avez évoquée. Ce comité, qui réunit des experts, professionnels de santé, consultera naturellement les élus locaux et les parlementaires. Nous avons bien compris votre préoccupation.”
“C’est à cette condition qu’il sera possible de sensibiliser le grand public sans stigmatiser, mais également d’atteindre les plus exposés pour qu’ils bénéficient de l’accompagnement et des soins dont ils ont besoin. Je remercie donc l’ensemble des parlementaires : vous pouvez compter sur moi pour continuer à travailler et à avancer avec vous, afin de donner corps à votre engagement. Je vous donne rendez-vous en septembre prochain pour le lancement du plan « chemsex 2025 » ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)”
“Ce sera l’occasion de renforcer notre engagement à accompagner les personnes pratiquant le chemsex et à protéger les plus vulnérables, les communautés les plus exposées ainsi que les jeunes, contre les risques associés à cette pratique. Vous l’avez compris, je souhaite que nous concrétisions ensemble cette nouvelle feuille de route à la rentrée de septembre 2025. Mesdames et messieurs les députés, votre mobilisation, qui a embarqué l’ensemble des acteurs concernés, a permis de donner une visibilité nouvelle à ce sujet : désormais, on parle – et on ose parler – de plus en plus du chemsex. C’est déterminant car pour pouvoir mettre en œuvre des politiques publiques efficaces sur un sujet aussi complexe et sensible, qui mêle l’intime et l’illicite, il faut aussi que la parole puisse se libérer.”
“Le projet Arpa-chemsex prend fin mi-2025. Une première restitution intermédiaire, organisée par la direction générale de la santé (DGS) en novembre 2024, a permis d’établir qu’il répond en très grande partie aux demandes formulées dans votre proposition de résolution, madame la rapporteure. Sous réserve d’une évaluation définitive positive, son déploiement et sa promotion pourraient être arrimés à la stratégie nationale de prévention que vous appelez de vos vœux ; l’expérimentation serait ainsi intégrée à notre nouvelle feuille de route globale sur la santé sexuelle – dans ce domaine, je l’ai dit, les travaux et les concertations préparatoires sont en cours d’achèvement. J’attends notamment le rapport du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), que nous espérons recevoir avant l’été.”
“Développée conjointement par la Fédération addiction et par l’association Aides, elle a permis de mettre en place, dans six villes pilotes – Aix-Marseille-Provence, Bordeaux, Lille, Lyon, Montpellier et Paris –, une offre d’accompagnement en réseau pluridisciplinaire spécifiquement pensée pour les personnes pratiquant le chemsex. Le projet vise à rapprocher les structures appartenant au champ de la santé sexuelle de celles qui relèvent de l’addictologie et de la santé mentale, dont l’importance est tout aussi cruciale. Une telle méthode correspond tout à fait à l’approche transversale et populationnelle qui est au cœur de votre proposition de résolution. C’est également le fil conducteur de la feuille de route de la stratégie nationale de santé sexuelle, dont la prochaine édition est justement prévue pour 2025.”
“On pourrait aussi mentionner l’expérimentation menée depuis trois ans dans le territoire de l’Artois, dans le Pas-de-Calais, par l’ARS Hauts-de-France : elle vise à fédérer un véritable « réseau chemsex » mobilisant le centre hospitalier de Lens, le Cegidd, le centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) et les associations du territoire. Cela permet notamment de former les professionnels accompagnant les usagers à leur prise en charge spécifique et de définir des protocoles d’accompagnement communs à l’ensemble des structures d’accueil. Pour renforcer cette dynamique, une expérimentation très prometteuse, Arpa-chemsex – accompagnement en réseau pluridisciplinaire amélioré –, financée par le fonds de lutte contre les addictions, est en cours.”
“Je cite mot pour mot votre exposé des motifs, car je n’aurais pas formulé la chose autrement : « Une politique nationale devra être déclinée dans chaque territoire avec l’appui des agences régionales de santé et des collectivités, afin de construire les réponses les plus adaptées, selon les besoins locaux. » Les exemples sont très nombreux. Chez moi, en Auvergne-Rhône-Alpes, le centre de santé d’approche communautaire lyonnais « Le Griffon », dont la création a été soutenue par l’ARS et l’assurance maladie, propose des consultations spécialisées sur le chemsex.”
“Lesdits parcours se combinent avec d’autres démarches de santé sexuelle, telles que le dépistage ou la délivrance de la Prep. L’approche combinée que je défends consiste aussi à mobiliser localement tous les acteurs – qu’ils soient professionnels de santé, membres d’associations, comme Act Up, élus locaux ou personnels des ARS – investis dans les centres de santé sexuelle, les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic ou les centres de santé communautaires. Ces structures de terrain sont en première ligne : elles permettent de déployer dans chaque territoire des actions ciblées qui répondent à des besoins identifiés. Votre proposition de résolution ne dit pas autre chose, madame Liso.”
“Quelle est la feuille de route ? Elle commence par la pérennisation des centres de santé et de médiation en santé sexuelle (CSMSS), d’ailleurs votée par le Parlement dans la dernière loi de financement de la sécurité sociale. Issus d’une expérimentation permise par l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, ces centres entreront dans le droit commun cette année. Grâce à la pluridisciplinarité des professionnels qui s’y investissent – infectiologues, psychologues, addictologues –, les CSMSS ont la capacité de développer des parcours complets de prévention, de réduction des risques et de prise en charge pour les personnes pratiquant le chemsex, qui représentent environ 40 % de leur file active.”
“Enfin, nous saluons tous l’engagement de Jean-Luc Romero et de l’ensemble des élus locaux sur ces sujets. Ce n’est pas la première fois que l’Assemblée nationale se saisit d’un problème de santé publique pour promouvoir notre action face à de nouvelles pratiques ou à de nouveaux produits qui menacent notre santé collective. Je pense naturellement à la mobilisation au sein de tous les groupes parlementaires qui a permis d’adopter de manière unanime et définitive la proposition de loi visant à interdire les puffs, ou à la lutte contre les usages détournés du protoxyde d’azote – l’investissement des sénateurs et des députés a permis de mieux encadrer la vente de ce produit. Je m’en réjouis, car cela prouve que la méthode que je veux privilégier – construire nos politiques de santé avec le Parlement – fonctionne.”
“Je tiens en particulier à saluer Mme Brigitte Liso, qui s’est emparée de cet enjeu avec conviction. Je connais son investissement de longue date en faveur de la prévention et de la santé sexuelle, notamment au sein du groupe d’études VIH et sida. Ces sujets me tiennent également à cœur. Je veux souligner la dynamique transpartisane en faveur de cette résolution. Je ne pourrais citer tous les parlementaires, issus de différents groupes, qui y ont contribué ; certains d’entre eux se sont exprimés cet après-midi, comme MM. Delaporte, Peu et Peytavie. Cette dynamique dépasse d’ailleurs cet hémicycle, puisque de nombreux sénateurs, comme le président Patrick Kanner, mais aussi beaucoup d’élus locaux et de responsables associatifs, ont signé au mois d’octobre une tribune dans le même sens.”
“Les villes moyennes, les communes rurales et la jeunesse, hétérosexuelle comme homosexuelle, sont plus exposées, notamment parce que l’accès aux produits de synthèse est devenu plus facile sur internet, via les réseaux sociaux et les applications de rencontres. Dans un rapport rendu le 17 mars 2022 au ministre de la santé, le professeur Amine Benyamina estimait que le phénomène concernait entre 100 000 et 200 000 personnes. Il appelait à renforcer notre réponse globale par des mesures de prévention et de réduction des risques à destination de ces personnes et par l’amélioration de leur prise en charge. Tel est bien l’objectif de cette proposition de résolution, initiative transpartisane que je tiens à saluer, qui appelle l’attention sur la nécessité d’une stratégie nationale visant à lutter contre ce phénomène.”
“Enfin, cette pratique compromet la santé mentale – grande cause nationale pour 2025 : à l’addiction s’ajoutent les risques de dépression, de psychose, d’isolement social et de décrochage académique ou professionnel. Si le chemsex est fréquemment associé aux milieux urbains et festifs – on pense ici à la médiatique affaire Palmade –, si cette pratique touche majoritairement les communautés HSH – les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes – et si l’âge médian de ceux qui s’y adonnent est de 37 ans, le phénomène s’est étendu à tous les milieux et à tous les âges ces dernières années.”
“Elles concernent d’abord la santé physique : outre les multiples complications cardiaques – dont je peux témoigner en tant que cardiologue – et les overdoses, la consommation intraveineuse expose à des risques bactériens ; plaies, abcès et nécroses entraînent des dommages potentiellement irréversibles, voire mortels en cas de septicémie. La semaine dernière encore, une soirée a viré au drame à Bordeaux ; en décembre dernier, un jeune homme de 21 ans est décédé à Tourcoing. Il y a aussi des conséquences pour la santé sexuelle : le risque d’infection sexuellement transmissible est accru par les conduites à risques que favorisent les produits.”
“Cela correspond à la définition de la dépendance proposée par le docteur Pierre Fouquet, psychiatre, qui la décrivait au début des années 1970 comme « la perte de la liberté de s’abstenir ». Ainsi, les prises se poursuivent, et les doses augmentent pour que les substances continuent de faire effet : cathinones, méthamphétamines, certains se tournent même vers des produits du quotidien détournés de leur usage comme le GBL, un décapant chimique pour les jantes de voitures utilisé comme euphorisant que vous avez été nombreux à citer. Les conséquences sont pourtant très graves.”
“Avant de saluer l’initiative transpartisane qui nous réunit et de préciser le calendrier que prévoit la feuille de route du gouvernement, je reviendrai brièvement sur la définition du chemsex. Cette pratique consiste à combiner sexe et prise de drogues de synthèse, dans l’objectif de faciliter, de prolonger ou d’intensifier les rapports grâce aux effets psychoactifs et stimulants des produits consommés. Souvent associée à la désinhibition et au plaisir par les usagers, la pratique du chemsex n’a pourtant rien d’un comportement sexuel libérateur. Bien au contraire, elle constitue une spirale d’enfermement dans l’addiction. Une fois pour essayer, de temps en temps, de plus en plus souvent : de fil en aiguille, beaucoup n’arrivent plus à envisager de sexualité sans drogue.”
“Aussi, dans le cas qui nous occupe, convient-il de réaliser d’autres études. Ces cas sérieux requièrent toute notre attention. Il existe une commission de transparence, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail va surveiller la situation. Et je vous garantis que si une imputabilité, telle que définie par le Centre international de recherche sur le cancer, est avérée, ces produits seront interdits. Toutefois, faisons attention et n’agissons pas comme certains pays où l’obscurantisme et les infox règnent. Nous parlons ici d’un sujet important et il faut donc établir un lien de causalité entre les pesticides et les cancers que vous évoquez : s’il s’avère, les pesticides seront, je le répète, interdits. Ne jetons pas l’opprobre sur toute une profession si ce lien n’est pas établi.”
“Il faut déterminer s’il existe ou non un lien de causalité entre l’utilisation d’un produit et des cas de cancer.”
“Mes services sont informés de ces cas de cancers pédiatriques dans le département de Charente-Maritime. Mes premiers mots sont naturellement pour les familles et les patients tant il est vrai qu’il n’y a rien de pire, dans la vie, que de voir ses enfants atteints d’un cancer. Pour pouvoir agir en toute transparence tout en dépassionnant le débat, des réunions vont être organisées par M. le préfet avec les représentants des associations, avec les médecins, les riverains et les agriculteurs. Il faudra également compter avec la Ligue contre le cancer, qui a réalisé l’étude que vous évoquez. Notre pays fonde ses décisions sur des données scientifiques. Quand un agent pesticide est clairement responsable de cancers, eh bien, il est interdit.”
“Comme toutes les drogues, le cannabis est très mauvais pour la santé. Je suis désolé de le dire comme cela, mais la drogue, c’est de la merde, et le cannabis en est une ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR.)”
“J’ai demandé à la Haute Autorité de santé d’évaluer l’intérêt thérapeutique de ces produits en expertisant les études en cours. Le 19 mars, j’ai porté à l’attention de la Commission européenne des textes réglementaires, ce qui permettra à l’ANSM d’autoriser ces traitements si les retours sont positifs. Le gouvernement s’est engagé sur trois sujets : les molécules innovantes, pour réduire les délais de mise sur le marché, les maladies rares et le cannabis thérapeutique, qui doit faire l’objet d’une expertise. Cela laissera le temps aux industriels de constituer une filière française. Soyons très clair : je suis fermement opposé à la légalisation du cannabis. Cela n’a rien à voir avec la question du cannabis thérapeutique. Oui au cannabis thérapeutique si les études confirment son intérêt, mais non au cannabis récréatif !”
“Le cannabis thérapeutique est un sujet très important, sur lequel vous travaillez depuis longtemps. Je m’en souviens bien : le 31 décembre, alors que le premier ministre et moi étions dans l’avion qui nous ramenait de Mayotte, nous avons rédigé la lettre de couverture qui prolonge l’expérimentation jusqu’en mars 2026. Cela permettra aux 1 500 patients dont les douleurs sont actuellement soulagées par le cannabis thérapeutique de ne pas subir une interruption de leur traitement. Ces patients souffrent de pathologies spécifiques – sclérose en plaques, algie vasculaire de la face, raideurs consécutives à un accident vasculaire cérébral – ou bénéficient de soins palliatifs. L’aspect réglementaire est crucial, que ce soit au niveau français ou européen.”
“Il n’est pas question de se justifier, car ce dysfonctionnement n’est pas acceptable, mais sachez que l’ensemble des moyens du ministère et des services de la Cnam sont mobilisés pour le régler dans les meilleurs délais. (Mme Sylvie Dezarnaud et M. Nicolas Ray applaudissent.)”
“L’ensemble des partenaires concernés, la CAF, les impôts et d’autres organismes sont également intervenus. La situation est la suivante : 237 000 arrêts de travail ont été payés depuis octobre, pour un montant de 236 millions d’euros, et 85 % des liquidations sont désormais automatiques ; elles sont réalisées dans un délai moyen de six jours. Certaines difficultés que vous avez évoquées subsistent ; elles ont trait aux accidents de travail et aux maladies professionnelles, qui nécessitent encore un traitement manuel et représentent 15 % des demandes. Nous avons dépêché quarante-cinq téléconseillers spécialisés pour répondre au téléphone ; trente experts répondent manuellement et ils seront cinquante-cinq à la fin du mois pour que, d’ici quelques semaines, l’ensemble du retard soit comblé.”
“Votre question me permet d’exposer la position du gouvernement en réaction au dysfonctionnement que vous avez mis en évidence. En développant un nouveau logiciel, la Cnam avait pour objectif d’améliorer la prise en charge : les résultats ne sont pas au rendez-vous. Cependant, nous avons pu réagir à peu près dans les temps : dès décembre dernier, à notre prise de fonctions, Astrid Panosyan-Bouvet, Catherine Vautrin et moi-même avons mobilisé l’ensemble des forces de notre ministère pour agir. Ainsi, 190 techniciens experts ont été mobilisés et des acomptes ont été versés à 41 600 habitants de Loire-Atlantique et à 15 600 habitants de Vendée.”
“Celui-ci, comme les autres problèmes de santé, nous invite à prendre à bras-le-corps les questions de prévention, comme nous le faisons dans de multiples domaines dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale. Enfin, bravo pour le dépistage que vous organisez aujourd’hui à l’Assemblée. J’avais fait de même au sujet de la prévention des risques cardiovasculaires, car de telles actions me paraissent être une bonne façon de sensibiliser le Parlement. Merci à la présidente de l’Assemblée nationale d’accepter de tels dépistages. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur plusieurs bancs du groupe DR.)”