Yannick Neuder
DR · France
“Ce vote fait honneur à l’ensemble des députés, puisque vous avez été plus de quatre-vingts à cosigner le texte de façon transpartisane. Je voudrais remercier le sénateur Khalifé, qui a contribué à l’amélioration du texte, ainsi que tous ceux qui ont participé à son élaboration, notamment les sociétés savantes – la Société française et la…”
“Quand l’Allemagne consacre annuellement à la prévention 458 euros par habitant, la France en consacre 186, soit 2,3 % de nos dépenses de santé – contre 3,4 % en moyenne dans l’OCDE. Nos soins sont parmi les meilleurs au monde, mais notre prévention compte parmi les moins bonnes.”
“L’article 1 er bis met fin à une absurdité en autorisant enfin les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes à mesurer la pression artérielle. Des millions de Français sont hypertendus sans le savoir. Allons les chercher là où ils se trouvent et misons sur le rôle de ces professionnels de santé dans la prévention. (M.”
“Elles sont la deuxième cause de mortalité, la première cause de handicap acquis et représentent près de 20 milliards d’euros de dépenses pour notre système de santé. Et il y a un chiffre qui devrait nous empêcher de dormir : 80 % de ces drames sont évitables.”
“En commission mixte paritaire, nous avons rétabli le caractère pluriannuel de la stratégie, nous avons levé les verrous qui subordonnaient le dépistage à un avis préalable de la Haute Autorité de santé (HAS) et nous avons rétabli les campagnes en entreprise. Je remercie mon confrère, le sénateur Khalifé Khalifé, pour ses travaux.”
“Comme ministre de la santé, j’ai soutenu la lutte contre les déserts médicaux, la réforme de la formation des soignants et le plan Santé mentale. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR.) Ce virage manquait. Comme cardiologue, je reçois encore chaque semaine des patients qui arrivent trop tard.”
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“Parmi les solutions, je propose notamment de rapatrier tous les étudiants qui sont à l’étranger pour qu’ils finissent leur cursus en France : je souhaite par exemple que l’on puisse accueillir en troisième cycle les étudiants qui sont en cinquième ou sixième année en Roumanie. Dans le lot, il y aura peut-être des pédopsychiatres qui iront exercer dans votre département. Il faut former plus, former mieux, former plus vite : pour ce faire, je ne demande qu’une chose, c’est un budget et des moyens. J’apprécie votre remarque relative au chiffrage et aux moyennes : je suis favorable à une territorialisation des décisions, afin de prendre en compte les spécificités régionales. La différenciation doit permettre un bon maillage du territoire : c’est aux élus de prendre leurs responsabilités en la matière.”
“Je me retrouve dans beaucoup de vos propos. Il est vrai, tout d’abord, que la pédopsychiatrie est complètement sinistrée. Je suis parlementaire depuis 2022. Votre groupe politique fait partie de ceux qui ont voté la proposition de loi que j’avais déposée pour former davantage de soignants. C’est un problème que, malheureusement, je ne découvre pas. J’attends juste que vous me donniez les moyens nécessaires pour former beaucoup plus de professionnels de santé dans le secteur médical. Pour le paramédical, vous savez que c’est au niveau régional que cela se décide. Chaque minute qui nous éloigne de l’adoption d’un budget est une minute de perdue pour la formation. Il faut que nous formions plus de professionnels, et plus vite.”
“Le cas particulier que vous évoquez doit nous donner l’occasion de faire le point avec les directeurs des agences régionales de santé, que je verrai toutes et tous la semaine prochaine, sur les défauts de prise en charge dans les différents territoires et sur le recours aux soins. Je vais voir avec les ARS, notamment avec celle de la région Bretagne, ce qu’elles proposent lorsque des patients ne trouvent pas dans leur département l’offre de soins dont ils ont besoin et que la prise en charge est sectorisée. Cela nous permettra d’établir une sorte de cartographie de l’offre de soins et je reviendrai très vite vers vous.”
“La situation que vous venez d’exposer ne relève pas de la politique, mais de l’aide envers les plus vulnérables et nous devons absolument travailler ensemble là-dessus.”
“Il n’y a pas besoin d’autant d’argent pour mettre ces enfants à l’abri. Je souhaite que nous travaillions ensemble sur ce sujet très rapidement.”
“La question que vous évoquez transcende les oppositions partisanes. Je n’en ai pas connaissance mais je veux que nous en parlions rapidement ensemble pour voir si, à mon niveau et avec vous tous, nous pouvons agir vite. Il ne faut pas perdre une journée, une heure, une minute. L’inaction coûte de l’argent…”
“Concernant le cannabis, ma position est très ferme : oui au cannabis thérapeutique, mais certainement pas au cannabis récréatif, car c’est la porte d’entrée vers des drogues encore plus dures.”
“En faisant exactement ce que vous préconisez ! Vous avez évoqué tous les facteurs de vulnérabilité pour notre jeunesse – le tabac, l’alcool ou les drogues. Vous êtes par ailleurs membre d’un parti de gouvernement et pour répondre à tous les besoins que vous avez listés et que je ne conteste pas, je ne vous demande qu’une chose : donnez-moi un budget ! Donnez-nous un budget, donnez un budget à la sécurité sociale, et nous essaierons de lutter ensemble contre ces pratiques addictives ! N’allez pas imaginer que trois semaines après ma nomination, et à minuit moins cinq, je vais répondre à toutes ces questions. Il faut avancer sur tous ces sujets, c’est certain, mais ce n’est pas en privant notre pays de budget que nous y arriverons. Avançons ensemble.”
“Laissez-moi le temps de découvrir la situation de cet institut, voyons quel Ondam hospitalier sera fixé à l’issue de nos débats et envisageons ensuite la manière dont nous pourrons aider les établissements en difficulté. En tout état de cause, ce n’est pas en refusant de doter la sécurité sociale d’un budget que nous pourrons améliorer la santé des Français. Patient ou soignant, personne ne dira le contraire ! (M. Rodrigo Arenas s’exclame.)”
“Sa liquidation judiciaire pourrait intervenir dans quelques jours. Vous qui provoquez l’instabilité gouvernementale du pays, vous demandez qu’une réponse soit apportée ce soir à une situation instable.”
“Deux ans et demi, soit la durée qui nous sépare de la prochaine élection présidentielle, c’est quasiment le temps de formation d’une infirmière et c’est presque trois promotions d’aides-soignantes. Voilà le temps qu’il nous reste. Pour répondre correctement aux besoins de votre circonscription, il ne suffit pas d’énumérer les différentes structures d’hospitalisation qui ont des problèmes. Ces problèmes ne datent pas d’aujourd’hui et ce n’est certainement pas en privant la France d’un budget de santé et d’un Ondam qu’ils seront réglés. Vous évoquez l’Institut mutualiste Montsouris, mais je n’ai été informé de ses difficultés qu’il y a quarante-huit heures.”
“Justement, les patients – que je rencontrais encore souvent jusqu’en décembre – ne veulent plus de ce type de discussions. Ils veulent de la stabilité, mais pas savoir si telle mesure est de gauche ou de droite. Ils veulent qu’on agisse dans leur intérêt. Il n’y a pas de majorité dans cet hémicycle et il n’y en aura pas demain, quel que soit le gouvernement. (M. Rodrigo Arenas s’exclame.) Un certain nombre des sujets qui clivent notre Assemblée ne seront tranchés que lors de l’élection présidentielle de 2027, où chacun votera selon ses idées. Je ne suis pas d’accord pour que la santé – mentale, mais pas seulement – des Français et celle des soignants soient prises en otage d’ici là.”
“Je vous répondrai sur un ton plus calme que le vôtre. Pourquoi ?”
“On peut considérer que les budgets ne sont pas suffisants, mais il est certain qu’on précarise encore plus les étudiants et qu’on les expose à toujours plus de risques si l’on prive notre pays de budget. Autrement, seuls les étudiants qui ne sont pas en difficulté s’en sortiront. Ce sont bien les plus précaires que protège notre système social.”
“Que Parcoursup soit anxiogène, je l’ai moi-même reconnu, mais convenons qu’il faut bien des dispositifs permettant l’orientation des jeunes. Vous dites qu’il faut former plus de psychologues et, plus généralement, vous évoquez la situation de la médecine et de la santé. Il y a des déserts médicaux partout, mais c’est aussi dans les universités qu’il faut agir ! La réussite de nos étudiants et la complétude de leur parcours scolaire passent par l’accès à la restauration, au logement, aux transports, aux équipements sportifs, aux lieux culturels et à la santé, dans le cadre d’une prise en charge globale. Au risque de me répéter, pour tout cela, il nous faut un budget.”
“Je ne peux pas vous répondre quand vous me demandez combien de psychologues ont été formés depuis que la santé mentale a été proclamée grande cause nationale. À cause de la censure, ce n’est qu’hier que cela a été confirmé, et bien qu’il soit possible de travailler mieux et plus vite, je crains qu’en une nuit nous n’ayons pas formé beaucoup de psychologues. Soit on se contente de se mettre en scène dans de courtes vidéos… (Mme Marie Mesmeur s’exclame.) Je ne vous ai pas interrompue et je ne vous ai pas parlé sur un ton paternaliste. …soit on essaie d’agir sur ce problème, ce qui nécessitera de mobiliser un budget et d’identifier ses causes. Vous en avez d’ailleurs cité un grand nombre, comme la précarité étudiante.”
“Il faut aussi adopter un budget qui permettra à l’association e-Enfance de fonctionner. Nous devons agir de manière responsable. Le rapport rendu par Amine Benyamina et Servane Mouton en avril 2024 est actuellement étudié par mes services. J’espère que nous pourrons appliquer ses recommandations, ce qui suppose que mon ministère dure plus de quatre mois.”
“Vous connaissez probablement ces sujets mieux que quiconque, puisque ce n’est pas la première fois que vous légiférerez en la matière. Je ne rappellerai pas les méfaits des écrans sur l’endormissement, ni le risque d’obésité et les problèmes sociaux induits par la sédentarité. Naturellement, je soutiendrai votre deuxième proposition de loi. Vous soulignez la nécessité d’une stabilité au sein du Parlement, quelles que soient les différences politiques qui séparent les uns et les autres. Vous évoquez la soumission aux écrans et leurs impacts psychologiques et sanitaires sur les enfants ; ce sont des sujets qui ne sont ni de droite ni de gauche. Il importe de responsabiliser les parents pour interdire l’accès à un téléphone portable ou à une tablette à partir d’une certaine heure.”
“Là encore, il n’y a pas une seule solution concernant la santé mentale des jeunes, mais un ensemble de solutions qui nous permettra d’améliorer sa prise en charge.”
“Je vous remercie de parler des maisons des adolescents. Je suis d’accord avec vous, ce sont des structures qui manquent de visibilité et qui gagneraient à être connues et reconnues, avant tout par les familles de ces adolescents, parfois grands adolescents – 11 à 25 ans. On dénombre 125 de ces maisons. Leur doublement est un objectif et j’espère qu’il sera tenu. J’espère aussi que la réaffirmation de la santé mentale comme grande cause nationale nous permettra de mettre un coup de projecteur sur ces structures, pour les faire connaître davantage dans les milieux scolaires et auprès des missions locales, pour mieux les articuler avec la médecine scolaire et la protection judiciaire de la jeunesse. Nous pouvons aussi contribuer à faire connaître ces structures, à les développer et surtout à valoriser leur prise en charge multidisciplinaire.”
“C’est bien d’être vigilants quant à l’accompagnement des agriculteurs, mais ceux-ci ne veulent pas de soutien psychologique (M. Corentin Le Fur applaudit) : ce qu’ils veulent, c’est des prix, pouvoir faire leur travail et nourrir leur famille. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)”
“Si nous voulons vraiment soulager les agriculteurs et leur charge mentale, faire en sorte qu’ils soient moins dépressifs, alors dépêchons-nous de voter la loi d’orientation agricole et de nous doter d’un budget afin de pouvoir accompagner les agriculteurs ! Vous secouez la tête, mais vous ne devriez pas.”
“Agri’écoute, un dispositif que nous connaissons tous, fait un travail de proximité et je remercie l’ensemble de ses bénévoles, qui sont souvent eux-mêmes des agriculteurs. Il y a aussi Agri Sentinelles : au 30 juin 2024, 6 552 sentinelles ont été formées pour mailler le territoire et être à l’écoute des agriculteurs. Les chambres d’agriculture ont également un rôle important dans le soutien des agriculteurs. Enfin, il y a les équipes mobiles de santé mentale, qui assument des permanences décentralisées et qui mènent des expériences, notamment dans les Ardennes. Si on s’écarte un instant du sujet, on constate que les mauvaises conditions de travail sont souvent en cause. On peut évoquer la santé mentale, mais on peut aussi mentionner la faible rémunération au regard du nombre d’heures travaillées.”
“La situation particulièrement difficile des agriculteurs les conduit hélas à être particulièrement exposés au suicide et à d’importants troubles psychologiques. Je pense notamment aux éleveurs confrontés à des attaques de loups, dont l’impact psychologique est probablement sous-estimé, et dont leur rémunération ne tient pas compte. Il faut également rappeler les difficultés des agriculteurs en matière de santé mentale. Ils ont souvent besoin du salaire de leur épouse pour vivre correctement et procurer à leur famille un niveau de vie décent. C’est ce qu’ils me disent dans ma circonscription, et probablement ce qu’ils vous disent aussi. Des mesures de prise en charge existent.”
“Je vous rappelle qu’existent des objectifs de renforcement des compétences psychosociales des enfants et des jeunes dans le cadre d’une stratégie nationale, à l’horizon 2037. Il faut que l’on puisse les appliquer. Or notre pays ne dispose pas de budget actuellement, ni pour son éducation nationale ni pour sa santé – il n’y a de budget pour rien. J’entends tous les maux que vous relevez, en tant que député de proximité, mais quels que soient les ministres et leur volonté d’agir, si l’on ne s’inscrit pas dans la durée et que l’on ne dispose pas d’un budget pour développer des politiques publiques, il n’y aura pas de solution. Si l’on veut être responsable en regard des situations que vous décrivez, il faut que nous agissions ensemble.”
“Vous avez évoqué de nombreux sujets, probablement inspiré par des exemples concrets vécus dans votre circonscription. Nous avons malheureusement tous connu des épisodes de harcèlement dans nos circonscriptions. Je partage votre souhait de renforcer la répression en la matière. Oui, la peur doit changer de camp ; ce n’est pas le harceleur qui doit être maintenu dans l’établissement, c’est à lui de le quitter. Le sujet ressort davantage du champ de l’éducation nationale que de celui de la santé ; mais je n’ai aucune intention de le contourner, bien au contraire. Je transmettrai donc tous ces éléments à ma collègue ministre de l’éducation nationale. Sur ces sujets, qui nécessitent une prise en charge en profondeur, la réponse est encore la même : il faut de la stabilité et un travail sur le long terme.”
“Je vous propose donc de travailler ensemble sur les sujets que vous avez évoqués, particulièrement inquiétants pour notre jeunesse. Mais, dans un premier temps, il nous faut un budget qui, je l’espère, nous donnera des moyens, et, dans un deuxième temps, une politique qui s’inscrira dans la durée afin d’agir au plus vite. Seul, on avance vite, mais je pense qu’ensemble, nous pouvons aller plus loin, dans l’intérêt de notre jeunesse.”
“Oui, vous pouvez compter sur mon engagement pour protéger l’ensemble de nos concitoyens, quel que soit leur âge, en particulier les plus vulnérables comme les adolescents et les jeunes. Ont notamment été évoqués la consommation de drogues, la consommation de psychotropes, la consommation d’alcool et le harcèlement. Tous ces sujets nécessitent des politiques publiques sur le temps long. Au risque de me répéter, je rappelle que pour pouvoir agir, il nous faut d’abord une certaine stabilité. Si vous souhaitez que nous travaillions ensemble, ce ne peut être simplement à l’occasion de ce débat. Du moins nos échanges auront-ils permis d’entendre les propositions des uns et des autres, et il me semble que sur 90 % des sujets, nous pouvons tomber d’accord.”
“Je souhaite également une hausse de l’Ondam, l’objectif national des dépenses d’assurance maladie, qui nous permette de renforcer le plus rapidement possible la formation, d’augmenter les moyens de façon à prendre à bras-le-corps toutes ces questions. Je suis donc tout à fait disposé à travailler avec vous, mais je le répète, il faut voir loin car nous aurons à former les professionnels qui pour l’instant n’existent pas.”
“Il ne serait pas crédible que, trois semaines après mon arrivée, j’aie la réponse à toutes vos questions. Reste que les collectivités d’outre-mer concentrent des difficultés économiques et démographiques supplémentaires, sans oublier l’éloignement du système de formation. Vous avez également parlé de la prise en charge psychologique et psychiatrique dans les prisons, sujet que j’ai déjà évoqué avec le ministre de la justice. Il arrive en effet que des places de prison soient occupées par des prisonniers ayant des problèmes psychiatriques ; ces patients de fait devraient plutôt être pris en charge dans des unités de psychiatrie. Or nous en manquons. Nous nous trouvons à une période charnière de crise de notre organisation politique. C’est pourquoi je propose une pluriannualité de nos budgets.”
“À ce propos, je ne reviendrai pas sur le fait que des adolescents peuvent se voir proposer par certains réseaux sociaux des tutoriels pour mettre fin à leurs jours – c’est tout simplement insupportable. Je sais que des parents ont à raison saisi la justice contre ces réseaux sociaux. Enfin, il faudra nous rapprocher de l’éducation nationale, secteur qui souffre de la même instabilité que celui de la santé. Grâce à des mesures de long terme, nous disposerons de protocoles de santé mentale dans les établissements et pourrons repérer les plus jeunes en détresse.”
“Le suicide représente malheureusement 16 % des décès chez les 15-24 ans et 20 % chez les 25-34 ans. Je ne vous accablerai pas de chiffres, mais il faut savoir que les taux d’hospitalisation ne cessent d’augmenter et que, par défaut d’armement de soignants, nous ne disposons pas du nombre de lits suffisant. La situation est donc très tendue. Il va falloir agir au plus vite pour former plus de soignants et donc rouvrir des lits d’hospitalisation, afin de détendre les systèmes en aval des urgences. Il conviendra en outre de revaloriser les dispositifs de prévention primaire, comme VigilanS, pour accompagner les mineurs, de faire évoluer le 3114 en proposant une connexion permettant de tchatter, d’expérimenter le dispositif ElioS destiné à repérer, sur les réseaux sociaux, les jeunes en souffrance mentale.”
“…et je répondrai de mon mieux à vos questions. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR.)”
“J’ai peut-être été un peu long, mais je ne savais pas exactement ce que vous attendiez de moi…”
“Tout n’est pas blanc et tout n’est pas noir. On doit pouvoir orienter correctement nos étudiants sans forcément les stresser. C’est en tout cas ce que suggère le bon sens. Je conclurai en répondant à M. Mathiasin. Vous avez souligné que les maisons des adolescents étaient peu nombreuses en outre-mer. Nous devons porter un regard particulier sur la santé en général en outre-mer. Malheureusement, depuis trois semaines que je suis ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins, je n’ai pu me rendre que dans les lieux de crise potentielle, qu’il s’agisse de Mayotte ou de La Réunion. On se rend toutefois vite compte de la spécificité de l’outre-mer, où les difficultés sont démultipliées. Je souhaite que nous travaillions sur cette question. Il faut déployer des moyens et réfléchir aux processus de formation.”
“J’ai des enfants qui ont été confrontés à Parcoursup et je sais l’angoisse que ce dispositif a pu provoquer quelques dimanches soirs, quelques nuits.”
“Vous avez demandé un rendez-vous que j’espère pouvoir honorer au plus vite – en tout cas avant l’examen de votre texte dans le cadre de la niche parlementaire de votre groupe. Nous verrons alors si nous pouvons procéder à la généralisation que vous suggérez. Je vous ai déjà répondu, monsieur Le Fur. Monsieur Peytavie, je vous ai également répondu. Lors de l’examen du PLFSS, nous maintiendrons les mesures que nous avons défendues ensemble, notamment l’accès direct au dispositif Mon soutien psy et la possibilité de l’évaluer. Je visiterai volontiers, monsieur Isaac-Sibille, les lieux de l’expérimentation que vous conduisez dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Je retiens votre lapsus, madame Piron, évoquant Parcoursup au lieu de Mon parcours psy.”
“Pour gagner du temps, je préciserai que l’on peut retrouver mon avis sur la question à la page 214 du rapport – j’étais alors rapporteur général, mais cela reste d’actualité maintenant que je suis ministre. Madame Guetté, je ne souhaite pas polémiquer sur les sujets que vous avez évoqués. L’urgence est la cohésion nationale et les Français attendent que nous trouvions des solutions, que nous travaillions vite. Je n’en suis plus à chercher à savoir qui est responsable de quoi : en m’occupant de la santé psychologique et psychiatrique des Français, de la santé des soignants, je veux être le plus pragmatique possible. (Mme Clémence Guetté s’exclame.) Votre proposition de loi sur les moyens de prévention, madame Jourdan, sera probablement l’occasion de revenir sur l’organisation que vous appelez de vos vœux.”
“Nous n’allons pas instituer cette mission dans la minute, mais nous disposons d’un rapport d’information de qualité, présenté par des collègues, et par souci d’efficacité, je vous propose de nous en inspirer. Madame Lorho, vous avez alerté à juste titre sur la hausse incroyable et inquiétante des prescriptions de psychotropes. Outre l’aspect financier, il faut en effet étudier les effets secondaires de ces traitements. Les plans de prévention sur lesquels j’aurai l’occasion de revenir dans la suite du débat doivent retenir comme critère d’efficacité la baisse de consommation de psychotropes, en particulier chez les jeunes. Mme Nicole Dubré-Chirat a coécrit un excellent rapport d’information qui définit cinq axes pouvant servir de base à la proposition de loi que j’appelle de mes vœux.”
“Je souhaite répondre aux questions précises qui m’ont été posées. Je connais votre investissement sur ces sujets, madame Violland. Vous souhaitez que nous agissions. Je ne souhaite que cela, mais de grâce, laissons-nous le temps d’agir ! Mme Bourouaha a évoqué la question des outre-mer, un sujet d’importance, en particulier s’agissant de Mayotte. Les élus mahorais que j’ai rencontrés lors de mon déplacement souhaitent que l’on puisse trouver un soutien psychologique dans chacun des centres communaux d’action sociale (CCAS) des dix-sept communes de l’archipel. Je suis en train d’y pourvoir. Monsieur Allegret-Pilot, les travaux que vous avez évoqués ont été menés avant le covid, or il y a un avant et un après covid. Je regrette les délais observés pour créer une mission interministérielle : ils sont en décalage avec la réalité.”
“Je vous remercie, monsieur le président. Je vais conclure, mais j’avais encore des choses à dire. J’ai déjà parlé dix-huit minutes, me laisserez-vous aller jusqu’à vingt ?”
“L’organisation de la psychiatrie en secteurs a des avantages, mais elle implique aussi une hiérarchisation des urgences quand on passe d’un secteur à l’autre, ce qui peut constituer un frein. Quand un patient ne peut pas être pris en charge dans son secteur, il faut prévoir des dérogations pour qu’il puisse l’être dans un secteur voisin. J’imagine que les petites Zoé sont nombreuses en France. Il faut voir comment on peut, au cas par cas, quand l’offre de soins est insuffisante, la trouver dans d’autres structures – c’est ce qu’on fait pour d’autres pathologies – sans enfreindre les règles.”
“Il faut aussi tenir compte du coût de la mesure, notamment rapporté au nombre de psychologues œuvrant au sein des centres médico-psychologiques. Vous avez été nombreux à dénoncer les délais inacceptables imposés à nos concitoyens, et qu’il faudrait raccourcir. Il faut concilier ces deux paramètres, ne pas avoir à choisir entre l’un et l’autre. Disposons-nous de suffisamment de soignants au sein des CMP ? Il faut adapter les capacités des formations pour pourvoir ces structures qui assurent une prise en charge de secteur. Cette séance est un débat, pas une soirée d’annonces, mais je souhaite que nous retravaillions sur ce point. Le député Le Fur a rappelé que la prise en charge par secteurs pouvait poser des problèmes.”
“Dans la continuité de mon action en tant que rapporteur général puis ministre, une de mes premières décisions a été de signer une lettre de couverture pour permettre à toute personne de plus de 3 ans de bénéficier de ces douze séances remboursées à hauteur de 50 euros à partir du 1 er janvier 2025. Il faut cependant pouvoir évaluer correctement cette prise en charge. Nous devons être pragmatiques : la prise en charge proposée n’est peut-être pas suffisante, mais il faut bien partir de quelque part. Dans un contexte très tendu, avec des gouvernements dont la durée de vie n’a pas permis de mener un travail de fond, il est essentiel d’assurer la continuité des dispositifs qui fonctionnent. La hausse de la rémunération des séances est susceptible d’améliorer l’adhésion des psychologues au dispositif.”
“Je n’étais au départ pas favorable à l’accès direct, mais les arguments de mes collègues en commission m’ont convaincu. C’est ainsi que les travaux parlementaires nous font évoluer : alors que l’on a ses propres convictions sur un sujet, on peut changer d’avis en écoutant des collègues qui connaissent beaucoup mieux la question. Nous veillerons collectivement – le sujet ne m’appartient pas – à ce que l’accès direct soit réintégré au projet de loi de financement de la sécurité sociale. J’avais demandé un rapport portant sur l’accès direct pour évaluer le taux d’hospitalisation, de suicide et de recours aux psychotropes à l’issue de ces douze séances, afin de déterminer si cette prise en charge est efficace.”
“Cette année consacrée à la santé mentale doit être le point de départ d’une politique de santé mentale en faveur de tous, en particulier des plus jeunes. J’espère donc qu’elle permettra de mettre sous le feu des projecteurs ce dispositif sous-utilisé, mal connu et insuffisamment inséré dans le réseau des acteurs. Je tiens aussi à évoquer la stratégie nationale – j’y reviendrai, car il y a des questions sur ce point, notamment sur la prévention primaire et secondaire du suicide par le biais du dispositif d’accompagnement VigilanS, doté d’un numéro de téléphone. J’entends les critiques de Mme Guetté à l’encontre de Mon soutien psy, mais je m’en étonne, car en commission des affaires sociales, nous nous sommes beaucoup battus pour que ce dispositif soit généralisé et pour favoriser l’accès direct. En avez-vous pris acte ?”
“Il nous revient à présent d’analyser les résultats des différentes expérimentations de ce type. En fonction de leur pertinence, il faut envisager la possibilité de les étendre à tout le territoire national. Il est en effet crucial d’ancrer nos décisions dans les territoires. Je ne vois pas l’intérêt d’aller réinventer une autre expérimentation si celle menée à l’initiative du député Isaac-Sibille, qu’il me fera découvrir, peut être généralisée et s’adapter aux spécificités de chaque territoire, qu’ils soient ruraux, urbains, frontaliers ou montagneux. Lors de mon déplacement en Haute-Savoie, samedi, mes interlocuteurs ont notamment insisté sur les particularités des territoires frontaliers. Nous pouvons également renforcer les maisons des adolescents, comme l’un d’entre vous l’a souligné.”
“L’urgence à agir est telle que nous pouvons partir de ces travaux, et je soutiendrai le cas échéant une proposition de loi transpartisane qui s’en inspirerait. S’agissant du déploiement de moyens supplémentaires pour la psychiatrie, la situation est assez paradoxale : les tensions n’ont jamais été aussi fortes dans ce secteur, et elles se font toujours plus aiguës en ce qui concerne les urgences, alors que l’engagement au plus haut niveau de l’État pour mettre au point un plan ambitieux en faveur de la psychiatrie est considérable – je pense notamment à ce qui a été fait entre 2018 et 2021. Nous partons cependant d’une situation qui reste très préoccupante. Des mesures ont été évoquées. Le député Cyrille Isaac-Sibille a ainsi proposé de généraliser l’expérimentation qui a été menée dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.”
“D’autres filières pâtissent de cette désaffection – la gériatrie, les soins palliatifs. Pas moins de 62 % des futurs médecins considèrent la psychiatrie comme une spécialisation moins prestigieuse – je reprends les termes employés dans le sondage –, et pour 37 % des internes, elle fait peur. Le problème n’est donc pas tant les conditions de travail, le statut ou la rémunération que l’image de la profession. Des missions d’information ont eu lieu, bien qu’elles commencent à dater. Nous pouvons certes envisager de procéder à un audit sur les conditions de travail en psychiatrie, mais cela ne doit pas retarder l’amélioration de la prise en charge à laquelle nous devons travailler tous ensemble. Des travaux sérieux ont été menés par deux parlementaires et présentés en commission des affaires sociales.”
“Les pédopsychiatres ne représentent que 5 % des psychiatres en France, soit 780 praticiens – c’est très peu. Que ce soit en tant que député ou comme rapporteur général, j’ai répété que la formation devait être une priorité ; il faut former davantage. Mais former plus de médecins, de psychiatres, de psychologues, de paramédicaux prendra du temps. Je souhaite lancer un grand plan de formation des professionnels de santé et en garder la maîtrise afin d’éviter la fuite de tous ceux, jeunes ou moins jeunes, qui veulent se consacrer aux autres mais ne trouvent d’autre solution que de se tourner vers l’étranger pour se former. Ces filières souffrent aussi d’un problème d’attractivité. Les internes ne les considèrent pas comme des filières comme les autres, vers lesquelles ils peuvent envisager de s’orienter.”