Élisa Martin
LFI-NFP · France
“Vous aurez beau leur mettre sur la tête une casquette de commandant de bord, elles n’arriveront pas à faire décoller le Boeing – ce qui est heureux si on veut éviter les accidents. J’en viens au recours aux caméras-piétons. M. le ministre de l’intérieur dit qu’il est dissuasif et fait baisser les tensions. Je ne sais pas si c’est exact.”
“Je crois que je vais devoir me répéter – comme doivent souvent le faire les femmes. La cause des femmes, la protection contre ce type d’infraction – des infractions majeures et extrêmement fréquentes, dans les transports en commun mais pas uniquement – méritent mieux que cette surenchère pénale, qui n’est qu’une pilule destinée à mieux fa…”
“Vous nous mettez d’une certaine façon dos au mur. Il est évident que l’an prochain nous balaierons tout ça et que notre première préoccupation en matière de police sera d’établir une nouvelle doctrine du maintien de l’ordre et de créer les conditions pour que l’on puisse à nouveau recruter des enquêteurs.”
“Nous entrons dans les dispositions relatives à l’aménagement des peines et au suivi de l’incarcération des personnes. L’amendement vise à supprimer les alinéas qui interdisent au juge de l’application des peines (JAP) d’avoir recours à la suspension ou au fractionnement de la peine.”
“De nombreux rapports ont montré que cette affaire ne fonctionnait pas en s’appuyant sur l’expérimentation menée à l’occasion des JOP de 2024. Vous aviez pourtant paré ce dispositif de toutes les vertus possibles et imaginables mais, dans les faits, c’est un échec.”
“Cet article prévoit de créer une circonstance aggravante lorsqu’une infraction à caractère sexuel est commise dans les transports en commun. Notre position peut sembler contre-intuitive quand on sait que sept femmes sur dix – une proportion considérable – déclarent avoir été victimes d’une telle infraction, dans de telles circonstances.”
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“Ça, des gendarmes et des policiers, il y en a !”
“C’est chez les Grecs anciens que s’appliquait ce principe !”
“Il faut changer de stratégie et s’efforcer d’avoir une vision globale du problème plutôt que de zoomer sur telle ou telle situation – l’hôpital, la prison, ou encore ce que vous appelez le rideau de fer, un point sur lequel je reviendrai. En tout état de cause, nous attendons de voir comment tout cela va se traduire dans le projet de loi de finances (PLF) et nous serons très attentifs à ce que toutes vos déclarations deviennent réalité. À l’inverse, toutes les mesures que vous voulez nous faire adopter afin de limiter les migrations vont s’appliquer très vite, je n’ai aucun doute sur ce point. Mais je vous le dis, en vous attaquant au problème sous ce seul angle, vous ne réglerez rien, et Mayotte n’ira pas mieux.”
“Il s’agit avec cet article d’accentuer le caractère dérogatoire du régime applicable aux parents étrangers d’enfants français en leur demandant de faire la preuve du bon entretien de leur enfant non pas pendant deux ans, mais pendant trois ans. C’est le serpent qui se mord la queue. En effet, si on ne fournit pas un minimum de stabilité aux parents, ils seront évidemment en difficulté dans leur rapport au travail, au droit ou à l’habitat pour pourvoir à l’entretien de leurs enfants dans de bonnes conditions : on ne fait donc qu’accentuer les difficultés, à la fois pour les enfants et pour les familles. Cette mesure dérogatoire imposant une durée de deux ans ne règle rien ; comment pouvez-vous imaginer que, poussée à trois ans – ce que vise à supprimer notre amendement –, elle réglera quoi que ce soit ?”
“Ayons au moins l’honnêteté de reconnaître que la loi qui s’applique à Mayotte restreint d’ores et déjà considérablement les droits des parents d’enfants français, que nous allons redonner un tour de vis qui ne réglera rien. Nous ne donnons de leçons à personne : nous livrons des arguments et nous expliquons tranquillement ce que nous pensons. Il est une certitude qu’il faut néanmoins garder à l’esprit : un bébé papiers, c’est quand même un bébé ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Notre discussion me semble presque gênante, car elle donne le sentiment qu’aucune restriction ne s’applique aujourd’hui aux parents d’enfants français. Or ce n’est pas vrai : à Mayotte, les conditions dans lesquelles vivent ces parents ne sont pas de même nature que dans le reste du pays. Cela est-il efficace ? Non, cela ne règle rien ! Vous vous apprêtez à donner un nouveau tour de vis – d’une manière peut-être un peu démagogue, pardon de vous le dire –, détournant l’attention qui devrait se porter sur les services publics. Nous venons d’entendre que ces derniers s’effondrent ; encore aurait-il fallu qu’ils existent avant cet effondrement ! Nous n’en croyons rien : nous pensons qu’hier déjà, les services publics et les infrastructures faisaient cruellement défaut !”
“Il n’y a pas d’extrême gauche, revoyez la décision du Conseil d’État !”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Léa Balage El Mariky applaudit également.)”
“Considérons qu’il faut investir massivement dans ce territoire qui est le nôtre, car nous devons traiter avec une égale dignité l’ensemble des citoyens français. Créons de bonnes conditions d’accueil. Allons même au bout du raisonnement et imaginons d’autres types de coopération avec les Comores pour que le destin de certains de ces jeunes gens ne soit pas uniquement de fuir la misère. Écoutez-moi, monsieur le ministre, car c’est important. En tant que ministre chargé des outre-mer, vous avez une responsabilité particulière. Vous devez donc répondre aux députés qui vous interpellent sur ce sujet. Ne pensez-vous pas qu’il est temps de changer de stratégie et de mobiliser les moyens financiers et réglementaires nécessaires pour changer la vie à Mayotte – y compris pour ceux qui veulent s’y rendre ?”
“Monsieur le ministre, vous avez dit qu’il fallait se montrer pragmatique. Eh bien, soyons-le ! Songez que, malgré tout l’argent que vous allez gâcher en bâtissant un rideau de fer afin d’empêcher les personnes d’arriver à Mayotte – une mesure qui n’aura aucun effet, sinon de mettre ces hommes et ces femmes encore plus en danger –, nous constaterons, dans quelques années, que rien n’aura avancé. De surcroît, un tel outil ne doit pas cacher la réalité, qui n’est pas tout à fait celle que vous avez décrite. La réalité, c’est, depuis plusieurs années, le manque endémique de services publics et d’infrastructures. D’ailleurs, cette situation dit quelque chose du rapport qu’entretient l’Hexagone, la métropole – j’emploie le terme à dessein – avec Mayotte. Changeons de stratégie, changeons de cap.”
“Au lieu de nous proposer une véritable loi de programmation budgétaire et de convergence sociale immédiate, vous préférez ériger un mur technologique, destiné à empêcher toute personne d’arriver. Ce sera vain – autant se le dire maintenant –, car c’est la misère, et rien d’autre, qui pousse les gens à migrer. Ce n’est pas ce que nous attendions. Nous attendions une loi de programmation budgétaire et certainement pas un rideau de fer, comme vous l’appelez vous-même. Il est d’ailleurs scandaleux d’oser utiliser une telle expression, car le rideau de fer auquel vous faites indirectement référence a fracturé l’humanité en deux pendant des dizaines d’années. C’est pourquoi nous demandons la suppression de l’article 2. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“À Mayotte, 77 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Ce territoire se caractérise avant tout par un manque criant d’infrastructures et de services publics – écoles et hôpitaux, par exemple. Qui en est responsable ? Les étrangers, comme vous voudriez nous le faire croire, afin de pouvoir vous servir de Mayotte comme d’un laboratoire où vous voulez expérimenter des mesures que nous osons qualifier de xénophobes ? Le Conseil d’État lui-même lève l’hypocrisie en soulignant que les mesures que vous proposez rendent toute régularisation impossible, d’autant qu’après le passage du cyclone Chido, nombre d’habitants de Mayotte ont tout perdu, y compris leurs documents administratifs.”
“Ce qui importe, c’est que cette possibilité soit inscrite dans la loi – votre avis nous indiquera si vous souhaitez réellement favoriser le vote des détenus, conformément à la volonté exprimée en 2019 par le président de la République.”
“Vous avez raison, monsieur le rapporteur : nous ne cessons de battre les records du nombre de personnes détenues dans notre pays. (Mme Marie Mesmeur applaudit.) Je me permets néanmoins de vous rappeler que, sur ces 82 000 personnes, 25 % ne pourront pas sortir parce qu’elles se trouvent en détention préventive. De surcroît, comme cela est indiqué dans l’exposé sommaire de l’amendement, tout dépend de la situation de la personne. Je pense que nous nous comprenons parfaitement. Il s’agit de donner aux détenus une possibilité supplémentaire de voter. Nous verrons quel avenir vous réservez au vote par correspondance, mais ce n’est pas ce qui importe.”
“Je reprends donc. Cet amendement vise à inscrire dans la loi, parmi les motifs de sortie, le fait d’aller voter. Ce n’est en effet pas le cas actuellement.”
“Cet amendement vise à inscrire dans la loi,… (Brouhaha persistant.) Monsieur le président, je refuse d’intervenir dans un tel brouhaha.”
“Selon le président d’une association qui milite contre les violences routières, la proposition de loi ne va pas assez loin. Il a raison, de notre point de vue. Il veut dire par là que l’on ne prend pas de mesures concrètes pour lutter contre la violence routière – c’est, je le rappelle, la deuxième partie du titre de la proposition de loi. De surcroît, les professionnels du droit sont très inquiets. Ils disent : « Le mieux étant toujours l’ennemi du bien, ce vœu risque cependant d’induire de sévères difficultés pratiques en matière de preuve rapportée de l’intention, comme dans l’organisation judiciaire. […] Outre le sentiment d’inachevé, les parties civiles font le constat d’une triste habitude à recourir à l’inflation législative, là où il suffisait simplement d’appliquer dans les prétoires un arsenal répressif d’ores et déjà existant.”
“Encore une fois, il s’agit d’un amendement de suppression. Cette visite médicale ne nous pose pas vraiment de problème, encore qu’il faille pouvoir trouver un médecin dans les soixante-douze heures – et il peut s’en passer, des choses, en soixante-douze heures ! Mais, encore une fois, nous loupons l’objectif affiché : lutter contre la violence routière. C’est bien ce qui est écrit, n’est-ce pas ? Regardons l’histoire. En 1972, il y a eu 16 500 morts sur les routes, un chiffre qui dépasse l’entendement. Ce qui a permis de le faire baisser très nettement, ce sont des mesures comme le port obligatoire de la ceinture, y compris à l’arrière, le port du casque obligatoire pour les deux-roues… Bref, des mesures concrètes de protection des usagers de la route, dont les piétons font partie.”
“Or les Français sont les premiers consommateurs de produits psychotropes. C’est donc que cela ne marche pas ! Je réitère ma question : quand allons-nous travailler sur les sources réelles des morts et des accidents très graves sur la route ?”
“Ne nous payons pas de mots. Dès le début de l’examen du texte, nous avons affirmé notre réticence sur deux points : la création de la catégorie d’homicide routier et la surenchère pénale que ce texte implique. De fait, les propos de M. le rapporteur tombent. Permettez-moi de répondre sur le prétendu effet préventif des sanctions. S’il suffisait d’aggraver les peines pour résoudre les problèmes qu’elles visent à réprimer, cela se saurait ! Ce n’est pas vrai, et vous le savez bien. Vous faites allusion aux stupéfiants – c’est un véritable sujet en matière de sécurité routière, au même titre que l’alcool. Vous savez fort bien que la France dispose de la législation la plus dure d’Europe en la matière ; si l’on suivait votre raisonnement, elle devrait être la plus efficace en termes de prévention.”
“Nous sommes là au cœur de nos craintes. Vous considérez d’abord qu’il y a une question de vocabulaire. Nous avons dit que cette modification sémantique compliquait le travail des juges. Ensuite, vous vous inscrivez dans une logique de surenchère pénale, ici par le biais d’amendes forfaitaires délictuelles. Vous savez que nous sommes très réticents à l’égard de ce type de sanctions, qui ne permettent pas l’individualisation de la peine. Ces dispositions – qui résultent d’un amendement adopté en commission – tordent quelque peu la philosophie générale du texte. Nous redoutons qu’une fois cette proposition de loi votée, la notion d’homicide routier établie et la logique de surenchère pénale entérinée, on considère à tort que le travail est achevé. Or nous n’aurons rien réglé.”
“Saulignac vient de le dire, cette mesure ne règle rien : il n’y aura pas un seul mort de moins sur les routes de France ! (M. Philippe Vigier s’exclame.) C’est à cette mortalité qu’il faut s’attaquer, et nous ne prenons pas les choses par le bon bout.”
“Vous garderez vos insultes pour vous : elles n’ont aucune espèce d’importance. Quant au reste, j’entends les propos d’Hervé Saulignac ; il est certain qu’il y a là une question de vocabulaire, que les mots peuvent parfois rasséréner, si peu que ce soit, les personnes confrontées à un tel malheur. Le problème tient au fait que nous touchons au code pénal, risquant par là même que cette nouvelle notion embarrasse les magistrats, alors que celle de circonstances aggravantes doit jouer à plein lorsque quelqu’un adopte un comportement objectivement dangereux – boire, consommer je ne sais quoi, rouler trop vite –, ce qu’il convient de réprimer. Sur ce dernier point, nous n’avons aucun désaccord ; la difficulté, je le répète, réside dans les conséquences de ce vocabulaire. Je me permets en outre d’insister sur le fait que, comme M.”
“Enfin, mais cela suppose de s’attaquer au lobby de la voiture, pourquoi ne pas imposer des éthylotests antidémarrage ?”
“Rien n’est dit non plus de la prévention, particulièrement à l’égard des jeunes gens, qui devraient pouvoir mesurer objectivement les effets sur leur cerveau de l’alcool et autres substances – aux vieux, du reste, cela ne ferait peut-être pas de mal non plus ! Rien n’est dit de la conduite accompagnée, le modèle en la matière : les jeunes conducteurs ayant bénéficié de ce dispositif provoquent et subissent moins d’accidents que les autres.”
“…où surviennent malheureusement beaucoup de morts. (Murmures sur les bancs des groupes EPR et Dem.)”
“…tel ou tel acte que nous éviterons qu’il soit commis. Enfin, le cœur du problème réside dans la création d’une catégorie juridique complexe, un peu floue, difficile à attraper pour les magistrats, alors qu’il n’est pas question au sein de ce texte de donner, par exemple, aux départements les moyens d’entretenir correctement les routes départementales,…”
“Sans doute cette intervention est-elle un peu difficile, mais nous nous devons de faire preuve de franchise et de sincérité ; c’est la raison pour laquelle nous proposons en effet la suppression de cet article. Tout d’abord, cet homicide routier introduirait de l’ambiguïté au sein d’une structure claire, sur laquelle peuvent s’appuyer les magistrats : d’un côté l’homicide involontaire, de l’autre l’homicide volontaire – l’expression dit bien ce qu’elle veut dire. Il est entendu que les magistrats savent déceler les circonstances aggravantes. Ensuite, nous ne croyons pas à l’efficacité de la surenchère pénale : ce n’est pas en condamnant davantage…”
“On ne s’en cache pas ! On veut une vie douce ; une vie ralentie !”
“Les plus vulnérables, vous pourriez vous en préoccuper avant qu’ils meurent !”
“L’enseignement public doit avoir pour objectif de développer l’esprit critique car il n’y a pas de citoyenneté sans esprit critique. Il faut permettre aux étudiants d’exprimer une juste révolte quand ils constatent que nous leur bâtissons un monde qui ne peut leur convenir, dans lequel des femmes et des enfants meurent sans cesse sous les bombes dans une grande indifférence. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“J’évoquais à l’instant une exclusion prononcée après le déploiement d’une banderole lors d’un match de football. Le fait que la loi autorise à sanctionner des faits n’ayant pas eu lieu dans l’établissement d’enseignement lui-même nourrit notre inquiétude. C’est comme si nous étions en train d’inventer une forme de justice d’exception : au motif que vous fréquentez un établissement d’enseignement supérieur, sa direction pourrait vous sanctionner pour des faits commis lors de tout type d’activité, y compris en dehors de l’établissement. Espérons que les étudiants resteront libres de s’exprimer comme ils l’entendent chez eux ! Nous ferions mieux de nous interroger sur le sens de l’enseignement supérieur dans notre pays, sur la manière d’enseigner et sur les outils donnés aux étudiants pour s’épanouir intellectuellement.”
“Or, si l’article était adopté dans sa rédaction actuelle, ce type de sanction deviendrait légitime. Au fond, je suis particulièrement fière de ces étudiants ; ils font preuve de cet esprit critique dont l’apprentissage relève de la mission de l’université et du service public de l’enseignement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Caroline Yadan s’exclame.) Ils ont raison d’être révoltés du traitement infligé aux enfants et aux adultes gazaouis. Voilà les raisons objectives pour lesquelles nous refusons que l’Assemblée nationale adopte cette rédaction. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il vise à supprimer, dans le motif de sanction 5 o , la mention du « bon déroulement des activités ». Cette expression est trop vague et liberticide. Elle emporte toute une série d’entraves au fait syndical, au fait associatif et à la liberté d’expression. Je vais vous raconter ce qui s’est passé à l’Institut d’études politiques de Grenoble. Après un match de football, des jeunes gens ont déployé une banderole sur laquelle était écrit : « Sciences Po : l’ouverture au monde s’arrête à Gaza ». Le jeune homme ayant utilisé une image de cette banderole dans une story, c’est-à-dire sur un réseau social où il s’exprimait en son nom propre, a été sanctionné et exclu de l’association sportive. Mesurez tout de même notre émotion ! Cette exclusion est illégitime et inacceptable.”
“Cet amendement vise à garantir le meilleur aux référents des missions « égalité et diversité ». Il nous semble indispensable qu’ils soient formés et qu’ils disposent de l’expertise adéquate pour recueillir des témoignages forcément sensibles et les traiter correctement. C’est pourquoi nous proposons de substituer « et » à « ou » dans l’alinéa 12 de l’article 2.”
“La réponse de la rapporteure et du gouvernement, qui avancent des raisons institutionnelles pour arguer de l’impossibilité de nommer ces vice-présidents, ne peut pas nous satisfaire. Depuis le début du débat – mené, j’en conviens, de façon fort particulière –, vous mettez en exergue la nécessité absolue de lutter contre l’ensemble des discriminations et préjugés liés à une religion supposée, une race, une couleur – bref à tout ce qui relève du code pénal. Par cet amendement, nous proposons une mesure concrète ; il serait bon que nous trouvions ensemble les voies et moyens de la mettre en œuvre afin que, à l’intérieur des Crous – qui gèrent l’hébergement, la restauration, l’aide sociale spécifique destinée aux étudiants –, il devienne possible de mener des politiques transversales pour lutter contre les discriminations.”
“Si vous êtes tellement sensible à l’amour de la langue française, soutenez l’école publique !”
“Combien de vies ont-elles été sauvées ? Combien de consommateurs en moins compte-t-on grâce à vos décisions ? C’est là que nous vous attendons. Vous l’aurez compris, nous voterons pour cette motion de rejet !”
“Lorsque les défenseurs des droits et des libertés – la Ligue des droits de l’homme, la Défenseure des droits – dénoncent vos propos, la seule chose que vous trouvez à dire, monsieur le ministre de l’intérieur, c’est qu’ils sont du côté des narcotrafiquants. « La Ligue des droits de l’homme fait le jeu des narcotrafiquants et des voyous qui vivent de ce commerce de la mort », dites-vous. Quelle honte ! (« La honte ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Vous n’avez aucune limite pour délégitimer la parole de ceux qui vous critiquent. Non, messieurs les ministres, demander le respect de l’État de droit et des droits fondamentaux, ce n’est pas être du côté de ceux qui enfreignent la loi ; c’est vouloir vivre dans une société qui refuse l’arbitraire et l’autoritarisme. Vous devriez être les gardiens de ces principes.”
“Pourtant, vous devez savoir que retirer son humanité à une personne la déshumanise – vous avez dû lire Les Misérables de Victor Hugo. Et puis, allons au bout de vos contradictions : en quoi la société sera-t-elle mieux protégée lorsque ces détenus sortiront de prison sans qualification, sans famille, sans travail ? Avec vos mesures, il n’y a plus de réinsertion, et sans réinsertion, il n’y a pas de lutte contre la récidive. Il n’est plus à démontrer que le système carcéral, surtout tel que vous l’imaginez, crée les criminels. C’est votre idéologie qui nous met en danger ! De surcroît, pour transformer des délinquants en repentis – logique que nous approuvons –, il faut susciter leur adhésion et leur fournir des garanties de protection pour leurs proches et eux-mêmes, et non les livrer à la torture, fût-elle blanche.”
“Au motif que les procédés sont techniquement faisables, vous voulez les mettre en œuvre sans aucune réflexion critique. Or ces techniques sont par nature liberticides : c’est le cas de la vidéosurveillance, de la vidéosurveillance algorithmique et, demain, de la reconnaissance faciale – vu votre état d’esprit, nous ne doutons pas que vous chercherez à l’introduire, mais nous ferons tout pour vous en empêcher. Avec vos mesures de détention spéciale, vous attentez à la dignité. Finirons-nous avec les modèles de prison « supermax » à l’américaine ? L’isolement quasi total et l’absence d’activité sont des tortures psychologiques qui vont bien au-delà de la privation de liberté. Nous savons bien que, pour vous, s’agissant de celles et ceux que vous qualifiez de criminels, il n’y a pas lieu de parler d’humanité.”
“Je rappelle que seul le ministre de l’intérieur défendait cette mesure qui risque de faciliter l’espionnage des puissances étrangères – un comble ! Pour vous, la technopolice est une solution miracle dont les capacités sont sans cesse renouvelées grâce aux progrès techniques.”
“Nous avons déjà la réglementation la plus sévère d’Europe ; pourtant, rien ne change et tout s’aggrave. Vous ne poursuivez qu’un objectif, la répression, et pour l’atteindre, vous êtes prêts à tout, y compris à nier les droits fondamentaux. Sur ce point, vos mesures sont bien fournies : loi après loi, vous vous en prenez aux droits de la défense ; en l’occurrence, l’atteinte passe par le dossier coffre. L’accès à la défense est pourtant une base fondamentale du droit à un procès équitable. (M. Ugo Bernalicis applaudit.) Avec les mesures d’écoute et de sonorisation, vous vous attaquez également à la vie privée. Votre obsession de la surveillance généralisée vous amène à élargir sans retenue ses possibilités. Nous avons heureusement échappé aux back doors , qui auraient fragilisé les messageries en les ouvrant aux quatre vents.”
“De quoi avez-vous peur au fond, messieurs les ministres ? Entrons dans les propositions concrètes du texte. La création d’un parquet spécialisé, voilà un beau coup de communication ; mais quelle sera l’efficacité d’une juridiction sans moyens humains et financiers ? Car c’est cela qu’il faudrait : des moyens et des enquêteurs ; c’est l’unique solution pour remonter à la tête des réseaux et s’attaquer enfin au plus haut du spectre. Mais non, vous préférez, comme toujours, vous en prendre aux plus faibles. Vous avez trouvé une nouvelle façon de les expulser de leur logement. Soyons honnêtes, cela n’aura absolument aucun impact sur le trafic ; en revanche, la vie de familles entières pourrait se trouver bouleversée. Plus qu’inutile, c’est une mesure méprisable. Entre vieilles recettes et coups de com’, vos propositions sont inefficaces.”
“La légalisation est la seule option qui n’a jamais été tentée et que vous refusez obstinément et aveuglément. Ce serait pourtant une réflexion à mener, si vous n’empêchiez pas le débat par principe. Les options de légalisation sont multiples, comme le montrent les différentes législations adoptées dans d’autres pays. Au sein du groupe La France insoumise, nous proposons par exemple un modèle de régulation renforcé et contrôlé. Un rapport et une proposition de loi sont prêts ; qu’en pensez-vous ? Avez-vous pris ne serait-ce que la peine de les consulter ? Vous ne pouvez pas balayer d’un revers de main ce travail parlementaire sérieux et étayé, comme si c’était une solution impensable.”
“…que vous ne cessez de précariser davantage. C’est d’ailleurs toujours la même classe sociale qui est visée – on le voit notamment lors des contrôles au faciès. Comme l’explique très bien Johann Hari dans son ouvrage La Brimade des stups – quel beau titre ! –, la prohibition vise toujours une catégorie sociale ou une partie de la population que l’on souhaite mettre au ban de la société.”
“Cela signifie que vous êtes indifférents au sort de ceux qui se font embarquer – évidemment, puisque ce sont essentiellement les jeunes garçons des milieux populaires,…”
“Rien, non plus, sur la prévention, singulièrement celle de l’entrée en trafic. Pourtant, les mécanismes sont connus : contraction d’une dette, enrôlement progressif et subtil où l’on se retrouve coincé.”
“L’organisation du trafic de stupéfiants fait rêver tout bon capitaliste : pas de droit du travail, aucune norme de production, aucune traçabilité, pas de comptes à rendre, pas d’impôts, et tout cela sur un marché très juteux ! La prohibition empêche toute régulation de la nature du produit ; tout passe sous les radars. Elle prospère sur la misère et expose à des dangers majeurs tous les intervenants, de la nourrice à la mule, du guetteur aux victimes collatérales. La seconde source du trafic se trouve bien sûr dans la demande. De cela, vous ne parlez jamais. Où sont les politiques sanitaires ? Comment comptez-vous tarir le marché à la source ? Malgré vos politiques répressives, le nombre de consommateurs de produits en tout genre ne fait qu’augmenter. Où sont vos propositions pour lutter contre ces addictions ?”
“Pour dissimuler vos échecs, vous êtes décidément prêts à tout, même à recycler de vielles dispositions, supprimées car inopérantes. Pendant ce temps, la prohibition fait de la drogue un produit à haut rendement financier, objet de toutes les convoitises, source de toutes les mises en danger. C’est elle qui crée un marché, lequel se partage à coups d’intimidations et de violences en tout genre, de règlements de comptes et de balles perdues – procédés qui lui sont inhérents. C’est elle qui fait que, malgré les risques, des trafics continuent d’être organisés depuis la prison. En son sein se reproduisent tous les mécanismes : entrée en consommation, enrôlement plus ou moins forcé, concurrence libre et non faussée, et, lorsque nécessaire, corruption.”