Hadrien Clouet
LFI-NFP · France
“La proportion d’assistantes et assistants familiaux déclarant n’avoir jamais connu un contrôle de leur activité atteint 68 %. En outre, ces professionnels sont les premiers à déplorer le caractère extrêmement hétérogène des contrôles existants.”
“Pour protéger les enfants, il faut sécuriser le métier. Il convient donc d’assurer des contrôles réguliers des assistantes et assistants familiaux sur l’ensemble du territoire national.”
“C’est pourquoi nous avons besoin de cette loi qui garantira à chacun le droit de disposer de soi jusqu’aux derniers instants. Le groupe La France insoumise s’est engagé dès l’origine en faveur de ce texte.”
“Ce cadre est équilibré, c’est pourquoi nous devons voter ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cette proposition de loi s’inscrit dans la continuité des quatre grandes lois qui font désormais l’objet d’un consensus dans notre assemblée. La loi de 1999 a reconnu le droit au soulagement de la douleur.”
“J’espère qu’ils évolueront de la même manière, au regard du présent texte, après qu’il aura été adopté. Il y a deux cohérences dans cet hémicycle : la cohérence de celles et de ceux – les Insoumis, mais pas seulement – qui ont défendu le droit opposable aux soins palliatifs et le droit à mourir dans la dignité ; en face, la cohérence d’un…”
“En réalité, il est légal depuis la Révolution française. Un des premiers actes de la grande révolution a été de décider qu’on ne dégradera jamais le corps d’un individu en fonction de la manière dont il est mort. Nous poursuivons donc, contre vous à droite, l’œuvre de la Révolution. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
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“Pour protéger les enfants, il faut sécuriser le métier. Il convient donc d’assurer des contrôles réguliers des assistantes et assistants familiaux sur l’ensemble du territoire national. L’objectif de cet amendement est de ramener la périodicité des contrôles de cinq à trois ans, pour renforcer la protection des enfants et sécuriser l’activité. C’est donc une mesure d’intérêt général. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“La proportion d’assistantes et assistants familiaux déclarant n’avoir jamais connu un contrôle de leur activité atteint 68 %. En outre, ces professionnels sont les premiers à déplorer le caractère extrêmement hétérogène des contrôles existants. Ils souhaitent au moins un retour d’expérience sur ce qu’ils ou elles font – ce qui marche, ce qui ne marche pas. Leur activité est d’une complexité extrême, au croisement de la vie professionnelle, de la vie familiale et de l’intime. C’est autour de leur travail que se construisent les plus petits, autour de l’affection reçue dans ce cadre. Si ces professionnels déplorent la rareté des contrôles, c’est aussi parce que cette rareté laisse passer les quelques cas problématiques, détectés trop tard, ces scandales étant de nature à éclabousser l’ensemble de la profession.”
“Aujourd’hui, par notre vote, nous donnons corps à cet engagement décennal. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)”
“En 2012, place de la Bastille, Jean-Luc Mélenchon annonçait déjà que nous lutterions sans répit pour la reconnaissance du droit à choisir sa propre fin et à mourir dans la dignité. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“En réalité, il est légal depuis la Révolution française. Un des premiers actes de la grande révolution a été de décider qu’on ne dégradera jamais le corps d’un individu en fonction de la manière dont il est mort. Nous poursuivons donc, contre vous à droite, l’œuvre de la Révolution. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Christophe Bentz s’exclame.) L’aide à mourir correspond à une réalité anthropologique. D’une manière ou d’une autre, toute société la pratique. La question est de savoir si cette pratique doit rester clandestine ou s’il faut lui donner un cadre légal : donnons-lui un cadre légal ! Pour les militantes et les militants de La France insoumise, le vote d’aujourd’hui est l’aboutissement de décennies d’engagement politique.”
“Le vote d’aujourd’hui, s’il est transpartisan, n’en marque pas moins la défaite de toute une palanquée d’officines ultraréactionnaires : Alliance Vita, Opus Dei, Fraternité Saint-Pie X et Sainte Geneviève Paris. Ces gens-là seront défaits – tranquillement, paisiblement, mais fermement – par notre vote. (Mêmes mouvements.) Tout à l’heure, la collègue Mansouri a cité Camus. Permettez-moi de le citer à mon tour : « La mort pour tous, mais à chacun sa mort. » Citons Camus, mais citons-en les bons passages ! J’ai entendu le collègue Bentz dire que nous voulions légaliser le suicide.”
“J’espère qu’ils évolueront de la même manière, au regard du présent texte, après qu’il aura été adopté. Il y a deux cohérences dans cet hémicycle : la cohérence de celles et de ceux – les Insoumis, mais pas seulement – qui ont défendu le droit opposable aux soins palliatifs et le droit à mourir dans la dignité ; en face, la cohérence d’une extrême droite qui s’est opposée aux deux. Oui, il y a un parti que j’oserais appeler le parti de la vie, qui pense que l’existence n’a de sens que dans la joie et le bonheur propres de l’individu, selon la conception qu’il s’en fait. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il y a aussi un parti qui veut donner à la mort les clés des derniers instants de l’existence – des derniers mois de la survie humaine.”
“Enfin, la loi Claeys-Leonetti de 2016 a permis de laisser mourir à quelques encablures du décès. Cette proposition de loi l’étend, en laissant à la personne concernée le soin de déterminer précisément ce moment. Je remarque que beaucoup de ceux qui ont défendu la loi Claeys-Leonetti au cours de nos débats s’y étaient fermement opposés à l’époque.”
“Ce cadre est équilibré, c’est pourquoi nous devons voter ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cette proposition de loi s’inscrit dans la continuité des quatre grandes lois qui font désormais l’objet d’un consensus dans notre assemblée. La loi de 1999 a reconnu le droit au soulagement de la douleur. Notre texte, qui s’adresse précisément aux situations où la douleur ne peut plus être soulagée, en constitue le prolongement. La loi Kouchner de 2002 a reconnu le droit de refuser un traitement. Or ce texte sur la fin de vie vous accorde la liberté de partir si vous ne supportez plus le traitement proposé. La loi Leonetti de 2005 a reconnu la dignité du mourant. Le texte qui nous est soumis laisse la personne juge du moment où sa dignité lui paraît atteinte.”
“C’est pourquoi nous avons besoin de cette loi qui garantira à chacun le droit de disposer de soi jusqu’aux derniers instants. Le groupe La France insoumise s’est engagé dès l’origine en faveur de ce texte. Je veux saluer le travail de la corapporteure Élise Leboucher, qui illustre le caractère large et transpartisan de cette démarche visant à reconnaître un droit nouveau. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. le rapporteur général applaudit également.) Ce texte repose sur un cadre strict que je veux rappeler. Seules pourront accéder à l’aide à mourir les personnes qui en auront fait la demande de manière libre et éclairée, qui seront atteintes d’une affection grave et incurable, qui éprouveront des souffrances réfractaires aux traitements et dont la situation aura été examinée par des professionnels de santé volontaires.”
“Certains disposent d’un carnet d’adresses leur permettant de bénéficier à domicile d’une aide à mourir clandestine. Pour les autres, point de charité ni d’espérance : ils devront endurer leurs souffrances jusqu’au bout. La réalité, c’est que la fin de vie est déjà organisée, mais de manière cachée. Certains croisent le chemin d’un médecin compatissant qui leur laisse le contrôle de la pompe à morphine jusqu’à la dose fatale. D’autres bénéficient de la sédation profonde et continue, à condition d’être à l’article de la mort. Aucune de ces situations n’est acceptable. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“« Ce n’est rien de mourir, c’est affreux de ne pas vivre », écrivait Victor Hugo. Ne pas vivre, c’est la situation dont témoignent des centaines de personnes dans notre pays. Elles subissent des douleurs continues, persistantes et sans espoir, et ne demandent qu’une chose : partir paisiblement. Aujourd’hui, que peuvent-elles faire ? Les plus aisées peuvent se rendre à l’étranger, dans des cliniques privées ou dans le cadre d’un régime général de sécurité sociale.”
“La citation la plus éculée du débat parlementaire !”
“Ne prétendez donc pas qu’il s’agit de réduire la liberté d’expression : les gens ont le droit de parler, de donner leur opinion, de discuter entre eux – c’est un droit fondamental. En revanche, ils n’ont pas le droit d’empêcher physiquement, d’exercer une contrainte morale ou de mettre à mal celui qui souhaiterait user de son droit à disposer de lui-même. Cet amendement cible donc une série d’officines dont chacun connaît les noms dans le pays : l’Opus Dei, Alliance Vita, la Fraternité Saint Pie X et d’autres. Il faut aussi dire qui l’on affronte ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)”
“Il s’agit là aussi de rétablir le délit d’entrave dans la mesure où reconnaître le droit à disposer de soi n’a de sens que si cette faculté peut s’exprimer librement, sans être bloquée ou obstruée par des forces extérieures. Nous nous inspirons là du modèle du droit à l’interruption volontaire de grossesse, qui ne tolère pas que celui-ci soit empêché. Nous parlons bien d’empêcher. Il ne s’agit pas de discussions avec des proches, de débats entre des personnes qui exposeraient leur opinion quant au fait de recourir à tel ou tel droit, mais d’une entrave, c’est-à-dire de pressions morales ou psychologiques exercées sur une personne et d’allégations qui visent à désinformer et mentir.”
“Vous révélez ici que vous souhaitez revenir sur la clause de conscience telle qu’elle existe dans le droit français pour les femmes qui avortent. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP . )”
“La clause que vous critiquez n’est donc pas une disposition incomplète ; elle n’est pas moins complète que pour d’autres actes. Cela nous rappelle une chose très simple : le RN est toujours défavorable au droit à l’interruption volontaire de grossesse !”
“Mais c’est aussi le cas pour l’IVG ! L’article 2213-4 du code de la santé publique impose en effet au médecin qui refuse de pratiquer l’interruption volontaire de grossesse de diriger la patiente vers un autre praticien susceptible de réaliser cette intervention.”
“À l’heure où l’on se prend mutuellement la main dans le sac, il me semble que c’est au tour de Mme Dogor-Such d’être confondue ! Elle a exposé que la clause de conscience n’en était pas véritablement une puisqu’elle oblige celui qui s’en prévaut à diriger le patient vers un autre praticien.”
“L’année prochaine, avec Jean-Luc Mélenchon, nous instaurerons enfin la limitation du temps de travail en période caniculaire. Au-delà de 33 degrés, quand la vie humaine est en jeu, il est plus important de protéger les salariés que d’accumuler du capital. Voilà comment nous voyons la vie et l’existence et voici ce que nous ferons dans un an. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mmes Ségolène Amiot et Anne Stambach-Terrenoir se lèvent pour applaudir.)”
“À celles et ceux qui nous écoutent de l’extérieur, je veux dire : n’oubliez pas qu’en cas de péril et de danger grave et imminent, vous pouvez exercer le droit de retrait, pour préserver votre santé ou celle de vos collègues. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Il suffit d’écrire un e-mail à votre employeur, sans attendre son visa pour le faire. Vous avez le droit à la protection, à la santé et à la sécurité. Alors qu’eux, sur ces bancs, désertent pour se planquer parce qu’ils n’aiment pas bosser et qu’au bout d’une demi-heure, ils sont fatigués, je sais que nombreux sont ceux qui, dehors, veulent faire leur boulot du mieux qu’ils peuvent. Je leur dis : ne vous mettez pas en danger ! Connaissez vos droits et exercez-les !”
“S’il fallait résumer le message, je dirais : Siamo tutti anti-Ciotti ! (Sourires et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je profite de l’absence des députés d’extrême droite pour avoir une pensée pour les salariés de ce pays (Applaudissements prolongés sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, ainsi que sur les bancs des groupes SOC et EcoS, dont quelques députés se lèvent. – Mme Karine Lebon applaudit également) qui, eux, travaillent parfois par 40 degrés sur des chantiers, dans des préfabriqués, dans le service public, dans les entreprises, sur les marchés, et qui ne vont pas à la buvette boire une eau de Vichy ! Ils sont victimes d’un gouvernement qui ne les informe pas sur leurs droits, notamment sur le droit de retrait, créé en 1982.”
“Puisque les députés d’extrême droite, RN et UDR, sont tout aussi absents aujourd’hui qu’hier, au Panthéon, à la cérémonie en hommage à Marc Bloch, je veux leur lire un extrait d’un texte de ce même Marc Bloch, issu des documents du Cercle de Montpellier, écrit au milieu de la seconde guerre mondiale : « Le racisme et le nationalisme n’ont su et ne sauront jamais que mener la domination d’un peuple sur un monde d’esclaves, acculés ainsi à l’abrutissement ou à la révolte permanente. » Comme quoi, il savait déjà très bien décrire l’UDR et le RN à l’époque. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)”
“– les attestations de tous ses employeurs, de toutes les associations de son quartier, à la vie desquelles il contribue, et même des témoignages de clientes et de clients des différents bistrots, bars et restaurants dans lesquels il a travaillé. Pourquoi a-t-il été obligé de faire le tour de ses connaissances et de venir avec une centaine de papiers à la préfecture ? Parce qu’il a été frappé par une obligation de quitter le territoire français, qui n’a absolument aucun sens. On veut l’envoyer dans un pays avec lequel il n’a plus aucun lien. Aucun ! (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur.)”
“…nous avons connaissance chaque jour de personnes salariées, travailleuses, travailleurs qui, contribuant nuit et jour à l’avenir de la nation et à l’intérêt général du pays, se retrouvent en butte à des services préfectoraux qui, soit sont débordés, soit appliquent des dispositifs iniques, injustes et racistes à l’égard de celles et ceux qui sont venus travailler à nos côtés. J’ai récemment adressé un courrier au préfet de la Haute-Garonne, qui est d’ailleurs sur le départ, pour un certain Idriss, qui vit en France depuis maintenant dix-sept ans. Il a construit toute sa vie adulte dans notre pays et travaille dans l’hôtellerie et la restauration. Il a fait tout le parcours : après des CDD à n’en plus finir, il a réussi à accéder à un CDI. Il a réuni – tenez-vous bien !”
“Il est bizarre, comme cela a été dit tout à l’heure, de discuter devant des rangs qui ont été désertés – même si on a l’habitude que l’extrême droite déserte dans les moments importants de l’histoire nationale. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) C’est sans doute d’ailleurs la raison pour laquelle elle n’a pas été invitée hier à une grande cérémonie, les continuités historiques faisant foi. La question de l’immigration, est-ce, aujourd’hui, en France, celle des mariages ? Non ! C’est celle des privations de droits dont sont victimes des centaines de milliers de personnes. (Mêmes mouvements.) Dans la plus belle ville du monde, comme l’a dit avec une grande justesse mon collègue François Piquemal,…”
“…et sur le droit du patient ou de la patiente à choisir son traitement. Il faut prendre son traitement, même si on ne le supporte pas, s’il provoque nausées et vomissements, si on ne peut plus sortir de chez soi ni travailler, bref, s’il gâche la vie ; sans traitement, pas d’aide à mourir ! C’est d’une extrême violence pour les personnes concernées. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous revenez ainsi sur des décennies d’acquis…”
“Lors de cette discussion commune, j’ai été intrigué par le fait que cinq de leurs auteurs se soient contentés de dire que leurs amendements étaient défendus. J’ai alors été y regarder plus en détail car, souvent, lorsqu’on ne prend pas la parole pour défendre un amendement, c’est qu’il est honteux. Et en effet ces amendements sont honteux car, pour que les gens qui nous écoutent comprennent bien de quoi il est question, ils visent à interdire l’aide à mourir à des personnes qui ne supportent pas leur traitement ! (Quelques protestations parmi les députés signataires des amendements.) Mais, si, il s’agit exactement de cela ! Vous voulez que le droit à l’aide à mourir soit uniquement ouvert aux malades qui présentent une douleur réfractaire et non plus aussi à ceux qui décident d’arrêter leur traitement.”
“Que les personnes qui nous écoutent en soient témoins : il est 23 h 36, LR et RN – LRN en l’occurrence – nous expliquent qu’une partie des soignants veulent tuer celles et ceux qui sont entre leurs mains. C’est noté ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS. – « Non, chez vous ! » et autres exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Vous me dites que oui ? Vous affirmez que certaines personnes dans le monde du soin public ou privé souhaitent contraindre et mettre à mort les personnes qu’elles accompagnent ?”
“Parce qu’on a la main qui tremble, on serait forcé de procéder au geste soi-même ? Non, tout est organisé en amont ! En outre, vous dites que vous souhaitez éviter un recours à l’aide à mourir « par confort institutionnel » – je cite l’exposé sommaire. Vous imaginez donc qu’il y a dans notre pays des gens – dans les secrétariats ou parmi les soignantes et les soignants – qui cherchent par confort à mettre fin à la vie des gens ? Par confort ?”
“On risque de déboucher sur ce que vous souhaitez : la mise en difficulté et l’échec de la démarche. Vous souhaitez gâcher les cinq dernières minutes des patients avec leurs proches ! Vous nous dites que ces émotions ne doivent pas faire obstacle à une autoadministration, mais si ! L’anxiété et l’angoisse font obstacle à ce que la personne procède elle-même au geste. C’est la définition même de l’anxiété ! Surtout, imaginez-vous vraiment qu’on décide au dernier moment du mode d’administration ? Cela se discute en amont ! Alors que la personne stresse et angoisse, il faudrait lui dire qu’on change la procédure ?”
“Je lis cet amendement de la Droite républicaine : « L’anxiété, l’appréhension ou l’émotion liées au moment de l’administration de la substance létale ne peuvent, à elles seules, être regardées comme faisant obstacle à la capacité de la personne à s’administrer elle-même la substance. » Vous comptez donc forcer une personne tétanisée, qui a très peur, dont les mains tremblent, à s’administrer elle-même la substance létale malgré l’état qui est le sien, et que vous décrivez vous-même ?”
“Une personne qui applaudit, c’est toujours mieux que zéro…”
“Cet amendement est tout de même assez révélateur de la manière dont nos collègues d’extrême droite piochent des mots au hasard dans le dictionnaire pour écrire leurs textes… En l’espèce, vous demandez que la substance létale ne soit pas composée « de molécules à visée multiple ». Déjà, il faut s’accrocher à la lecture. Ensuite, cela veut dire concrètement que si, par exemple, la molécule est à la fois antidouleur et anti-inflammatoire, on ne pourrait pas l’utiliser. Vous devez réaliser que cela ne veut absolument rien dire ! Depuis tout à l’heure, vous dites : « À l’UDR, nous pensons que… Mais on n’est pas sûr. » Et cela commence dès l’article 2 ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – Mme Karine Lebon applaudit également.)”
“Je vous invite à prendre connaissance des conditions qu’un étranger résidant en France doit remplir pour toucher l’Aspa : soit avoir de façon continue depuis au moins dix ans un titre de séjour autorisant à travailler – dans ce cas, on remplit déjà la condition que vous voulez ajouter, c’est donc n’importe quoi ; soit être réfugié – le statut de réfugié étant évidemment une protection contre l’indignité ; soit avoir combattu pour la France – j’imagine que cela gêne un peu le RN car, dans ses rangs, il n’y a pas beaucoup de gens qui ont combattu pour la France. (Sourires sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Pour toutes ces raisons, il est évident que l’amendement n’a aucun sens et qu’il doit être rejeté immédiatement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Eh oui, c’est reparti ! Nous rouvrons un débat classique : qu’est-ce que la France ? Pour nous, la France, c’est une terre où la dignité humaine, valeur cardinale, doit primer. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes SOC et GDR.) C’est une terre où il n’est pas acceptable, de notre point de vue, que des personnes âgées fassent les poubelles pour survivre. Tels sont les principes qui nous différencieront toujours. Qui plus est, par rapport au droit en vigueur, l’amendement est aberrant.”
“Pour ces différentes raisons, le groupe La France insoumise ne votera évidemment pas l’amendement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Telle serait la condition du gouvernement pour accompagner l’adoption du texte : aller gratter quelques dizaines d’euros chez les gens qui sont déjà dans la situation la plus indigne. L’amendement du gouvernement n’est pas un amendement de compromis transpartisan, mais de compromis avec celles et ceux qui veulent faire les poches des retraités qui vivent déjà les situations les plus dures. Nous ne sommes pas d’accord pour baisser de 4 % une allocation déjà fixée au seuil de la dignité humaine, pas plus que pour repousser de neuf mois l’entrée en vigueur du texte – initialement fixée au 1 er janvier suivant son adoption –, opération dont on sait très bien qu’elle ne relève d’aucune technicité juridique virtuose, mais vise simplement à faire des économies encore quelques mois avant de permettre aux gens d’accéder à leur droit.”
“Nous traitons d’un phénomène dont tout le monde reconnaît l’importance : l’expropriation des plus pauvres dans notre pays. En effet, dès lors que vous touchez le petit différentiel qu’est l’Aspa, on vous récupère les sommes versées sur d’éventuels biens qui pourraient être transmis à des ayants droit. On parle ici d’une poussière de droit : 960 euros par mois pour une personne seule. On parle du droit de quitter la misère pour la pauvreté. Tel est l’enjeu. Et que nous dit le gouvernement, si ce n’est que pour accepter la fin des récupérations abusives, on baissera le montant de la prestation aujourd’hui perçue par ces gens, dès lors qu’ils sont propriétaires ? On parle donc de passer de 960 à 920 euros.”
“…ou vos prothèses, et j’en passe. (Mêmes mouvements.) C’est le progrès social qui mettra fin aux déficits, car les déficits, c’est la réaction, c’est vous ! Partez ! (Applaudissements nourris sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“(Mêmes mouvements.) Je rappelle que, dans ce pays, des sommes exorbitantes sont détournées par les institutions de prévoyance, par les assureurs privés, qui prennent leur part de nos cotisations pour les affecter à des dépenses parasitaires, à du marketing et de la publicité ! Les réintégrer à la sécurité sociale nous ferait gagner 9 milliards d’euros : de quoi rembourser vos frais à vous toutes et tous qui nous écoutez, par exemple vos lunettes,…”
“Nous remettrons alors enfin les comptes de la sécurité sociale dans les mains de celles et ceux auxquels elle appartient : les assurés, les travailleuses et les travailleurs ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Car oui, nous avons plus confiance dans l’ensemble des travailleurs de ce pays que dans le plus intelligent des macronistes, qui sera toujours inférieur à elles et à eux. (Sourires et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous remettrons les comptes entre leurs mains parce que nous, nous savons comment supprimer les déficits artificiels que vous avez créés : par exemple, en instaurant la sécurité sociale intégrale, comme l’a annoncé Jean-Luc Mélenchon dimanche, à Saint-Denis, lors d’un grand meeting – vous pouvez le revoir si vous ne l’avez pas vu : c’est sur YouTube.”
“– Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et EPR.)”
“Je vais tenter de faire la démonstration de ces quatre points en une minute cinquante, ça va être juste, mais je vais tâcher d’y parvenir pour les gens, à l’extérieur ! Le déficit, c’est vous. Point. C’est tout. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Résumé rapide des faits : vous avez baissé les contributions de celles et ceux qui pouvaient payer – les plus riches – et ce faisant vous avez vidé les caisses de la sécurité sociale qui, faute de ressources, doit s’endetter. Auprès de qui ? De ceux qui ont de l’argent. Qui a de l’argent ? Ceux à qui vous l’avez rendu au début de l’opération. Voilà ! (Mêmes mouvements.) C’est une arnaque de bout en bout. Nous allons vous la faire payer, aujourd’hui et chaque jour jusqu’à l’année prochaine et l’élection de Jean-Luc Mélenchon. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Nous allons discuter de la magouille suprême après avoir reçu des leçons de magouille des bagages accompagnés de Nicolas Sarkozy, situation très étonnante, s’il en est ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Finissons-en. Personne ne veut approuver vos comptes de la sécurité sociale : ils sont faux, ils sont mauvais, vous êtes nuls, vous devez partir !”
“Ils ont même fait une pétition sur le site de l’Assemblée nationale !”
“Excellente idée ! Ils ont bien raison, ces Insoumis !”
“Vous, votre rêve, c’est que quelqu’un soit formé à utiliser une seule machine, celle qu’il devait utiliser quand il avait 16 ans ; nous, notre horizon, c’est que tous les salariés sachent faire le maximum dans leur secteur… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir ce dernier.)”