Hadrien Clouet
LFI-NFP · France
“La proportion d’assistantes et assistants familiaux déclarant n’avoir jamais connu un contrôle de leur activité atteint 68 %. En outre, ces professionnels sont les premiers à déplorer le caractère extrêmement hétérogène des contrôles existants.”
“Pour protéger les enfants, il faut sécuriser le métier. Il convient donc d’assurer des contrôles réguliers des assistantes et assistants familiaux sur l’ensemble du territoire national.”
“C’est pourquoi nous avons besoin de cette loi qui garantira à chacun le droit de disposer de soi jusqu’aux derniers instants. Le groupe La France insoumise s’est engagé dès l’origine en faveur de ce texte.”
“Ce cadre est équilibré, c’est pourquoi nous devons voter ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cette proposition de loi s’inscrit dans la continuité des quatre grandes lois qui font désormais l’objet d’un consensus dans notre assemblée. La loi de 1999 a reconnu le droit au soulagement de la douleur.”
“J’espère qu’ils évolueront de la même manière, au regard du présent texte, après qu’il aura été adopté. Il y a deux cohérences dans cet hémicycle : la cohérence de celles et de ceux – les Insoumis, mais pas seulement – qui ont défendu le droit opposable aux soins palliatifs et le droit à mourir dans la dignité ; en face, la cohérence d’un…”
“En réalité, il est légal depuis la Révolution française. Un des premiers actes de la grande révolution a été de décider qu’on ne dégradera jamais le corps d’un individu en fonction de la manière dont il est mort. Nous poursuivons donc, contre vous à droite, l’œuvre de la Révolution. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
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“Avec les députés de droite, c’est toujours compliqué !”
“Prenez plutôt la parole au micro pour me répondre, ce sera plus intéressant, car le dialogue sera transparent. Il est seulement 9 heures 10, nous pourrions discuter tranquillement plutôt que de mettre le bazar et de faire de l’obstruction tout de suite.”
“Non, pas forcément. Un distributeur, pour prendre un exemple parmi bien d’autres, peut faire de la publicité.”
“Le groupe La France insoumise votera contre ces amendements de suppression. Je me félicite que nous soyons tous d’accord sur l’état des lieux – c’est déjà ça. Nous sommes confrontés à un réel problème de santé publique, car je rappelle qu’à La Réunion, 7 % des admissions aux urgences, pour les hommes, sont liées à l’alcool et que les pathologies liées à ce fléau entraînent une surmortalité de 40 %. Cet article vise à taxer non pas les producteurs, mais bien la publicité pour l’alcool. Nous ne voulons pas prendre cette mesure pour le plaisir, mais pour dégager des recettes qui financeraient des actions de prévention. C’est donc une démarche vertueuse.”
“Par les temps qui courent, on peut se poser la question !”
“Quand on gagne, on gagne ; quand on perd, on perd. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“La remarque que je vais vous livrer vaudra également pour la suite de nos débats. Que personne ne se trompe : les débats menés au Sénat ont évidemment toute leur importance mais, n’y ayant pas participé personnellement, je ne me sens pas lié par eux. Ensuite, vous parlez du risque de voir se rompre le compromis. Là encore, je ne me sens pas non plus lié par un quelconque compromis. (M. Idir Boumertit et Mme Élisa Martin applaudissent.) Les Insoumis ont déposé un amendement qui leur semblait juste, utile et efficace. On est d’accord, pas d’accord ; on en discute, on vote, on tranche – c’est le jeu. Mais les compromis obtenus dans je ne sais quelle alcôve ou autre salle obscure, en dehors d’ici, ne nous intéressent pas. Ce qui nous intéresse, c’est qu’on débatte en toute transparence. Il y a les pour, il y a les contre.”
“C’est la raison pour laquelle nous souhaitons réintégrer les génériques, afin que les fabricants qui font de gros profits s’acquittent également d’une contribution.”
“Il s’agit ici de réintégrer les génériques dans l’assiette de la contribution. Nous l’avons déjà évoqué en commission : ce n’est pas parce qu’une entreprise pharmaceutique produit des génériques qu’elle réalise forcément moins de profits qu’une autre. Bien sûr, le générique doit être encouragé car il induit une réduction générale des coûts bénéfique pour la sécurité sociale, pour les patientes et les patients, et pour l’ensemble du système, à qui il permet de dégager des ressources. Cela étant, certains producteurs de génériques distribuent des dividendes très élevés, parfois même supérieurs à ceux des entreprises engagées dans les thérapies innovantes. Il ne nous paraît donc pas pertinent de distinguer les entreprises en fonction de leur production, et nous pensons que le taux de profit est un meilleur critère.”
“Cela rapporterait plusieurs centaines de millions d’euros, qui seraient bien nécessaires pour financer un pôle public du médicament qui mettrait fin à notre dépendance à l’égard de certains acteurs privés lucratifs de ce système. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous vous donnons ici l’occasion de gagner un peu d’argent. C’est apparemment un thème de la journée mais, dès qu’il s’agit de toucher aux grands monopoles pharmaceutiques, tout le monde oublie les consignes du gouvernement ! Je vous les rappelle donc : nous sommes tout de même là pour remplir la caisse, parce que certains besoins ne sont pas couverts, alors que le secteur du médicament, dans sa partie supérieure où évoluent quatre ou cinq grandes entreprises, se gave et gave ses actionnaires – voilà le problème. Cet amendement vise à ce que la contribution des laboratoires, autrement dit l’argent qu’ils versent à la sécurité sociale, soit calculée sur la base de leur chiffre d’affaires brut plutôt que net.”
“…que, si elles faisaient un effort, elles auraient au maximum 1,6 milliard à payer. Elles ne font pas cet effort… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Quelques députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.) Nous n’avons pas eu de réponse sur les amendements susceptibles de tomber !”
“On ne peut pas aborder cette question en fixant un rendement maximal de la clause plutôt qu’en partant des besoins sociaux de la population et en examinant comment certains laboratoires, qui contribuent à les satisfaire, doivent être aidés, tandis que ceux qui n’y contribuent pas ne doivent pas recevoir d’aides. (M. Pierre-Yves Cadalen applaudit.) Rappelons d’où vient ce chiffre : l’hiver dernier, vous avez dit aux industries du médicament…”
“Nous avons entendu beaucoup d’explications sur divers sujets, mais il nous manque une information : combien d’amendements tomberont si cet amendement du gouvernement est voté ? On voit bien que vous vous livrez à une tentative de réécriture générale de l’article pour nous priver d’un débat sur à peu près tous les sujets qu’il traite. On ne peut pas voter dans ces conditions, d’autant que vous restez bloqués sur un chiffre : le rendement de 1,6 milliard. Tout le but de l’article et de cet amendement est de limiter à 1,6 milliard le rendement de la clause de sauvegarde, alors que certains grands industriels du médicament délocalisent et continuent d’arroser leurs actionnaires de dividendes, et que, pour 1 euro de revenus, le secteur consacre en moyenne moins de 7 centimes à la recherche et développement. On a donc un problème !”
“Ainsi, un exploitant bénéficiant d’une exonération ne pourrait plus adopter des méthodes ou des logiques entrepreneuriales contraires à l’intérêt collectif, notamment en matière d’embauche, et faire concurrence aux autres exploitants. Ces amendements de suppression vont dans le sens de l’équilibre. Dans un monde viticole assez accidentogène, on devrait plutôt aider les bons employeurs. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je me réjouis que nous soyons sur une même ligne avec le rapporteur général, même si c’est pour des raisons différentes. C’est de bon augure pour la suite des débats – je le dis sans pudeur de gazelle ! (Sourires.) Nous pensons pour notre part que l’exonération de cotisations sociales n’est pas l’outil le plus approprié pour venir en aide aux différents secteurs économiques – la viticulture dans ce cas. Comme de nombreux syndicalistes du monde agricole et paysan, nous pensons qu’il serait plus judicieux de soumettre ces exonérations à conditions, assurant par là une concurrence saine entre les différents acteurs.”
“Ah ! La même ligne mais pas les mêmes raisons !”
“C’est sur votre future pension de retraite que seront payées vos heures supplémentaires ! C’est… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe LFI-NFP et Mme Marie Pochon applaudissent ce dernier.)”
“Autrement dit, pour répondre aux besoins, plutôt que d’embaucher, on accroîtra légèrement le temps de travail des salariés, en rémunérant ces heures au lieu d’augmenter le salaire. De surcroît, afin d’inciter à adopter cette solution, vous supprimez des cotisations sociales : toutes celles, tous ceux qui bénéficieront de cette baisse des cotisations retireront de l’argent aux caisses de retraite.”
“C’est le retour de Nicolas Sarkozy : l’article vise, par le biais fiscal, à faciliter le recours aux heures supplémentaires au sein non de la petite entreprise du coin, mais des grandes boîtes comptant plus de 250 salariés – multinationales comprises, donc. Dès lors, dans le cas d’une très grande entreprise qui dégage de la valeur ajoutée, qui dispose d’une marge financière, l’employeur aura le choix entre trois options : augmenter les salaires, ce qui serait une bonne chose, notamment car cela rapporterait de l’argent aux caisses de sécurité sociale ; recruter, ce qui serait également un bon plan ; multiplier les heures supplémentaires, ce que vous entendez encourager.”
“Enfin, pour lutter vraiment contre la concentration financière des pharmacies – cela ferait consensus, c’est dommage que nous ne nous donnions jamais le temps de le faire –, il existe un moyen simple : limiter le droit à la multipropriété de pharmacies. Plutôt que de créer des niches en espérant qu’une partie de l’argent avec lequel on asperge le réseau des officines retombe au bon endroit, interdisons la multipropriété et mettons fin au droit des grands groupes financiers de disposer d’officines. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Cette fois-ci, je suis d’accord avec M. le rapporteur général. Les députés du groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire ne croient pas que c’est par le biais d’une niche fiscale qu’on réussira à lutter contre la financiarisation et la concentration des officines pharmaceutiques. En revanche, l’urgence à laquelle nous devrions peut-être répondre, c’est de revenir sur le montant des remises génériques. Si l’on veut vraiment aider les officines – ce n’est pas vous, nous avons voté pareil –, notamment dans les territoires où elles sont le plus en difficulté, il faudrait que le gouvernement retire l’amendement supprimant le droit du législateur à rétablir un plafond de remises génériques.”
“Vous avez raison de le dire, il y en a souvent !”
“Aussi suis-je méfiant quand il souhaite non plus le supprimer mais le réécrire. J’ai donc examiné sa réécriture avec attention, et il me semble qu’elle vise – sans surprise – à le supprimer. En effet, la version initiale imposait aux entreprises la transmission automatique et sans délai, alors que là, vous ne faites qu’autoriser un contrôle. C’est très différent puisque le caractère automatique disparaît ; c’est pourquoi nous sommes en désaccord avec cette réécriture.”
“Cet article est important, voire exceptionnel : rédigé par le Sénat, il est rigoureusement identique à un amendement déposé par le groupe La France insoumise. C’est donc un grand moment du travail parlementaire, et je vous invite à l’apprécier. De telles convergences ne se produiront pas très souvent dans la suite de l’examen du texte. Plus sérieusement, l’article prévoit que les entreprises soupçonnées de fraude suivant des « présomptions graves et concordantes » soient soumises à une vérification automatique – notons à ce propos que pour les malades ou les allocataires du RSA, la présomption est presque automatique, alors qu’il faut se battre pour les entreprises ! En commission, M. le rapporteur général avait déposé un amendement de suppression de l’article.”
“…alors que les députés n’étaient pas tous attentifs. Tout reste donc ouvert. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Le groupe de La France insoumise votera cet amendement. Les créances – comme le PLFSS – doivent être examinées en pleine lumière, et non dans le cadre de négociations secrètes et de tambouilles. L’amendement présente plusieurs vertus. D’abord, il vise à rendre les créances visibles en les inscrivant sur un registre public. Cette publicité met en évidence les impayés et informe les acteurs économiques de la situation réelle des sociétés. Elle contribue également à identifier les mauvais payeurs. L’amendement mérite donc d’être adopté, d’autant qu’il a été rejeté en commission de justesse – à une voix près –…”
“Je suis désolé de faire intervenir le monde réel dans un débat métaphysique qui semble vous passionner, mais nous sommes là pour parler de la situation réelle de notre pays. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Des crédits ont été annulés : 267 millions pour les hôpitaux, 125 millions dans le secteur médico-social, 116 millions dans celui des Ehpad. Parlons aussi des tours de bonneteau : l’an dernier, les soins de ville ont gagné 700 millions avec un Ondam stable, ce qui veut dire que… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)”
“Je suis très heureux d’entendre Mme la ministre se féliciter de la situation. C’est vrai, dans la rue, les patients font la fête, ils embrassent le portrait d’Emmanuel Macron, les soignants brûlent des cierges devant son image, les hôpitaux français lui vouent un culte. Vous avez l’air de l’ignorer mais, vraiment, les gens sont ravis, c’est l’allégresse ! (Sourires sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Protestations sur quelques bancs du groupe EPR.) Soyons sérieux. Vous êtes la seule à penser que tout va bien ! Les hôpitaux ont 30 milliards de dette, soit une charge d’intérêts annuelle de 1 milliard. Dans l’hôpital de Toulouse, les patients des services ambulatoires sont renvoyés chez eux car il n’y a pas de place pour les accueillir.”
“Cela signifie que la dette doit être remboursée intégralement, principal et intérêts, à un terme donné ; la Cades a donc dû rembourser rubis sur l’ongle, à brève échéance. Coût de l’opération : depuis 1996, nous avons versé 75 milliards d’intérêts bancaires… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)”
“Je voudrais vous citer un excellent rapport qu’a produit l’Assemblée nationale sur la Cades, celui de Stéphanie Rist et Hadrien Clouet. Cela vaut le coup de le relire puisque, entre-temps, Mme Rist est devenue ministre de la santé ! Que dit ce rapport que nous avons coécrit, même si nous n’avons pas abouti aux mêmes conclusions – d’ailleurs, dès la deuxième page, nous n’étions plus d’accord ? Il explique que les taux de cotisation ont été gelés dans les années 1990, que la sécurité sociale s’est endettée sur les marchés financiers et qu’Alain Juppé a créé la Cades, qui, au lieu de faire rouler la dette comme cela se pratique d’ordinaire, par le biais d’institutions de l’État, l’a cantonnée.”
“On ne va pas vous cacher que c’est précisément notre objectif avec cet amendement puisque nous venons de défendre une motion de rejet ! Ce n’est pas nous qui pleurerons la fin de ce texte ! C’est d’ailleurs pour cette raison que nous voulions faire sauter les tableaux en question. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Enfin, nous parlons des dépenses et des recettes. Or, disons-le discrètement entre nous pour que personne n’entende, le tableau de l’article 1 er atteste d’un problème plus général d’équilibre financier du PLFSS, puisque les recettes augmentent beaucoup moins vite que les dépenses. À ce stade, il serait bon de connaître vos intentions !”
“Voilà l’occasion d’offrir une deuxième chance à celles et ceux qui auraient été distraits lors du précédent vote. M. le rapporteur général vient de nous dire qu’on se doit de voter le tableau d’équilibre quand on est républicain. Eh bien non, quand on est républicain, on se doit de respecter le résultat des élections, c’est-à-dire le choix du peuple de placer la gauche en tête des législatives et celui des parlementaires de siéger plusieurs jours d’affilée pour faire aboutir un texte financier ! Au lieu de cela, vous avez voulu les empêcher de voter en levant les séances à minuit et en reprenant sans cesse la parole pour bavasser des heures durant. Voilà pour les leçons de République ! Par ailleurs, Mme la ministre a très justement fait remarquer que si des tableaux manquent, le texte tombe.”
“…sachant que nous avons déjà exprimé notre position à plusieurs reprises. L’Assemblée nationale a jugé en différentes occasions que la présentation des comptes était pour le moins douteuse – j’emploie évidemment une litote, car en réalité nous ne sommes d’accord ni sur le fond ni sur la forme. Considérés dans leur ensemble, les régimes de protection sociale sont en excédent, mais les décalages de trésorerie des caisses, dont une bonne partie provient de transferts ou de ponctions décidés par l’État, font apparaître des déficits artificiels. Je vois des collègues faire non de la tête ; je les invite à consulter l’article liminaire, qui parle de lui-même. Nous souhaitons évidemment sa suppression. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“J’ai une impression de déjà-vu ; reste à savoir si elle s’accompagnera d’un « déjà-vote » (Sourires et applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) ,…”
“Je vois que certains ont des problèmes de concentration – pourtant le débat risque de durer ! Selon le grand écrivain José Saramago, « ce sont les rêves qui maintiennent le monde sur son orbite ». Commençons par dissiper nos cauchemars, et rejetons votre texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les membres se lèvent. – Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.)”
“Nous n’avons rien retiré de nos ambitions politiques lorsque cette assemblée a voté contre le traité de libre-échange du Mercosur, pour l’égalité du tarif postal en outre-mer et pour la nationalisation d’ArcelorMittal. Nous n’avons rien rabattu, mais nous nous sommes battus de bout en bout et nous avons gagné ! Pour conclure…”
“Nous n’allons donc pas confier à vos décrets l’ensemble des choix important du pays ni mettre nos compatriotes à votre discrétion, soumis à votre arbitraire et à vos choix personnels. Au contraire, la journée réservée au groupe La France insoumise, le 27 novembre, a montré que la victoire politique ne dépendait pas de magouilles de salon, mais de la mobilisation déterminée au-dehors et de la lutte implacable ici. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Avec tout votre passif, vous osez encore présenter un texte budgétaire dont la moitié des dispositions dépendent d’un décret – c’est-à-dire de ce que vous déciderez vous-mêmes, dans des alcôves, derrière des rideaux. Taxe sur les médicaments ? Par décret, à la main de la ministre. Durée des arrêts de travail ? Par décret, à la main du ministre. Niveau des cotisations sociales ? À la main des ministres. Réforme du budget des établissements médico-sociaux ? Par décret, à la main des ministres. Vous devez comprendre que nous n’avons pas confiance en vous : même lorsqu’on vous serre la main, on recompte nos doigts ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Ni l’un, ni l’autre : il faut créer un pôle public du médicament. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Voyez ce qui se fait aux États-Unis, où une centaine d’hôpitaux se sont associés de façon coopérative et non lucrative pour fabriquer eux-mêmes des médicaments. Regardez le Brésil, où le gouvernement, par une fondation publique, produit des médicaments génériques et des vaccins. Ces pays n’arrosent pas des multinationales qui délocalisent ou dorlotent des actionnaires ; ils paient eux-mêmes les lignes de production, recrutent des chercheurs, des ouvriers et des techniciens, pour fabriquer ce dont ils ont besoin.”
“Vos enfants sont sans doute contents, cela n’a pas l’air difficile d’obtenir de l’argent de poche avec vous ; mais en l’espèce, il s’agit de nos impôts qui filent dans les caisses du patronat pharmaceutique. Le bilan est connu : des pénuries générales de médicaments, qui ne sont pas dues aux très petites entreprises (TPE). Il manque actuellement du Praluent, pour les personnes à risque cardiaque, ou du Rifater, contre la tuberculose, tous deux produits par Sanofi – une entreprise qui préfère gaspiller 5 milliards d’euros en dividendes versés aux actionnaires plutôt que de faire son boulot : produire des médicaments qui soignent. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Il faut donc s’extraire d’un débat pourri sur l’industrie pharmaceutique, consistant à se demander si on doit la gaver ou l’arroser.”
“Le gouvernement a déposé un amendement pour supprimer ce plafond. Vous dites que c’est vous qui l’avez sauvé, or c’est le gouvernement que vous soutenez qui en demande la suppression ! Lisez au moins ce que vous faites, à défaut de le comprendre ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe GDR.) Autre exemple. L’hiver dernier, la ministre de la santé, Mme Vautrin – ex-ex-ex-ministre de la santé, pour ceux qui suivent –, proposait un deal aux entreprises pharmaceutiques : si vous baissez le prix des médicaments, vous ne paierez que 1,6 milliard d’euros d’impôt au titre de la clause de sauvegarde, spécifique au secteur. La même ministre, en juin, annonce qu’elle n’est pas parvenue à un accord. Pourtant, vous leur signez le chèque ! Lorsqu’on négocie aussi mal, il faut arrêter !”
“Pour négocier, il faut parler à des ministres de la République, pas à des interlocuteurs qui mentent de façon pathologique et portent la procuration de toute la bourgeoisie française. Les engagements pris dans cet hémicycle ont été systématiquement rompus quelques heures plus tard. Vous avez déclaré respecter les votes ; c’est faux. Ainsi, alors que nous nous sommes battus, avec les pharmaciens, pour sauver le plafond de remise sur les médicaments génériques, qui leur permet de dégager des revenus suffisants pour survivre.”
“Vous expliquerez votre position après – n’hésitez pas à prendre le micro si votre groupe vous laisse faire.”
“Ce n’est pas de la négociation : c’est de la macronisation aggravée par l’enthousiasme des nouveaux convertis…”
“Le gouvernement n’a pas bougé et le PS – Parti socialiste – a gobé les propositions macronistes : la taxe sur les mutuelles que j’évoquais ; la diminution des dotations de l’Établissement français du sang (EFS), qui a pourtant déjà bien du mal à sauver des vies ; les sanctions financières aux hôpitaux qui acceptent trop de patients. Alors que le PS était opposé à ces mesures il y a encore deux semaines, il a voté en leur faveur samedi dernier.”
“À chaque fois, vous vous félicitez d’économiser 1 million d’euros par-ci, quand cette économie coûte 10 millions d’euros par-là. Vous vous fichez complètement des équilibres budgétaires ; ce texte n’a pas d’autre but que de gaver des fonds de pension et quelques grandes fortunes. Je sais que, pour reprendre la formule du grand écrivain Kateb Yacine, « l’absence d’itinéraire abolit la notion du temps », et que vous pensez nous perdre en nous faisant oublier les délais. Mais nous avons bien en tête le calendrier : dans une semaine, vous pourrez procéder par ordonnances pour imposer le budget que vous voulez. Et d’ici là, vous négociez un 49.3 avec ceux qui discutent encore avec vous. Certes, nous avons entendu, sinon vu, d’obscures négociations entre le gouvernement et des socialistes, destinées à amuser la galerie. Quel en est le bilan ?”
“Abandonner des entreprises de production médicale ou sanitaire, cela coûte également très cher. J’ai une pensée pour l’entreprise LDR Médical, située près de Troyes : alors qu’elle représente une référence mondiale dans la production de prothèses de disque cervical, avec 150 brevets à son actif, elle vient d’être liquidée par un fonds de pension nord-américain et complètement abandonnée par le gouvernement. (« Quelle honte ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“En réalité, c’est parce que vous voulez dérembourser des soins que vous mimez la recherche d’économies. Or vos coupes coûtent très cher : dépouiller l’hôpital public et refouler des gens aux urgences, comme on le voit par exemple au centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, cela coûte très cher.”
“Pour une raison simple : il existe plusieurs manières de faire des économies. Mais ce n’est pas pour faire des économies que vous imposez une taxe sur les mutuelles, car vous en feriez davantage en intégrant les complémentaires privées à la sécurité sociale. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Je rappelle que pour 100 euros de cotisation à une complémentaire privée, 20 euros partent en frais de gestion, contre 4 euros dans le cas d’une cotisation à la sécurité sociale. (Mêmes mouvements.) Vos politiques de « déprotection sociale » coûtent cher au pays : lorsqu’on transfère une charge de la sécurité sociale à une assurance privée, 16 euros sont perdus pour chaque tranche de 100 euros de cotisation.”