Hadrien Clouet
LFI-NFP · France
“La proportion d’assistantes et assistants familiaux déclarant n’avoir jamais connu un contrôle de leur activité atteint 68 %. En outre, ces professionnels sont les premiers à déplorer le caractère extrêmement hétérogène des contrôles existants.”
“Pour protéger les enfants, il faut sécuriser le métier. Il convient donc d’assurer des contrôles réguliers des assistantes et assistants familiaux sur l’ensemble du territoire national.”
“C’est pourquoi nous avons besoin de cette loi qui garantira à chacun le droit de disposer de soi jusqu’aux derniers instants. Le groupe La France insoumise s’est engagé dès l’origine en faveur de ce texte.”
“Ce cadre est équilibré, c’est pourquoi nous devons voter ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cette proposition de loi s’inscrit dans la continuité des quatre grandes lois qui font désormais l’objet d’un consensus dans notre assemblée. La loi de 1999 a reconnu le droit au soulagement de la douleur.”
“J’espère qu’ils évolueront de la même manière, au regard du présent texte, après qu’il aura été adopté. Il y a deux cohérences dans cet hémicycle : la cohérence de celles et de ceux – les Insoumis, mais pas seulement – qui ont défendu le droit opposable aux soins palliatifs et le droit à mourir dans la dignité ; en face, la cohérence d’un…”
“En réalité, il est légal depuis la Révolution française. Un des premiers actes de la grande révolution a été de décider qu’on ne dégradera jamais le corps d’un individu en fonction de la manière dont il est mort. Nous poursuivons donc, contre vous à droite, l’œuvre de la Révolution. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M.”
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“Il y a des offres pour des postes à l’autre bout du pays, payés 300 balles de moins, et vous radiez ceux qui les refusent ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP).”
“Si ! Depuis le décret du 20 mars, le caractère raisonnable d’une offre d’emploi n’est plus apprécié en fonction d’un critère géographique – votre conseillère hoche la tête en signe d’approbation, je vous invite à l’écouter. (M. Louis Boyard applaudit.) Jusqu’en 2019, l’ancien salaire était pris en considération et il n’était pas possible d’obliger un demandeur d’emploi à bosser pour un salaire inférieur à sa précédente rémunération. C’est maintenant possible, puisque les offres raisonnables d’emploi tiennent compte du salaire moyen pratiqué pour l’emploi visé, dans sa région de localisation. Ainsi, on peut obliger une chômeuse, un chômeur de 60 ans ou 61 ans à accepter un nouvel emploi et perdre ainsi 300 ou 400 euros de salaire, sous peine de radiation. Faire semblant, ça va bien deux minutes ! Il n’y a pas d’offre raisonnable d’emploi.”
“Il s’agit de revenir au droit commun. Une expérimentation n’est pas censée durer vingt-cinq, quarante ou cinquante ans, mais doit permettre d’évaluer à court terme un dispositif, pour le réorienter si nécessaire. Si nous nous donnions rendez-vous dans cinq ans, devrions-nous, le cas échéant, passer quatre ans et demi à constater que le CDI senior ne fonctionne pas ? Non, ce serait évidemment absurde ! Madame la ministre, vous avez affirmé qu’à 60 ans, beaucoup seraient contents de recevoir une offre raisonnable d’emploi. D’abord, à 60 ans, beaucoup seraient contents d’être en retraite ! Ensuite, vous dites que les offres d’emploi sont rares – c’est vrai –, mais pourquoi radiez-vous ceux qui ne les acceptent pas ? Ce n’est pas nécessaire, puisque les offres ne sont pas assez nombreuses pour répondre à tous les demandeurs !”
“Gagnez du temps et adoptez cet amendement qui tend à imposer l’ouverture et la conduite de négociations en prévoyant, au cas où elles n’auraient pas lieu, des sanctions à hauteur de 1 % du chiffre d’affaires ou de 1 % des rémunérations et dividendes versés, selon que vous retiendrez l’amendement n o 46 ou le n o 47. Cette mesure aurait le mérite de préserver le processus économique : tout le monde serait gagnant ! Le produit de la sanction serait versé à la Caisse nationale d’assurance vieillesse. La fraude que s’aviseraient de commettre ceux qui ne respecteraient pas le texte que vous prétendez chérir permettrait ainsi de financer nos pensions. Ce serait la moindre des choses que d’adopter cet amendement sans lequel tout le reste ne serait qu’une pantalonnade générale.”
“Or l’emploi des seniors est un sujet sensible car il peut donner lieu à toutes les discriminations possibles, au niveau du poste de travail, de l’embauche, dans l’accès à la formation. Les statistiques établies par France Travail le mois dernier sont édifiantes : 21 % des plus de 50 ans sont inscrits à France Travail depuis au moins trois ans ; ils sont 25 % chez les plus de 60 ans et représentent un tiers des plus de 65 ans – car aussi étonnant que cela puisse paraître, 76 000 personnes de plus de 65 ans sont inscrites à France Travail. Alors qu’il y a urgence à agir pour l’emploi des seniors, vous nous proposez des négociations qui n’auront pas lieu. Vous aurez beau jeu de venir le déplorer d’un ton faussement plaintif, dans un an.”
“Pourquoi sommes-nous parfois sceptiques, du côté des Insoumis, quant au rapport entre la négociation et la loi ? Pour une raison simple : il est fréquent que des négociations n’aient pas lieu alors même qu’elles auraient dû. C’est ce qui continuera à se passer avec le texte que nous examinons ce matin : rien n’impose que les négociations aient lieu. En général, tout le monde se réjouit que des négociations puissent se tenir et permettent ainsi de rassembler autour d’une table tous les acteurs concernés pour qu’ils arrivent à surmonter leurs désaccords en prolongeant les discussions ou en s’engageant dans une lutte sociale. Mais en l’espèce, votre texte n’impose nullement d’engager des négociations.”
“Quoi, de la politique à l’Assemblée nationale ?”
“Ce qui montre bien que vous-même ne croyez pas à la capitalisation !”
“Un tout petit peu, vraiment pas beaucoup !”
“Ce type d’amendement vise uniquement à donner à la Bourse de New York le droit de jouer avec les pensions des Françaises et des Français. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Allez demander au retraité d’attendre dix ans, le temps que le marché financier revienne éventuellement à l’équilibre ! Comment fera-t-il en attendant ? Devra-t-il se contenter d’un repas sur deux et retourner au travail chaque soir pour tenter de compenser la perte subie ? On voit très bien quelle est la manœuvre derrière cet amendement et il ne faut pas s’étonner que vous ne l’ayez pas clairement défendu.”
“Les États-Unis, du fait des réformes douanières de M. Trump, ont ainsi vu disparaître 6 000 milliards de capitalisation boursière dans des domaines où étaient investis les fonds d’épargne retraite. Je dis bien 6 000 milliards. Cela rappelle évidemment la crise des subprimes , lors de laquelle ces fonds avaient perdu 20 % de leur valeur. Avec vous, la même situation pourrait se produire demain en France. Si vous lisez The Guardian , vous y trouverez les témoignages de retraités britanniques qui disent : « J’avais 150 000 livres de côté, et depuis la réforme de M. Trump et la panique boursière qui s’ensuit, je dois retourner travailler dans le supermarché du coin comme caissier pour tenir. » Il y aura toujours des Sitzenstuhl pour dire : « Mais sur le long terme, cela s’équilibre. » Peut-être, mais à long terme, nous serons tous morts !”
“…mais tout le monde en dehors de l’hémicycle doit comprendre de quoi il s’agit, en l’occurrence de promouvoir les retraites par capitalisation. Cet amendement provient d’un collègue qui, il y a quelques instants, versait des larmes de crocodile sur la démocratie sociale, disant qu’il fallait faire tout ce que demandent les syndicats, juste avant de nous soumettre une proposition qu’aucun d’entre eux ne demande. Vos leçons de démocratie sociale, collègue, vous pouvez vous les mettre de côté ! Le but de l’amendement, c’est évidemment de rattraper le conclave raté sur les retraites. Il a duré presque six mois, et l’une des grandes missions que s’était données M. Bayrou, c’était de promouvoir la capitalisation – dont personne ne veut, évidemment, car les gens voient bien ce qui se passe dans les pays où cela se fait déjà.”
“Il est très dommage que le collègue Sitzenstuhl ne développe pas la défense de son amendement. Je ne sais pas s’il l’a directement envoyé aux fonds de pension qui sont très demandeurs de sa proposition,…”
“Bref, contre la réforme des retraites, contre le budget partagé du gouvernement et du RN, il est l’heure de voter la censure, avec en tête les mots du grand écrivain José Saramago : « Il faut quand même persister. L’espoir est comme le sel, il ne nourrit pas, mais il donne de la saveur au pain. » Votre censure, c’est notre sel. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, sur plusieurs bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe GDR.)”
“Ah, il est beau, le parti du peuple qui sacrifie des millions de retraités pour un siège de députée dans un accord de dessous-de-table avec François Bayrou !”
“Bref, le RN parvient à être à la fois le marchepied, le paillasson et la serpillière de la Macronie : ce n’est pas un groupe parlementaire, c’est une quincaillerie ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Si vous ne votez pas la censure, c’est parce que vous craignez le retour aux urnes, Mme Le Pen ayant été condamnée et déclarée inéligible. (Mêmes mouvements.)”
“Non : si vous ne la votez pas, c’est que vous soutenez les auteurs du texte et que vous voulez les laisser en écrire d’autres ! C’est encore pire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je continue : « Changer de projet sur les retraites fait partie d’un tout budgétaire, avec de nouveaux moyens de financement nécessaires […]. » Si vous cherchez vraiment des recettes supplémentaires pour les retraites, pourquoi votez-vous contre la surcotisation sur les hauts salaires ou la mise à contribution des revenus financiers ? (Mêmes mouvements. – Mme Christine Arrighi applaudit également.) Pour finir, le pompon – tout cela vient de la même interview…”
“Je le cite : « Si on ne vote pas la censure, ce n’est pas qu’on soutient le texte. »”
“…prévoyant de flécher 11 % des pensions vers des fonds financiers privés, histoire que les économies d’une vie puissent disparaître au premier retournement boursier, quand la finance aura une saute d’humeur. Pour compenser le manque à gagner immédiat, M. Ciotti propose de verser dans le système de retraites deux tiers des fonds du logement social. Les gens n’auront donc plus de retraite et plus de logement. Bravo ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Traduction : avec le Rassemblement national, vous n’aurez plus de maison et l’argent qu’il vous restera sera joué à la Bourse de New York. Il y a aussi la version coupée d’eau tiède ; je pense à l’interview du député RN Gaëtan Dussausaye. Je l’ai lue hier soir : j’avais fini le dernier Stephen King et je cherchais une autre lecture du même genre.”
“Plus récemment, le 28 mai, Éric Ciotti a présenté à un plan pour la capitalisation des retraites (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) …”
“Les hurlements de M. Tanguy ne m’empêcheront pas d’aller au bout du propos ! Thomas Ménagé, rapporteur du texte du Rassemblement national sur les retraites – on s’en souvient, car il était rapporteur pour la première fois –, a déclaré ici même le 31 octobre 2024 : « Il faut débattre de la question d’une part de capitalisation collective. »”
“Voici l’aveu : le RN n’abrogera pas la réforme des retraites. C’est eux-mêmes qui le disent ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) La seule chose étonnante qu’il reste à expliquer, c’est la raison pour laquelle le RN se cache et n’assume pas ses opinions politiques. C’est simple : comme M. Bayrou, le RN veut les retraites par capitalisation. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Jean-Philippe Tanguy s’exclame.)”
“Bien sûr : ce n’est pas avec ses interventions au Parlement européen que je vais savoir ce qu’il dit ! (Rires et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Quand on lui demande s’il veut abroger la réforme des retraites, M. Bardella répond : « On verra la situation budgétaire dans laquelle on sera dans deux ans. » Il confirme ainsi la confidence qu’il a faite à M. Gattaz, ancien patron des patrons, le 8 avril, au Forum des libertés – encore un machin de l’extrême droite : « On va devoir […] renoncer au retour à l’âge légal à 62 ou 60 ans. » (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…sur CNews – une chaîne peu recommandable, mais tant pis.”
“Si on part en retraite à 64 ans, ce sera à cause d’eux et à cause d’elles. Au lieu de députés RN, nous avons des répondeurs automatiques qui répètent la même fiche dans toutes les émissions : « on n’a pas d’idées, on verra quand on sera au pouvoir ». (Rires sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Mais Bardella a lâché le morceau, hier soir, à 21 h 38,…”
“Si Bayrou est toujours premier ministre ce soir, ce sera à cause d’eux et à cause d’elles. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)”
“Françaises, Français, vous voilà avertis : ces gens comptent étrangler le peuple à la rentrée. Dès lors, notre tâche du moment consiste à les empêcher de tenir jusqu’à la rentrée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Dans vos manœuvres détestables, vous avez un appui certain : les députés du Rassemblement national, qui tentent de se faire oublier – ils sont quatre, en cette fin d’après-midi.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est l’équivalent de toutes les prestations de la branche famille de la sécurité sociale, qui pourraient sauter : l’allocation de rentrée scolaire, les aides personnelles au logement (APL), les allocations familiales, la prime d’adoption, l’allocation aux adultes handicapés (AAH), l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), la somme de tout cela représente ce que vous voulez couper à l’hiver.”
“Qui paiera ces 40 milliards ? Évidemment pas les actionnaires, qui ont détourné le double l’année dernière, ce qui ne leur vaut guère qu’une petite tape sur l’échine. Non : dans vos classeurs, il y a d’autres projets, que je tiens à faire connaître à tous ceux qui nous écoutent. Ces 40 milliards, c’est l’équivalent d’un million de fonctionnaires – profs, pompiers, infirmiers, aides-soignants –, que vous pourriez supprimer.”
“À l’hiver suivra la grande purge : 40 milliards d’euros d’économies annoncés le 29 juin dans l’émission « Grand Jury » de RTL, pour faire plaisir à je ne sais quel gnome de la Commission européenne. Qui paiera ces 40 milliards ? Cela vous fait marrer ? Il faut que les spectateurs de nos débats le sachent : M. Bayrou rigole. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“) À 64 ans, un tiers des gens souffrent déjà d’incapacité professionnelle, et vous voulez leur pourrir les années de vieillesse après leur avoir pourri les années de travail ! Et je ne compte pas ceux qui vous écoutent quand vous parlez à l’Assemblée nationale, ce qui constitue un facteur de pénibilité supplémentaire. (Sourires et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) S’il faut vous renvoyer aujourd’hui, c’est aussi pour éviter de vous subir demain. En effet, vous avez prévu d’appliquer à l’automne les « dispositions de compromis » du conclave ; je ne sais pas trop ce que c’est, j’imagine qu’il s’agit du compromis entre l’aile gauche et l’aile droite du Medef.”
“Mais enfin, un conclave où le Medef a droit de veto, ce n’est pas une réunion, c’est de l’extorsion, définie à l’article 312-1 du code pénal ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les syndicats, eux, avaient le droit de choisir entre le café tiède et le café froid, la soupe étant réservée au patronat. Je résume : votre conclave, c’est une réunion dont ne peut sortir qu’un texte approuvé par des gens qui sont d’accord avec vous. Eh bien – nous allons vous le rappeler ce soir –, nous ne sommes pas d’accord avec vous. (Mêmes mouvements. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Nous ne céderons jamais, nous n’abandonnerons jamais notre tâche historique et populaire consistant à abroger cette réforme inique des retraites. (Mêmes mouvements.”
“Vous avez exclu du conclave la FSU – Fédération syndicale unitaire – et Solidaires, puis la CGT et FO sont partis, puis la CFDT, la CFTC, l’Unsa et la CFE-CGC ont exprimé leur désaccord avec votre borne d’âge. La seule chose que montre le conclave, c’est que tout le monde est hostile à cette réforme des retraites et la déteste. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benoît Biteau applaudit également.) Logiquement, pour vous en sortir, vous avez décrété que le Medef aurait un droit de veto sur tout, qu’il s’agisse de l’âge de départ, des annuités ou encore des cotisations – veto partout !”
“On vous imagine en réunion de copropriété, refusant de parler des charges, en réunion syndicale, refusant de parler des salaires, ou encore en réunion de consommateurs, refusant de parler des prix. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) On pensait avoir touché le fond, mais pas encore : vous allez ensuite sur les plateaux raconter que « les participants se sont accordés [sur] les conditions d’âge fixées par la loi de 2023 ». Lesquels ? Je ne sais pas dans quel monde parallèle vous vivez !”
“Je rembobine : en janvier 2025, à la tête d’un des pires budgets d’austérité de l’histoire de France, qui ferme des classes dans les écoles, des lits dans les hôpitaux et qui abandonne l’industrie française, vous achetez le soutien du Parti socialiste avec un tour de passe-passe : un conclave sur les retraites. Ce conclave, à bien y regarder, c’est moins Léon XIV que Thatcher II. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Dès le lendemain de sa proclamation et de sa convocation, dès lors que vous êtes sauvé de la première motion de censure, vous faites volte-face : exit les discussions pour trouver de nouvelles recettes, exit la surcotisation sur les très hauts salaires, qui aurait pourtant assuré l’équilibre des caisses. C’est ça, la méthode Bayrou !”
“Puisque nous parlons de naufrage, revenons à votre conclave, qui vient de finir en eau de boudin.”
“Contrairement à M. Vojetta, je ne crois pas que vous soyez un être de lumière et de sainteté descendu sur terre pour guérir les gens par imposition des mains, voire pour les faire ressusciter. Si vous êtes à ce poste, c’est seulement parce que, sur le Titanic qui coule, personne ne voulait être commandant en second. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Même Macron – c’est paru ce matin dans Libération – se demande : « Mais pourquoi ils ne le virent pas ? » (Rires et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Aux élections, vous avez fait 3,8 % : on pourrait confondre votre score avec un taux d’inflation ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Depuis, vous avez multiplié les mensonges et les manigances. La pire, sans doute, concerne une des plus grandes affaires pédocriminelles de notre histoire, celle de Bétharram. (Mêmes mouvements.) Vous saviez, vous aviez les moyens d’agir et vous n’avez rien fait, à part insulter les témoins et mentir sans vergogne à tous les parlementaires. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également. – Exclamations sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)”
“Mais nous ne sommes pas rancuniers : nous proposons de vous mettre vous-même à la retraite dès ce soir – et à taux plein, c’est dire ! Vous en aurez, de la chance, contrairement aux 10 000 personnes qui meurent chaque année avant la retraite à cause de votre réforme. C’est à elles que nous dédions cette motion de censure. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous devez partir car vous n’auriez jamais dû être là.”
“Monsieur Bayrou, cela fait six mois et quelques jours que vous êtes là. C’est six mois et quelques jours de trop. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Macroniste de la première heure, vous avez applaudi quand le reste de la clique a privé de deux ans de vie les Françaises et les Français. (Mêmes mouvements.)”
“Il guérit les écrouelles par imposition des mains !”
“L’assurance chômage ne relève pas de la sécurité sociale !”
“Pour protéger ces derniers, il faut recruter massivement, augmenter les taux d’encadrement, lutter contre les déserts médicaux, mieux informer les patients des enjeux de santé publique et des soins qui leur sont donnés, assurer une véritable protection fonctionnelle aux professionnels, donner à la police les moyens d’enquêter, accompagner les soignants victimes devant la justice. Ça, c’est protéger les soignants. Se contenter de durcir des sanctions déjà existantes, c’est être en retard sur le monde. Vous êtes en retard ! Réveillez-vous ! (Les députés du groupe LFI-NUPES se lèvent et applaudissent.)”
“Mais parce que dans ces secteurs, les conditions d’accueil des patients et d’exercice du personnel, ainsi que le manque de moyens, conduisent à des formes de violence structurelle dont sont victimes les soignantes et les soignants.”
“L’enjeu, c’est la prévention de l’acte de violence, la protection des soignants et le soin des patients. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Vives protestations sur les bancs des groupes RN, EPR et DR.) Merci de ne pas hurler quand je parle de protéger les soignants. Comment faire alors ? On commence par analyser les 1 244 incidents recensés en 2023. (Les protestations se poursuivent.) Écoutez ! Vous apprendrez quelque chose. Vous partez de tellement loin, ça ne pourra que vous faire du bien ! La moitié de ces incidents ont eu lieu dans des services psy, des services d’urgences et des Ehpad. Pourquoi ? À cause des individus qui y sont soignés ? Non !”
“Croyez-vous vraiment que lorsqu’il découvre que, depuis que la droite a passé cette loi, l’agression tombe sous le coup de l’article L. 222-12 et est désormais passible d’une amende de 75 000 euros, il renonce à l’agression ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Bien sûr que non !”
“J’y arrive ; vous avez tenu deux minutes et quarante secondes, vous supporterez bien deux minutes de plus ! La patience est une vertu salutaire. Ce texte dit tout de votre vision du monde : apporter une réponse pénale à des questions sociales. Or aucun lien n’a été établi entre le niveau d’une peine encourue et le passage à l’acte. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Quand un patient exige avec virulence d’être soigné ou qu’il s’en prend aux soignants, convaincu à tort que c’est à cause d’eux qu’il a attendu dix heures sur un brancard, croyez-vous vraiment qu’avant de passer à l’acte, il ouvre le code pénal ?”
“Le cas le plus exemplaire que nous rapportent les soignantes et les soignants, c’est celui d’un patient en état délirant privé de traitement, à cause des pénuries, ou bien à cause du délai des consultations, ou bien parce que le psy ou la psy est lui-même ou elle-même en arrêt maladie. Parfois, ces trois causes s’entremêlent et le plongent dans une situation intenable. Voilà ce qui crée violences, tensions et conflits ; voilà ce qui rend insupportable une interaction qui, si vos politiques n’avaient pas monté les individus les uns contre les autres, devrait les réunir. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Venez donc à l’hôpital Rangueil de Toulouse ! À cause de vous, il ne dispose plus de personnel d’accueil pour recevoir les patients et les accompagner dans leur prise en charge. Vous êtes directement responsables des situations de tension et de conflit qui en résultent. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Partout, les services d’urgences ferment et les files d’attente s’allongent. En une décennie, les temps d’attente ont augmenté de 30 %, passant de deux à trois heures. Arrivent aux urgences des gens qui ont été, en conséquence de vos politiques, privés de soins de manière répétée et cumulée.”