Antoine Léaument
LFI-NFP · France
“Nous aurons entendu dire que ce serait sur nos bancs qu’on défend les délinquants (« Oui ! » sur les bancs des groupes RN et UDR), alors que c’est sur les vôtres qu’on trouve des personnes condamnées pour détournement de fonds publics !”
“Puisque nous examinons des amendements de coordination sur un texte qui traite notamment de produits psychotropes, les hurlements de certains d’entre vous, ce soir, me donnent l’impression qu’ils ont consommé certains psychotropes légaux – à la buvette de l’Assemblée nationale ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Précisément, madame la présidente, je fais de la coordination. Nous avons entendu M. Michoux, dans un spectacle ridicule, nous parler des terroristes islamistes, alors que ce sont vos amis qui ont fourni les armes à certains terroristes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Il se fonde sur l’alinéa 3 de l’article 70, relatif aux mises en causes personnelles, et sur l’article 100 de notre règlement. La semaine dernière, madame la rapporteure, dans le cadre du groupe d’études sur les réseaux sociaux, nous avons reçu les représentants de Snapchat.”
“Pour notre part, nous serons toujours aux côtés des victimes et des familles de victimes et nous nous efforcerons toujours de trouver des moyens d’éviter que ces drames ne se reproduisent.”
“Sur tous les sujets, vous faites la même chose : vous vous emparez de faits dramatiques à partir desquels vous essayez d’exciter les peurs et les haines.”
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“Oui, les robespierristes, bien sûr ! Selon Saint-Just, qui était robespierriste, le principal adversaire d’un peuple est son gouvernement.”
“» Autrement dit, les révolutionnaires de 1789, ayant à l’esprit la Bastille et l’arbitraire des détentions ordonnées par lettres de cachet, étaient conscients du risque qu’un pouvoir exécutif en vienne à arrêter des personnes de manière arbitraire.”
“Je répondais aux éléments qui ont été évoqués lors du débat, monsieur le président – mais j’en viens aux moyens que nous souhaitons mettre en œuvre. L’article 66 de la Constitution dispose que nul ne peut être arbitrairement détenu. Cela signifie que pour qu’une personne soit détenue, il faut d’abord qu’elle ait été jugée. L’article 66 précise d’ailleurs que c’est à l’autorité judiciaire qu’il revient d’assurer le respect de ce principe constitutionnel. Selon l’article 9 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) La différence entre vous et moi, monsieur le ministre, est que je me suis soumis au verdict des élections, tandis que vous êtes dans cet hémicycle sans la confiance de l’Assemblée nationale. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Néanmoins, jamais je ne dirai à l’un d’entre vous – et certainement pas à M. Taverne, qui était policier – que d’une manière ou d’une autre vous souhaitez la mort de nos compatriotes. Car, contrairement à vous, j’ai du respect pour mes adversaires. Et je vous fais exactement la même remarque, monsieur le ministre. Vous affirmez que vous seriez inquiet si nous arrivions au pouvoir, sous-entendant que nous ne mettrions pas en place les mesures nécessaires pour assurer la sûreté des Françaises et des Français. Il est de mon devoir de vous rassurer, puisque vous êtes citoyen de la République française. Vous devrez vous y faire : à un moment donné, nous serons au pouvoir et nous assurerons la sécurité des Françaises et des Français, vous compris.”
“Oui, j’ai du respect pour mes adversaires. Je considère que vous êtes les héritiers d’un parti fondé par des collaborateurs et des Waffen-SS, et pour cela je n’ai aucun respect (Exclamations sur les bancs du groupe RN. – Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) , mais jamais je ne vous accuserai d’être complices du terrorisme – à part, peut-être, du terrorisme d’extrême droite que vous ne condamnez pas de manière suffisante. Quoi qu’il en soit, je ne sais pas si les terroristes qui se réclament de l’islamisme sont autre chose que des terroristes d’extrême droite, car les valeurs défendues par ces personnes les rapprochent bien plus de vous que de nous. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Pour commencer, je veux dire que je n’accuserai jamais personne dans cet hémicycle, pas même mes pires adversaires, pas même le Rassemblement national, d’être complice du terrorisme ou de souhaiter des actes terroristes. Contrairement à d’autres, j’ai du respect, y compris pour mes adversaires.”
“– Plusieurs députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)”
“Voilà comment on assure à la fois la sécurité des Françaises et des Français et leur sûreté, c’est-à-dire le respect du droit et des libertés publiques garanties par l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Et voilà pourquoi nous faisons toujours davantage confiance aux gens qui se fondent sur ce texte pour garantir, avant tout, la liberté ! Nous pensons en effet que la liberté est la première des sécurités, contrairement à vous, qui pensez que la première des libertés est la sécurité. Les révolutionnaires avaient une idée simple : ils disaient que le premier adversaire d’un peuple, c’est son gouvernement. Quand l’apologie du terrorisme est utilisée pour garder des députés de la République française vingt-quatre heures en garde à vue… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur.”
“Contrairement à vous, nous ne prendrons pas des mesures d’exception pour traiter de ces sujets. Vous proposez une mesure qui vise, sans le dire, à prolonger l’enfermement de ces personnes. Vous ne le dites pas comme ça, parce que vous ne le pouvez pas, mais c’est ce que vous voulez faire. Pourtant, vous savez très bien que ce que je dis est juste : on ne peut pas décider de la dangerosité d’un individu avant qu’il ait commis un acte. Ce qu’il faut faire, avec les personnes, très peu nombreuses – vous l’avez dit vous-même –, qui ont purgé leur peine pour terrorisme, c’est les surveiller ! Cela suppose de se doter de moyens de surveillance, de déjouer les attentats qu’elles pourraient vouloir commettre et de les juger sur la base de ces tentatives d’attentat pour, le cas échéant, les replacer en prison.”
“Monsieur le ministre de l’intérieur, quand je vous remplacerai dans vos fonctions (Exclamations et sourires sur les bancs du groupe RN et sur plusieurs groupes des bancs EPR et Dem) , je continuerai à travailler pour la sécurité des Françaises et des Français, soyez-en sûr ! Et si ce n’est pas moi, ce sera M. Bernalicis, et il fera ce travail d’excellente manière.”
“Mais pour vous, ce n’est pas grave, ce n’est pas votre faute ! Il suffit de renvoyer cette personne en rétention de sûreté terroriste ! Comme ça ne concerne qu’une dizaine de personnes, on peut mettre de côté la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Le drapeau tricolore qui flotte dans cet hémicycle n’est pas là pour rien. C’est le drapeau de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Quand vous n’êtes pas à la hauteur de ce drapeau, monsieur le ministre, vous n’êtes pas à la hauteur de votre fonction ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Voilà ! On envoie des gens en prison pour les déradicaliser et suivre d’éventuels traitements psychologiques. On voit que ça ne réussit pas toujours au bout de quinze ans.”
“Où avez-vous vu que quelqu’un pouvait être jugé par une commission et placé en rétention de sûreté ? Nos collègues ont-ils bien compris de quoi on parlait ? Aux termes de l’alinéa 1, « à titre exceptionnel, les personnes dont il est établi à l’issue d’un réexamen de leur situation intervenant à la fin de l’exécution de leur peine, qu’elles présentent une particulière dangerosité caractérisée par une probabilité très élevée de récidive, en raison d’une adhésion persistante à une idéologie ou à des thèses incitant à la commission d’actes de terrorisme et parce qu’elles souffrent d’un trouble grave de la personnalité, peuvent faire l’objet à l’issue de cette peine d’une rétention de sûreté terroriste […] ». Après tout, à titre exceptionnel, on peut faire n’importe quoi ! Quel message cet article fait-il passer ? Que la prison sert à rien.”
“Vous êtes quand même un peu particulier, monsieur le ministre. Vous nous dites que cette mesure ne concerne pas grand monde. Ce n’est pas très grave, pour dix personnes ! Le respect de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, on s’en fiche, quoi ! Permettez que je vous redonne lecture de son article 9 : « Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi. »”
“…laquelle protégerait nos policiers, nos gendarmes, des menaces que pourrait comporter une telle intervention. Nous ne voulons pas, nous, les envoyer au casse-pipe ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Voilà pourquoi je propose de supprimer la nécessité de pénétrer dans le domicile de la personne en cause ; il suffirait de s’assurer de sa présence, ce qui permettrait d’envoyer ensuite, au besoin, des forces de police ou de gendarmerie disposant de moyens suffisants. J’ai vu M. Boucard, notamment, réagir de façon positive à cette proposition,…”
“Je vous propose, monsieur le ministre, de corriger le problème que je vous ai signalé en supprimant le fait que les gendarmes ou les policiers visitent le domicile de la personne. Comme je vous le disais, vouloir les conduire à la rencontre de quelqu’un d’extrêmement dangereux, radicalisé avec des troubles psy constatés mais au sujet desquels le préfet veut malgré tout prendre l’avis d’un second psychiatre parce qu’il juge que le premier avis n’est pas suffisant – excusez-moi, mais votre texte a quelque chose de plaisant –, soulève la question suivante : qui sera chargé d’intervenir ? Le GIGN, le Raid, le commissariat ou le poste de gendarmerie du coin ?”
“Soit le risque est important, il y a urgence, les services de renseignement affirment que la personne en cause doit être conduite sans retard devant un psychiatre ; soit, je le répète, vous mettez les policiers et les gendarmes en danger. Voilà pourquoi j’affirme que vous n’aimez pas la police, car vous enverriez des policiers insuffisamment équipés et armés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Ou bien qui voulez-vous envoyer : le Raid, le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) ? Qui chargerez-vous d’aller chercher cette personne que vous pensez dangereuse ? Je suis désolé, mais vous rédigez vos dispositions avec les pieds ! Ce n’est pas correct, c’est n’importe quoi ; heureusement que nous sommes là pour vous le dire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je reprends donc mon argumentation. Une personne ne s’est pas présentée à l’examen réclamé par le préfet dans le délai qu’a demandé le psychiatre – mettons quinze jours, sauf urgence dûment justifiée, auquel cas il serait réduit à dix ou cinq jours. On envoie alors policiers ou gendarmes vérifier que cette personne se trouve à son domicile – dans le cas contraire, j’invite les intéressés à s’inquiéter –, alors qu’on la pense radicalisée et qu’un psychiatre a déjà conclu qu’elle présentait des troubles. Vous mettez les policiers et les gendarmes en danger !”
“Je reviens à l’amendement, madame la présidente ; excusez-moi, les députés du Rassemblement national, en disant qu’ils ne comprenaient pas, m’ont un peu échauffé. Je réexplique à leur intention. (Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.) J’entends crier : « Arrête ton cinéma », « Ça suffit ». C’est le principe du débat parlementaire ; si vous ne l’aimez pas, partez !”
“L’amendement, j’y reviens ! Ce que je viens de dire vaut aussi pour le Rassemblement national : il n’y a plus personne chez vous, alors même que le terrorisme est censé figurer au cœur de vos préoccupations. (Les exclamations se poursuivent.)”
“Personne dans cette discussion n’est vraiment aidé : les chefs, à ce que je vois, sont tous partis. Vraiment, les députés macronistes, je n’aimerais pas être à votre place. Votre gouvernement, M. Rodwell, vos débats internes vous mettent dans une situation catastrophique où vous voilà obligés… (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN, EPR, DR et HOR.) Pardon, je comprends que cela vous agace ! M. Attal, qui vous a mis dans cette situation, n’est pas là ; il est normal que cela vous agace d’être obligés, à 23 h 49, d’assumer les conséquences des actes de M. Attal (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) et d’un gouvernement qui ne sait plus où il va – il n’avait rien prévu après les élections municipales, si bien que nous arrivent tous les textes qui traînaient ici ou là.”
“Si vous le permettez, je soutiendrai par la même occasion les amendements n os 189, dont je suis le seul signataire, et 185, madame la présidente. (« On n’a rien compris ! » sur quelques bancs du groupe RN.) Si vous n’avez rien compris, c’est que vous n’avez pas écouté : si l’on a les neurones encore connectés à pareille heure, c’est parfaitement clair ! Je vous explique ce que propose le gouvernement – parce que vous, au Rassemblement national, vous votez les trucs du gouvernement sans les regarder. Dès que vous entendez des machins qui ont l’air à peu près de droite, vous votez pour !”
“Combien enverrez-vous de policiers ou de gendarmes à la rencontre d’une personne que l’on pense radicalisée et atteinte de troubles psychiatriques ? Quel mode opératoire allez-vous utiliser ? Dépêcherez-vous le Raid, la police antiterroriste ? Ou ne s’agit-il que d’accompagner de force un patient atteint de troubles psy chez le psychiatre pour pouvoir ensuite le faire interner de force ? (« Bien sûr ! Exactement ! » sur quelques bancs du groupe RN.) Ça alors, j’ai entendu M. Taverne dire : « Exactement » !”
“Eh oui ! Vous affirmez qu’on a affaire à une personne potentiellement radicalisée – on disposerait d’informations en ce sens –, dont un psychiatre aurait diagnostiqué qu’elle serait atteinte de troubles psychiatriques mais, comme vous voulez l’envoyer voir un deuxième psychiatre sur injonction du préfet, vous écrivez : « Si la personne concernée ne s’est pas soumise, sans motif légitime, à l’examen [psychiatrique], le représentant de l’État dans le département – c’est-à-dire le préfet – peut, après avoir dûment constaté cette abstention, demander au magistrat du siège du tribunal judiciaire dans le ressort duquel la personne réside de l’autoriser par ordonnance à requérir les services de police ou les unités de gendarmerie pour qu’ils visitent le domicile de cette personne afin de s’assurer de sa présence et de la présenter à un médecin psychiatre figurant sur la liste prévue au II, aux fins de réaliser cet examen ».”
“Monsieur le ministre de l’intérieur, vous n’aimez pas la police. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Pourtant, vous n’en parlez pas. Ce que nous essayons de vous dire, c’est que la lutte contre le terrorisme mobilise des moyens de renseignement – vous l’avez souligné, monsieur le ministre. J’ai salué le travail des services de renseignement ; contrairement à ce que vous pensez, je salue le travail des agents, des fonctionnaires, qui, par leur métier, empêchent la commission d’actes terroristes – mais ce n’est pas le rôle des psychiatres. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)”
“Souvent, les titres des articles de presse qui rapportent ces événements commencent par « ivre » : « Ivre, il crie Allahou akbar en pleine rue, près du Havre : la police intervient » ; « Bordeaux : apologie du terrorisme sur fond d’alcoolisme ». J’ai tapé « terrorisme et alcool » : j’ai trouvé plus de cas que pour « troubles psy ». (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)”
“Tout à fait – d’ailleurs, l’alcool est une drogue, je ne sais pas combien de fois il faudra vous le dire. Souvenez-vous de ce qui s’est passé sur l’île d’Oléron. Une voiture avait foncé…”
“Nous abordons la question du rôle du juge des libertés et de la détention. Le problème de fond est que vous faites un mix entre la question des troubles psy et celle du terrorisme. En procédant ainsi, vous laissez de côté d’autres questions, par exemple celle de l’alcool.”
“Oui, sur le fondement de l’article 70, alinéa 3. Quelqu’un – sur les bancs d’en face, semble-t-il – a dit : « Ferme-la ! ». Certains de mes collègues qui m’entourent l’ont entendu. Je demande que cela soit vérifié avec le compte rendu, inscrit au procès-verbal et qu’une sanction soit prise contre la personne qui a dit cela. Lorsque j’ai demandé, une fois, à discuter avec le président de séance, cela m’a valu une sanction et la privation d’un quart de mon indemnité parlementaire. Quand on dit : « Ferme-la ! » à un député, il me semble qu’on mérite d’être sanctionné ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Ceux qui ont fait le lien entre Daech et Lafarge sont des amis du Rassemblement national ! (« Eh oui ! » et applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Qui aide les terroristes à commettre leurs actes ? Qui aide les collabos comme Lafarge à se faire les intermédiaires de Daech ? Vos amis ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – Exclamations sur les bancs du groupe RN, qui provoquent de vives protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Quelqu’un a dit : « Ferme-la ! ». Rappel au règlement !”
“Tout cela est rédigé d’une manière… Collègues, on ne peut écrire la loi n’importe comment ! Et je précise que cela n’a rien à voir avec le fait de partager ou non les idées des Insoumis. Voilà pourquoi je vous invite à voter pour cet amendement et pour nos sous-amendements. Pour ce qui est des actes terroristes, il serait intéressant de se pencher plus précisément sur les personnes qui aident à les commettre. M. Claude Hermant, qui a fourni les armes aux terroristes qui ont commis les attentats de janvier 2015, est un proche du Rassemblement national !”
“On ne sait pas quel psychiatre a identifié les troubles mentaux mais admettons que l’on soit dans cette situation. Il peut alors être demandé à la personne de se soumettre à un examen psychiatrique dans un délai fixé par le préfet, mais « qui ne peut être inférieur à quinze jours ». Ainsi, il existe une menace grave, mais on peut attendre jusqu’à quinze jours – « sauf urgence dûment justifiée » !”
“Pour continuer dans le même ordre d’idées, je signalerai une aberration liée à cet alinéa 10. Que tout le monde comprenne bien comment le texte est rédigé : « Aux seules fins de prévenir la commission d’actes de terrorisme » – on s’attend donc à quelque chose de particulièrement grave –, le préfet peut enjoindre à une personne de se présenter devant un psychiatre s’il estime que « son comportement constitue une menace grave pour l’ordre et la sécurité publics, en raison de son adhésion à des théories incitant ou faisant l’apologie d’actes de terrorisme et d’agissements susceptibles d’être en tout ou partie liés à des troubles mentaux identifiés par l’avis d’un psychiatre ».”
“» Sachez que nous ne comptons pas envoyer des policiers du Raid sans armes face à des gens pourvus de kalachnikovs. Nous estimons cependant qu’éborgner des gilets jaunes, par exemple, ne respecte pas la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. (Mêmes mouvements.) En revanche, vous vous situez toujours du côté de la police, quels que soient les méfaits qu’elle provoque ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Il se fonde sur l’article 70 alinéa 2 – les députés cherchant à provoquer des scènes tumultueuses –, sur l’article 70 alinéa 3 – les mises en cause personnelles – et sur l’article 70 alinéa 4 – les outrages à l’Assemblée nationale. En effet, prétendre que qui que ce soit ici pourrait, d’une manière ou d’une autre, avoir la moindre faiblesse à l’égard des actes terroristes et des terroristes est bien un outrage ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.) Nous affirmons précisément que les actes terroristes tels que ceux que vous avez cités ne seraient aucunement prévenus par le texte, qui nous rend impuissants à lutter contre la menace ! (Mêmes mouvements.) Monsieur le député Taverne, vous avez hurlé hors micro : « Ils veulent désarmer la police !”
“(Sourires.) Qu’entendez-vous faire, monsieur Kasbarian, face à cette proposition de loi qui, de toute évidence, menace le droit à la sûreté de nos compatriotes, en octroyant à l’autorité exécutive un droit d’internement, c’est-à-dire un pouvoir judiciaire considérable ? Quant à nous, membres du pouvoir législatif souverain, représentants du peuple français, héritiers de la Révolution de 1789, défenseurs de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (Exclamations sur quelques bancs des groupes RN et DR) , notre position est claire : nous sommes contre ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – Mme Céline Hervieu applaudit également.)”
“Accrochez-vous, ce n’est pas fini : « Nous affirmons que l’ordre démocratique procède de l’exercice libre et responsable, par chaque individu, de ses facultés de choix et de discernement. La liberté individuelle est ainsi la source de la légitimité politique. » Tenez bon, arrive le dernier paragraphe : « La résistance à l’oppression constitue une obligation permanente : nous ne tolérons aucune pression communautaire ni aucune pratique sociale fondée sur la subordination d’une partie de la population. » (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) J’interpelle donc le président du Parti de la liberté !”
“En effet, je suis allé lire la charte d’engagement de ce parti – avec M. Kasbarian, je suis sans doute l’un des seuls dans cet hémicycle à l’avoir fait. Voici comment débute cette charte : « Le Parti de la liberté fonde son action sur les droits inscrits à l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. »”
“Je souhaiterais savoir quelle est la position du Parti de la liberté sur ce texte.”
“Il y a trois jours, un événement politique considérable s’est produit dans notre pays : M. Kasbarian a lancé le Parti de la liberté. (Sourires. – Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Et quelles seront ses conclusions, à votre avis ?”
“Ah ! « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. »”
“Collègues, mettez-vous à la place du psychiatre. Le préfet oblige un individu à se faire examiner par un psychiatre, au prétexte qu’il serait susceptible de passer à l’acte d’une seconde à l’autre : comment le psychiatre est-il censé savoir s’il est radicalisé ou s’il souffre de troubles psychiatriques ? Vous mettez les psychiatres dans une situation dramatique, catastrophique. Supprimez cet article. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Céline Hervieu et M. Benjamin Lucas-Lundy applaudissent également.)”
“Les services de renseignement savent si un individu est radicalisé ou non, et les services de psychiatrie savent s’il souffre d’un trouble ou non. Pourquoi donc cette injonction à un examen psychiatrique ? Pourquoi ?”
“…sinon, le préfet n’en aurait pas connaissance. S’y ajoutent les « agissements susceptibles d’être en tout ou partie liés à des troubles mentaux identifiés par l’avis d’un psychiatre ». Vous disposez donc déjà de toutes les informations !”
“Dans ce cas, les services de renseignement sont déjà au courant,…”
“Tout à l’heure, vous disiez que c’était ou l’un ou l’autre ; M. Rodwell nous dit que les conditions sont cumulatives. Vous dites ne pas faire de lien entre les troubles psychiatriques et la radicalisation, mais vous dites aussi que c’est cumulatif, et que cela ne concerne donc que ceux qui ont des troubles psychiatriques et qui sont radicalisés. Vous faites bien un lien entre les deux ! Comment pouvez-vous différencier l’un de l’autre ? Surtout, comment un préfet pourrait-il les distinguer ? Le préfet, « aux seules fins de prévenir la commission d’actes de terrorisme », peut avoir « des raisons sérieuses de penser que [le] comportement [de la personne] constitue une menace grave pour l’ordre et la sécurité publics, en raison de son adhésion à des théories incitant ou faisant l’apologie d’actes de terrorisme ».”