Antoine Léaument
LFI-NFP · France
“Nous aurons entendu dire que ce serait sur nos bancs qu’on défend les délinquants (« Oui ! » sur les bancs des groupes RN et UDR), alors que c’est sur les vôtres qu’on trouve des personnes condamnées pour détournement de fonds publics !”
“Puisque nous examinons des amendements de coordination sur un texte qui traite notamment de produits psychotropes, les hurlements de certains d’entre vous, ce soir, me donnent l’impression qu’ils ont consommé certains psychotropes légaux – à la buvette de l’Assemblée nationale ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Précisément, madame la présidente, je fais de la coordination. Nous avons entendu M. Michoux, dans un spectacle ridicule, nous parler des terroristes islamistes, alors que ce sont vos amis qui ont fourni les armes à certains terroristes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Il se fonde sur l’alinéa 3 de l’article 70, relatif aux mises en causes personnelles, et sur l’article 100 de notre règlement. La semaine dernière, madame la rapporteure, dans le cadre du groupe d’études sur les réseaux sociaux, nous avons reçu les représentants de Snapchat.”
“Pour notre part, nous serons toujours aux côtés des victimes et des familles de victimes et nous nous efforcerons toujours de trouver des moyens d’éviter que ces drames ne se reproduisent.”
“Sur tous les sujets, vous faites la même chose : vous vous emparez de faits dramatiques à partir desquels vous essayez d’exciter les peurs et les haines.”
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“Il s’agit d’un nouvel amendement d’appel, visant à vous alerter sur les compétences concurrentes du nouveau parquet national anti-criminalité organisée et du parquet national financier. J’ai sous les yeux une circulaire d’octobre 2021 du ministère de la justice que je trouve particulièrement intéressante. Il y est question des Jirs et de la Junalco : « une expertise de la criminalité organisée à valoriser » – il y a un peu plus de trois ans, vous disiez donc qu’il fallait valoriser la Junalco ; apparemment, le ministère, en changeant de ministre, a changé d’avis… On y précisait que « la justice a conféré une compétence nationale concurrente à la juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco) pour les affaires de très grande complexité, notamment en matière fiscale.”
“Vous avez désormais compris qu’il fallait que les deux travaillent ensemble et que finalement, quand on met la police judiciaire au service de la justice, précisément, on peut faire de belles affaires comme l’arrestation de M. Amra et d’une quinzaine de ses complices. Pour ma part, je félicite à la fois la Junalco qui a bien travaillé sur le dossier et l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) qui, à l’évidence, a bien travaillé aussi. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…rejoignant l’analyse de François Molins, dont je ne crois pas que vous le considériez comme naïf ou laxiste : il faut non créer un parquet national anti-criminalité organisée, mais, au contraire, faire de la Junalco un véritable chef de file en la matière. Vous avez soutenu que vous aviez en quelque sorte convaincu M. Bernalicis au sujet de la place de la police judiciaire, mais j’ai l’impression que c’est plutôt l’inverse : depuis que vous avez changé de ministère, M. Bernalicis a fini par vous convaincre qu’il fallait défendre la police judiciaire. Il y a quatre ans, vous manifestiez avec Alliance police nationale, qui clamait : « Le problème de la police, c’est la justice ! ». (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“D’une certaine manière, vous nous donnez raison : le problème de la justice réside dans ses moyens. Nous proposons de supprimer l’article 2, qui est une disposition centrale du texte. Si vous aviez lu le rapport que j’ai rédigé avec M. Mendes, qui est membre de votre majorité, sur le trafic de stupéfiants, vous auriez lu la recommandation commune que nous y avons défendue,…”
“…honnête : vous avez reconnu que la Junalco n’avait pas eu les moyens nécessaires pour être à la hauteur de ses missions.”
“Non, c’est vous ! Heureusement que nous sommes là !”
“Seulement quand ils tiennent des propos racistes !”
“Vous riez beaucoup ; commencez à écouter. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Elle aurait permis, premièrement, de sortir une immense manne financière des mains des narcotrafiquants (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) ; deuxièmement, de faire entrer dans les caisses de l’État l’argent nécessaire à des politiques de prévention ; troisièmement, de concentrer les moyens de police et de justice sur la lutte contre le trafic de cocaïne, qui est un fléau ; quatrièmement, d’éviter le passage à d’autres types de consommation. En effet, contrairement à ce que vous dites, on ne peut pas compter sur les dealers pour faire de la prévention : ils ont tout intérêt à amener les consommateurs vers la consommation de cocaïne, substance plus rémunératrice pour eux car vendue plus cher et créant plus de dépendance. Comme vous le voyez, nous avons, nous, des mesures pour sortir la France du piège du narcotrafic.”
“Quand je rends visite aux gendarmes, ils me disent que leurs pics d’activité se situent le vendredi soir et le samedi soir, en raison de l’augmentation de la consommation d’alcool, ou encore que les violences intrafamiliales sont très liées à l’alcool. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Face à cette consommation, quel est notre réflexe ? Faire de la prévention. La prévention fonctionne pour lutter contre l’alcoolisme ou contre le tabagisme ; elle fonctionne aussi pour faire baisser la consommation de stupéfiants. Enfin, il faut une politique globale en la matière. Nous ne pourrons pas débattre de la légalisation du cannabis puisque nos amendements ont été jugés irrecevables, mais elle aurait été un moyen de dégager la France du piège du narcotrafic.”
“Cela implique de faire de la prévention pour éviter l’entrée dans la consommation ; d’en faire également, une fois que les gens sont entrés dans la consommation, pour réduire celle-ci ; de permettre enfin aux personnes dépendantes de sortir de la dépendance. Trois ministres sont présents devant nous ce soir, mais il en manque ! Il manque la ministre de la santé. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cela dit, il faudrait pour cela commencer par sortir de l’hypocrisie. Si nous marchons trente ou quarante mètres, nous trouverons, à l’intérieur même de l’Assemblée nationale, un lieu légal de vente de drogue : la buvette, qui vend de l’alcool. (« Ah ! » sur divers bancs.) Ah, l’alcool, l’autre grande menace pour la sécurité des Français !”
“…d’entendre vos leçons sur la police, alors que vous n’avez pas été capables, en huit ans, de donner à la police nationale un logiciel efficace de rédaction des procédures pénales. Huit ans de travail, 20 millions d’euros envoyés à Capgemini, toujours pas de logiciel pour la police nationale ! Commencez donc par donner des logiciels qui fonctionnent à la police et à la justice, qui en a aussi bien besoin. Il faut aussi rétablir la police de proximité, que M. Narkozy a supprimée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il faut surtout lutter contre la demande, dont vous n’avez rien dit.”
“Il faut enfin des moyens logiciels pour la police et pour la justice. Je commence à en avoir un peu assez…”
“…mais c’est vous qui le commettez en ne traitant pas la question des trafics, c’est-à-dire de l’offre et de la demande. Pour lutter contre l’offre, il faut installer des scanners dans les ports – mon collègue Bernalicis l’a rappelé –, il faut mettre des moyens dans la lutte contre le blanchiment ou dans la lutte contre la corruption. Cela implique des formations obligatoires, que notre groupe a fait ajouter au texte par voie d’amendement lors de l’examen en commission des lois. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je vais vous dire ce qu’il faudrait faire, à mon avis, pour sortir la France du piège du narcotrafic. Il faudrait considérer enfin le trafic de stupéfiants comme un marché ultracapitaliste. Mme Firmin Le Bodo a parlé de déni de réalité,…”
“Si vous leur annoncez que vous avez installé des dispositifs qui mettent en cause la confidentialité de leurs communications, alors vous n’aurez plus aucun moyen de les surveiller.”
“Ils ne sont pas là. Enfin, avec votre système de backdoor , on nage en plein délire ! Vous voulez permettre la surveillance d’une partie des conversations. D’une part, c’est un risque pour les libertés. D’autre part, cela augmente le nombre de fragilités numériques pouvant être exploitées lors des actions d’ingérence étrangère. Enfin, c’est inefficace pour lutter contre les trafiquants, puisque l’expérience des messageries Sky ECC, Encrochat, ou encore Matrix – je remercie la gendarmerie française et la police judiciaire d’avoir réussi à les décrypter (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) – a montré que les trafiquants se soucient d’utiliser des moyens de communication qu’ils considèrent comme sûrs.”
“C’est complètement improductif, car une personne qui participerait effectivement au trafic de stupéfiants pourrait alors être indemnisée par les trafiquants, tandis que celles qui n’y participent pas subiraient des difficultés économiques en raison de la fermeture. Vraiment, c’est brillant ! En outre, vous faites ainsi la démonstration que vous ne comptez lutter que contre le bas du spectre ; où sont les grands trafiquants, les caïds ?”
“L’article 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dispose que la propriété est un droit inviolable et que « nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité ». Or vous avez prévu de rendre possible la fermeture administrative de commerces suspectés de participer au trafic de stupéfiants. Quand, en commission, nous avons demandé sur quoi ce soupçon pouvait être fondé, on nous a littéralement répondu : « Cela se sait. » Les débats promettent d’être sympathiques ! Vous allez fermer des commerces pendant six mois sur la base du seul soupçon.”
“Sur la base du soupçon également, le préfet pourra demander au bailleur social de rompre un contrat de location avec une personne dont il pense qu’elle a participé au trafic de stupéfiants. Entendez bien, vous qui écoutez nos débats en dehors de l’Assemblée nationale, ce que dit M. Retailleau : il veut faire annuler des contrats de location sur la seule base du soupçon et, puisqu’il parle des bailleurs sociaux, il vise les habitants des quartiers populaires ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Enfin, messieurs les ministres, il va me falloir défendre à votre place le droit de propriété, au risque de me faire huer par mes collègues de La France insoumise.”
“Sur le soupçon aussi, donc. Vous dites « les deux », monsieur le ministre ; vous reconnaissez ainsi que des interdictions administratives seront prononcées sur la base du soupçon. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur, fait un geste de dénégation.) Si ! Vous avez dit « les deux ». J’espère que cela sera noté au compte rendu. M. le ministre vient de dire que, sur la base du soupçon, on pourra interdire nominativement à des gens de paraître dans l’espace public. « Monsieur Machin, madame Truc, vous n’aurez pas le droit de paraître ici pendant un mois. »”
“Oui, la liberté ou la mort. C’était un slogan de la Révolution, et encore aujourd’hui, nous ne disons pas autre chose. Non, les interdictions administratives dont a parlé M. Retailleau ne viseront pas les caïds condamnés. Elles sont fondées sur le soupçon.”
“Non, c’est l’inverse : la première des sécurités, c’est la liberté ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je comprends que le Rassemblement national ait des difficultés avec cette idée, puisque ses députés nous ont reproché en commission de trop parler des libertés. Eh bien, nous parlerons des libertés jusqu’à notre mort, s’il le faut, même si elle devait venir de votre côté.”
“Retailleau, après avoir ouvert son discours par une blague qu’il m’a piquée – au sujet des choses stupéfiantes –, a commencé par mentir. Il a fait les gros bras, il a promis de frapper les caïds de la drogue d’interdictions administratives qui les empêcheront de paraître sur les points de deal et de semer le trouble dans les appartements. Eh bien, je vais vous expliquer, chers collègues législateurs, pourquoi M. Retailleau est plutôt du côté de l’ordre public que de celui de la liberté.”
“Vous n’en parlez pas, sinon pour faire des effets de manche en nous accusant, nous, de laxisme, comme M. Retailleau l’a fait tout à l’heure. Nous ne sommes pas laxistes ; nous proposons des solutions qui fonctionnent. M. Retailleau a dit qu’il fallait trouver un équilibre entre la sécurité et la liberté. Il a prononcé ces mots dans un endroit très approprié car il y a devant vous, chers collègues, deux immenses statues. Regardez-les ! À votre gauche, la liberté ; à votre droite, l’ordre public. Si elles ont été placées ici, c’est pour inviter le législateur à toujours chercher l’équilibre entre les deux, entre la liberté d’un côté et l’ordre public de l’autre. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Que faites-vous, législateurs, lorsque vous croyez un ministre qui ment ? M.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Au fond, vous vous contentez d’arrêter les vendeurs des supermarchés de la drogue, sans jamais faire fermer les grossistes, les capitalistes ou les multinationales de la drogue (Mêmes mouvements. – Mme Sandra Regol applaudit également) , car votre action est inefficace sur ce point. Croyez bien que je le regrette car, précisément, nous nous soucions des victimes. Nous en avons par-dessus la tête de voir nos jeunes se faire tuer par les trafiquants. Nous aimerions beaucoup que la politique menée soit efficace pour arrêter ces morts. Personne ne peut se satisfaire de voir des gamins torturés, tués ou entraînés dans le piège du narcotrafic. Mais de cela, vous ne parlez pas. (Mêmes mouvements.)”
“(Mêmes mouvements.) Nous en parlons à la tribune de l’Assemblée nationale ; vous n’en parlez même pas dans votre texte, alors que vous prétendez sortir la France du piège du narcotrafic. Voici votre bilan – il est catastrophique ! (Mme Mathilde Panot applaudit.) Vous faites des opérations Place nette qui portent bien mal leur nom, car si elles faisaient réellement place nette, il n’y aurait plus rien. Or en 2023, vous en avez mené 20 000, pour 3 000 points de deal. Comment se fait-il qu’il y ait plus d’opérations Place nette que de points de deal ? Serait-ce parce que les points de deal reviennent ? Je n’ose le croire, monsieur Darmanin. (Mme Élisa Martin applaudit.) Peut-être est-ce parce que vous ne luttez pas réellement contre le haut du spectre et que vous vous contentez depuis des années de mesures inefficaces.”
“Je me permets seulement de dire que si l’on souhaite sortir la France du piège du narcotrafic, il faut parler de la réponse pénale qui y est apportée : 83 % des mesures sont dirigées contre les consommateurs. Vous avez l’impression de lutter contre le haut du spectre du trafic mais ce n’est pas du tout le cas. Monsieur Marleix, vous nous avez reproché de ne pas parler des victimes. Précisément, nous en parlons – 110 morts l’année dernière, 139 l’année précédente – ; mais ce n’est pas nous qui sommes au pouvoir, c’est vous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) La proposition de loi comptait quatre-vingt-dix-sept pages lorsqu’elle est arrivée en commission, elle en compte désormais environ quatre-vingts. Savez-vous quel mot est absent du texte ? Celui de « victime ».”
“Votre texte n’en parle pas, parce que votre objectif est de ne pas dévier du chemin dans lequel vous vous êtes engagés, quitte à aggraver encore davantage les conséquences d’une politique en échec. La France, malgré sa politique la plus répressive d’Europe, détient le taux de consommation le plus élevé : 50 % de la population française admet avoir déjà consommé du cannabis, 10 % de la cocaïne et 10 % de l’ecstasy. Vous n’avez rien dit de tout cela, et quand je vous en parle, vous n’écoutez pas – n’est-ce pas monsieur le ministre ? Cela ne vous intéresse pas ?”
“Par cette proposition de loi organique, vous prétendez sortir la France du piège du narcotrafic. Quand bien même nous partageons l’objectif affiché par le titre – à même de rassembler notre assemblée –, celui-ci s’avère trompeur, car vous échouerez. Après un an et demi de collaboration avec M. Ludovic Mendes, en tant que rapporteurs de la mission d’information visant à évaluer l’efficacité de la politique de lutte contre les trafics de stupéfiants, je constate qu’un mot est absent de votre proposition de loi, celui de « consommation ». Or toutes les personnes que nous avons auditionnées nous l’ont affirmé : ne pas aborder le sujet de la consommation, c’est continuer d’essayer de vider la mer avec une petite cuillère.”
“Eh oui, il ne faut pas se contenter d’applaudir les douaniers, il faut aussi les écouter !”
“Vous n’êtes guère nombreux, sur vos bancs…”
“Il faut parler du salaire médian, plutôt !”
“Ce sont des voleurs ! Il faut les punir !”
“Il faut déposer des amendements et travailler !”
“Ah, ça vous dérange, un agriculteur à la tribune ! Des grands bourgeois, voilà ce que vous êtes !”
“Vous n’aimez pas le Parlement ! De quoi parlez-vous ?”
“Et que faites-vous contre le blanchiment ?”
“Je n’ai pas dit qu’ils n’existaient pas !”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Enfin, madame Yadan, puisque vous voulez prendre des cours de droit, je vous conseille de réviser le droit international ! (Mêmes mouvements.)”
“Côté face, vous dites dans le même entretien qu’il faut mettre des bracelets électroniques à des jeunes de 16 ans. Vous n’avez absolument aucune cohérence idéologique. Il faut choisir : soit vous êtes dans une logique de protection des mineurs, auquel cas il faut agir pour défendre correctement les enfants ; soit vous suivez la logique du Rassemblement national, qui prône la punition permanente de tous – les mineurs et les parents. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et EPR.) Vous ressemblez d’autant plus au dieu aux deux visages qu’en 2021, vous manifestiez avec Alliance en affirmant que le problème de la police, c’était la justice, alors qu’aujourd’hui vous semblez avoir découvert que le problème de la justice, c’est le manque de moyens !”
“Monsieur Darmanin, vous ressemblez au dieu romain dont une représentation orne notre tribune – Janus, le dieu aux deux visages. Côté pile, vous dites aujourd’hui dans Le Parisien que la justice manque de moyens, que des mineurs sont en attente de placement et que cela les met en danger.”
“Monsieur Terlier, vous avez parlé des mères qui emmènent leurs enfants faire le jihad ; c’était assez ridicule, car ce n’est pas ce dont nous parlons. Dans sa rédaction actuelle, l’article 227-17 du code pénal protège les mineurs ; vous voulez en faire un outil pour punir les parents de mineurs délinquants, quoi qu’ait pu en dire le Rassemblement national. En punissant les parents d’une fratrie dont un des enfants commet des délits, vous punirez toute la fratrie – c’est absurde.”
“En l’envoyant en prison, vous en ferez un délinquant encore plus dur. Construisez des écoles et non pas des prisons ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Tristan Lahais applaudit également. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.)”
“Le sociologue Marwan Mohammed, qui a travaillé sur les rixes, explique que les enfants qui décrochent du système scolaire dès l’âge de 5 ans ont davantage de risques de devenir des délinquants ou d’être entraînés dans des rixes. Que faites-vous pour eux ? Pour ma part, j’ai été écœuré par les propos que vous avez tenus. Les gamins qui meurent, qui se font tuer ou qui se battent entre eux sont ceux de nos circonscriptions. Or vous n’avez rien à leur dire, si ce n’est que vous les punirez durement, ainsi que leurs parents. Pensez-vous régler les problèmes de cette façon ? Vous savez, au fond de vous, j’en suis sûr, qu’on ne règle pas le problème d’un enfant délinquant en le faisant punir par la justice.”
“La science et les chercheurs spécialisés sur le sujet ont montré que le basculement vers la commission d’actes répréhensibles se produit, en réalité, dès le plus jeune âge, et que la construction de l’enfant joue un rôle majeur pour la suite.”
“Vous estimez que c’est en faisant peur que l’on parviendra à éviter la commission d’actes de délinquance. (MM. Jean-François Coulomme et Sébastien Delogu applaudissent.) Vous avez beaucoup raillé nos positions humanistes. Cependant, nous considérons que les enfants sont des êtres humains et que ces êtres humains en construction doivent être éduqués. À cet égard, le rôle de l’école est bien plus essentiel que la violence d’un État qui punit les actes criminels ou délictuels.”
“Ce texte ne changera rien. (Exclamations sur quelques bancs du groupe EPR.) Il sera inefficace : il n’empêchera pas les mineurs de commettre des actes criminels ou délictuels. Vous savez, en réalité, qu’il ne permettra pas de les prévenir. Vous avez une vision terroriste de la justice.”
“Commencez par vous-mêmes ! Commencez par M. Sarkozy, tiens !”
“Vous êtes ridicules ! C’est facile, quand on est riche ! Vous irez dire ça aux mères célibataires !”