Antoine Léaument
LFI-NFP · France
“Nous aurons entendu dire que ce serait sur nos bancs qu’on défend les délinquants (« Oui ! » sur les bancs des groupes RN et UDR), alors que c’est sur les vôtres qu’on trouve des personnes condamnées pour détournement de fonds publics !”
“Puisque nous examinons des amendements de coordination sur un texte qui traite notamment de produits psychotropes, les hurlements de certains d’entre vous, ce soir, me donnent l’impression qu’ils ont consommé certains psychotropes légaux – à la buvette de l’Assemblée nationale ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Précisément, madame la présidente, je fais de la coordination. Nous avons entendu M. Michoux, dans un spectacle ridicule, nous parler des terroristes islamistes, alors que ce sont vos amis qui ont fourni les armes à certains terroristes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Il se fonde sur l’alinéa 3 de l’article 70, relatif aux mises en causes personnelles, et sur l’article 100 de notre règlement. La semaine dernière, madame la rapporteure, dans le cadre du groupe d’études sur les réseaux sociaux, nous avons reçu les représentants de Snapchat.”
“Pour notre part, nous serons toujours aux côtés des victimes et des familles de victimes et nous nous efforcerons toujours de trouver des moyens d’éviter que ces drames ne se reproduisent.”
“Sur tous les sujets, vous faites la même chose : vous vous emparez de faits dramatiques à partir desquels vous essayez d’exciter les peurs et les haines.”
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“En effet, ces derniers ont besoin de trouver les clés de cryptage des logiciels effectivement utilisés par les trafiquants qui pensent avoir des conversations sécurisées. Si l’on indique aux trafiquants que l’on va installer dans les messageries un dispositif de porte dérobée, bingo, ces derniers se tourneront vers d’autres moyens de communication. Il faudra alors compter, une fois encore, sur la capacité de nos services de police et de gendarmerie à décrypter ces nouveaux logiciels – ils ont certes déjà prouvé leur compétence en la matière. Avec ce texte, vous avez suivi une logique de restriction des libertés. Il aurait fallu plutôt se demander comment une lutte contre le narcotrafic peut être efficace, ce que vous n’avez jamais fait.”
“Notre devoir de législateurs est d’essayer de trouver l’équilibre entre les deux. Malheureusement, vous êtes toujours du côté, non de l’ordre public mais de l’arbitraire, jamais du côté de la préservation des libertés. C’est pourquoi vous êtes dangereux. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Si dangereux que vous avez essayé de mettre en place des mesures contre-productives – en vain car M. Retailleau n’était pas là pour les défendre. Ainsi, vous vouliez installer des back doors à l’intérieur des outils de conversation. M. le président de la commission des lois souhaite que, sur cette question, le travail se poursuive. Selon moi, celui-ci n’aboutira pas, tout simplement parce que ces mesures néfastes et dangereuses rendraient plus compliquée l’action des services de police.”
“Le bilan de votre politique répressive, c’est une augmentation de la consommation, alors même que des politiques moins répressives, voire des politiques de prévention, par exemple vis-à-vis de l’alcool ou du tabac, ont permis de faire baisser la consommation de drogues dans notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ce texte contient des mesures négatives, voire dangereuses. Je pense d’abord à l’interdiction administrative de paraître et à la rupture administrative des contrats de location dans les sociétés HLM, qui sont une manière de stigmatiser des populations bien particulières et de faire peser un risque d’arbitraire. Il m’est arrivé de dire que nous avons face à nous, quand nous siégeons, deux modèles : à notre gauche, une statue représentant la liberté, à notre droite, une statue représentant l’ordre public.”
“Avec cette loi, vous ne réglerez absolument rien de la question du narcotrafic. Croyez bien que je le regrette, puisque nous aurions précisément souhaité une politique ambitieuse dans le domaine. Il faut d’abord faire le bilan de votre politique : son échec, c’est l’augmentation continue de la consommation de stupéfiants dans notre pays. La moitié des Français ont consommé du cannabis, 10 % de la cocaïne et 10 % de la MDMA.”
“Sur la base de l’article 70, alinéa 3 du règlement, j’aimerais répondre à cette mise en cause de notre groupe. (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)”
“Pourquoi ne proposez-vous pas de supprimer le Sénat ?”
“Et sur ce sujet, Robespierre, lui au moins, savait comment faire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“En matière d’obstruction, vous devriez prendre des leçons de ceux qui s’y connaissent puisque, quand il était question de chercher à bloquer la retraite à 64 ans, nous étions là quand, de votre côté, vous l’avez laissée passer comme vous avez laissé passer ce gouvernement.”
“Je constate ce soir que sans votre présence semi-nombreuse, aucun amendement déposé par le gouvernement ou par la Macronie ne serait adopté.”
“…et vous souteniez que, engagés sur la question, vous empêcheriez le débat d’avoir lieu tant que votre petit journal propagandiste n’aurait pas obtenu gain de cause.”
“…il n’est pas étonnant que vous ayez lu la propagande sur Maximilien Robespierre et que vous en restiez-là. C’est autre chose qui me préoccupe : hier soir, députés du groupe Rassemblement national, vous faisiez une obstruction systématique pour défendre le média Frontières ,…”
“Vous n’aimez pas Robespierre (« Ah non, en effet ! » sur les bancs du groupe RN) ; or je ne vois pas pourquoi vous avez un problème avec lui car pour ce qui est de la défense du drapeau tricolore, on ne faisait guère mieux que lui à l’époque. Mais, ma foi, puisque vous connaissez mal l’histoire de notre pays, celle de notre patrie,…”
“Dans un monde où des puissances agissent avec brutalité et violence, la voix de la France devrait être celle de la défense de sa culture et de ses valeurs. À cet égard, supprimer l’Institut français serait une très mauvaise idée.”
“Vous entendez donc supprimer le conseil d’administration de l’Institut français ?”
“Je ne comprends pas la réponse du ministre ; ne sommes-nous pas en train de parler de l’Institut français ?”
“Il y a tout de même un problème : hier soir, vous disiez ne plus vouloir participer au débat, en défense de vos amis propagandistes de Frontières . Maintenant… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)”
“Sur la base des alinéas 2 et 3 de l’article 70, portant respectivement sur les scènes tumultueuses et sur les mises en cause personnelles.”
“L’obscurantisme est votre fonds de commerce !”
“Vous voulez garder tous les sénateurs pour vous !”
“La question des conflits d’intérêts se pose. J’avais dit en commission des lois qu’il serait juste que les collègues concernés personnellement par la modification du mode de scrutin se déportent, et je pensais que mon conseil serait suivi d’effets. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe DR.)”
“Sur le fondement de l’article 80-1 relatif aux conflits d’intérêts. Je viens d’entendre notre collègue Céline Hervieu parler de tambouille électorale. Or une seule personne, ici, est d’ores et déjà dotée d’un site de campagne en tant que candidat à la mairie de Paris ; une personne qui est intervenue plusieurs fois dans le débat de ce soir.”
“C’est l’Assemblée qui a le pouvoir, pas le gouvernement !”
“Pour ce qui nous concerne, voici ce que nous vous disons : on ne fait jamais la grandeur de la France en diminuant la taille de la République ! On n’expulse pas la misère, on la combat ! Combattre la misère, c’est faire de la France un pays à la hauteur des promesses de la République (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR) , celle qui fait de l’égalité et de la fraternité davantage qu’une devise (« C’est nul ! » sur les bancs du groupe RN) , celle qui en fait un programme politique et de gouvernement, à Mayotte, en France et dans le monde ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.)”
“Celui de Jean-Marie Le Pen, oui ! Voilà ce que vous faites ! Je vous mets donc en garde : écoutez ce qu’ils disent ! Ayez le doigt tremblant en votant pour la mise en cause du droit du sol ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Pensez à vos ancêtres qui en ont bénéficié ! Pensez à l’unité et à l’indivisibilité de la République et de son peuple. Pensez à ce drapeau tricolore qui est derrière moi et qui est devant vous. Pensez à ce qu’il signifie aux yeux du monde : la patrie des droits de l’homme et du citoyen ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe GDR.)”
“L’extrême droite vous dira que la question se pose dans toute la France. D’ailleurs, elle vous parle de « submersion migratoire » ! (« Oui ! » sur les bancs des groupes RN et UDR.) Elle vous dit que ce que vous avez fait pour Mayotte, il faudra le faire pour la France entière. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.) Et voilà comment, par touches impressionnistes, vous aurez mis en place non seulement le programme de Marine Le Pen, mais aussi celui de Jean-Marie Le Pen ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)”
“…c’est le capitalisme, qui produit l’hyper-richesse de quelques privilégiés et la pauvreté du très grand nombre. Oui, à Mayotte comme ailleurs, la pauvreté est la première cause de l’immigration ! Car si le niveau de vie à Mayotte est quatre fois inférieur à celui de l’Hexagone, il est dix fois supérieur à celui des Comores, si bien que cette zone du monde est l’une des six frontières où la discontinuité socio-économique est la plus forte. Vous reprenez une solution de Mme Le Pen, qui consiste à mettre en cause le droit du sol, et vous essayez de vous rassurer en disant qu’elle concerne uniquement Mayotte. Mais ne voyez-vous pas le piège qui vous est tendu ? Quand vous cautionnez l’idée que pour répondre aux enjeux relatifs à l’immigration, il faut mettre en cause le droit du sol, ne voyez-vous pas la pente que vous empruntez ?”
“Ils ne vous disent jamais que la cause principale de l’église… de l’exil, pardon (Exclamations, rires et applaudissements sur les bancs des groupes RN, DR et UDR) ,…”
“C’est pourquoi ceux qui vous parlent ainsi de l’immigration ne vous parlent jamais des causes du départ. Ils ne vous parlent jamais de la pauvreté, de la maladie, des persécutions, de la guerre ou du changement climatique.”
“Et la question qui se pose, c’est de savoir comment on y répond. Certains ici, à l’extrême droite, vous diront que l’immigration est la cause de tous nos maux et que pour régler tous nos problèmes, il suffit de mettre fin au droit du sol. Ils le disent pour Mayotte, ils le disent pour l’Hexagone, ils le disent pour la France. Ceux-là vous mentent, et ils font pire, car ils nient que la France est et a toujours été une terre d’immigration (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marcellin Nadeau applaudit également) , que notre pays et notre peuple se sont construits avec et par l’immigration, que 20 millions de nos compatriotes ont au moins un ancêtre qui était étranger et que, dans l’Hexagone comme à Mayotte, l’immigration fait partie de notre histoire nationale.”
“Mais l’immigration n’est pas une donnée idéologique : c’est une donnée matérielle et une réalité humaine. C’est un fait : elle se produit.”
“Depuis cette tribune, je le dis à nos compatriotes mahorais : personne ici ne nie que l’immigration, à Mayotte, pose un défi à notre capacité d’accueil.”
“Si les Mahorais ont voté à quatre reprises pour continuer à faire partie de notre patrie commune, ce n’est pas pour que soit remis en cause, au nom de Mayotte même, ce qui fait de nous un peuple.”
“Prenons-nous des mesures pour lutter contre la pauvreté, le chômage, la vie chère, les pénuries ou l’insécurité alimentaire ? Non ! Nous engageons-nous contre l’épidémie de chikungunya qui touche Mayotte depuis le mois de mars et place ce département en insécurité sanitaire ? Non ! Allons-nous allouer des moyens à l’école afin de garantir le droit à l’éducation des 15 000 enfants exclus du système scolaire ? Non ! Rétablissons-nous par ce texte une police de proximité à même de lutter contre l’insécurité dans l’archipel ? Non ! Alors de quoi parlons-nous ? De remettre en cause le droit du sol, c’est-à-dire ce qui fait de nous des Français. Oui, le droit du sol, c’est la France, car le droit du sol, c’est la République !”
“Quand la catastrophe frappe, on ne demande pas plus les papiers de la personne qui nous vient en aide que ceux de celle à qui l’on porte secours. Oui, la fraternité, celle dont notre peuple a fait preuve en levant 43 millions d’euros pour Mayotte, avec plus de 300 000 dons adressés à la Fondation de France ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et GDR.) Secourir, soigner, reconstruire, voilà le message magnifique que nos compatriotes ont envoyé dans la tourmente. Mais aujourd’hui, que faisons-nous, collègues ? Mobilisons-nous des moyens permettant de reconstruire et de remplacer l’habitat informel par des logements pérennes ? Non ! Agissons-nous pour que les Mahorais aient un accès à l’eau potable et que cessent les coupures ? Non !”
“Il y a quatre mois, Mayotte était frappée par le cyclone Chido, l’une des plus grandes catastrophes naturelles que notre pays ait connues. J’adresse depuis cette tribune, au nom du groupe LFI-NFP et de tous les députés, notre salut fraternel aux habitants de Mayotte, durement frappés par ce drame. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je veux aussi remercier les Insoumises Nadège Abomangoli, Mathilde Hignet et Aurélie Trouvé, qui se sont rendues sur place pour porter à Mayotte les mots de fraternité que je répète aujourd’hui depuis ce lieu sacré de notre République commune. Oui, c’est la fraternité, cette belle idée de notre devise nationale, qui s’est d’abord exprimée après ce terrible cyclone.”
“Non ! Parce que la vérité, c’est qu’il faut mettre en place des règles pour lutter contre le système patriarcal ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) J’ai l’impression que, sur les bancs d’en face, il y en a quelques-uns qui ne veulent pas lutter contre ce système et qui trouvent des excuses, des raisons, des arguments fallacieux pour dire que, finalement, c’est trop compliqué ! La vérité, c’est que vous ne voulez pas faire l’effort de construire des listes qui respectent la parité. Si nous y arrivons dans les villes où la parité est obligatoire, nous y arriverons aussi dans les villes où elle deviendra obligatoire ! Voilà à quoi cela sert de faire des lois sur la parité ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Pensez-vous réellement que, si nous n’avions pas imposé la parité, les chiffres seraient différents entre les communes de plus de 1 000 habitants et celles de moins de 1 000 habitants ?”
“Attendez ! Voyons ce qu’il en est dans les endroits où ce n’est pas obligatoire. Les communes de 500 à 1 000 habitants comptent 42 % de femmes dans leurs conseils municipaux ; les communes de 200 à 500 habitants, 40 % de femmes ; les communes de 100 à 200 habitants, 36,8 % de femmes ; enfin, les communes de moins de 100 habitants, 34,8 % de femmes.”
“Les statistiques de l’Insee montrent que les villes de plus de 100 000 habitants comptent 50 % de femmes dans leurs conseils municipaux ; les villes de 50 000 à 100 000 habitants, 50 % de femmes ; les villes de 10 000 à 50 000 habitants, 50 % de femmes ; les villes de 5 000 à 10 000 habitants, 50 % de femmes ; les villes de 2 000 à 5 000 habitants, 50 % de femmes ; et les villes de 1 000 à 2 000 habitants, 50 % de femmes. C’est amusant, dans les villes où la parité est obligatoire, ils y arrivent ! (Exclamations sur les bancs des groupes RN, DR, HOR et UDR.)”
“Je vais essayer de mettre en pièces l’idée selon laquelle les choses seraient plus faciles dans les grandes villes.”
“Rappelons que, pour notre part, nous envisageons de supprimer le Sénat dans le cadre d’une VI e République, et j’invite ceux qui le souhaitent à signer notre pétition sur le sujet. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Cela explique votre accord avec la droite qui, de son côté, défend le Sénat, pendant que vous vous cachez derrière des scrutins qui ne permettent pas de faire de véritables choix politiques.”
“Mais oui, mais oui ! L’immense avantage du scrutin de liste par rapport aux scrutins où l’on peut s’arranger, c’est qu’il permet une lisibilité politique : quand on met un bulletin dans l’urne, on sait pour qui on vote, pour quoi on vote, pour quel programme, pour quel parti, et je pense que c’est ce qui vous fait peur, au Rassemblement national.”
“Tandis que vous, l’extrême droite, souhaitez vous planquer, ce qui me semble plus critiquable encore. La vérité, c’est que vous savez qu’avec des scrutins de liste, vous êtes battus aux élections nationales comme locales.”
“Nous allons voter contre l’ensemble de ces amendements, parce que notre objectif est d’obtenir un vote conforme au texte du Sénat. Mais je ne peux résister à l’envie de dévoiler ce qui se produit : derrière la question des élections municipales se trouve celle des sénatoriales. Vous, la droite, cherchez à conserver un Sénat à votre main.”
“Ne s’agissait-il pas de ce même ministre qui est aujourd’hui au banc ?”
“Comme la peine à laquelle a été condamnée Mme Le Pen !”
“Tout à fait ! C’est le cas quand 4 millions d’euros sont détournés !”
“À Horizons, vous n’aimez pas le débat ! (Protestations sur les bancs du groupe HOR.)”
“L’amendement n o 18 est important pour ma circonscription. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe HOR.) Apparemment, cela n’intéresse pas le groupe Horizons !”