Antoine Léaument
LFI-NFP · France
“Nous aurons entendu dire que ce serait sur nos bancs qu’on défend les délinquants (« Oui ! » sur les bancs des groupes RN et UDR), alors que c’est sur les vôtres qu’on trouve des personnes condamnées pour détournement de fonds publics !”
“Puisque nous examinons des amendements de coordination sur un texte qui traite notamment de produits psychotropes, les hurlements de certains d’entre vous, ce soir, me donnent l’impression qu’ils ont consommé certains psychotropes légaux – à la buvette de l’Assemblée nationale ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Précisément, madame la présidente, je fais de la coordination. Nous avons entendu M. Michoux, dans un spectacle ridicule, nous parler des terroristes islamistes, alors que ce sont vos amis qui ont fourni les armes à certains terroristes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Il se fonde sur l’alinéa 3 de l’article 70, relatif aux mises en causes personnelles, et sur l’article 100 de notre règlement. La semaine dernière, madame la rapporteure, dans le cadre du groupe d’études sur les réseaux sociaux, nous avons reçu les représentants de Snapchat.”
“Pour notre part, nous serons toujours aux côtés des victimes et des familles de victimes et nous nous efforcerons toujours de trouver des moyens d’éviter que ces drames ne se reproduisent.”
“Sur tous les sujets, vous faites la même chose : vous vous emparez de faits dramatiques à partir desquels vous essayez d’exciter les peurs et les haines.”
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“Je n’ai pas bien compris : nous sommes à Paris ou à Vichy ?”
“Il y a pourtant une mesure simple pour financer notre système de retraite, mais vous la refusez : la régularisation des travailleurs sans papiers. (« Ah ! » sur les bancs du groupe RN.) De fait, on ne comprend pas bien : vous nous signalez un problème de démographie mais, dans notre pays, des gens travaillent alors qu’ils sont dans une extrême précarité. Leur régularisation permettrait de faire honneur à l’histoire de notre pays et à celle de notre république et d’améliorer la vie des gens, en les sortant de la précarité. Au lieu de vous concentrer sur l’utérus des femmes, il faudrait faire en sorte d’améliorer la vie des travailleurs ! Oui, je dis bien des travailleurs, ceux de notre pays ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dieynaba Diop applaudit également.)”
“Aux termes de l’article 2 quinquies , le Gouvernement devrait remettre un rapport visant à présenter la manière dont le soutien à la natalité pourrait financer le régime de retraites. Vous défendez depuis longtemps l’idée que les femmes françaises devraient faire plein d’enfants pour que, dans dix-huit ans peut-être, après qu’on les aura tous mis au travail, l’abrogation de la réforme des retraites serait financée. Mais seulement dans dix-huit ans !”
“…qui appliquait consciencieusement les ordres du gouvernement d’Emmanuel Macron, qui demandait que les étudiants qui luttaient contre la réforme soient mis en cabane. Alors que la Constitution dispose que nul ne peut être arbitrairement détenu, des arrestations et des mises en cabane ont été décidées afin que les jeunes gens arrêtent de se mobiliser. Vous avez été complices de la répression du mouvement contre la réforme des retraites, répression décidée par M. Macron. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Je comprends que vous en soyez gênés aujourd’hui. Je suis peut-être l’un des seuls à l’avoir fait, mais j’ai étudié le fond de votre proposition de loi.”
“M. Baubry, lui, était dans le camp d’en face : il était du côté de la police…”
“En pleine contestation sociale contre la réforme des retraites, j’ai rendu visite à de jeunes gens placés en garde à vue parce qu’ils se battaient contre le projet du Gouvernement.”
“…plutôt que pour nous qui voulons bel et bien abroger la réforme des retraites. (Brouhaha.) Vous êtes en pleine contradiction car, d’un côté, vous voulez faire plaisir aux capitalistes et, de l’autre, vous essayez de continuer à rassembler un vote populaire. Le peuple sait comment faire pour abroger la réforme des retraites : se tourner vers le Nouveau Front populaire et, le 28 novembre prochain, soutenir sa proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.)”
“Mais vous cherchez à faire en sorte que la droite, au second tour, vote pour vous…”
“Le journal prête les propos suivants à M. Tanguy qui se désole : « À la perspective de voir le pouvoir nous tomber dans les mains, certains ont paniqué. […] Ils disaient bleu le vendredi et rouge après la dissolution. On a semblé douter de notre programme et, après, le mal était fait. » Oui, le mal est fait car M. Bardella a déclaré qu’il fallait faire un audit, qu’il fallait repousser l’âge de la retraite à 66 ans ; le mal est fait car Mme Le Pen vient de nouveau de nous dire qu’elle était prête pour la retraite à 66 ans. Bref, vous ne savez pas ce que vous voulez concernant les retraites. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“…dans un discret appartement du 16 e arrondissement de Paris. » Il s’agit du moment où vous pensiez peut-être avoir Matignon. Je poursuis : « S’ensuit un mois laborieux, fait de contradictions, d’erreurs et de luttes intestines. Ainsi de celle qui oppose, sur la question de l’abrogation de la réforme des retraites, M. Tanguy et M. Durvye, par ailleurs concurrents pour un poste de ministre à Bercy. »”
“On nous propose en effet une série de rapports – nous en sommes au deuxième de la journée. Je comprends votre agacement, du côté du groupe Rassemblement national, car ce qui se voit, ce sont vos contradictions. On peut ainsi lire dans un article très récent du Monde : « Mme Le Pen et M. Bardella, de leur côté, passeront une bonne partie du mois de juin à recevoir de potentiels ministres…”
“» sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Quant à votre proposition de loi prétendument faite pour augmenter les salaires, elle vise en réalité à ne pas faire payer les cotisations patronales, notamment sur…la retraite ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Voilà pourquoi vous êtes obligé de mentir aux Français : tout en prétendant abroger la réforme des retraites, vous demandez en réalité une série de rapports, qui vous ridiculisent et qui ridiculisent votre position. (Mêmes mouvements.) Les Français ont bien compris que pour abroger la réforme des retraites, il faudra attendre le 28 novembre et la proposition de loi déposée par La France insoumise. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)”
“Où est passé cet audit ? Vraisemblablement, vous demandez au Gouvernement de le faire à votre place. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) En outre, vous êtes gêné aux entournures parce qu’à l’intérieur de votre propre coalition, M. Ciotti n’est pas favorable à votre prétendu projet de réforme des retraites ! (« Et alors ? » sur les bancs du groupe RN.) Vous avez donc menti aux Français quand vous avez présenté avec lui des candidats, puisque vous n’êtes pas d’accord sur ce sujet. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Je comprends que vous soyez gêné : l’un des moyens de financer la retraite, c’est d’augmenter les salaires ; or vous avez voté contre l’augmentation du Smic lorsque nous l’avons proposée ! (« Eh oui !”
“Mais je comprends votre agressivité. Alors que votre proposition de loi s’intitule « Restaurer un système de retraite plus juste en annulant les dernières réformes… bla bla bla », voici ce que l’on trouve à l’intérieur, quand on prend la peine de la lire : « Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport détaillé […]. » Et on trouve comme cela sept articles successifs ! En réalité, votre proposition de loi se contente de demander au Gouvernement de remettre des rapports à l’Assemblée nationale. Je comprends donc votre agressivité : vous êtes obligé de masquer la vacuité de votre texte par des mensonges répétés. Je comprends votre gêne : lors de la campagne des législatives, vous aviez dit qu’il fallait faire un audit avant d’abroger la réforme des retraites.”
“Monsieur Ménagé, j’ai trouvé très agressive votre manière de présenter ce prétendu texte d’abrogation de la réforme des retraites. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“On n’en veut pas ! C’est un accord pourri !”
“Pensez à le dire aux députés de la majorité !”
“Arrêtez de râler ! Vous n’aviez qu’à gagner les élections !”
“Eh oui ! Créons enfin un cercle vertueux où tout le monde sera gagnant, du patron jusqu’aux salariés, en passant par le climat, la biodiversité et la santé. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et SOC.)”
“Vous feriez bien de les assimiler vous-même !”
“Nous, au moins, on sait ce que c’est que les valeurs de la République !”
“Ça suffit ! Tout le monde a voté contre le texte !”
“Taxer des comportements nocifs peut inciter à les modifier. Prenez l’exemple de la vente à découvert, qui consiste à vendre des actions que l’on ne possède pas encore, en spéculant sur le fait que leur prix baissera et qu’on les achètera moins cher qu’on ne les a vendues. Une telle pratique ne devrait pas exister, tant elle est stupide. Le rôle de l’Assemblée nationale consiste à défendre l’intérêt général, non les intérêts des quelques-uns qui ont beaucoup d’argent et en souhaitent encore plus ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP, ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS.) Par conséquent, je le répète, nous devons imposer davantage les mauvais comportements, afin de les décourager.”
“En effet ! Un versement de dividendes obéit au même principe : il enlève du cash à l’entreprise et en fait diminuer la valeur faciale.”
“Sans doute ne m’avez-vous pas écouté, monsieur Cazeneuve. Je n’ai pas dit que le rachat d’actions fait augmenter la valeur de l’entreprise, mais que, cette valeur restant la même, on fait augmenter la valeur des actions en en faisant disparaître une partie – je maintiens le terme, puisqu’il s’agit de les annuler. Pour calculer le coût d’une action, on divise la valeur totale de l’entreprise par le nombre des actions.”
“M. le ministre nous a donné raison sur un autre point : en imposant plus les dividendes, on peut aussi changer le comportement des entreprises pour qu’elles distribuent davantage la richesse aux salariés. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Un expert lui donne raison : « en rendant le cash aux actionnaires et en réduisant son volume d’investissement, l’entreprise peut avoir moins de croissance et donc ne pas développer/créer des emplois. » (Mêmes mouvements.) En réalité, les rachats d’action sont une absurdité. Nous proposons de les taxer pour changer les comportements – et je rejoins M. de Courson, il faudrait même voir à les interdire. En imposant davantage, on change les comportements.”
“J’ai là un article du journal Le Monde de 2017, où Jean-Luc Mélenchon explique que les rachats d’action se font au détriment des salariés.”
“Il faut expliquer à nos concitoyens, dont certains sont présents dans les tribunes de l’Assemblée, ce que sont les rachats d’actions : une entreprise rachète des actions qu’elle peut, ensuite, choisir de faire disparaître. Ainsi, elle fait gagner de l’argent aux actionnaires en augmentant la demande d’actions de l’entreprise sur les marchés. Puis elle fait augmenter la valeur de chaque titre en faisant disparaître les actions rachetées. (« Mais non ! » sur quelques bancs du groupe EPR.) Si, si ! M. Tanguy prend toujours la parole pour dire que Marine Le Pen a été la première à faire ceci ou cela. Tout à l’heure, c’était pour dire : « Marine Le Pen la première, en 2022, a dénoncé les rachats d’actions ». (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“…qui disait aussi la chose suivante : « Nul ne peut entasser des monceaux de blé à côté de son semblable qui meurt de faim. » Vous avez proposé à ceux qui entassent des monceaux de blé de pouvoir continuer à le faire à côté de ceux qui meurent de faim. C’est un scandale ! Vous êtes les alliés objectifs du bloc central dont vous dénoncez l’absence ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je trouve assez scandaleux que les reproches faits au bloc gouvernemental à propos de la faiblesse de sa présence viennent du Rassemblement national, qui vient de voter avec la Macronie contre le rétablissement de l’ISF (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS) , c’est-à-dire contre un impôt qui aurait ajouté de la justice fiscale, au moment où nos concitoyens voient l’Assemblée nationale débattre d’un budget demandant des efforts à tous, sauf aux plus riches ! Dans cet hémicycle, il est écrit Liberté, Égalité, Fraternité (Exclamations sur les bancs du groupe RN) , devise inventée par Maximilien Robespierre…,”
“Ça n’a pas de rapport ! En tout cas, le bombardement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, on l’avait prévu !”
“Ce n’est pas le premier texte ! Il fallait être là la semaine dernière !”
“Les antisémites sont là-bas ! (M. Antoine Léaument désigne les bancs du groupe RN.)”
“Les trappes à bas salaires, ce sont les actionnaires !”