Antoine Léaument
LFI-NFP · France
“Nous aurons entendu dire que ce serait sur nos bancs qu’on défend les délinquants (« Oui ! » sur les bancs des groupes RN et UDR), alors que c’est sur les vôtres qu’on trouve des personnes condamnées pour détournement de fonds publics !”
“Puisque nous examinons des amendements de coordination sur un texte qui traite notamment de produits psychotropes, les hurlements de certains d’entre vous, ce soir, me donnent l’impression qu’ils ont consommé certains psychotropes légaux – à la buvette de l’Assemblée nationale ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.”
“Précisément, madame la présidente, je fais de la coordination. Nous avons entendu M. Michoux, dans un spectacle ridicule, nous parler des terroristes islamistes, alors que ce sont vos amis qui ont fourni les armes à certains terroristes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)”
“Il se fonde sur l’alinéa 3 de l’article 70, relatif aux mises en causes personnelles, et sur l’article 100 de notre règlement. La semaine dernière, madame la rapporteure, dans le cadre du groupe d’études sur les réseaux sociaux, nous avons reçu les représentants de Snapchat.”
“Pour notre part, nous serons toujours aux côtés des victimes et des familles de victimes et nous nous efforcerons toujours de trouver des moyens d’éviter que ces drames ne se reproduisent.”
“Sur tous les sujets, vous faites la même chose : vous vous emparez de faits dramatiques à partir desquels vous essayez d’exciter les peurs et les haines.”
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“Quand vous étiez députée européenne, qu’avez-vous fait ?”
“Y figure également la question de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, à laquelle nous nous employons aussi, en permanence. C’est votre amie, Mme Meloni, qui a exigé la suppression du nom de l’une des deux femmes sur l’état civil des enfants élevés par deux mères. Les responsables de l’homophobie, ce sont vos amis, historiquement et actuellement ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“C’est encore le cas aujourd’hui. Je viens de consulter le programme de Jordan Bardella, candidat à la fonction de premier ministre. Le mot « homosexualité » y figure-t-il ? Non. La question des LGBT y figure-t-elle ? Non. La lutte contre l’antisémitisme, que vous avez évoquée, y figure-t-elle ? Non. Il n’y a même pas le mot « racisme », il n’y a rien du tout dans son programme ! En revanche, notre programme comporte un chapitre sur la défense des droits des personnes LGBT, à laquelle nous nous employons.”
“Je rejoins le propos du rapporteur : les interventions du Rassemblement national risquent de nous éloigner de la question de fond. N’oublions pas, en effet, qui sont les responsables politiques de la criminalisation de l’homosexualité : ce sont vos amis ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) C’est M. Jean-Marie Le Pen qui tenait des propos homophobes et qui a soutenu l’homophobie, quand il dirigeait votre parti.”
“Je l’avais proposé mais cela a été repoussé !”
“Il va falloir commencer par l’Assemblée !”
“Il est éloquent de ne pas avoir commencé par la ministre de la santé !”
“Nous ne sommes pas d’accord ! Notez-le au compte rendu.”
“Celui de l’alcool, c’est 100 milliards d’euros !”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.) La vérité est la suivante : sur les 68 millions de personnes que compte notre pays, 6 millions sont étrangères ; 99,7 % d’entre elles ne sont pas en prison. Que font-elles ? Elles vivent, travaillent, aiment, font des enfants, fondent des familles ; elles y ont des amis, des amours, des emmerdes, comme le chantait Charles Aznavour, lui-même descendant d’étrangers. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.) Foutez la paix aux gens ! (Les applaudissements redoublent. – Les députés du groupe LFI-NFP ainsi que MM. Marc Pena et Julien Gokel se lèvent et continent d’applaudir.)”
“Vous avez bien fait de rappeler que vous étiez d’origine italienne, monsieur Jacobelli. Mes ancêtres en sont, eux aussi. Figurez-vous qu’à l’époque où les Italiens sont arrivés massivement sur le territoire de la République française, la France comptait déjà des gens partageant vos idées, qui installaient à l’entrée des parcs ou des bars des écriteaux indiquant « Interdit aux chiens et aux Italiens ». À Aigues-Mortes, le 17 août 1893, des Italiens ont d’ailleurs été massacrés parce que vos amis de l’époque tenaient le même discours que celui que vous tenez aujourd’hui et considéraient les étrangers comme des criminels, des dangereux, des délinquants !”
“Merci, monsieur le premier ministre, vous êtes trop bon !”
“Ah ! Respectera-t-il la promesse de Borne ?”
“Pourtant, cet après-midi, sur le précédent texte, vous avez voté pour la motion de rejet !”
“Vous voyez, les RN, il n’y avait pas besoin de vous !”
“Cela faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu !”
“Pourquoi est-ce Mme von der Leyen qui parle à la tribune ?”
“Attention, vous allez devenir chèvre ! (Sourires.)”
“Heureusement qu’ils peuvent comté sur vous ! (Sourires.)”
“Vous n’allez pas en faire tout un fromage ! (Sourires.)”
“Sur le fondement de l’article 100, sur la bonne tenue de nos débats. Puisque Mme Diaz est présente dans l’hémicycle, nous pourrions lui demander pourquoi l’année dernière elle a signé l’amendement contre les autoentrepreneurs ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.)”
“Aujourd’hui, le gouvernement réintroduit sa mesure et félicite un député de sa propre majorité en le remerciant de supprimer l’article 25 du texte du gouvernement. Vous êtes à la fois hypocrites et ridicules ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Marie Pochon applaudit également.) C’est insupportable de prendre ainsi les Français pour des imbéciles. Heureusement que nous avons été là et que nous sommes mobilisés pour défendre les autoentrepreneurs contre ce que vous voulez faire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“M. Chenu et Mme Lavalette en étaient signataires. Le Rassemblement national voulait faire pire que le gouvernement ! (Mêmes mouvements.)”
“L’abaissement du seuil de franchise de TVA pour les autoentrepreneurs avait d’abord été introduit par le gouvernement mais nous, La France insoumise, avions donné l’alerte sur ce sujet parce que nous avions été saisis par les autoentrepreneurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Le Rassemblement national avait déposé un amendement collectif, madame Le Pen ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – Protestations sur les bancs du groupe RN.)”
“Charles Sitzenstuhl proteste.) Vous prétendez vouloir attirer les investisseurs. Très bien, mais qu’ils investissent à long terme, dans ce cas, au lieu de faire du fric sur le dos des salariés ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Nous parlons de taxer les transactions financières intrajournalières et les produits dérivés, parmi lesquels les warrant puts , qui permettent de parier sur la baisse d’une action – soit un produit spéculatif particulièrement néfaste ! C’est bien gentil de traiter des flux financiers considérables, monsieur Sitzenstuhl, mais si c’est pour pourrir l’économie des entreprises, c’est une mauvaise chose – je suis désolé, mais parier à la baisse sur la valeur des actions, je ne vois pas qui, dans notre pays, pourrait trouver ça normal ! Vous soutenez ensuite que la mesure serait impossible à mettre en place. Sommes-nous plus bêtes que les Britanniques, les Italiens ou les Espagnols ? Bien sûr que nous savons faire ! À la vérité, vous ne voulez pas taxer cette spéculation, alors même qu’elle pourrit l’économie réelle. (M.”
“(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Si on veut faire baisser le trafic de stupéfiants et de tabac ainsi que la consommation de tabac et d’alcool, le moyen le plus efficace, ce n’est pas la taxation, mais la prévention et le soin de la dépendance ! Il est temps de s’y mettre ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Je voudrais revenir sur l’un des arguments que nous venons d’entendre. Il est vrai que la hausse des prix fait diminuer la consommation de tabac. Mais est-ce souhaitable, désirable et durable ? Non, car la hausse des prix a un effet néfaste majeur : elle alimente le marché illégal. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Protestations sur les bancs du groupe EcoS.) Pendant dix-huit mois, j’ai travaillé sur le trafic de stupéfiants. Le rapport qui est issu de ce travail aborde l’ensemble des drogues, notamment le tabac et l’alcool, qui ne sont jamais évoqués dans le débat sur le sujet. Je rejoins les propos de notre collègue : nous devrions en discuter avec la ministre de la santé.”
“Il n’y a pas un article dans le règlement sur les fayots ?”
“Tant que vous n’aurez pas compris cela, nous n’arriverons à rien. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Vous soutenez que procéder ainsi changera les comportements. Pourtant, ce n’est pas ainsi que cela fonctionne, notamment en matière de lutte contre les dépendances. Sur la question du vapotage comme sur celle de l’alcool, du tabac, ou encore – en l’occurrence, vous ne les taxez pas puisqu’ils ne sont pas légaux – des produits stupéfiants (« Ah ! » sur les bancs du groupe RN) , les seules méthodes efficaces relèvent de la prévention. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je l’ai déjà dit plusieurs fois dans cet hémicycle, car ce sujet qui revient sur le devant de la scène pose des questions majeures pour notre société : si vous voulez lutter efficacement contre les pratiques qui entraînent une dépendance, il faut conduire des politiques de prévention et de soin de la dépendance, car ce sont elles qui sont efficaces.”
“Il tend à supprimer cette nouvelle taxe, qui porte cette fois-ci sur les produits de vapotage. Nous avons l’impression que dès qu’un comportement vous semble problématique, vous répondez par un même réflexe : la taxe. (Sourires et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Rires sur les bancs des groupes RN et UDR. – M. Pierre Cazeneuve applaudit en souriant.)”
“Et si on rejette l’amendement, il se passe quoi ?”
“Une présentation commune ! Vive la Commune !”
“C’est la politique que vous avez toujours défendue et qui jusqu’à présent n’a pas fonctionné ! (M. Jean-René Cazeneuve se lève et fait mine d’applaudir vivement.) Vous nous reprochez d’employer des arguments qui sont habituellement les vôtres et qui n’ont d’ailleurs aucune pertinence dans les autres domaines de l’économie ! Vous êtes ridicules, mais je ne sais pas si vous vous en rendez compte. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Si les gens ont très envie de vendre, l’offre augmente et le prix diminue.”
“On reçoit des leçons d’économie depuis tout à l’heure, mais vous confondez fournisseurs et sous-traitants ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je n’ai pas bien compris votre argument. Vous affirmez que si nous interdisons le recours à un trop grand nombre de sous-traitants à l’étranger, nous vivrons en autarcie ; nous devrions alors tout produire en France et finirions par ne plus rien produire. Pardonnez-moi, mais c’est n’importe quoi ! Certains nous disent de faire attention parce que nos propositions vont faire fuir les investisseurs ; mais dans ce cas, la nationalisation coûtera moins cher ! (« Mais non ! » sur les bancs du groupe EPR.) Mais si ! Vous ne savez même pas comment fonctionnent les marchés financiers ! Pour qu’une action soit vendue, il faut qu’il y ait un acheteur, n’est-ce pas ?”
“Nous devons nous en occuper collectivement, ce qui implique que ce ne peut être une activité lucrative : ce doit être un service public. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marc Pena applaudit également.)”
“…il s’agirait ici d’introduire une contrepartie concernant le recours à la sous-traitance, ce qui permettrait de garantir l’emploi en France. Quand on utilise l’argent public, la moindre des choses, c’est que cela serve l’emploi en France, non ? Par ailleurs, vous nous dites que les entreprises vont délocaliser et que les investisseurs vont partir si nous essayons de les nationaliser. Comptez-vous délocaliser les autoroutes ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Comment fait-on pour délocaliser une autoroute, monsieur le rapporteur général ? Enfin, pour revenir aux personnes âgées, nous estimons qu’elles ne constituent pas un marché ! (Mêmes mouvements.) Selon nous, il faut prendre soin de nos anciens et une telle tâche ne peut être confiée à une entreprise.”
“Il vise lui aussi à conditionner les aides publiques. Ce que nous voulons, c’est simplement que l’argent public soit utilisé correctement. On ne cesse de distribuer des aides aux entreprises sans aucune contrepartie ;…”
“Il est intolérable que les médicaments soient commercialisés par boîtes entières, alors qu’ils pourraient être délivrés dans une quantité cohérente avec la prescription du médecin. C’est ce que La France insoumise propose, un moyen de réaliser simplement des économies : des médicaments en juste quantité, pour éviter qu’ils se périment dans nos armoires à pharmacie.”
“Madame la ministre, vous nous avez dit tout à l’heure que certains des dispositifs que nous proposons pourraient se révéler inconstitutionnels. Je lis pourtant, dans le préambule de la Constitution de 1946 – qui fait partie du bloc de constitutionnalité – que « tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité ». Sanofi est une entreprise française que notre pays a beaucoup financée, notamment grâce au CIR. On est en droit d’exiger qu’une entreprise puisse devenir publique quand elle a ou acquiert les propriétés d’un service public. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Le pôle public du médicament permettrait aussi de réaliser des économies.”
“Je ne crois pas que l’adage figure dans les pages roses du petit Larousse !”
“Apprenez donc ce que veut dire notre drapeau !”
“Sur le fondement de l’article 1 er de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et du préambule de la Constitution de 1946, qui font partie de notre bloc de constitutionnalité. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) L’article 1 er de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dispose que : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » Il y en a ras-le-bol d’entendre des propos qui différencient les Français et les étrangers qui vivent sur le territoire de la République ! (Très vives exclamations sur les bancs du groupe RN.)”
“Que nous vaut l’honneur de votre présence, monsieur Ciotti ?”
“L’article 70, alinéa 2, relatif à la scène tumultueuse. Tout à l’heure, il a été question de divers fromages. Pour bien finir la soirée, je voudrais dire que nous avons entendu une abondance d’arguments – des arguments beaux, forts et même brillants. Mais j’ai parfois eu l’impression que certains en faisaient tout un fromage. J’oserais même dire que d’aucuns en ont fait des « tommes », parlant d’une voix rauque, fort, nous prenant même pour des bleus, nous accusant de… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Quelques députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)”
“Ce sont ces politiques de prévention qui fonctionnent, notamment le Mois sans tabac, l’une des plus efficaces, dont les résultats sont vraiment probants. En effet, lorsqu’on augmente le prix d’un produit dont ils sont dépendants, les gens peuvent avoir tendance à se tourner vers le marché noir. Cela pose d’autres problèmes de santé publique, à commencer par la qualité – ces produits tuent de toute façon, mais certaines déclinaisons sont encore plus dangereuses. Parce qu’une politique d’augmentation des prix sans politique de prévention ne fonctionne pas, nous nous abstiendrons lors du vote de ces amendements. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)”
“Bien sûr, la logique consistant à augmenter les prix du tabac a montré son efficacité, mais tel ne serait pas le cas sans politiques de prévention. Vous avez devant vous un ancien fumeur : j’ai arrêté il y a deux ans. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et RN.)”
“L’alcool fait 41 000 morts par an – en plus, le phénomène est genré : 30 000 hommes, 11 000 femmes. Oui, c’est la réalité des drogues dans notre pays : de l’alcool, du tabac et d’autres substances. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Lutter efficacement contre les drogues passe par la prévention : elle fonctionne pour le tabac et l’alcool, il faut la généraliser à toutes les drogues ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)”