Patrick Hetzel
DR · France
“Quel paradoxe d’avoir une motion de rejet ! Quand on regarde les arguments qui sont développés, ce qui ressort, c’est que de toute évidence, l’effectivité de notre système judiciaire ne semble absolument pas prise en considération par les défenseurs de la motion.”
“D’ailleurs, si vous voulez leur rendre hommage, la meilleure des choses à faire est de voter ce texte. Les victimes attendent des réponses, mais vous préférez vociférer. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) À aucun moment, vous n’avez pris leurs attentes en considération.”
“Ce texte a pour objectif de renforcer la lutte contre les rodéos motorisés, d’encadrer plus strictement les rave-parties et les free parties illégales, de renforcer la lutte contre les tirs de mortier illégaux et de restreindre l’usage du protoxyde d’azote.”
“Monsieur le rapporteur général, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’ai indiqué que, tels que vous les considérez – sans clause de conscience –, vous les assimilez à des prestataires de services. C’est précisément cette vision que je réfute.”
“Permettez-moi de revenir sur la question du projet d’établissement. Celui-ci constitue un élément central à la fois pour l’établissement en tant que tel et dans le droit de la santé. Il est prévu et encadré par le code de la santé publique et par le code de l’action sociale et des familles.”
“Je souhaite évidemment aller dans le même sens : les établissements créés par la loi très récemment promulguée ne doivent pas devenir des endroits où l’on pratique l’aide à mourir. Nos débats témoignent par ailleurs d’un phénomène qui est tout sauf anodin.”
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“Laissez-moi m’exprimer ! Je ne vous ai nullement interrompus, je ne le fais jamais quand vous parlez. Un peu de respect mutuel ne nuit pas dans le débat parlementaire ! (Applaudissements sur les bancs des groupes DR, RN et UDR.) Deuxième fonction de la peine, donc : « favoriser [l’]amendement [de l’auteur de l’infraction], son insertion ou sa réinsertion. » On a vraiment l’impression que vous ne parlez jamais de la première fonction prévue par l’article 130-1 du code pénal. C’est, en effet, très troublant !”
“Il faut donc prendre en compte le fait que la peine est là pour sanctionner ! Par ailleurs, la peine a en effet une deuxième fonction : « favoriser [l’]amendement » de l’auteur de l’infraction.”
“Je voudrais revenir sur ce que vient de dire notre collègue Taurinya. Elle insiste sur l’insertion, mais je rappelle le principe inscrit dans notre code pénal à l’article 130-1 : « Afin d’assurer la protection de la société, de prévenir la commission de nouvelles infractions et de restaurer l’équilibre social, dans le respect des intérêts de la victime, la peine a [deux] fonctions [, dont la première est] de sanctionner l’auteur de l’infraction ».”
“Il y a un vrai débat à ce sujet. Le groupe Horizons défend aujourd’hui des thèses pertinentes, par exemple celles tirées de la théorie de la vitre brisée. Entrer dans une logique qui privilégierait ex ante l’aménagement des peines, comme tend à le faire cet amendement, est contre-productif et reviendrait à négliger les victimes. Comment leur expliquer qu’une personne condamnée à une peine d’emprisonnement bénéficiera par principe d’un aménagement, de sorte qu’elle ne sera jamais privée de liberté ? Il y a là un hiatus qui crée un véritable malaise dans notre société, raison pour laquelle cet amendement n’est pas judicieux.”
“Nous allons devoir réactualiser nos fiches ! (Sourires.)”
“Même avis, même vote ! (Sourires sur les bancs du groupe DR.)”
“C’est une demande que formulent nos concitoyens de manière de plus en plus pressante ; il me paraît donc particulièrement légitime qu’elle s’exprime également au sein de la représentation nationale. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – Mme la rapporteure applaudit également.)”
“Il me semble que les choses évoluent dans le bon sens, mais il faut maintenant passer à la vitesse supérieure et renforcer la coopération entre les différents services de l’État et les différentes caisses. Il faut que l’État adopte systématiquement l’attitude suivante : lorsqu’il demande à un organisme de verser une prestation, il doit aussi systématiquement exiger l’instauration d’un système de contrôle ex ante . On l’a souvent oublié, mais le contrôle est le nerf de la guerre ! En conclusion, nous allons désormais dans la bonne direction mais, comme je viens de le dire, nous n’allons toujours pas assez vite. Ma question est donc très simple, madame la ministre : que compte faire le gouvernement pour enfin augmenter l’efficacité de la lutte contre la fraude, sur le plan tant qualitatif que quantitatif ?”
“Cette ambition doit être l’affaire de tous. Je demande donc que l’autorité de tutelle, en l’occurrence l’État – et donc vous, madame la ministre déléguée, chargée de l’autonomie et du handicap –, fixe des objectifs clairs et précis en matière de lutte contre la fraude, au sein des conventions d’objectifs et de gestion (COG) conclues entre l’État et les différentes caisses. Nous devons aussi être plus agiles dans notre lutte contre les fraudeurs, car eux le sont de plus en plus. Ils créent ainsi des sociétés éphémères – Mme la rapporteure y a fait référence – et utilisent des outils sophistiqués pour élaborer des fraudes documentaires. Une sorte de course contre la montre est donc engagée ; c’est aussi une course contre l’ingéniosité des fraudeurs que nous devons mener.”
“De nombreux progrès ont été réalisés, mais il en reste au moins autant à concrétiser pour que les sommes recouvrées suite à des fraudes soient plus conséquentes – j’en parlais lors de mon intervention précédente. Vous l’aurez compris, le système reste très largement perfectible ; notre rapport n’est d’ailleurs pas le seul à le dire, puisque la Cour des comptes l’a, elle aussi, récemment souligné. Il faut que les organismes travaillent encore davantage entre eux, s’échangent leurs données – par exemple la liste des Iban frauduleux – et partagent leurs bonnes pratiques de lutte contre la fraude. C’est un changement radical de culture qui doit s’opérer, car la fraude aux prestations sociales fragilise notre modèle social français. Il faut méthodiquement repérer ceux qui bénéficient des prestations sociales de manière indue.”
“Les travaux parlementaires qui ont étudié la question ont clairement montré que le problème devait être envisagé autrement. Ils ont d’abord mis en évidence le fait que nos concitoyens ont soif de justice sociale : ils ne supportent pas la fraude, car elle se fait au détriment de ceux qui – au contraire – sont vertueux. Ils ont ensuite montré que la fraude aux prestations sociales avait tendance à devenir une fraude à enjeux pratiquée par des réseaux, parfois même en bande organisée et de plus en plus depuis l’étranger. Les fameux trous dans la raquette, si vous me permettez l’expression, sont désormais connus ; la pression sociale augmente, obligeant fort heureusement les dirigeants des différents organismes concernés à s’investir davantage sur la question.”
“Non, je ne dirai pas la même chose, en effet, même si mon propos sera évidemment cohérent par rapport à ma précédente intervention. Avant tout, il faut bien admettre que, pendant très longtemps, dans notre pays, on a mis la poussière sous le tapis concernant les fraudes aux prestations sociales : on ne prenait pas au sérieux cette question. Les rapports parlementaires successifs ayant traité de ce sujet, dont notre rapport d’enquête de 2020, ont mis la focale dessus, et c’est heureux. Les médias se sont aussi emparés de la thématique ; ce fut encore le cas ces derniers jours et j’imagine que vous serez plusieurs à vous y référer. Pendant longtemps, on a dit que la fraude aux prestations sociales était la fraude du pauvre et qu’il fallait surtout se préoccuper de la fraude fiscale, considérée comme la fraude des riches.”
“Au-delà des seuls indus frauduleux, la fiabilisation du service des prestations demeure inachevée, comme en témoigne la décision de la Cour des comptes de ne pas certifier les comptes de la branche famille relatifs aux exercices 2022 et 2023. De ce point de vue, si le dispositif de solidarité à la source est prometteur, sa généralisation, intervenue le 1 er mars dernier, est encore trop récente pour qu’il soit possible d’en apprécier les effets sur les indus liés au RSA ou à la prime d’activité. En tout état de cause et pour conclure, la lutte contre la fraude aux prestations sociales ne progresse pas assez vite dans notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – Mme la rapporteure applaudit également.)”
“Ainsi, en appliquant à l’ensemble des actes le taux de fraude estimé pour cet échantillon, la Cour des comptes présentait en 2023 une estimation supérieure de la fraude à l’assurance maladie : de l’ordre de 4 milliards d’euros à elle seule.”
“À titre d’exemple, ce taux est de près de 80 % dans le cas de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) mais varie fortement selon la nature des fraudes : il est maximal dans le cas des fraudes individuelles, pour lesquelles les caisses peuvent récupérer les indus sur les prestations futures. Dans les autres cas, notamment lorsque les fraudes sont commises en bande organisée, l’action des caisses vise avant tout à limiter le montant des préjudices irrécupérables en faisant cesser la fraude le plus tôt possible. Au surplus, l’estimation de la fraude reste incomplète, dans la mesure où, dans le cas de l’assurance maladie, elle est évaluée sur une partie seulement des actes remboursés.”
“Malgré certains progrès, l’efficacité de la lutte contre la fraude doit encore être améliorée, car le montant des préjudices détectés et les sommes recouvrées restent très inférieurs au montant estimé des versements frauduleux. Ainsi, l’amélioration de la performance des contrôles doit être mise en regard dudit montant : ce dernier s’élevait au moins à 5,7 milliards d’euros en 2023, chiffre très supérieur à celui des préjudices constatés ou évités – 1,2 milliard d’euros –, et plus encore à celui des sommes recouvrées dans le champ des régimes obligatoires de base – 600 millions d’euros. Le taux de recouvrement des indus frauduleux varie aussi selon les organismes, en fonction de la nature des prestations servies et du type de fraude commise.”
“Pour lutter contre ce phénomène, voici presque dix ans que l’Espagne a adopté l’ordonnance électronique, évitant plus de 200 millions d’euros de fraudes dès la première année. On peut considérer qu’en France, la même mesure permettra au bas mot d’économiser un demi-milliard d’euros tous les ans. Sa mise en œuvre est en cours, mais avec une lenteur de la part des différentes caisses que je souhaite dénoncer ici. Dès 2020, nous avions insisté sur la nécessité d’utiliser davantage les outils numériques et informatiques pour lutter contre les fraudes, que l’analyse de données statistiques doit notamment permettre d’identifier. Désormais, les outils numériques sont plus systématiquement employés ; encore faut-il nous assurer que les organismes sociaux auront accès aux bonnes bases de données pour croiser des informations pertinentes.”
“Or, de nos jours, la fraude à enjeux présente deux grandes particularités : d’une part, elle est aussi le fait de professionnels de santé, dont certains abusent du système en poussant à des actes inutiles, notamment dans les centres qui fleurissent partout en milieu urbain ; d’autre part, elle est commise en bande organisée, car, en comparaison des gains potentiels, le risque reste faible pour les fraudeurs. Comme le montrent nos travaux récents, les fraudes peuvent prendre des formes encore plus diverses que par le passé. Ainsi, l’exemple de la fraude aux fausses ordonnances m’avait fortement marqué : celles-ci permettent à des réseaux ayant mis la main sur des cartes Vitale actives de se faire délivrer des médicaments, avant de les revendre à l’étranger sur les marchés locaux.”
“Force est de constater que, cinq ans après, toutes n’ont toujours pas été mises en œuvre, bien qu’un nombre croissant de responsables d’organismes sociaux aient pris conscience de la nécessité de lutter plus efficacement contre les fraudes et de les prévenir. Comme chacun sait, en matière de fraude, il est difficile d’avancer des chiffres, car on en est réduit à faire des estimations. En tout cas, en 2020, nous avions pointé du doigt l’absence de culture de lutte contre la fraude, quasi inexistante au sein de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) par exemple. En toute objectivité, cela a changé depuis, mais il reste des inerties dans le système.”
“La fraude aux prestations sociales, comme l’ensemble des fraudes au détriment des finances publiques, constitue une atteinte au pacte républicain qui lie les assurés sociaux par un ensemble de droits et de devoirs. Elle constitue un détournement des ressources de notre système de protection sociale, entame la confiance de nos concitoyens dans l’équité de celui-ci et doit donc être résolument combattue. Voilà les données de base de la question que nous abordons et que notre collègue vient de rappeler. J’ai eu la chance de présider en 2020 la commission d’enquête parlementaire sur les fraudes aux prestations sociales. Nous avons alors émis plusieurs recommandations.”
“Sur d’autres textes, cela n’a pas l’air de vous déranger !”
“La faute à qui, madame Trouvé ? Il vaut mieux entendre cela que d’être sourd !”
“Il a déjà répondu ! Il fallait écouter la réponse !”
“Je souhaite retirer l’amendement n o 171 rectifié – et M. Bazin fera de même avec le n o 135 rectifié – afin que nous puissions nous prononcer uniquement sur l’amendement du gouvernement et sur celui de M. Pauget.”
“Pas du tout ! Vous n’avez pas écouté ce qu’il a dit !”
“Vérifiez qu’il a bien la délégation pour le faire !”
“C’est l’hôpital qui se fout de la charité !”
“Mais non ! Pourquoi l’interprétez-vous comme ça ?”
“Tout cela n’est que de l’obstruction de la part de La France insoumise !”
“J’évoquerai un autre point très important : la dématérialisation des ordonnances. L’Espagne a pris des décisions à ce sujet il y a quelque temps. Grâce à un tel dispositif, il est possible d’économiser 500 à 600 millions d’euros par an. Quand votre ministère sera-t-il en mesure de le généraliser ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – Mme Danielle Brulebois applaudit également.)”
“…en marge d’un déplacement en Isère consacré à un dispositif innovant de lutte contre la fraude. Nous ne pouvons que saluer cette initiative pertinente. Quelles seront les prochaines étapes de l’action du gouvernement ? Comment compte-t-il passer aux actes pour éradiquer les fraudes sociales et protéger ainsi les ressources de la sécurité sociale, issues précisément des cotisations de ceux qui travaillent ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)”
“Cette fraude sociale, dont la commission d’enquête que j’ai eu l’honneur de présider a évalué le coût à plusieurs milliards d’euros, prospère sur les défaillances des organismes de sécurité sociale et sur le développement d’arnaques en bande organisée de plus en plus fréquentes. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.) Vous avez récemment déclaré que la fraude sociale ferait l’objet d’une tolérance zéro,…”
“Monsieur le ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins, nous, députés du groupe Droite républicaine, défendons deux valeurs cardinales : la restauration de l’autorité de l’État et la défense du travail face à l’assistanat. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.) Il ne faut pas oublier la France qui se lève tôt ! C’est ce que notre groupe a défendu lors de l’examen du projet de loi de finances et du budget de la sécurité sociale. Pour valoriser ceux qui travaillent, il faut lutter efficacement contre la fraude qui fragilise notre modèle social.”
“Le gouvernement a bien conscience de la légitimité des attentes exprimées par la proposition de loi dont nous débattons. Il accompagnera sans équivoque sa mise en œuvre. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR, Dem et LIOT. – M. le rapporteur applaudit également.)”
“À plus long terme, il faudra également penser à l’intégration des professions paramédicales et des métiers intermédiaires de la santé dans un tel schéma, pour tenir compte de l’ensemble des besoins de la population corse. Nous aurons donc besoin d’une concertation avec tous les acteurs de la santé pour parfaire ces orientations et proposer les compléments nécessaires au présent texte. L’occasion nous est donnée de concevoir, pour l’ensemble du pays, une stratégie territoriale de santé nouvelle, complémentaire du modèle hospitalo-universitaire classique. Dans un premier temps, cette stratégie pourrait évidemment être pleinement déployée en Corse. J’insiste toutefois sur le fait que nous travaillons ici à l’élaboration d’une politique universitaire en santé qui pourrait s’appliquer à l’ensemble du territoire français.”
“Il faut être réaliste : la piste du CHU, si elle est tout à fait légitime, n’aboutira qu’à moyen terme, du fait notamment de difficultés liées à la constitution d’une faculté de médecine de plein exercice, à la dispersion des moyens actuels et à la nécessité de disposer d’une taille critique, notamment pour mener une activité de recherche, plus particulièrement de recherche clinique. Or nous ne pouvons pas attendre d’atteindre cet objectif optimal pour avancer. À court terme, une première réponse serait d’approfondir les conventionnements existants entre l’université de Corte et ses universités partenaires pour les étendre aux autres établissements hospitaliers du territoire corse, en vue de faciliter les parcours de formation des étudiants.”
“Pour répondre à ces besoins, la Corse dispose de ressources locales, en l’occurrence trois centres hospitaliers de référence, auxquels il revient de déterminer leur rôle respectif, tant dans la perspective du développement des études de santé sur le territoire que dans celle de l’éventuelle conclusion d’une convention entre l’université et l’un d’entre eux, qui deviendrait ainsi un CHRU. De son côté, l’État doit travailler aux modalités d’accompagnement de la montée en puissance de la filière en santé. Je pense en particulier au développement du premier cycle, aux mobilités des étudiants et à leur répartition dans les différents centres hospitaliers lors de leurs stages. Pour ce faire, nous devons impérativement formaliser, avec les acteurs du soin et de l’université, une stratégie territoriale, qui peut prendre des formes diverses.”
“D’autres sont liés à la démographie médicale. Enfin, la Corse présente des problématiques de santé particulières ; je pense notamment au traitement des cancers féminins et à l’absence de certains équipements permettant de déployer des traitements spécifiques en proximité. Sur le plan de la formation, les avancées de ces vingt dernières années ont permis de créer, au sein de l’université de Corse, une première année d’entrée dans les études de santé, ce qui a facilité l’accès des étudiants corses à ces études. Il est désormais question de compléter le premier cycle, notamment grâce au soutien de la convention tripartite signée entre l’université, la collectivité de Corse et l’État, qui s’est engagé dans ce cadre à hauteur de 500 000 euros par an.”
“Derrière la mention de la région, c’est à la situation particulière de la Corse que vous avez souhaité faire référence, à la fois pour la structuration des études en santé autour d’un CHR et pour l’achèvement du premier cycle complet d’études médicales à l’université de Corse-Pascal-Paoli, dont le siège est à Corte. Bien évidemment, l’expression de cette position est légitime et pleinement reconnue par le gouvernement, et je crois important de réfléchir à partir des besoins concrets de la Corse. Sur le plan de l’accès aux soins, la Corse fait face, comme de nombreux territoires, à des défis. Certains sont liés à son insularité qui, en l’absence d’une couverture médicale suffisante sur le territoire, entraîne pour les patients des frais et des fatigues – les voyages sont très difficilement supportables pour les malades.”
“Ce modèle présente l’avantage de pouvoir s’adapter à de nombreux territoires français qui souhaitent une meilleure structuration universitaire en santé et disposent d’un réseau hospitalier local solide, tout en permettant de s’assurer de leur complémentarité effective. Derrière la proposition de loi adoptée en commission, c’est cette attente qu’il faut avant tout entendre et à laquelle il faut impérativement répondre. Le texte que nous examinons fait référence à l’échelle régionale, qui peut s’avérer l’échelle pertinente, mais qui n’est évidemment pas la seule – j’insiste sur le fait que l’échelle pertinente peut varier en fonction des spécificités de chaque territoire.”
“Il ne s’agit pas de minimiser le rôle des CHU – bien au contraire –, ni de prétendre que l’absence de CHU n’est pas préjudiciable. Pourtant, l’implantation d’un CHU n’est pas la seule solution pour répondre au plus près aux besoins des territoires en santé et en formation. En mobilisant les ressources d’encadrement et de promotion universitaire dans les territoires, il s’agit de définir des espaces territoriaux de responsabilité universitaire en s’appuyant sur des réseaux d’hôpitaux couvrant une zone donnée, avec leur conventionnement universitaire propre, notamment en l’absence d’une faculté de médecine de plein exercice définitivement constituée.”
“Les CHRU permettent d’adosser aux centres hospitaliers des facultés de santé et de médecine de plein exercice, de développer des pratiques médicales innovantes en association avec les grands organismes de recherche et de formaliser des conventions de formation pour les écoles professionnelles de santé. Plus récemment, ces centres hospitaliers universitaires sont devenus le pivot de la création de réseaux entre hôpitaux généraux, ou parfois régionaux, pour l’organisation des soins. Ils assurent leur mise en cohérence, avec une dimension hospitalo-universitaire qui semble se confirmer. À l’avenir, cet ensemble me semble devoir s’enrichir d’un partenariat avec les activités de soins ambulatoires exercées par des professionnels de santé hors de l’hôpital.”
“Elles relèvent de la responsabilité commune du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et du ministère de la santé et de l’accès aux soins, que je représente tous deux aujourd’hui – je tiens à excuser l’absence de ma collègue ministre de la santé, retenue à Bruxelles. Au cours des soixante dernières années, la création des trente-deux centres hospitaliers régionaux universitaires (CHRU) que compte la France a été la principale avancée qui a déterminé les politiques publiques en matière de formation, de soins et de recherche en santé.”
“L’accès effectif à la santé partout sur le territoire relève de l’équité et de la solidarité nationale. Il s’agit d’une préoccupation majeure, y compris, bien évidemment, en ce qui concerne le territoire de Corse. Les déterminants de cet accès sont multiples : outre des facteurs sociaux, économiques et démographiques, il dépend d’éléments structurels tels que l’accès à des professionnels de santé bien formés et bien répartis sur le territoire, ainsi que l’accès à des établissements de soins de première ligne ou de recours. Dans le cadre du présent débat, il importe d’avoir ces deux dimensions à l’esprit.”
“Nous avons, à cet égard, promu les parcours des élèves en cordées de la réussite auprès des formations, créant par exemple des cordées pour les instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi) et obtenant des effets tangibles : les bacheliers professionnels participant au dispositif étaient 6 % plus nombreux à obtenir une proposition de formation que les mêmes lycéens hors cordées, comme je l’ai indiqué lors d’une précédente réponse. Lutter contre les inégalités consiste à prendre des mesures volontaristes pour changer le cours des choses, par exemple en facilitant certaines réorientations, ce que le passage d’APB à Parcoursup devait permettre. Nous portons en tout cas une attention particulière aux questions d’inégalité.”
“Parmi les exemples d’améliorations constatées, je ne prendrai que celui de l’inscription sur la plateforme d’un concours commun aux écoles vétérinaires, lequel a permis d’en diversifier le recrutement du point de vue tant social que territorial. Ainsi, dans les territoires ruraux, la création des campus connectés sur Parcoursup a permis d’offrir, sur place, un accès à des formations géographiquement éloignées. Il faut aussi lutter contre l’autocensure.”
“Permettez-moi de dire que je suis, moi aussi, particulièrement sensible à la question des inégalités, bien réelles, d’accès à l’enseignement supérieur dans notre pays, dont j’ai pu mesurer l’importance comme élu d’un territoire rural. Agir pour l’égalité, c’est d’abord fournir une information accessible à tous, sans barrière, claire et utile, qui aide les jeunes à se projeter dans les études supérieures. C’est là un apport de Parcoursup, reconnu par les lycéens eux-mêmes. Lutter contre les inégalités, c’est aussi être attentif à l’admission dans l’enseignement supérieur des lycéens boursiers, critère important. Or, depuis la création de Parcoursup, ce taux est en augmentation – j’ai eu l’occasion de l’indiquer dans une réponse précédente.”
“Tel est aussi l’enjeu de la découverte des métiers en classe de cinquième, du stage de troisième et de seconde, ou encore des journées portes ouvertes et d’immersion qu’organisent les établissements d’enseignement supérieur. Informer, permettre des rencontres et consacrer des temps d’échange à dépasser les préjugés, tout cela est fondamental. De telles démarches doivent être coordonnées avec l’évolution de la carte des formations, qu’elles soient professionnelles, comme les BTS, ou relèvent de l’enseignement supérieur. Tous ces éléments font partie de ma feuille de route.”
“Devront encore s’y ajouter d’autres informations relatives aux conditions d’emploi – nous venons d’en débattre –, aux métiers d’avenir identifiés comme tels ou encore à ceux susceptibles d’être en tension dans certains bassins d’emploi. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai soutenu l’inscription sur Parcoursup dès la classe de seconde. Néanmoins, l’information seule ne suffit pas : elle ne permet pas de lever les préjugés si elle n’est pas doublée d’un accompagnement de proximité ou d’une expérience personnelle et concrète. Les régions favorisent d’ailleurs les rencontres entre jeunes et acteurs du monde professionnel.”
“La réussite des études doit s’inscrire dans une logique d’approfondissement des savoirs d’une part et dans la perspective de l’insertion professionnelle d’autre part. Il y a quatorze ans déjà, la direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle avait été créée dans le but d’associer les savoirs et les enjeux économiques et sociaux. C’est d’ailleurs une priorité de ma feuille de route. Nous faisons des progrès : dès cette année, les lycéens et leurs parents pourront accéder sur Parcoursup à des données fiables, produites par les services statistiques de l’État, portant sur les débouchés professionnels de plus des trois quarts des formations proposées.”