Stéphanie Rist
EPR · France
“Je partage moi aussi l’objectif de l’amendement. La notion de syndrome d’aliénation parentale est controversée et n’a aucun fondement scientifique. Elle n’a pas été retenue par l’Organisation mondiale de la santé dans sa classification internationale des maladies.”
“La suppression par la commission spéciale de l’alinéa 2 de l’article L. 221-2-3 du code d’action sociale des familles aboutit à enlever toute possibilité d’accueil dérogatoire dans les structures autres que les établissements et services médico-sociaux.”
“Je partage l’intention qui sous-tend votre proposition : il faut fluidifier les échanges d’informations. C’est d’ailleurs un pilier de la refondation de la protection de l’enfance qui prend la forme du chantier Connect-ASE.”
“L’amendement est satisfait depuis que nous avons proposé de généraliser le parcours coordonné renforcé, qui prévoit, d’une part, un bilan annuel de santé, physique comme mentale, de l’ensemble des enfants et, d’autre part, une coordination de la prise en charge de tous les soins dont ils ont besoin – non seulement pour que ces soins soien…”
“Même avis. Sur les premiers amendements, je vous rejoins : il faut renforcer le principe de subsidiarité et le rôle des départements dans la protection de l’enfance. Cependant, bien que séduisante, cette proposition présente trois risques importants.”
“Je vous invite à retirer l’amendement, qui est satisfait par le droit existant. Les articles L. 223-1 et L. 223-2 du code de l’action sociale et des familles prévoient que la mesure administrative de protection est précédée d’une évaluation de la situation et son application est conditionnée à l’accord et à la participation de la famille.…”
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“De nombreux parlementaires sont engagés sur ce terrain pour lutter contre l’usage des écrans ou l’addiction aux réseaux sociaux qui ont une grande part de responsabilité dans l’altération de la santé mentale des jeunes, ce qu’attestent toutes les études scientifiques. La santé mentale a été érigée grande cause nationale pour 2025 et vous êtes invités à participer, le 2 juin, au bilan qui en sera dressé ainsi qu’à la définition des perspectives pour 2026.”
“Le budget qui y est consacré a augmenté de 44 % en 2025 et s’élève à 13 milliards. Plus de 300 projets dédiés à l’amélioration de la santé mentale des enfants et des adolescents sont financés. Les centres médico-psychologiques sont renforcés. Le dispositif des maisons des adolescents est généralisé dans tout le territoire. Nous avons permis aux jeunes d’accéder directement à un psychologue dans le cadre de Mon Soutien psy. Les résultats sont au rendez-vous puisque le nombre de consultations a considérablement augmenté. Nous devons poursuivre nos efforts en ce sens. Mes services et ceux de mon collègue Édouard Geffray ont pris un virage radical dans le travail de prévention et s’attellent ainsi à développer les compétences psychosociales des enfants et des jeunes.”
“La santé mentale, en particulier celle des jeunes, est une urgence nationale mais aussi internationale. J’ai pu, lors de l’Assemblée mondiale de la santé qui s’est tenue ces deux derniers jours, échanger avec de nombreux ministres de la santé. Ils m’ont confirmé la place prédominante de ce sujet dans leurs pays. La santé mentale des jeunes garçons, pour lesquels les taux de suicide augmentent partout, est particulièrement préoccupante. Nous devons y prendre garde. C’est une urgence pour notre société – une urgence de notre société. Il est de la responsabilité du gouvernement et plus singulièrement de la ministre de la santé que je suis, mais aussi de chacun d’entre nous, de prendre soin de nos jeunes. Le gouvernement agit, en premier lieu par des mesures financières.”
“Le projet de loi relatif à la protection des enfants devrait nous permettre de renforcer notre capacité collective à agir immédiatement lorsqu’un enfant est en danger.”
“Le gouvernement a renforcé sa stratégie nationale de lutte contre le système prostitutionnel et l’exploitation sexuelle en prévoyant un axe consacré plus spécifiquement aux mesures de lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs. Le 13 avril, j’ai annoncé, avec de nombreux ministres, le renforcement des mesures ciblées contre les nouvelles formes d’exploitation en ligne des mineurs ainsi qu’un plan d’action dédié aux territoires d’outre-mer. Nous avons également intensifié la coordination territoriale et élargi, en décembre, les missions des commissions départementales de lutte contre la prostitution. Enfin, notre action repose sur la stabilité des parcours de l’accès effectif aux soins grâce à la généralisation du parcours coordonné renforcé.”
“La prostitution des mineurs relève de l’exploitation sexuelle et de la prédation criminelle. Votre département, l’Essonne, est particulièrement touché en raison de sa proximité géographique avec les deux grands pôles de réseaux que sont Paris et la Seine-Saint-Denis. On sait aussi que ces réseaux recrutent sur internet et se superposent aux réseaux des narcotrafiquants. Derrière ces situations se trouvent des enfants, dont je vous remercie de porter la voix. Ils sont sous emprise, et ce n’est souvent que trop tard qu’ils sont repérés. La plupart d’entre eux sont déjà confiés à l’ASE et, en raison de leur grande vulnérabilité, sont des proies faciles pour les prédateurs. Nous avons la responsabilité de protéger plus tôt, d’améliorer la coordination et de soigner.”
“Le 25 avril, l’une des passagères, hélas décédée ensuite, a effectué un voyage en avion. Huit Français voyageaient dans cet appareil : nous les avons identifiés et ils sont actuellement hospitalisés. Cette femme envisageait de prendre un deuxième avion, mais son état ne le lui a pas permis et elle est décédée sur le lieu de la correspondance dans les heures qui ont suivi. Des Français ont voyagé dans le deuxième avion : nous les avons également identifiés et ils vont être hospitalisés. Dans ce dossier, nous agissons en toute transparence, avec méthode et de manière proportionnée. (Dans les tribunes du public, un homme se lève, brandit des papiers et crie quelques mots.)”
“Rappelons que le navire de croisière dont nous parlons accueillait cent quarante-sept passagers de vingt-trois nationalités différentes, dont cinq Français présents à bord depuis le début du voyage. Une fois le bateau arrivé aux îles Canaries, il était de notre devoir et de notre responsabilité de rapatrier nos cinq concitoyens en suivant un protocole ultrasécurisé. Une sorte de bulle a été formée autour d’eux pour éviter tout risque de contamination pendant leur transport à l’hôpital. L’une des personnes a malheureusement déclaré des symptômes dans l’avion. J’ai indiqué en toute transparence le lendemain matin que le résultat de son test était positif et que son état s’était aggravé pendant la nuit. Je lui adresse, ainsi qu’à sa famille, tout mon soutien. Le navire a fait plusieurs escales.”
“Tout est donc, évidemment, fait dans la transparence. Je le redis : sans transparence, il n’y a pas de confiance et on ne peut pas gérer une crise sanitaire. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)”
“Une conférence de presse, donc, sera organisée avec des scientifiques, au ministère de la santé. Enfin, j’ai accepté l’invitation du président Valletoux à me rendre devant la commission des affaires sociales demain matin.”
“Troisièmement, les mesures que le premier ministre et moi-même prenons, ou que j’ai pu prendre moi-même, sont proportionnées aux données scientifiques dont nous disposons grâce à l’Organisation mondiale de la santé, qui coordonne l’ensemble des pays ; proportionnées aux risques encourus par les différentes personnes exposées, dans les bateaux ou dans les avions ; proportionnées enfin par rapport à celles que prennent nos voisins, notamment européens, avec lesquels j’ai échangé depuis le début des événements et pour lesquels une réunion encore plus formelle sera organisée demain après-midi. Deux points encore. Puisque vous parlez de transparence, je vous répète qu’à la suite de ces QAG, une conférence de presse sera organisée… (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Mais laissez-moi finir !”
“Ma réponse tiendra en cinq points. Premièrement, face à de telles épidémies, s’agissant d’un virus connu, tout se joue dans les premiers jours. Deuxièmement, puisque tout se joue dans les premiers jours, il faut tout de suite briser ce qu’on appelle la chaîne de transmission, donc les mécanismes de transmission entre les humains.”
“Nous l’avons fait dans le budget, par une augmentation de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie. Je suis d’ailleurs aux côtés de l’ensemble des soignants de notre pays : demain, je participerai à une réunion avec eux pour parler de l’hantavirus.”
“Il n’est pas prévu de fermer cet hôpital. Je voulais livrer les éléments constitutifs d’un socle de confiance, plutôt que d’entrer dans des débats qui nous animent lors de chaque séance de QAG. Oui, nous soutenons l’hôpital.”
“Je suis convaincue que les responsables politiques et les gouvernements ne peuvent gérer les crises, dans ce domaine comme dans les autres, qu’en donnant les éléments de vérité aux Français. C’est ce que le premier ministre et moi-même faisons depuis le début des événements sur lesquels vous m’interrogez, en communiquant sur les données – qui peuvent aussi évoluer en fonction des connaissances. J’ai proposé à des scientifiques que le premier ministre a rencontrés hier soir d’organiser cet après-midi une conférence de presse en leur présence (M. Jean-François Rousset applaudit) , pour que les Français disposent des mêmes informations scientifiques que le premier ministre.”
“Vous l’avez dit, et il est important de l’expliquer aux concitoyens qui nous écoutent, les cinq passagers français du bateau ont été rapatriés de manière sécurisée dans des avions sanitaires dédiés et avec des professionnels, puis ils ont été hospitalisés dans des chambres elles aussi très sécurisées à l’hôpital Bichat, avec des flux d’air qui empêchent la propagation d’un virus et des professionnels très formés à cette prise en charge. Permettez-moi de saluer l’ensemble des professionnels qui, à Bichat comme ailleurs, prennent en charge ces passagers et tous les patients. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe DR.) Vous l’avez dit aussi, nous devons raisonner en toute transparence. J’ai commencé à le faire devant vous il y a un instant.”
“C’est d’ailleurs ce qui a permis d’hospitaliser les patients à risque – j’aurai l’occasion d’y revenir. Enfin, les réorganisations dont vous parlez ne créent aucune difficulté dans notre réponse à la crise.”
“Dès l’alerte de l’Organisation mondiale de la santé le 3 mai dernier, avec le ministère, le centre de crise, la direction générale de la santé, Santé publique France, la mission risque épidémiologique, l’Institut Pasteur et des scientifiques, nous nous sommes organisés pour pouvoir apporter des données sûres de manière transparente à nos concitoyens. Merci pour le soutien que vous apportez à la politique que nous menons avec le premier ministre. Dès le 7 mai, nous avons publié des communiqués de presse et effectué des communications publiques à la télévision ou à la radio. Des réunions se tiennent deux fois par jour à Matignon sur ce sujet. Je profite de votre question pour remercier tous les acteurs qui sont déjà engagés, tels Santé publique France et les agences régionales de santé, avec lesquelles j’entretiens un lien très étroit.”
“Vous l’avez dit, nous savons certaines choses sur ce virus – c’est plutôt une bonne nouvelle. Il est connu depuis les années 1990 ; sa transmission peut être interhumaine ; il peut rendre malade, très malade, voire provoquer le décès des patients. Vous l’avez dit également, il y a aussi des choses que nous ne savons pas sur ce virus, notamment le lieu où la première personne qui en est décédée a été contaminée. Nous ne disposons pas non plus de la totalité du séquençage du virus, raison pour laquelle, même si les données dont nous disposons pour l’instant sont plutôt rassurantes, nous n’avons pas encore la certitude qu’il n’a pas muté.”
“Tous ces éléments témoignent de notre engagement.”
“Pour favoriser l’innovation, on peut également compter sur un réseau de recherche d’excellence dont les travaux se concentrent autour de l’un des cancers du cerveau, le glioblastome, sur un site de recherche intégrée sur le cancer spécialisé dans la recherche translationnelle au sujet des cancers du cerveau, sur un biocluster, Brain&Mind, ainsi que sur l’Institut du cerveau. Nous devons faciliter les essais cliniques portant sur les médicaments de thérapies innovantes – nous faisons face à cet enjeu dans le cadre de la stratégie d’accélération « biothérapies et bioproduction de thérapies innovantes ». Il convient également de promouvoir le développement de technologies de rupture, comme nous l’avons fait récemment en soutenant la radiothérapie Flash, notamment grâce à des financements issus du plan France 2030.”
“Les cancers de mauvais pronostic constituent l’un des axes prioritaires de la feuille de route de lutte contre les cancers pour la période 2026-2030, que nous avons lancée il y a quelques semaines. Les cancers du cerveau sont donc une priorité. Dans ce cadre, nous soutenons par exemple des programmes d’actions intégrées de recherche sur ce type de cancers, qui fédèrent des équipes multidisciplinaires, afin d’accélérer le passage de la recherche fondamentale à la recherche clinique.”
“Je tiens à remercier tous les acteurs associatifs qui se mobilisent au sujet des cancers du cerveau, notamment lors de ce mois de Mai en gris. Ces cancers touchent en effet près de 6 000 personnes chaque année. Ils représentent environ un quart des tumeurs affectant l’enfant et donnent souvent lieu à des pronostics effroyables. Il s’agit d’un défi majeur de notre époque. Depuis cinq ans, dans le cadre de la stratégie décennale de lutte contre les cancers, l’Institut national du cancer, en partenariat avec les ministères, la Ligue contre le cancer et la Fondation ARC, a soutenu des actions de recherche fondamentale et clinique pour un montant estimé à plus de 50 millions d’euros.”
“En adoptant ce texte, vous réaffirmerez que les cotisations sociales et l’impôt sont légitimes quand ils financent des droits réels et quand l’État est armé pour empêcher qu’on en détourne le sens ; vous ferez un choix d’équité, d’efficacité et de confiance. (Mmes Liliana Tanguy et Justine Gruet applaudissent.)”
“C’est surtout envoyer un message très clair à tous les Français : dans la période que nous connaissons, marquée par les efforts que nous demandons et par la fragilité de notre modèle social, nous pouvons nous rassembler pour lutter contre les abus et les tricheries. Nous pouvons nous rassembler pour rétablir la confiance dans la solidarité et lutter contre le « chacun pour soi », nous pouvons faire en sorte que chaque euro de notre modèle social serve à la protection réelle des Français. La lutte contre la fraude sociale ne saurait avoir pour seul objectif des résultats comptables ou financiers, et ne doit jamais servir à jeter un voile de soupçon sur l’ensemble des assurés ou des entreprises. Elle est au cœur de la consolidation de notre pacte social.”
“La plainte pénale unique pour les caisses d’assurance maladie permettra de mettre fin à une situation absurde : une fraude organisée qui touche plusieurs territoires ne doit pas être traitée en ordre dispersé, caisse par caisse, avec une lenteur qui profite aux fraudeurs. Enfin, le troisième objectif consiste à mieux recouvrer. Voter pour ce texte, c’est dire collectivement aux fraudeurs que la donne est en train de changer ; que les sites frauduleux pour prescriptions de médicaments et d’arrêts de travail, c’est fini ; que la fraude en bande organisée, c’est fini ; que compter sur le travail en silo des administrations pour frauder impunément, c’est fini.”
“Toutefois, il fallait aller plus loin, car les fraudeurs s’adaptent et s’organisent, rendant la fraude plus difficile à canaliser. Il nous fallait gagner en agilité et en efficacité. Grâce à l’adoption de ce texte par votre assemblée, nous pourrons viser trois objectifs. Le premier consiste à mieux détecter la fraude. Nous nous appuierons notamment sur des échanges plus fluides et plus sûrs entre les organismes de sécurité sociale, l’administration fiscale et les organismes complémentaires. Il s’agit de repérer plus tôt les incohérences et les schémas organisés. Deuxièmement, nous voulons sanctionner mieux et plus rapidement.”
“Alors que nous arrivons au terme de l’examen du projet de loi, je tiens à saluer l’ensemble des parlementaires qui se sont mobilisés pour son adoption et, par la même occasion, celles et ceux qui se sont mobilisés ces dernières années pour mieux lutter contre toutes les formes de fraude sociale. En effet, ce texte s’inscrit dans une dynamique d’action plus large, qui comprend notamment des engagements inédits pris par Gabriel Attal il y a précisément trois ans. Grâce au plan de lutte contre les fraudes aux finances publiques lancé en 2023, nous avons amélioré la détection des fraudes aux cotisations sociales, augmenté très fortement la détection des fraudes aux prestations sociales et mis un coup d’arrêt à de nombreuses opérations de fraude aux arrêts de travail sur internet.”
“(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR. – M. Michel Barnier applaudit également.)”
“Il convient également de rappeler que la crise géopolitique actuelle, qui s’ajoute à la guerre en Ukraine, a un impact évident sur nos finances publiques. Il faut regarder la réalité en face et dire aux Français, les yeux dans les yeux, que si nous voulons préserver un modèle social qui nous protège et protège les plus fragiles, la maîtrise de nos dépenses sociales est un impératif. Dans cette perspective, le reste à charge ne doit pas être un tabou même si, je le répète, nous pouvons être fiers qu’il soit si bas dans notre pays. Quant à l’accès aux soins, sur lequel vous m’interrogez régulièrement, c’est notre majorité qui a mis un terme au numerus clausus et permis ainsi d’augmenter le nombre de médecins formés. Et je ne parle pas de toutes les autres mesures que nous avons mises en place ces dernières années.”
“Vous avez oublié de dire, monsieur le député, que la France était le troisième pays européen dans lequel le reste à charge en matière de soins est le plus bas. Alors qu’il atteint 14,6 % en moyenne en Europe, il n’est en France que de 7,8 %. Notre modèle social compte trois financeurs : l’assurance maladie obligatoire, qui assume environ 80 % du financement, pour un montant qui s’élevait à 200 milliards en 2024 ; les assurances maladie complémentaires, qui en couvrent 12,8 %, soit 32 milliards ; les ménages enfin, à qui il reste 7,8 % à financer, soit environ 20 milliards, franchises et primes d’assurance comprises. Donc oui, il existe un reste à charge pour les Français, mais notre modèle social nous protège deux fois plus que les autres Européens.”
“Elle nous permettra de poursuivre ce que nous faisons depuis 2019, à savoir simplifier les procédures administratives qui les concernent en ne cédant en rien sur l’exigence de qualification, d’intégration et de respect du pacte républicain. Mesdames et messieurs les députés, le texte que vous examinez cet après-midi vise à réparer une inégalité, à restaurer la confiance et à libérer des énergies dont notre système de santé a plus que besoin. Le gouvernement y apporte son plein soutien.”
“L’Association des médecins franco-britanniques dénombre ainsi une centaine de praticiens diplômés au Royaume-Uni et désireux de s’installer en France. Avec l’adoption de votre texte, ceux-ci pourront rejoindre nos cabinets, nos établissements et nos territoires, qui en ont tant besoin. Comme il s’y était engagé, le gouvernement a levé le gage lors de l’examen de la proposition de loi au Sénat. Il souhaite aujourd’hui qu’elle soit définitivement adoptée. Je profite de cet examen en deuxième lecture pour redire aux praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue) qu’une concertation sera très bientôt lancée avec leurs représentants, les ordres professionnels, les médecins et les établissements de santé afin de mieux reconnaître leur exercice.”
“L’examen de cette proposition de loi au Sénat puis en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale la semaine dernière a permis trois évolutions : la sécurisation de l’inclusion des ressortissants ayant commencé leurs études avant le Brexit ; l’exclusion des diplômes de base britanniques au profit d’un cursus complet de médecine ; la suppression de l’exigence d’un certificat de conformité aux obligations européennes au profit d’une liste fixée par arrêté et recensant les diplômes reconnus – notamment les deux diplômes britanniques que sont le certificat d’expérience et le certificat de réussite à la formation. Cette proposition de loi permet aussi de déverrouiller une contrainte pour l’installation de nouveaux médecins dans notre pays.”
“Ces jeunes se sont inscrits dans un cursus médical reconnu et conforme aux standards européens. Ils ont étudié, ils ont réussi et sont prêts à soigner, y compris en France. À engagement et compétences identiques, il faut des droits identiques. Pour corriger cette injustice, la proposition de loi vise ainsi à élargir la liste des diplômes ouvrant droit à l’exercice de la médecine afin d’y inclure des diplômes délivrés au Royaume-Uni aux étudiants ayant débuté leur cursus avant le 31 décembre 2020.”
“Je commencerai, monsieur le rapporteur, par saluer votre engagement. La proposition de loi que vous défendez est fondamentale pour les ressortissants de votre circonscription et importante pour favoriser l’accès aux soins sur notre territoire. Je salue également le travail de l’ensemble des parlementaires mobilisés sur le sujet ainsi que celui de votre ancien collègue Alexandre Holroyd. Cette proposition de loi vise à mettre fin à une injustice qui, si elle ne fait pas grand bruit, abîme des parcours. Depuis le 1 er janvier 2021, de jeunes médecins ayant entamé leurs études au Royaume-Uni, sans rien savoir des conséquences qu’allait avoir le Brexit, se sont vu opposer des contraintes administratives incohérentes lorsqu’ils ont voulu exercer dans notre pays – cela, non par défaut de compétences mais du seul fait du Brexit.”
“Les causes qui affectent la santé mentale sont multifactorielles. Parcoursup peut stresser les jeunes ; le dire n’est pas tabou, mais je n’ai pas non plus d’étude scientifique en ce sens. En revanche, tous les facteurs que j’ai cités sont étayés par des études scientifiques. Mon collègue Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale, et moi-même travaillons à améliorer la santé des jeunes. La réunion du 2 juin doit permettre d’exposer le bilan de la désignation de la santé mentale comme grande cause nationale pour 2025 et les perspectives pour 2026. J’ai été claire : les parlementaires seront invités ainsi que les acteurs du domaine.”
“Je suis tout à fait d’accord. Cette remarque est d’ailleurs valable en ce qui concerne l’accès aux soins en général. Nous devons accomplir ce travail, non seulement en raison de la démographie des soignants, mais aussi parce que la gradation des soins améliore la qualité de la prise en charge. C’est tout l’enjeu des projets territoriaux qui rassemblent les professionnels travaillant sur le parcours de soins ; je pense par exemple aux communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), qui permettent aux professionnels d’un même territoire de s’organiser ensemble. Je souscris sans réserve à vos propos. La gradation des soins est indispensable, d’une part, parce que nous n’avons pas assez de professionnels, d’autre part, parce qu’elle améliore la qualité de la prise en charge.”
“S’agissant du sommeil, cette dimension est désormais inscrite dans le carnet de santé, et les professionnels de la petite enfance sont sensibilisés à son importance dès le plus jeune âge. Le programme national nutrition santé (PNNS) fixe quant à lui des objectifs de réduction de l’obésité et du surpoids, contribuant aussi à une meilleure santé mentale.”
“Il illustre une fois encore que la stratégie en matière de santé mentale repose à la fois sur l’action sur les déterminants et sur le renforcement de l’offre de soins, dans une logique interministérielle. Traiter ces enjeux suppose en effet l’implication du ministre du logement, celle du ministre de l’éducation nationale et, plus largement, celle de l’ensemble du gouvernement. C’est dans cet esprit, afin d’en garantir le caractère opérationnel et l’efficacité, que la délégation ministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie a été rattachée à la direction générale de la santé. La stratégie nationale sport-santé renforcera les actions favorisant l’activité physique. Nous venons d’évoquer les usages numériques.”
“Je vous remercie de souligner l’enjeu du logement. Des études montrent d’ailleurs que la France se situe à un niveau avancé dans l’analyse des liens entre urbanisme et santé mentale. C’est tout l’intérêt des contrats locaux de santé mentale, qui associent élus locaux et professionnels de santé d’un même territoire. Lors du dernier sommet international One Health , organisé à l’initiative du président de la République, il a d’ailleurs été acté que la France proposerait ce modèle de contrats locaux de santé mentale, précisément parce qu’il intègre les dimensions d’urbanisme dans l’approche de la santé mentale. Vous avez donc raison de rappeler ce lien.”
“Le principe général est clair : repérer les troubles le plus précocement possible, mobiliser sans délai l’offre de soins, et agir sur l’ensemble des déterminants de la santé mentale en coordonnant l’action de tous les ministères concernés.”
“Je le redis : contrairement à ce que vous affirmez, il existe bien une stratégie en matière de santé mentale. Elle repose sur une approche globale des facteurs – activité physique, usage numérique, sommeil, alimentation –, sur le renforcement de l’offre de soins, l’augmentation du nombre de professionnels, le développement de leur coopération et la libération de leur temps médical. Elle vise également à territorialiser davantage l’offre et à encourager l’action interministérielle, sous l’impulsion du délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie. La politique du gouvernement se décline ainsi en mesures concrètes. Je ne peux m’en satisfaire, car nous devons aller plus loin, mais elles dessinent d’ores et déjà une trajectoire d’amélioration.”
“Vous avez également souligné les enjeux essentiels d’éducation et de parentalité. Nous devons multiplier les actions de sensibilisation et d’information, afin que les familles aient pleinement conscience des risques scientifiquement démontrés des réseaux sociaux et des écrans sur la santé des plus petits, mais aussi sur celle des ados. C’est également le sens de l’inscription de cette dimension dans le carnet de santé.”
“Votre question touche à la fois à l’impact de l’intelligence artificielle et à celui du numérique. S’agissant du premier point, sur lequel les réponses publiques sont moins avancées, le président de la République a confié une mission à Amine Benyamina et Raphaël Gaillard. Elle doit évaluer les risques de l’intelligence artificielle et des chatbots sur la santé mentale des jeunes, et proposer les mesures nécessaires pour y répondre. S’agissant du numérique, vous connaissez les propositions de loi relatives à l’interdiction des écrans et réseaux sociaux, dont le parcours parlementaire est en cours. Les travaux sur les 1 000 premiers jours de l’enfant ont, par ailleurs, démontré la pertinence d’une interdiction totale des écrans dans les lieux d’accueil des enfants de 0 à 3 ans.”
“Vous avez raison, madame la députée : la prévalence de troubles anxieux, dépressifs et psychotiques est plus élevée dans les outre-mer. De surcroît, chez les jeunes, les troubles de santé mentale peuvent être aggravés par les phénomènes d’addiction, ce qui accentue encore les difficultés dans ces territoires. Nous avons renforcé les mesures de prévention, de repérage, d’aller vers. Notre objectif est de les intensifier, de les multiplier et de garantir leur financement, particulièrement dans le contexte plus difficile des outre-mer. Les principes et les mesures sont les mêmes dans l’Hexagone et dans les outre-mer. Il convient néanmoins de prendre en considération les difficultés de chacun des territoires et d’apporter des réponses spécifiques. J’aurai l’occasion d’y revenir plus en détail dans les semaines qui viennent.”
“Alors qu’ils doivent être mis à jour, nous avons demandé que la santé mentale des jeunes soit obligatoirement incluse dans ces projets. Nous avons aussi fait en sorte que des maisons des adolescents se trouvent dans chaque département ; je sais cependant que certains délais d’accès sont longs, nous devons renforcer ces structures.”
“Vous avez raison : nous devons parvenir à créer des réseaux territoriaux de prise en charge, en organisant la coopération entre les professionnels présents. Lorsque j’étais députée, le département où était située ma circonscription – le Loiret – ne comptait pas non plus de pédopsychiatre ; je comprends donc bien la difficulté que cela pose. Nous devons absolument parvenir à territorialiser, à renforcer la coopération entre les professionnels, afin que chacun d’entre eux réalise la mission pour laquelle il est le plus utile, sans perdre son temps à d’autres tâches. Nous disposons pour cela d’un outil qui marche plutôt bien, et qui permet de coordonner et de territorialiser l’offre de soins disponible en psychiatrie : les projets territoriaux de santé mentale (PTSM).”
“Dans ma mission de ministre, je mets chaque jour mon énergie à obtenir, avec les moyens qui sont les miens et compte tenu de la démographie des professionnels de santé, des améliorations concrètes, partout sur le territoire. Voilà ce qui m’anime, ce qui anime mon équipe et ce qui, je le sais, vous anime aussi. En matière de santé mentale, nous devons avancer ensemble. J’ai évidemment lu les rapports parlementaires, qu’ils soient issus du Sénat ou de l’Assemblée : de nombreuses recommandations ont été reprises et appliquées. Je reste très disponible et j’accueille avec plaisir toutes les propositions qui pourraient améliorer la santé mentale des jeunes.”
“Puisque vous avez évoqué les suicides, je voudrais rappeler, si jamais des jeunes nous écoutent, que le numéro national de prévention du suicide est le 3114. Cependant, je sais que le délai de décroché peut être long sur cette ligne, notamment à certains moments de la journée ; nous sommes en train de refonder ce numéro afin qu’il puisse répondre à l’augmentation des demandes que nous constatons. D’autres outils existent, par exemple le dispositif VigilanS, qui consiste à renvoyer des messages aux gens qui ont appelé ; cela permet d’éviter des réhospitalisations pour tentative de suicide. Je ne répondrai pas à votre question sur le fait de savoir si je me range parmi les diseux ou les faiseux ; je vous dirai simplement que je suis aussi médecin.”